AVANTAGES CONSTATÉS
Voyons d'abord ceux qui intéressent le conducteur de la voiture :
1° Augmentation des contrastes. —En lumière blanche, dans une atmosphère claire, les impuretés en suspension dans l'air sont en quantité suffisante pour provoquer une diffusion notable du faisceau tendant à uniformiser les brillances des objets clairs et foncés ; dans une atmosphère brumeuse, la diffusion est considérablement accrue par la présence de minuscules gouttelettes d'eau.
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En lumière sélective, que l'atmosphère soit claire ou brumeuse, la diffusion est moindre et l'effet de voile produit par la brume ou les poussières est notablement diminué.
En outre, par temps de pluie, un phénomène curieux peut être constaté ; les goutteleties d'eau peuvent cesser d’être visibles.
Ces essais comparatifs par temps de pluie ou de brouillard ont été repris à diverses reprises par des expérimentateurs bénévoles. |
Nous avons exposé plus haut l'enquête faite par la Quinzaine Médicale dans son numéro de février 1933. Près de 6.000 médecins ont en effet répondu à ce référendum d’une façon unanimement affirmative en faveur de la lumière jaune par temps de pluie et de brouillard. Des expériences fort intéressantes de M. Le Dr Laoureux de Liége y sont précisées et démontrent tout l'intérêt de cette lumière.
20 Augmentation de l'acuité visuelle. — L’acuité visuelle, déterminée au moyen d’une échelle de Parinaud ou au moyen d'anneaux de Landolt, est augmentée de 10 % avec cette lumière sélective.
Ceci est conforme aux conclusions des travaux de Macé de Lépinay et de Nicati, qui ont montré que la partie du spectre plus réfrangible ne donne qu’une faible acuité
visuelle par rapport à Ja partie moins réfrangible du spectre.
30 Augmentation de la visibilité, — La visibilité, c'est-àdire la faculté d'apprécier un objet, se trouve considérablement accrue.
L'expérience a été réalisée en faisant déplacer un sujet noir sur une route goudronnée et en déterminant la distance à partir de laquelle il n’est plus Het à un observateur de le percevoir.
Dans cette expérience, les projecteurs d’une voiture
avaient été successivement munis de lampes à ampoule incolore, puis de lampes à ampoule sélective.
La distance-limite de visibilité à égalité d'éclairement a été de 130 mètres en lumière blanche et de 160 mètres en lumière sélective.
Il est d’ailleurs intéressant de noter. entre autres observations, celle qui nous a été faite par un conducteur de voiture rapide, qu'aucun éclairage n'avait encore pu satisfaire au cours de ses déplacements nocturnes, malgré la brillance toujours croissante des faisceaux qu’il essayait d'obtenir. Seul l'éclairage jaune a pu lui permettre de voir loin et par conséquent de conduire vite, d’une part à cause de l’augmentation de visibilité, d'autre part à cause de la suppression totale de la fatigue, qui survenait rapidement en éclairage blanc et qui, au bout de quelques minutes, si enlevait le bénéfice d’un éclairage intense.
49 Diminution de la fatigue oculaire. — De nombreux expérimentateurs ont constaté, après plusieurs heures de conduite nocturne, une diminution de la fatigue oculaire.
Ces observations ont été d'ailleurs confirmées par M. André Blondel dans une communication à l'Académie des Sciences, dans laquelle il rappelle les travaux entrepris avant la guerre par M. Jean Rey sur les projecteurs dorés, et ceux de MM. A. Broca et F. Laporte sur la fatigue rétinienne consécutive à un éblouissement.
Voyons, maintenant, les avantages qui intéressent celui qui croise une voiture dont les projecteurs sont munis de lampes à ampoule sélective.
1° Diminution de l'éblouissement en éclairage « route ». — Au cours d'expériences réalisées en équipant successivement les projecteurs d’une automobile de lampes à ampoule incolore et de lampes à ampoule sélective, on a constaté,
en se plaçant à 100 mètres en avant des projecteurs, que le phénomène d'irradiation est notablement réduit avec les lampes à ampoule sélective.
C est au surplus l'opinion de M. le D'Bommier, rédacteur de la Quinzaine Médicale, qui, tout d’abord adversaire convaincu de la lumière jaune, conclut, après avoir entrepris des expériences personnelles : Quand une voiture « munie de deux projecteurs à lumière blanche vient vers « vous, le phénomène d'irradiation est tellement intense « que vous ne voyez qu'un globe lumineux; avec la lu- « mière jaune, chaque projecteur reste distinct » ;
2° Diminution de l'éblouissement en éclairage « code ». — La brillance semble diminuée à tel point qu'à 100 mètres en avant du véhicule, l'observateur a l'impression que l’éclairage est fourni par les veilleuses du projecteur.
Ce résultat est d’une importance toute particulière puisqu’il répond aux préoccupations actuelles des usagers de la route et à celles des pouvoirs publics.
L’éblouissement étant un phénomène physiologique difficilement mesurable, la diminution observée unanimement constatée (Quinzaine Médicale de février 1934) résulte des impressions de nombreux sujets ; il n’en est pas de même pour la durée de réadaptation et de réaction psychomotrice ;
3° Diminution du temps de réadaptation après un éblouissement prolongé. — Les expériences relatives à la détermination du temps de réadaptation nécessaire à la vision normale après un éblouissement prolongé nous ont donné sur un sujet les résultats suivants :
40 secondes en lumière blanche, 4 secondes en lumière jaune.
D'autre part, des mesures plus récentes faites sur notre
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