‹ L'Odéon; histoire administrative, anecdotique et littéraire du second théâtre françaisChapitre 95 sur 221 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

à sa précédente délibération, admit un maximum de 200 francs (220 en hiver) pour les frais des représentations qui seraient données à la rive gauche.

Une ordonnance du 15 septembre 1832 mit à la disposition du ministère la salle de l'Odéon, qui allait être desservie par le personnel de la Comédie- Française, avec Fa ure comme régisseur de la scène.

Après quelques travaux de restauration indispensables, l'ouverture de la salle, entièrement repeinte, eut lieu le jeudi 25 octobre 1832 par :

Un prologue en vers, à deux personnages, de M. P. Martine 1 : le Temps et l'Odkon (Samson, Duparai).

Le Tartuffe (M ,,w Mars, Dupont, Brocard; MM, Perrier, Duparai, etc.) ;

Et le Malade imaginaire, avec toute la Comédie- Française dans la Cérémonie : seuls, Beauvallet et M me Valmonzey manquaient a l'appel.

La première recette fut de 2,447 fr. 75; la seconde, avec la Mère coupable et Dominique le Possédé [Monrose), de \JiQh fr.75; le troisième jour, VAbbè de VÈpée (Colson, M"" Menjaud) et les Deux Frères descendaient à 252 francs; le quatrième, un dimanche, on remonte à 2,411 fr. 25, avec le Louis XI, de Casimir Delà vigne, alors dans sa nouveauté, et les Rivaux d'eux-mêmes.

Le Théâtre-Français envoyait environ deux fois par semaine son personnel à la rive gauche représenter les meilleures pièces du répertoire et quelques œuvres mo-

4. Fils du musicien do ce nom qui avait publié en 1813 un volume sur la Musique dramatique.

dernes. Il donna même à l'Odéon, le 12 novembre, la première représenta lion d'une comédie en trois actes, en prose, de MM. J.-B.-P. Lafitte et Ch. Desnoyer: Voltaire r/r Madame de Pomfadour, qui, jouée le môme soir et par les mêmes acteurs, réussit rue de Richelieu et fut sifllée au quartier latin, devant 855 fr. 15 de recette (Perrier, M. et M"" Menjaud, et M ,le Dupuis).

Dans sa séance du 30 novembre, le comité fit connaître au ministre du commerce et des travaux publics le résultat financier des six premières représentations données par la Comédie à l'Odéon, lesquelles, à raison des frais ordinaires et extraordinaires, n'avaient produit que 240 fr. de part.

Et cependant, à celte époque môme (1" décembre), le baron de Cès-Caupenne, directeur de l' Ambigu-Comique, demandait le privilège de l'Odéon, sans subvention, mais avec six primes de 5,000 fr. chacune pour les meilleurs ouvrages représentés 1 . Qif eût-il donc fait dans cette galère, quand la Comédie-Française ne pouvait parvenir a la diriger?

En effet, le public devint de plus en plus rare. Souvent la recette ne dépassait pas 200 a 300 francs. Cependant, les représentations continuèrent jusqu'à la fin d'avril 1833, alternant depuis le l' r novembre avec celles données par l'Opéra-Comique (Martin, Fargueil, Ponchard, Féréol; U wt Casimir, Paul, Massy, Boulanger, Pradher).

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