CHAPITRE IV
silence. Le directeur est appelé : « Messieurs, dit-il, vous venez d'entendre le chef-d'œuvre de Molière, la vue du buste de ce grand homme n'ajouterait rien à sa gloire. Et puis... nous n'en avons pas ! »> — « II y en a un au café Molière, envoyez-le chercher. » — « Messieurs, le buste ne peut paraître qu'avec les acteurs, et vous savez bien que cela nous est interdit... » Ces explications n'ayant point satisfait les spectateurs, le bruit continua un grand quart d'heure; le commissaire de police, avec son cortège de gendarmes, dut expulser une partie du parterre, pour que l'on pût continuer tant bien que mal la représentation.
REPBISES
Shakespeare amoureux, comédie d'Alexandre Duval, retirée par lui du répertoire de la Comédie-Française. (Perricr, M" r Brohan.)
Le Bourgeois gentilhomme (Samson, Provosl). Le directeur jouait et chantait le Muphti.
Les Rêveries renouvelées des Grecs. Le directeur jouait Ores te.
La Femme malheureuse et persécutée. (M" ,e Brohan.) Le Chevalier d'industrie.
Harbe-Bleue, opéra.
Vingt débuts, dont voici les plus importants : Léon Chapelle, dans lilaise et Babel (19 avril). M" 0 Verneuil, dans les Jeux de V amour (26 avril). Charles Joly (Volnys), dans Victor des Comédiens; succès mai).
M rae Valmonzey, dans Cinna (2 mai).
Beauvallet 1 , le « Talma de la banlieue », et Alphonse Gêniez, dans les Vêpres siciliennes, (h mai.)
M mo Albert (une des meilleures actrices d'alors; plus tard, elle entra aux Nouveautés et, pendant vingt ans, fut applaudie et appréciée; épousa en secondes noces Bignon), dans Biaise et Babel (k mai).
Colson, dans les Châteaux en Espagne, grand succès (26 septembre). Cet excellent comédien joua successivement le Tyran domestique, les Marionnettes, Tartufe, le Misanthrope et Don Juan.
Enfin, le l fr décembre, le grand chanteur G. Duprez, élève de Choron, par le rôle d'Almaviva dans le Barbier. « Dans les cordes élevées, la voix du débutant est assez agréable, mais elle est sourde et môme négative dans le médium. Comme acteur, Duprez a toute l'inexpérience d'un jeune homme (il avait dix-neuf ans) qui n'a jamais paru sur aucun théâtre. » Il chanta, le 9,Valcour dans les Folies amoureuses. Ch. Maurice dit de lui dans son Courrier des théâtres : « Pour entendre le débutant, il faut être assis sur le trou du souffleur, et pour le voir, prendre la lorgnette par le grand côté. » Duprez créa à l'Odéon ses premiers rôles importants. Sa voix de ténorino, agile et exiguë, se prêtait à merveille au répertoire si ornementé de Rossini et de son école*. Il épousa, étant à l'Odéon, M 1 ' 0 Duperron, sa camarade, au commencement de 1827 \
4. Beauvallet (Pierre-François), né le 43 octobre 4804, sociétaire de la Comédie-Française, mort le 24 décembro 4873.