CHAPITRE IV
le même sujet, au théâtre Louvois, deux comédies, l'une en trois actes, Sully et Boisrosè, de Bailleul (12 octobre I8O/1) ; l'autre en un acte, Une journée de Sully (8 octobre 1809).
Le 2 mars. — La Jeune Aveugle, opéra en un acte, paroles de MM. Chalas et Eugène de Montglave, musique de Girowitz, arrangée par M. Poisson, pièce qui a quelques rapports avec Valérie, de Scribe; succès contesté.
Le 1 1 mars. — Marguerite d'Anjou, drame lyrique en trois actes, traduit de l'italien par Th. Sauvage, musique de Mayer Beer (sic), arrangée par M. Crémont. Décoration de Cicéri. Le poème de cet opéra, imité d'un mélodrame de Pivérécourt, joué quinze ans auparavant à la Gaîté, fut trouvé inférieur à son modèle. On avait mis toute la mise en scène du boulevard à contribution : tyran, niais, grande reine et petit prince , brigands féroces et sensibles, etc., etc. Succès musical. Belle mise en scène.
Le 16 mars. — Racine, ou la Troisième représentation des Plaideurs, comédie en un acte, en prose, de M. Ch. Magnin, de Salins, fut applaudie. Le spectacle commençait par Cléopâtre, de Soumet. Quatre actes avaient tellement ennuyé le public que, lorsque le rideau s'est levé sur le cinquième, un spectateur a pris la parole et s'est écrié : « Messieurs les acteurs et mesdames les actrices, vous avez joué les premiers actes d'une façon si insignifiante, que vous devriez bien nous faire grâce du cinquième. » Un haro s'éleva contre
l'orateur, on l'expulsa de la salle. Néanmoins, de nombreux sifflets ayant salué la lin de la tragédie, on vit qu'il n'avait eu tort que dans la forme.
La Comédie-Française, usant du droit léonin que lui avait donné l'ordonnance de 1818, prend à l'Odéon trois de ses meilleurs acteurs, Perricr, Joanny qui joua, pour sa dernière représentation, son grand succès des Vêpres siciliennes, et débuta le 18 janvier, rue de Richelieu, dans la tragédie de Fiesrfue, qui émigrait avec lui; enfin, Samson qui donna sa soirée d'adieu, le 31 mars 1826, avec les Deux Anglais, les Deux Ménages et Iiichard Cœur de Lion, spectacle usé et peu digne d'attirer la foule. Mais l'excellent comédien était tellement aimé du public de la rive gauche que la salle fut comble. Rappelé à l'unanimité, il dut reparaître malgré l'ordre du préfet de police, interdisant alors cette satisfaction aux acteurs.
Bernard qui avait obtenu, grâce à son activité sans égale, des succès fructueux à l'Odéon, sentant que la veine était épuisée, vendit au mois de février, avec l'autorisation du ministre, la fin de son privilège à M. Frédéric du Petit-Méré.
REPRISES ET REPRÉSENTATIONS EXTRAORDINAIRES
Le Retour d'un Croisé, précédé d'un prologue dit par Colson.
Les Chapeaux, diminués de deux actes.
Bénéfice des choristes du théâtre (27 janvier).