‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du second théâtre françaisChapitre 134 sur 221 · Feuilleton théâtral de la Presse · texte numérisé non relu

Feuilleton théâtral de la Presse

î. Imprimée dans Philosophes et Comédiennes, p. tU-lo.

honneur à son grand-père. Le succès fut très vif. Dans les journaux on proclama la Ciguë une délicieuse pièce rappelant le Timon d'Athènes de Shakespeare pour le fond, la manière d'André Chénier pour la forme, et son auteur, un écrivain dramatique du plus grand avenir. La prédiction celte fois devait se réaliser. (A. Mauzin, L. Monrose, Bouchet ; M ,le Volet.)

Le 21 mai, aulre grand succès littéraire avec Antigone, tragédie en cinq actes, en vers, traduite de Sophocle, par MM. Paul Meurice et Auguste Vacquerie. On représentait alors à Berlin, avec les chœurs de Mendelssohn et selon la tradition du théâtre antique, \\ inligone grecque. Paul Meurice, en traversant la Prusse, vit ce beau spectacle et en fut frappé ; de retour en France, il voulut donner au public parisien une idée de la grandeur et de la beauté d'un tel divertissement. En moins d'un mois, aidé par Lireux qui, il faut le reconnaître, se prêta avec enthousiasme à cet essai, tout se trouva prêt. M. Auguste Morel, chef d'orchestre de l'Odéon, se chargea des chœurs et de leur arrangement. Louis Boulanger dessina les costumes, et la mise en scène allemande, c'est-àdire grecque, fut fidèlement exécutée. Le théâtre et la salle furent bouleversés. On supprima le rideau d'avantscène qu'on remplaça par un châssis représentant une décoration grecque. La scène fut divisée sur sa longueur en deux parties : celle du fond fut exhaussée, celle du premier plan laissée beaucoup plus basse. Ces deux parties furent séparées à droite et à gauche par des degrés permettant aux personnages d'entrer, de sortir et de pénétrer

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