PRÉFACE
Avant de commencer le (ravail qu'aujourd'hui je livre au public , j'ai dù me demander quel était le but qu'il s'agissait d'atteindre pour rendre l'ouvrage aussi utile que possible. Livré depuis quelques années à l'enseignement tant théorique que pratique des maladies des yeux ; souvent consulté sur le mérite des différents traités d'ophthalmologie, j'ai pu me convaincre de la défectuosité de la plupart de ces ouvrages. Les uns sont trop étendus et par conséquent trop coûteux, les autres sont trop incomplets ; d'autres enfin ne me conviennent point sous le rapport de la manière dont le sujet y est traité. Il m'a semblé que, pour les maladies des yeux , nous manquions d'un manuel qui fût succinct sans cesser d'être complet , et qui pût servir de guide, non-seulement au commençant , mais aussi au médecin praticien. C'est là la lacune que j'ai entrepris de combler ; le public médical jugera si j'ai réussi ou non. Je ne crains point la critique , je tâcherai au contraire d'en faire mon profit ; mais je désirerais qu'on n'examinât et qu'on ne jugeât mon livre
qu'en face des malades, c'est la meilleure épreuve à laquelle on puisse soumellre un ouvrage qui a la prétention d'èlre pratique.
Dans la rédaction j'ai toujours préféré la clarté à l'élégance du style ; dans cette intention je me suis servi , autant que possible , pour désigner les maladies, de termes intelligibles à tout le monde. Aucune branche de la médecine n'a été, autant que l'ophthalraologie , surchargée de mots grecs et latins ; presque chaque auteur a trouvé certains mots mal formés oii trop peu significatifs, et en a inventé de nouveaux. De cette synonymie considérable est résulté une grande confusion; beaucoup d'auteurs se servant quelquefois du même mot pour désigner des maladies différentes. Pour sortir de ce labyrinthe je n'ai vu qu'un moyen, c'était de me servir des expressions les plus simples et de mettre les synonymes en parenthèse. C'est ainsi, par exemple, qu'au lieu de parler de la cornéite, cératite ou kératite, je traite de ïinflammatioji de la cornée , et que je décris V opération de la pupille artificielle par incision de l'iris , et non Viridotomie , ou corétomie , ou corolomie, ou corétotomie. Cependant il fallait ne pas tomber dans l'excès opposé , et ne pas bannir, à cause de leur origine grecque , des mots sur la signification desquels on est généralement d'accord; aussi me suis-je servi des mots à.' ectropion , entrapion, trichiasiSj'elc,
Les limites dans lesquelles je voulais me renfermer ne m'ont pas permis de décrire tous les traitements et
tous les procédés opératoires inventés pour la guèrison des maladies des yeux ; je n'ai parlé en détail que de ceux qui m'ont le mieux réussi , et de ceux proposés par les auteurs les plus recommandables ; la tendance pratique que je voulais imprimer à mon livre, m'a fait passer rapidement sur tout ce qui intéresse plutôt l'histoire de l'art que la thérapeutique oculaire. Pour les personnes cependant qui désireraient faire des recherches spéciales sur l'une ou l'autre des maladies, j'ai indiqué à la fin des articles les principaux ouvrages qui s'occupent de la matière et qui n'ont pu être cités dans le cours des articles.
En ajoutant quelques planches à mon Manuel , j'ai voulu en augmenter l'utilité. Les figures coloriées qui représentent les principales maladies des yeux sont faites d'après plusieurs auteurs, et surtout d'après Beeh 'et Democrs. Plusieurs raisons m'ont empêché de les faire peindre d'après nature : d'abord je n'aurais pas toujours eu à ma disposition , au moment convenable, des individus affectés des maladies que je voulais représenter ; ensuite je me serais difficilement procuré un artiste habitué à peindre d'après nature les yeux malades ; enfin je n'ai pas cru pouvoir mieux faire que de copier des figures dont maintes et maintes fois j'avais eu l'occasion de vérifier l'exactitude , en les comparant avec des yeux affectés des maladies représentées.
Quant à la troisième planche , on n'y trouvera pas tous les instruments inventés pour les opérations qui
se pratiquent aux yeux, mais ceux qui y sont représejilës surOsent et remplacent avantageusement les instruments plus compliqués qui augmentent inutilement l'arsenal chirurgical.
PRATIQUE
D'OPHTHÀLMOLOGIE.