‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du second théâtre françaisChapitre 74 sur 221 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

la pointe de l'enthousiasme. Au bout de quelques jours, on supprima cet acte inutile; la pièce n'eut plus alors que ce titre : Christine, ou Stockholm et Fontainebleau.

Parmi les interprètes, le succès le plus vif fut celui de Lockroy, remarquable dans le rôle de Monaldeschi. L'excellent comédien fut bien récompensé, ce soir-là, des eflbrlsqu'il avait faits pour obtenir du directeur de l'Odéon la réception de la pièce de son ami Dumas 1 . La mise en scène était somptueuse; les décors, dus à Cicéri, de vrais chefs-d'œuvre.

En résumé, ce drame étrange fut beaucoup applaudi, beaucoup discuté, beaucoup critiqué; mais il fit le plus grand honneur à. son auteur et au théâtre qui l'avait représenté. (Lockroy, Ligier, Duparai, Éric-Bernard, Délaisse, Chilly, Delaistre, Slockleit; M u " Georges, Noblet, E. Dupuis.)

Le 17 avril. — L'École du Pauvre, comédie en trois actes, en prose, de Magnan et Brunswiek. Le deuxième acte fut seul applaudi. Deux représentations. (Ferville, Delà fosse , Lockroy, Stockleit, Vizentini; M Ues Georges, Dupuis, Noblet.)

Le 30 avril. — Ma Femme et ma Place, ou Retournons à Senlis, comédie en trois actes, en prose, de

I. Harel, le pourrait-on croire en voyant les pièces qu'il a données tant à l'Odéon qu'à la Porte-Saint-Martin, était un classique.— Le jour de la lecture de la pièce de Dumas, nous dit Lockroy, il no voulut jamais entendre plus loin que le vers de Descartes, au prologue :

Parfois, en expirant, on grimace le rire.

On eut toutes les peines du monde à lui faire écouler le reste.

MM. Gustave de Wailly et Bayard, réussit. (Ferville, Lockroy, Duparai, Delafosse; M ro *" Moreau-Sainti et Georges cadetle.)

Le 24 mai. — Le Vieux Mari, comédie en trois actes, en vers, de M. De Laville de Mirmont. Demi-chute. (Ferville, Vizentini, Lockroy; M™* Moreau-Sainti et Noblet.)

Le S juin. — Le M archand de Venise, drame imité de Shakespeare, en trois acles, en vers, de M. Lamarche. Succès littéraire légèrement contesté. Ligier joue le rôle de Shylock que Bocage venait de créer, le 2 avril, à la Porte-Sainl-Martin.

Le 26 juin. — Manon Lescaut, drame en prose, en trois actes et six tableaux, de MM. Carmouche et Frédéric de Courcy. On jouait en ce moment deux Manon, l'une en ballet à l'Opéra, l'autre en mélodrame à l'Ambigu. Celle de l'Odéon ne réussit qu'à moitié. Une charrette pleine de filles de joie souleva des sifflets et faillit arrêter net la pièce. (Lockroy, Vizentini, Stockleit, Delaistre, Chilly; M roe * Moreau-Sainti, Bérenger.)

Le i4 juillet. — Le Mari de ha Femme 1 , comédie en trois actes, en vers, de M. Rosier. Demi-succès. (Duparai, Stockleit, Delafosse; M roe Moreau-Sainti.)

Le 22 juillet. — Guillaume Tell, tragédieen cinq acles, en vers, de feu Pichat, obtint un vif succès. On applaudit avec enthousiasme les vers patriotiques dont celte imitation de Schiller était pleine, ainsi qu'une jolie scène d'enfant, très bien jouée par le jeune Tom, âgé de douze ans.

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