CHAPITRE IX
En six mois, la Comédie- Française avait joué quarante-deux fois à l'Odéon, la plus forte recette étant de 2,803 fr. h0 (le dimanche gras, 24 'février, 31- de Clotilde et la Suite d'un Bal masqué), la plus faible (quatre jours après) de 190 fr. 25.
Le 8 juin 1833, M. Jouslin de la Salle, déjà directeur de la scène, fut nommé directeur de la Comédie-Française, qui, après une interruption de trois mois, donna encore à l'Odéon sept représentations extraordinaires, du 29 juillet au 12 novembre, devant une recette moyenne de 872 francs.
Le comité se persuada alors que les représentations deviendraient plus fructueuses si elles étaient plus fréquentes et plus régulières. Dans sa séance du 11 octobre, il arrêta qu'on solliciterait un privilège de trois années, pour y jouer, de deux jours l'un, alternativement avec l'Opéra -Comique. Un arrêté du 23 décembre 1833 accorda le privilège à la Comédie, qui reçut, à cet effet, de l'autorité un surcroit de subvention de 38,000 fr. 1 .
Elle reprit ses représentations à l'Odéon le 7 janvier 1834, et y joua sans interruption trois fois par semaine jusqu'au 31 mars 1835, c'est-à-dire pendant quinze mois, au bout desquels on ne crut pas devoir poursuivre une campagne qui coûtait à la Comédie près de 80,000 fr.
Les causes premières de cet insuccès, à une époque où la Comédie comptait dans ses rangs M ,le Mars et Fir-
4. Voir, à la Bibliothèque de la ville de Paris, une note relative à cette subvention, provenant de la vente L. Sapin. (N° 150 du catalogue. )
min, Monrose et M"' Dupont, MM. Menjaud, Samson, David, Perrier, Joanny, Ligier, Dailly, Beauvallet, Geffroy, Régnier; M™*' Paradol, Mante, Desmousseaux, Brocard, Anaïs, Thénard, Noblet, Brohan, Plessy, etc. 1 , furent la multiplicité des théâtres depuis 1830, la dispersion du public et le déplacement du mouvement littéraire.
Parmi les nombreuses représentations à bénéfice données dans cette période à l'Odéon, nous signalerons seulement celles de M. Delestre-Poirson (44 nov. 1833) ; de M"' e veuve Ducange (Trente ans, par Frédérick et M me Dorval, 5 décembre) ; d'Alcide Tousez (8 mars 1834); de M ,,e Charton (26 avril); de M ,ne Gautier (20 mai), et les concerts de M. Lafont, violoniste (15 mars) et de M 110 Mayer (31 mai).
Le 29 juillet, matinée gratuite à deux heures, pour l'anniversaire des trois journées : Bertrand et Raton, par la Comédie-Française.
Le i5 août, .on devait donner Sémiramis et Misanthropie : la représentation ne put avoir lieu « par l'absence du gaz ».
Le 24 octobre, les acteurs du théâtre de Versailles, alors dirigé par M. Carmouche, donnèrent en représentation extraordinaire, au bénéfice d'un artiste, la première de Moïse au mont Sinaï, tragédie en cinq actes, en vers, de M. de Chateaubriand, avec des chœurs
4. Et quels spectacles! Le dimanche gras, 4*' mars 4835, l'affiche portait : le Jaloux, les Plaideurs, le Dépit amoureux, les Folies amoureuses. Onze actes! Aussi comraença-t-on à six heures.