‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du second théâtre françaisChapitre 135 sur 221 · CHAPITRE XIII. Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. Î

dans la partie inférieure où l'on plaça les chœurs. Le Proscénium (péristyle exhaussé) prolongea l'avant-scène jusqu'aux, anciennes limites des stalles d'orchestre, substituant ainsi l'orchestre des musiciens à celui des spectateurs, déguisant le parterre sous un plancher incliné qui se transformait lui-même en amphithéâtre. La logette du souffleur, par une ingénieuse combinaison, avait été ménagée dans le saint Thymélé (parvis du palais); rien n'avait été oublié pour donner, autant que possible, l'illusion d'une scène grecque aux temps d'Euripide et de Sophocle 1 .

La pièce, commencée à huit heures et demie, dura sans entractes jusqu'à dix heures, où la toile fut baissée, c'est-à-dire haussée, selon la mise en scène antique.

On pouvait, et à bon droit, craindre l'effet qu'une pièce d'action aussi simple causerait à un public habitué à tout le mouvement des pièces d'alors : « L'impression « fut solennelle et religieuse. Cet art si élevé, si simple, « cette voix du passé retentissant à nos oreilles à travers « notre langue actuelle, cette poésie morte et vivante à « la fois, produisirent sur l'auditoire un effet merveil- « leux. S'il existe encore dans la terre de l'Atlique une « seule parcelle de la cendre de Sophocle, elle a dû « tressaillir de joie, car il n'a pas obtenu au théâtre « d'Athènes un succès plus grand qu'à l'Odéon \ » Le prince de Joinville, le duc de Montpensier, Victor Hugo, Alfred de Vigny, « l'élite des Athéniens mo-

Page 1