IMAGES MULTIPLES H
réfraction peut suffire à expliquer l'anomalie survenue; mais si jamais il n'y a eu à observer chez lui d'état de réfraction anormale, c'est l'accommodation qui est en cause : il y a paralysie du muscle ciliaire (§ 41).
Nous verrons plus loin (§ 112) la signification qui doit être attachée à la diplopie binoculaire, ou qui n'existe que lorsque les deux yeux sont ouverts.
Nous laissons de côté la diplopie uni-oculaire due à des facettes de la cornée, à des luxations du cristallin, et dont le mécanisme est depuis longtemps classique.
Nous ne mentionnerons pas davantage une autre cause de polyopie uni-oculaire récemment formulée, et que son auteur attribue à. une véritable hallucination de la rétine ou des centres nerveux. L'hallucination cérébrale peut tout se permettre, ses modes d'agir sont trop peu connus pour qu'on y conteste rien, comme aussi pour qu'on s'y montre affirmatif. Quant à la rétine, la conception d'une sensation double sur un même élément nerveux (bâtonnet) semble plutôt une hallucination de l'auteur que de la membrane ; elle est absolument incompatible avec la propriété fondamentale du bâtonnet : la notion de la direction et de l'extériorité (§3 et 4).
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§ 83. Mydriasis. — On appelle ainsi la dilatation exagérée de la pupille, avec persistance de l'immobilité de l'iris.
Au point de vue symptomatologique, la mydriase offre deux classes d'effets bien distinctes. Ceux comprenant à la fois lïris et le muscle ciliaire, ceux bornés au premier de ces organes.
Bornée à l'iris, la mydriase ne s'accuse que par l'indifférence de l'iris à ses stimulants naturels, la lumière, la convergence des axes optiques, Taccommodation aux distances rapprochées.
Unie à la paralysie du muscle ciliaire , aux effets précédents elle joindra ceux de cette dernière maladie, savoir : le recul du point rapproché (presbytie prématurée), la polyopie uni-oculaire, la micropie, l'irisation des images. (Voy. § 4i).
Semblables symptômes ne sauraient donc être accueillis légèrement : ils annoncent la parésie ou la paralysie présente du système accommodateur; et ces altérations nerveuses sont trop souvent les avant-coureurs de la paralysie plus sérieuse des muscles moteurs mêmes de l'œil.
La mydriase reconnaît deux origines : l'une spasmodique ou par contracture (voyez myosis); l'antre par paralysie.
Cette dernière reconnaît à son tour deux points de départ: 1° La suspension ou diminution d'action de la troisième paire (oculo-motrice) ; 2° L'a-
MYDRIASIS ET MYOSIS 115
nesthésie du centre des mouvements réflexes ou sympathiques que l'iris possède dans la rétine, c'est-à-dire la perte de la sensibilité de la rétine pour la lumière (amaurose). Dans ce dernier cas la pupille, immobile lorsque la lumière vient frapper l'œil considéré, réagit au contraire, en môme temps que sa congénère, si la lumière est dirigée sur l'autre œil. Ce caractère de l'amaurose est d'une grande valeur dans la pratique courante.
§ 84. Myosis (rétrécissement exagéré de la pupille). — Ce symptôme, l'inverse du précédent, est produit par l'excès d'action du sphincter sur les fibres radiées. Il suit le plus souvent le spasme du muscle accommodateur , donnant ainsi un signe d'une valeur analogue, mais inverse à celui fourni par la mydriase.
Alors, et par un mécanisme aussi aisé à comprendre, il s'accompagne de macropie (41).
Les relations qui unissent le système musculaire de l'iris et de l'accommodation au système nerveux ganglionnaire et au système spinal, ne devront pas être non plus perdues de vue, à l'occasion de ces deux symptômes mydriasis et myosis.
Le médecin s'expliquera aisément la présence de la mydriase dans tout état de dépression évidente du système cérébro-spinal, et le myosis dans un état semblable du système du grand sympathique.
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Les états irritatifs de ces deux systèmes étant moins connus dans leur symptomatologie, on peut bien soupçonner que Tirritation du système spinal " * amène le myosis, comme celle du système ganglionnaire, la mydriase. Mais, à cet égard, des propositions formelles, vraies peut-être en physiologie expérimentale, seraient encore téméraires au point de vue de la séméiologie pathologique.
§ 85. Des images irisées (chrupsie). — Le
mécanisme de l'irisation des images a été décrit au § 18. Toutes les fois qu'on aura lieu de la constater, on devra donc penser qu'il y a absence d'harmonie entre l'accommodation de l'œil et la distance de l'objet visé, ou bien encore qu'il y a asymétrie dans l'œil.
Le premier cas ressortit plus spécialement à de forts degrés d'anomalie de la réfraction ou à la paralysie de l'accommodation.
Le second a été décrit sous le titre astigmatisme.
§ 86. Du daltonisme ou dyschromatopsie (cécité pour certaines couleurs). — On désigne sous ce nom l'inaptitude totale ou partielle à ressentir l'impression des couleurs, et par suite à les distinguer l'une de l'autre. On en distingue deux classes :