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débuts d'un staphylôme à cette époque de la vie.
L'examen des statistiques, par contre, nous montre le chiffre proportionnel de la myopie dans la population, et le degré lui-même de la myopie s'élevant avec le degré des études.
Des relevés faits dans ces dernières années dans de nombreux établissements scolaires jettent sur ces premiers aperçus une éclatante lumière. Le docteur Hermann Gohn (de Breslau) s'est imposé la tâche d'examiner lui-môme un nombre considérable (10.060) d'élèves et d'étudiants de toute catégorie et d'en mesurer la réfraction.
Sur ces 10.060, il a relevé 1834 anomalies fonctionnelles ; et sur ces dernières 1004 myopies, dont JO héréditaires et 58, conséquences d'autres affections oculaires.
D'où il ressort d'abord que, dans les écoles, la myopie est cinq fois plus fréquente à elle seule que toutes les autres anomalies visuelles réunies.
Les tableaux dressés par ce patient observateur nous apprennent en outre :
4" Qu'il n'existe pas d'écoles sans myopes ;
2° Que relativement peu nombreux dans les écoles de village (1,4 0/0), ils le deviennent 8 fois plus dans celles des villes (11,4 0/0);
3° Que, dans les écoles urbaines, la proportion des myopes s'élève avec le degré des écoles :
Ecoles primaires 6.7 0/0
Écoles moyennes 10.3 0/0
Écoles normales 19.7 0/0
Gymnases— 26.2 0/0
4° Dans les gymnases, plus de la moitié des élèves de l'^ classe sont myopes ; et dans toute école, n'importe à quelle catégorie elle appartienne, les classes supérieures contiennent plus de myopes que les intérieures.
5° Enfin le degré de la myopie augmente de façon assez, régulière avec le degré des écoles et de 1^,5 environ, de deux en deux années avec l'âge du sujet. Par contre, il n'a pas été rencontré de myopes parmi les élèves n'ayant pas encore terminé leur premier semestre de fréquentation scolaire.
Le travail de près est donc le fait déterminant de la production de la myopie, comme l'insuffisance des forces adductrices, dans le mécanisme moteur des yeux, en est le facteur prédisposant. Et ces effets seront d'autant plus accentués et rapides que le sujet pourra se trouver dans des circonstances particulières l'obligeant à se rapprocher davantage de l'objet de son attention.
Parnù ces causes secondaires nous devrons citer :
L'insuffisance de l'éclairage;
L'impression défectueuse, encre pâle et trop petits caractères ;
Les opacités cornéales ;
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Une amblyopie première ;
Toutes les circonstances, en im mot, qui poussent le sujet à chercher, par le rapprochement de l'objet, à se procurer des images rétiniennes plus grandes.
Ces considérations, on le voit, sont du plus haut intérêt pour l'avenir des jeunes générations, et appellent toute la sollicitude non-seulement des familles et de leur médecin, mais des conseils d'hygiène.
§ 63. Influence que doivent avoir ces considérations sur l'éducation de la jeunesse. —
Avant de livrer un enfant dont la vue est faible, « tendre » disent les parents, aux règles inflexibles de la discipline monacho-militaire de nos établissements français d'instruction secondaire, il est plus qu'indiqiié de soumettre les yeux de cet enfant à l'examen ophthalmoscopique. Si la choroïde est amincie, érodée déjà sur quelques points, si le disque papillaire porte déjà un petit croissant, s'il existe un indice d'insuffisance des muscles droits internes, l'avenir de l'œil est compromis.
1. Chez ces enfants, l'examen ophthalmoscopique décèle un fond blanc rosé, une choroïde à peine pigmentée, à travers laquelle on voit la sclérotique : c'est déjà le début, le germe de la choroïdite alrophique ; on doit noter aussi chez ces sujets des indices de l'insuffisance des muscles droits internes.
Les six ou huit années universitaires sont biem-ï. menaçantes pour l'intégrité ultérieure de l'organe, "^gi Cet avertissement donné aux familles et à leurs conseils n'est pas sans droit pour remonter jusqu'aux pasteurs même de ces jeunes troupeaux. Si l'hygiène alimentaire est devenue aujourd'hui, à l'endroit de nos enfants, l'objet de préoccupations dont notre génération n'a pas été appelée à profiter, l'hygiène de la vue, nous n'en doutons pas, aura également son tour. Alors nous verrons les chefs d'établissements d'éducation consulter aussi à cet égard les prescriptions de la science. Alors on n'aura plus ce spectacle de malheureux enfants courbés dans des classes insuffisamment éclairées, sur des livrés mal imprimés, en face de caractères grisâtres, effacés, microscopiques, pendant plusieurs heures de suite. Les périodes de travail, fréquemment coupées par des intervalles de repos, ne seront plus suivies de cet âpre besoin de changement d'équilibre que le poumon témoigne par des cris au moment de l'irruption, dans la cour des
I récréations, de l'essaim subitement délivré; rupture d'équihbre que la tension oculaire accuserait aussi trop souvent si, comme le poumon, la cho-
Iroïde avait le larynx à sa disposition. Enfin il n'est pas jusqu'au choix de la profession qui ne doive porter les familles à solliciter les conseils de l'homme de l'art et des directions qu'on
n'invoque aujourd'hui que bien rarement et la plupart du temps après un mal irréparable accompli.
§ 63 bis. Influence de l'hérédité et de certaines autres causes non-mécaniques, — Parmi les causes les plus ordinaires de la myopie, on a cité l'hérédité. Le fait est incontestable et s'observe sur une très-grande échelle. Mais dans cette observation, il faut plutôt reconnaître la transmission héréditaire des conditions qui renferment en elles les éléments mécaniques, facteurs futurs de la myopie. Ces facteurs , nous l'avons suffisamment répété, sont une difficulté congénitale à amener les axes optiques en convergence, et secondement, l'affectation de l'individu lui-même à des travaux délicats prolongés. La prédisposition au strabisme divergent latent, n'est en effet pas moins fréquente que celle inverse au strabisme convergent qui se rencontre si souvent allié à l'hypermétropie.
Ce point de vue n'écarte point d'ailleurs l'idée d'une transmission également héréditaire, et constatée d'ailleurs directement en mainte occasion, des prédispositions morbides aux affections organiques et congcstives de la choroïde.
Nous rencontrons en effet ces dernières (les affections choroidiennes), des staphylômes postérieurs
plus ou moins prononcés, peu profonds pourtant en général, chez des sujets n'ayant que médiocrement appliqué leur vue à des travaux soutenus, et dépourvus d'ailleurs de tous symptômes d'insuffisance musculaire.
La cause de ces désordres, auxquels un certain degré de myopie est le plus ordinairement lié, est alors sous la dépendance d'un trouble quelconque de la circulation générale cardiaque ou du système de la veine porte. Nous les avons, pour notre part, surtout oi^servés chez des goutteux et des hémorrhoïdaires. Cela soit dit pour compléter le cadre relatif à la myopie; mais avec la réserve qu'on doit accorder à des faits exceptionnels, si l'on considère le nombre relativement énorme des myopies exclusivement mécaniques.
§ 64. Complications secondaires de la myopie. — Nous avons vu (§ 55) que la myopie, celle surtout qui progresse, présentait des complications congeslives et inflammatoires du côté des membranes profondes, des lésions de nutrition ou de tr-ansparence des milieux de l'œil, et tous les troubles secondaires de la vue que ces désordres entraînent nécessairement.
Ces complications exigent impérieusement des traitements spéciaux ; l'observation exclusive de l'hygiène ne suffit pas à les détourner.
Aux congestions fréquentes qui se produisent dans les membranes profondes il faut opposer de petites soustractions sanguines locales, pratiquées dans les régions temporales ou mastoïdiennes, — des dérivations fréquentes sur le tube intestinal, — de fréquentes ablutions des yeux à l'eau fraîche; les douches d'eau pulvérisée sont du meilleur effet.
Enfin, à Téblouissement causé par la dénudation de la sclérotique, il convient d'opposer les verres à teinte bleue, qui, sans nuire à la netteté de la vue, écartent les rayons moyens du spectre, les plus irritants pour la rétine.
§ 65. Myopie apparente due aux spasmes de raccommodation. — La définition que nous avons donnée de l'état de l'œil désigné sous le nom de myopie, ne permettra pas de confondre avec l'allongement absolu du globe, ce rapport vicié de l'appareil de la réfraction dans lequel ce n'est plus récran qui est trop éloigné de la lentille, mais celle-ci qui développe un pouvoir réfringent réellement en excès.
Ce cas se rencontre dans les circonstances où l'accommodation se trouve spasmodiquement mise en jeu : on en voit des exemples fréquents dans l'asthénopie accommodative, dans un état de l'œil qui a reçu le nom de « myopia in distans, » états
dans lesquels le muscle ciliaire se trouva contracturé ou obéit mal aux ordres de la volonté ou de l'instinct synergique. Le diagnostic différentiel de ces états s'obtient au moyen des instillations d'atropine et ressortit à une analyse qui exige une certaine précision.
Dans ces derniers temps, l'observation de début de la myopie dans les écoles a conduit quelques ophthalmologistes distingués à admettre que la myopie passe souvent , avant d'entrer dans la pbase des altérations anatomiques, par une période caractérisée par une simple crampe accommodatrice. Cette remarque est fondée; nous avons eu bien des occasions d'en constater la justesse. En de tels cas, la myopie subjectivement reconnue, disparaît à l'examen ophlhalmoscopique, ou par l'instillalion de l'atropine, et il ne s'y rencontre encore aucune trace de staphylôme postérieur.
Mais ces symptômes caractéristiques s'y montrent tôt ou tard ; la myopie apparente devient réelle et ferme, pourrait-on dire. Et ce n'est pas seulement l'œil emmétrope qui se transforme ainsi ; les cas ne sont pas rares où une légère hypermétropie congénitale donne lieu elle-même à la formation d'une myopie finale et progressive.