CHAPITRE III
çais, mais représentée un nombre incalculable de fois en province. Succès. (Perrier, M Ue ' Georges cadette et Dela ttre.)
Le 28 janvier. — Le Père et le tuteur, ou l'École de la Jeunesse, comédie en cinq actes, en vers, de MM. Armand et Achille Dartois de Bournonville. Demi-chute, style faible : six représentations. (Lafargue, Samson, David, Provost; M ,OM Dulertre, Anaïs, Brocard et Fitzelier.)
Le ministre ayant répondu d'abord à la demande des comédiens par un refus, ils arrêtenten assemblée générale — - la seconde de la pièce nouvelle ayant fait 150 francs — qu'il leur est impossible de continuer dans ces conditions, et qu'en conséquence ils fermeront l'Odéon le 31 janvier 1 .
Le 2 février, le ministre revient sur son refus et demande qu'on lui soumette un projet de régie détaillé pour lui donner le temps d'étudier la question. Afin de sauvegarder autant que possible leurs intérêts, les sociétaires de l'Odéon, réunis à nouveau, décident qu'ils vont faire un dernier effort pour tenir jusqu'au 1" avril. Le Paria, les représentations de Perrier et de M" B Georges faisant de l'argent, ils croient possible de reprendre avec courage les travaux interrompus.
1. M. Fournier-Verneuil, propriétaire éligible, Î0, rue Saint-Augustin, propose à cette époque au Ministre de prendre et gérer à ses risques et périls le deuxième Théâtre-Français. Il offre un cautionnement et demande la continuation de la subvention avec un commissaire investi des mêmes attributions que le commissaire établi près le Théâtre-Français.
(Dossier de la collection A. Voisin.)
Le i2 mars, petit succès de l'Ami du mari, ou la Bague, comédie en un acte, en vers, de M. Alphonse Denis. De la grâce, une situation amusante, souvenir d'une des plus jolies scènes de la Gageure imprévue. (Provost, David; M ,Ui Delattre et Dutertre.)
Le 2i mars, la fortune semble enfin sourire aux sociétaires ; ils trouvent ce que les joueurs appellent « la veine de la dernière heure » avec le grand succès des Deux ménages, gaie et spirituelle comédie en trois actes, en prose, due à l'heureuse collaboration de Picard, Fulgence etWafilard 1 . (David, Samson, M* 8 * Dutertre, Falcoz, Delattre et Clairet.)
La réponse ministérielle arrive enfin ; on accorde aux sociétaires la régie intéressée. Gentil, qui ne doute de rien et que le succès des Deux ménages rend trop confiant, prend l'affaire à son compte, revise 1 administration, contracte des engagements.
Le 26 avril, M lle Georges fait obtenir à M. Hippolyle Bis un succès honorable avec son Attila, tragédie en cinq actes, en vers, par la façon supérieure dont elle interprète le rôle de Geneviève. (Joanny, David, E. Bernard, Alphonse, Provost; M" e Guérin.)
Le 14 juin.— Les Machabées, ou le Martyre, tragédie en cinq actes, en vers, d'Alexandre Guiraud ; succès un peu contesté au commencement de la soirée, très geand aux derniers actes; W+ Georges et Anaïs furent ap-
4. Aujourd'hui dans le répertoire courant de la Comédie-Française.
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plaudies avec transport. (E. Bernard, Joanny, Provost.)
La nouvelle tragédie s'annonce comme un succès d'argent. On fait 3,600 fr. et û,000 fr. L'espoir renaît; hélas !
Le 8 juillet. — M. Tourniquet, ou la Sœur retrouvée, comédie en trois actes, en prose, tombe à plat. « Tableau « de mœurs peu honnête, tracé par un auteur qui, d.t-on, « n'est pas homme de lettres et qui, devant la chute, « s'est dérobé. » (Provost, David, Duparai, Samson, Frédérick; W* Ànaïs.)
Le i 7 août, le Pour et le Contre, ou le Procès du mariage, comédie en cinq actes, en vers, par M. Sewrin, obtint un certain succès, grâce aux interprètes. (Perrier, Siimson, Bocage.)
La nouvelle situation de M. Gentil ne lui donne pas plus de décision ni d'énergie. Les ouvrages nouveaux et les reprises se succèdent avec une lenteur désespérante ; le répertoire n'est varié que par les débuts ; le manque d'autorité est tel, qu'on reste huit mois pour réapprendre et pour remettre à la scène une pièce sue par tous ceux qui sortent du Conservatoire et des théâtres de province.
Le 24 août, on donne un à-propos en un acte mêlé de couplets : Une Visite aux Invalides, de Gentil, Fulgence, P. Ledoux et Ramond de la Croisette.
Le désordre est bientôt à son comble; l'administration supérieure s'en mêle, donne des congés, reçoit des pièces, tout le monde commande, rien ne se fait plus ; c'est la fin. Gentil s'avoue vaincu et donne sa démission.
Si les pièces nouvelles furent peu nombreuses, il n'en fut pas de même des reprises
Trente-deux débuts * dont les principaux furent :
M. Perrier 3 , dans Alceste du Misanthrope de Molière.
M 11 " Anaïs Aubert, par Eugénie de la Femme jalouse (17 mai). Cette charmante comédienne avait déjà débuté à la Comédie dans le même rôle et dans Angélique de V Épreuve, le 10 juin 1816 ; admise à l'essai le 1" avril
1817, elle fut repoussée à cause de sa petite taille. En
1818, elle alla à Londres avec Perlet ; en 1819, elle resta un an au Gymnase. Elle fonda rapidement sa réputation à l'Odéon par d'éclatants succès dans tous les genres.
4 . L'Hôtel garni. — La fausse Agnès. — Nanine. — Guerre ouverte. — Le Philinte de Molière. — Athalie. — Le Légataire. — Le Présent du Prince. — Les Châteaux en Espagne. — Manlius. — L'Habitant de la Guadeloupe. — L'Homme à bonnes fortunes. — La Métromanie. — Médèe. — Le Muet. — Le Philosophe marié.
— Les Ménechmes. — La Coquette corrigée. — Le Dissipateur.
— Tancrède. — L'Intrigue épistolaire. — Le Père de Famille. — L'Enfant prodigue. — Eugénie, etc.
2. Débuts: M. Jourdain [\ tr avril); M. Pastelot (23 mai); M l,e Roux (25 mai); M. Delhomme (13 juin); M Ue Lebel (11 juillet); M» e Cornélie BeaumoDt (8 septembre); M. Hippolyte Doligny (21 octobre); M. Desbordes (12 avril 4822); M. Arnaud (16 avril); M Uc Eugénie Rolland (30 avril); M. Thomas Grimaldi (19 mai); M. Charles (23 mai); M. Chattet (26 juin); M. Isidore Flammarion (40 juillet); M me Simonnet (14 juillet); M. Camille (23 juillet); M 11 " Héloïse (24 juillet); M. Lazouwki (1 er août); M 080 Gabrielle Deharmes (4 septembre); M.Vanhove (14 septembre); M Uo Ozouf (26 septembre).
3. Excellent comédien, né à Lyon, militaire en 4808, blessé à cette époque, avait débuté le 47 août précédent au Théâtre-Français, et antérieurement, le 46 septembre 4844, par Rodrigue du Cul et Blinval de Défiance et Malice.