‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du second théâtre françaisChapitre 22 sur 221 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

M Ue Delattre 1 , qui avait débuté à l'Odéon le 6 août 1812 et y était restée jusqu'en 1815, débute de nouveau dans Tartuffe et les Jeux de l'Amour (l' r août). M. Georges Raspal, dans Tartuffe s .

M' 1 * Georges Weymer dans Mérope (1" octobre) . — La Comédie- Française, se basant sur l'ordonnance de 18J8, laquelle défendaii de passer du premier théâtre dans le second, avait voulu empêcher cette célèbre tragédienne d'entrer à l'Odéon. Après quelque tapage dans les journaux, les choses s'arrangèrent. La rentrée à Paris de M 110 Georges fut un triomphe. On l'accueillit à son entrée par quatre salves d'applaudissements; chacune des scènes de son rôle fut acclamée ; on jeta à ses pieds des fleurs, des couronnes et même des vers ûnissant ainsi :

Vieux temple où l'on repousse un mérite naissant (Anais), Ce rival ne craint pas ton foudre menaçant.

Il possède sa reine, il ne veut pas la rendre, Et comme le Phénix, il renaît de sa cendre.

M"" Georges cadette, dans fphigénie en Aulide et Angélique de l'Épreuve 3 . M lle Wenzel, dans Iphigénie en Aulide et la Femme juge elparlie, grand succès (16 avril).

4 . M ,le Delattre avait débuté à la Comédie-Française en octobre 4815; admise à l'essai le 4 cr avril 4817.

î. Le public eut la cruauté de faire au débutant l'application de ce vers du rôle :

Mais la vérité pure est que je ne vaux rien.

3. Accueillie froidement dans la tragédie, où le voisinage do sa sœur lui portait préjudice, elle fut très goûtée dans la comédie (19 octobre).

li Mi Ilalignier-Boulanger 1 dans fphigénie en Aulide; M. Dellemence dans le Glorieux; grandes qualités dramatiques, début qui promet beaucoup (20 juin).

Parmi les petits emplois tragiques, on remarqua toute l'année un jeune acteur qui avait commencé sans même avoir de débuts annoncés. « Ce conGdent à la suite », dit un petit journal du temps, « ne manque ni de qualités, ni d'intelligence; il pourrait, au besoin, servir de capitaine des gardes. » Ce jeune comparse qui allait devenir rapidement non seulement capitaine des gardes dans l'emploi tragique, mais encore le premier acteur de son temps, était :

Antoine-Louis-Prosper LemaÎtre (dit Frederick), né au Havre le 24 juillet 1800. Entré en 1818 au Conservatoire, dans la classe de Lafond, il s'était déjà présenté en 1819 au comité de l'Odéon où, malgré la voix de Talma, il avait été refusé. Après avoir erré des Variétés amusantes aux Funambules et de Franconi au Cirque- Olympique, il revint frappera la porte du second Théâtrefrançais où, grâce à Joanny, il fut engagé aux appointements de 110 francs par mois.

Il joua successivement Corasmin dans Zaïre, Evandre dans Cinna, Procule dans Coriolan, Araspe dans Œdipe, Albéric dans Gabrielle de Vergy, Pyladedans Andromaque, Salemberg dans V Homme gris, Cedar dans Sémiramis, Gaïlène dans Frédégonde et Brunchaut, un Prisonnier dans Conradin et Frédéric, Ganimède dans Orestc, Dangeste

i. Plus tard femme de Frédérick LemaÎtre.

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