‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du second théâtre françaisChapitre 94 sur 221 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

La Comédie-Française à l'Odéon. — Voltaire et M mt de Pompadour.

— Les acteurs de Versailles et le Mo'ise au Sinaïdc Chateaubriand.

— Représentations extraordinaires, concerts, bénéfices, etc. — La petite troupe Castelli.

Harcl venait de quilter l'Odéon, avec l'excellente troupe qu'il avait formée.

La Porte-Sain t-Mar tin avait tout recueilli : personnel, matériel, répertoire.

Le ministre du commerce et des travaux publics, — qui avait alors les beaux-arts dans ses attributions, — M. le comte d'Argout, soucieux des intérêts de la littérature, ne voulut pas que l'Odéon restât fermé, ou tout au moins perdit son rang de second Théâtre-Français, qu'il occupait depuis treize années.

A la séance de la Chambre des députés du 1 er mars 1832, le ministre annonça qu'il venait d'adopter une combinaison qui permettrait de donner au quartier latin un spectacle attrayant par sa variété :

« Je me suis entendu, concluait M. d'Argout, avec les principaux théâtres pour que, chaque jour de la semaine, l'un d'eux allât donner une représentation à l'Odéon. De cette manière, le public de ce quartier pourra

jouir d'un speclacle fort agréable, et il n'y aura plus de subvention à lui accorder. »

Cette décision, très critiquable, ne fut attaquée que par quelques feuilles spéciales, et l'Oléon, devenant une salle de passage où tous les genres allaient successivement faire halte, fut appelé par dérision : le Théâtreomnibus.

Un arrête ministériel du '20 mars 1832 nomme agent conservateur de I'Odéon, « considéré comme succursale des théâtres de la capitale », M. Loraux, alors secrétaire du comité de la Comédie-Française, et qui, on s'en souvient, sous la direction Picard, avait déjà appartenu à I'Odéon en qualité d administrateur-comptable et de secrétaire général 1 .

Dans la séance du comité du 23 mars 1832, M. Loraux offrit aux sociétaires de la Comédie-Française de prendre part, pendant la durée d'un trimestre, aux représentations données sur le IhéAtre de I'Odéon.

Le comité ne répondit pas catégoriquement à la demande qui lui était adressée. Toutefois, il autorisa M. Loraux h annoncer au ministre que, la première dès considérations pour le Théâtre- Français étant de seconder ses intentions dans l'accomplissement d'un dessein favorable à l'art dramatique, il croyait dès à présent y pouvoir faire contribuer la Comédie pour deux représentations par semaine.

A la séance du 8 juin, le comité, pour donner suite

\ . M. Loraux est mort en janvier 4850.

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