‹ L'oeil [electronic resource]Chapitre 7 sur 60 · ASSOCIATION DES DEUX YEUX DANS LA VISION SIMPLE · texte numérisé non relu

ASSOCIATION DES DEUX YEUX DANS LA VISION SIMPLE

devant nous étaient vues simples quoique assurément ils n'eussent rien du tore; et l'on continua à parler de Vhoroptre comme de quelque chose de réel. Nous croyons même qu'on le fait encore^ quoique depuis la mort de la doctrine des points identiques, cette fantaisie transcendante n'ait plus même de prétexte.

Revenons à cette théorie.

§ 22. Les deux images rétiniennes ne sont point identiques. — La doctrine des points identiques reposait nécessairement sur cette supposition implicite que les tableaux rétiniens étaient identiques. Or, il n'en est rien, les deux tableaux ne sont pas identiques.

Un corps quelconque dans l'espace n'est point vu par les deux yeux de la môme manière, ne dessine point dans les deux rétines exactement la môme image. Quelle que soit sa position, l'œil gauche voit un peu plus du corps sur la gauche, l'œil droit en embrasse davantage sur la droite. Les images de tous les corps faisant partie du tableau sont donc inégales et asymétriques dans les deux yeux; en un mot, ce sont des images stéréoscopiques.

La doctrine des points identiques est incompatible avec ce fait irrécusable.

§ 23. Du mécanisme de la vision binocu-

laire simple. — Ainsi l'observation rigoureuse des pliénomènes de la vision nous montre que non-seulement un objet peut être vu simple, avec les deux yeux, sans que ses images tombent à ■droite et à gauche sur des points homologues, mais encore que la différence des parallaxes de cet ol)jet, dans l'un et l'autre œil, se lie intimement à la sensation de relief corporel qu'il procure, ou, plus exactement, à la situation vraie de cet objet dans l'espace. La vue ime, simple, procurée par deux images rétiniennes stéréoscopiques, avec la sensation du relief, répond, en fait, et indépendamment de toute théorie, au mécanisme suivant : De même que les deux axes optiques ou polaires fixent, pour le sensorium, la position de l'objet de l'attention à leur propre entrecroisement dans l'espace, de même les axes de directions visuelles secondaires, ou correspondant aux différents objets disséminés dans un voisinage plus ou moins immédiat du point de mire, portent au sensorium une notion semblable du lieu de leur intersection deux à deux. En un mot , par le fait du concours de nos deux yeux, les positions de tous les corps de l'espace, dans une certaine étendue autour du point de mire ou d'attention, sont rapportées à la nôtre comme centre, et simultanément , avec la même exactitude , la même sûreté qu'elles le seraient sur un plan, à un sys-

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tème de coordonnées, par l'intersection de deux droites.

La vision binoculaire où associée est donc tout autre chose que la vision uni-oculaire doublée. C'est une résultante produisant des effets que ne peut réaliser chaque composante prise isolément. C'est d'elle que dépendent les notions exactes de rehef corporel, de la distance et de la situation relative du corps dans l'espace : c'est un instrument géodésique.

En un mot, nos deux yeux associés jouent exactement pour le sensorium le rôle de deux théodo- Utes intelligents ayant la conscience des angles qu'ils relèvent.

§ 24. Composantes de la vision associée ou complète. — Lors de la vision associée, les deux champs visuels superficiels de droite et de gauche ne se superposent pas dans toute leur étendue, par celte excellente raison qu'ils n'ont, en fait, qu'une partie commune et susceptible de fusion. Lors du regard en face de soi, l'effacement de l'orbite dans la région temporale, la saillie nasale de l'autre côté, font que chaque œil reçoit sur le côté nasal de la réline une image bien plus étendue que sur la moitié temporale de la membrane. Il suit de là que la vision complète superficielle se compose de trois parties : l'une centrale

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B n G, la plus grande, binoculaire ou composée, les deux autres D et G monoculaires et en rapport avec les régions latérales de l'espace.

Fig. 3.

Ces deux dernières sont les vestiges de la vision bilatérale de certaines espèces d'animaux et se fondent dans un seul tableau avec la région centrale.

INFLUENCE PHYSIOLOGIQUE DE L'âGE SUR LES QUALITÉS DE L'APPâREIL DE LA VUE.

Comment se manifeste l'influence de l'âge sur la fonction visuelle. — Effets de l'âge sur le degré d'acuité de la vue. — Effets de l'âge sur la position dm punctum proximum. — Définition du terme presbyopie ou presbytie. — Causes de la presbyopie. — Début de la presbyopie au point de vue pratique.

§ 25. Influence de l'âge sur la fonction visuelle. — Dans le chapitre précédent, nous avons exposé les conditions que remplit ou doit remplir l'œil à l'état physiologique. Mais dans ce tableau, qui a une physionomie exclusivement géométrique, tout est absolu et nous ne voyons pas tîgurer les éléments variables que l'âge apporte à sa suite.

Or, la perfection fonctionnelle de l'appareil de la vue s'altère par les progrès de l'âge comme s'altère la force de tous les autres appareils.

Cet affaiblissement progressif s'accuse sous deux aspects différents : lo par la diminution graduelle de l'acuité (46) ; 2° par la diminution de l'énergie accommodatrice ; cette dernière se traduit par le recul, l'éloignement ù.\ipunct\m proximum (15).

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§ 26. Effets de l'âge sur le degré de l'acuité de la vue. — De l'âge de vingt ans à quatrevingts années, l'acuité descend progressivement de li ou 1 à fi.

§ 27. Effets de l'âge sur la position du punctum proximum. — Le punclum proximum, dans le même espace de temps, s'éloigne d'une manière progressive et à peu près régulière du sujet ; il se transporte graduellement de 10 centimètres, à l'horizon qu'il atteint vers 65 ans. Le pouvoir accommodateur perd donc approximativement une dioptrie métrique tous les 4 ans.

§ 28. Définition de la presbytie ou presbyopie. — Ces deux variables constituent les conditions mêmes de la presbytie : cependant on n'entend ordinairement par ce mot que le recul du point rapproché par le fait des années, l'affaibhssement régulièrement progressif du pouvoir accommodatif.

§ 29. Causes de la presbyopie. — Cet affaiblissement reconnaît pour causes, d'une part, la diminution d'énergie du muscle ciliaire, de l'autre, l'endurcissement graduel (sclérose) du principal des éléments lenticulaires de l'organe, le cristallin. L'effet croît par l'action composée de

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