‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du second théâtre françaisChapitre 32 sur 221 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

1821-1825-1826. Direction Bernard. — L'Odéon devient théâtre de chant. — Traductions étrangères. — Csstil-Blazo. — Le Barbier de Séville de Bossini. — Robin des Bois. — Le Massacre des Innocents, ou fa Bataille de Bethléem. — Débuts de Duprcz. — La tragédie alterne avec l'opéracomique : Cléopâlre, Ficsque, Jeanne d'Arc, Ilicnzi. — Adieux ao

Samson.

Après les comédiens en société, après la régie intéressée de l'État, nous arrivons, dans cette nouvelle période, à la direction pure et simple.

Bernard, de son vrai nom Wolf, ancien chanteur de province, ancien directeur de Bruxelles, que le public parisien avait vu débuter un an auparavant au Théâtre- Français dans l'emploi des rois, qu'il remplit un certain temps après à Rouen, Bernard sollicita le 1 er juillet l'Odéon à ses risques et périls, avec le droit d'y jouer tous les genres.

Dès que celte proposition fut connue, les auteurs adressèrent une pétition au ministre chargé des beauxarts, pour lui représenter « qu'en se débarrassant ainsi d'un fardeau nécessaire au profit d'un homme, on favorise une spéculation particulière; qu'on aura deux théâtres italiens, une scène de genre de plus , mais un grand et utile théâtre français de moins. » M. de Corbières, à

la Chambre des députés, se fit même l'interprète de ces justes réclamations; malheureusement, M. de Gimel, devenu commissaire royal, insistait près du ministre pour qu'on abandonnât un théâtre qui n'avait donné à l'Etat que des ennuis.

La demande de Bernard fut accueillie favorablement. Le 16 août 1823 l , il obtint le privilège qu'il sollicitait

4. « Le privilège du second Théâtre-Français est accordé au sieur Bernard pour y jouer la tragédie, la comédie et, s'il le désire, l'opéracomique; mais, pour ce dernier genre, les pièces échues au domaine public seulement, et les pièces prises dans les répertoires italien et allemand, et la comédie mêlée de chants, c'est-à-dire toutes celles dépendantes de l'ancien répertoire du Théâtre-Français, dans lesquelles il se trouve un ou plusieurs airs; mais nullement, ni sous aucuns prétextes, les pièces provenantes du répertoire du vaudeville, ni aucune pièce qui en aura le caractère. »

a II en jouira pendant l'espace et terme de douzo années, qui commenceront à courir le 1 er avril 4824 et qui finiront le 31 mars 4835, pour, ledit Bernard, exploiter le privilège et diriger ledit théâtre à ses risques, périls et fortune, aux charges, clauses et conditions qui vont être énoncées et stipulées au présent traité.

t Art. 4. Gratuité de la salle et dépendances. Art. 5, Subvention de 60,000 francs payables par douzièmes, à titre d'indemnité et de loyer des loges royales. Art. 6 et 7, Matériel. Art. 8, Carnaval, bals masqués ou non masqués et redoutes. Art. 9, Clôture de deux mois. Art. 40, Établissement de tout autre théâtre sur la rive gauche. (Droit de l'Odéon à ce sujet.) Art. 44, Spectacle quotidien. Douze places d'acteurs secondaires pour les élèves du Conservatoire, à 4,500 francs. Le directeur devra souffrir que sans délai, sans empêchement et sans indemnité, tout acteur ou actrice de la troupe du second Théâtre-Français soit admis ou appelé à débuter sur tel autre théâtre royal qu'il plaira à l'autorité; même chose pour tout autre théâtre, en le prévenant six mois d'avance. Art. X. Comilé de lecture. »

(Premier tra té entre le sieur Claude Bernard, entrepreneur du théâtre de l'Odécn, et M. l'intendant des théâtres royaux, baron de la Ferté, 16 août 1823)

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