‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du second théâtre françaisChapitre 58 sur 221 · CHAPITRE VI. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. m

poser; le directeur, voyant dans le nom une attraction, continua à le crier sur les toits. » La pièce n'ayant pas réussi, « Victor Hugo, qui voulait bien donner le succès, ne voulut pas donner la chute, et écrivit immédiatement dans les journaux, que les passages siffles étaient de lui. Ce fut pour la pièce une réclame involontaire. Les jeunes gens, qui ne s'étaient pas dérangés pour une pièce non avouée, accoururent alors et applaudirent; les silïlets redoublèrent. L'agitation du parterre s'étendit dans le quartier latin, le gouvernement intervint et interdit la pièce. » — L'auteur du beau livre Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, auquel nous empruntons ces détails, se trompe ici : Amy Robsarl n'eut qu'une seule représentation. Sauvage, épouvanté du tumulte, ou cédant à d'autres considérations, ne crut pas devoir le rejouer, à. l'élonnement et au regret de quelques-uns des acteurs. — « Cette bouffonnerie romantique ne salira plus les planches d'un théâtre royal, » dit le lendemain en conclusion un article du Journal des Débats, qui résumait ainsi l'opinion d'une partie de la presse. D'autres, moins passionnés contre le romantisme, déclarèrent qu\tmy Robsart contenait des beautés de premier ordre et qu'une chute comme celle-là illustrait un homme.

On ne peut malheureusement juger ce procès en dernier ressort, le manuscrit original, donné plus lard par Victor Hugo à Alexandre Dumas, ayant été perdu. Cette pièce, curieuse à cause du grand nom qui y est attaché, se trouve être comme « ces villes des temps fabuleux, aujourd'hui disparues et dont on ne peut plus môme dé-

terminer l'emplacement avec sûreté \ » (Lockroy, Provost, Thénard, Auguste, Doligny; M"" Charton, Anaïs, Dorgebray.)

Le 14 février. — Les Ephémères ou la Vie en un jour 9 vaudeville tragi-comique, romantico-classique, en trois actes, avec prologue et épilogue, de Picard et François Dercy. Cette folie de carnaval, aimable et gaie, eut quelque succès 1 . (Provost, Lockroy, Duparai; M mel Anaïs, Brohan).

Le 18 février. — Les Brigands, opéra-comique en deux actes, par MM. Th. Sauvage et H. Dupin, musique tirée des partitions de Dalayrac. Demi -succès. (Duprez.)

Le 11 mars. — Charles II, ou le Labyrinthe de Woodslock, comédie' en trois actes, en prose, d'Alexandre Duval. Au deuxième acte, quelques sifflets se firent entendre; la pièce ennuyait, elle allait peut-être sombrer, une phrase de Bocage la sauva : « Il y aura pardon pour tout le monde, dit Charles II. — Oui, sire, répond le colonel Evrard, et liberté pour le peuple. » A ces mots les applaudissements éclatèrent et Lockroy put, sans protestation, annoncer le nom de l'auteur. (Lockroy, Provost, Bocage; M rao " Charton et Wenzel.)

Le 10 avril. — Le Dernier jour de Missolongiii, drame héroï-lyrique en trois actes, en vers, môle de

4 • Paul Foucher. Les Coulisses du passé.

2. Jouée au Théâtre-Français, un dimanche, elle fut impitoyablement sifllée.

3. Reçue à la Comédie-française, elle allait y Cire représentée lorsque l'auteur s'y opposa.

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