CHAPITRE XVIII
en un acte, en prose, d'Arnould Frémy. Un mari qui veut dégoûter sa femme des plaisirs mondains, feint de les aimer jusqu'à la passion. Léger succès, ih représentations (Tisserant, Fillion, Boudeville; M' nrS Laurentine- Léon, Marie de Berg, Bilhaut).
Le 26, le Feuilleton d'Aristophane, comédie satirique en un acte, en vers, précédée d'un prologue en prose, avec entr'acte en vers dit par M"* Roger-Solié, de MM. Philoxène Boyer et Théodore de Banville, musique d'Ancessy. Le compère de cette revue parisienne (car, ainsi qu'au Palais-Royal et aux Variétés, les auteurs ont employé cet inévitable personnage) est ici Aristophane luimôme. Le grand satirique grec, dont la verve est épuisée, est conduit à Paris pour y trouver de nouveaux sujets de comédies. En bottes vernies, en pantalon collant, enfin à la dernière mode, suivi de son esclave Xanthias, il voit défiler les curiosités de l'année : la peinture, la musique, les livres, le théâtre. Fantaisie charmante, pleine de beaux vers, de strophes spirituelles et généreuses. On applaudit un joli rondeau sur Balzac et sa Comédie humaine, ainsi que ces vers qui rentrent trop dans notre sujet pour que nous les passions sous silence :
L'Odéon! c'est toujours, pour l'esprit des Journaux, Le volcan dont le temps éteignit les fourneaux,
La Palmyre aux détours sonores Dont jamais un Volnoy ne trouble le repos, Et le morne désert, où ronflent les troupeaux
De buffles et d'onocentaures !
Mais, quand ils ont, pendant les farces du début, Contre notre Odéon et contre l'Institut
Tordu l'épigxamme momie, Les railleurs à leur tour rêvent un Panthéon Et, leur œuvre à la main, tourmentent l'Odéon,
Cette cler de l'Académie.
(Pierron, Têtard, Kime, Boudeville, Néroud, Fleuret ; M m " Bilhaut, Roger-Solié, Grassau, Marie Daubrun, Valérie, Deberg,Delmary, Glairemont). 10 représentations.
Le 15 janvier, entre le Misanthrope et le Malade imaginaire, Hommage a Molière, stances très- réussies de M. Henri Beaunis, récitées par M"' 0 Marie Leroux.
Le // février, Les Œuvres d'Horace, comédie en un acte, en prose, de M. Eugène Pierron. Demi-succès. L'auteur-acleur jouait dans sa pièce avec M in,s Laurentine et Valérie. 16 représentations.
Le a mars, L'Honneur et l'Argent, comédie en cinq actes, en vers, de Ponsard. Cette première comédie de l'auteur de Lucrèce, reçue à corrections le 2 novembre 18.52 par le comité de la Comédie-Française sous le titre de la Comédie bourgeoise, y aurait certainement été représentée avec Lady Tartuffe, alors en répétition ; mais Ponsard ne voulut pas attendre. Les sociétaires se seraient plus pressés si llysse, du même auteur, qui leur avait coûté 36,000 francs de dépenses, n'avait pas refroidi leur ardeur. Ce fut un très-grand succès d'honneur le premier soir, et peu de temps après un succès d'argent. L'interprétation fut supérieure. Laferrière joua Georges avec une chaleur, une verve, une passion, que son suc-