CHAPITRE IV
avec une subvention de 60,000 francs, qui fut portée à 100,000 le 16 novembre 1824.
Puisqu'il était décidé qu'on allait faire de l'Odéon un théâtre de province, il était impossible de choisir mieux que Bernard pour mener à bien une telle entreprise. Intelligent, actif, il remplaçait l'acteur malade, jouait et chantait tous les rôles au pied levé, entre temps déclamait les cantates nouvelles, et mettait la main à la pâte avec un entrain extraordinaire.
11 devint rapidement l'idole du parterre, qui ne manquait jamais, après une première houleuse, — et Dieu sait s'il y en avait alors, — de l'appeler en scène pour Pinterpeller sur tel ou tel détail du spectacle. Ce grand et gros homme paraissait et, avec quelques gaies paroles débitées d'un ton paternel que n'ont pas oublié ceux qui l'ont entendu, il calmait la colère ou la susceptibilité d'un public bruyant et peu indulgent peut-être, mais jeune et enthousiaste.
Dans le cours de cette direction, nous allons trouver plus d'une représentation célèbre par les colloques de Bernard avec ses spectateurs. Disons que, dans aucun théâtre, à aucune époque, on ne vit une activité pareille; vingt nouveautés, moitié lyriques, moitié dramatiques, plus de trente reprises furent données à l'Odéon en l'espace de neuf mois 1 . Malheureusement, dans ces travaux
\ . Voici comment étaient composées les deux troupes à cette époque :
Administration. — Édouard, régisseur de la comédie; Brochard, régisseur de l'opéra; Douesnel, sous-régisseur; Douesnel jeune, secré-
nombreux, on négligea la comédie et la tragédie, ce qui amena le départ de David et de plusieurs comédiens de talent.
Le 27 avril, on inaugura avec les Trois Genres, prologue en un acto, en vers :
M. d'IIerbelin, le héros du Voyage à Dieppe, a juré de ne pas mettre les pieds à l'Odéon, où il a été mystifié ; un de ses amis î'y conduit cependant, et le fait assister à la répétition de quelques scènes de tragédie, de comédie et d'opéra. D'IIerbelin, se croyant tour à tour au Théâtre-Français et à Feydeau, applaudit bruyamment. A la fin de l'acte, Samson est venu nommer : Boïeldieu et Aub?r pour la musique, M. Pichat pour la tragédie, M. E. Dupaly pour la comédie, Scribe pour l'opéracomique.
(Perrier, David, Éric-Bernard, Duparai, Samson, Auguste, Provost et le directeur Bernard jouaient dans cette pièce de circonstance, ainsi que M"*' Florigny et Brohan) .
taire surnuméraire de la régie; Loignon, secrétaire do l'administralion ; Ozanne, sou (Heur et bibliothécaire; Fradolle, contrôleur.
Tragédie* — Joanny, Ligier, David, Provost, Félix Huart, Éric- Bernard, Lafarguo, Auguste, Paul; M ra " Georges Weimor, Dupont, Charton, Kalcoz, Dartois, Gersay, Dorsay, Gros.
Comédie. — Perrier, Samson, Provost, Duparai, Dellemence, David, Félix Huart, Lafargue, Arnaud, Ménétrier, Édouard; M raes Anaïs, Hrohan, Gros, Dutertre, Falcoz, Chazel, Perroud, Darlois, Gorenflot, Mi lien, Gersay, Dorsay.
Opéra. — Lecomte, Campenaut, Léon Bizol, F. Valèro, Camoin, Auguste Lebrun, Lattapy, A. Maire, Sai ni- Preux ; M rot » Montano, Valère, Florigny, Letellier, Camoin, Milieu, Pouilley, Régnier, Virginie Cabirel, Dorsan, Saint-Amand.