‹ L'oeil [electronic resource]Chapitre 21 sur 60 · DALTONISME · texte numérisé non relu

DALTONISME

La première, l'anérythropsie, consiste dans l'insensibilité pour le rouge : les seules sensations nettes sont le jaune et le bleu.

Ces malades n'aperçoivent le rouge que lorsqu'il est intense, et placent en ce point la limite du spectre : ils confondent avec lui le brun et le vert. La couleur la plus intense pour ces sujets est donc , dans le spectre , non le jaune pur , comme pour la généralité, mais le bleu vert.

La seconde classe de dyschromatopsie se compose de ceux qui commettent des erreurs en cherchant à distinguer le vert, et ses diverses nuances. Dans cette classe les observations exactes manquent, ou à peu près.

Entin, par exception, le jaune peut être perçu seul ; c'est ici à proprement parler de Vachromalopsie complète. La notion de couleur ferait absolument défaut.

Cette anomalie est le plus souvent congénitale. On l'a cependant signalée dans plusieurs maladies, dans certaines amblyopies, particulièrement dans les intoxications par le tabac et même par l'alcool. La science, en réalité, est encore fort incomplète en ce point.

Mais si elle n'est encore que d'un faible secours comme moyen de diagnostic, la dyschromatopsie offre en elle-même une grande importance comme maladie fonctionnelle. La possession de notions

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exactes en matière de couleurs est d'une grande valeur dans un grand nombre de professions. Les peintres, les teinturiers, les directeurs d'ateliers de tissage ont le plus grand intérêt à jouir à cet égard de facultés exactement physiologiques, c'està-dire conformes aux notions de la généralité. Mais où cette anomalie peut amener les plus grands périls c'est chez les sujets chargés d'interpréter les signaux colorés, comme les vigies en mer, et les mécaniciens sur les chemins de fer. Il n'y a pas à insister là-dessus.

Quant au mécanisme physiologique de cette perversion, il a donné lieu à quelques hypothèses et à de nombreuses controverses. Nous nous sommes toujours abstenu dans ce sujet, n'étant pas édifié sur la valeur des théories physiques et physiologiques y relatives. Cette réserve était fondée, si nous nous en rapportons aux découvertes récentes du professeur Boll de Rome, et dont voici l'indication sommaire :

1° La rétine n'est pas transparente et incolore dans toute son épaisseur, comme on le croit. Préparée dans l'obscurité, ou à la lumière jaune, la surface extérieure de la membrane de Jacob est d'un beau rouge. Cette couleur (Sehrolh) est sécrétée par l'épithélium choroïdien (Kûhne).

2° Durant la vie, la couleur rouge de la rétine décroît et se consume sous l'action de la lumière,

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