CHAPITRE II
Les Muscles péri-oculaires
Si l'œil est éminemment expressif en lui-même, grâce à ses variations d'éclat et aux changements pupillaires, les muscles faciaux extrêmement mobiles qui l'entourent et dont les contractions déterminent son ouverture ou son occlusion aident puissamment à son jeu de physionomie.
Les muscles périoculaires, par leurs connexions réciproques, forment, ce que l’on pourrait appeler au point de vue de la physionomie, le système facial supérieur. Ils éclairent la partie supérieure, la plus noble, la plus expressive du visage. Pour Duchenne il expriment mieux que tous les autres muscles de la face, les passions ou les divers états de l'esprit.
Ces muscles innervés par le facial sont au nombre de quatre. Avant de décrire les expressions qu’ils donnent au regard, nous donnerons sur eux quelques notions anatomiques succinctes, destinées à nous faciliter cette description. En allant de haut en bas, nous trouvons le frontal, l’orbiculaire des paupières, le sourcilier et le pyramidal.
Le muscle frontal est situé à la partie antérieure du crâne. De forme quadrilatère 1} seéteud de là région orbitaire à l'aponévrose
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épicräniennne. Il prend naissance, en haut, sur le bord antérieur de cette aponévrose et se dirige en bas et en avant vers l'orbite. Les faisceaux internes où médians gagnent la région intersourcihère. où ils semblent se confondre avec les muscles pyramidaux. Les faisceaux moyens et externes s'entrecroisent au niveau du bord supérieur de l'orbite avec les muscles orbiculaire et sourciier, Tous les faisceaux du frontal, quelle que soit leur situation, S'attachent à la face profonde de la peau des régions précitées.
L'orbiculaire des paupières entoure l’orifice palpébral à la manière d'un anneau elliptique. Sa circonférence intérieure se confond avec l'orifice palpébral, sa circonférence extérieure recouvre le pourtour de l'orbite. Aussi on le divise en deux portions : une zone orbitaire répondant au pourtour de l'orbite, une zone palpébrale répondant aux paupières. Il prend naissance dans la région de l'angle interne de l'œil sur les bords d'un tendon fixé lui-même par sa portion directe, à la lèvre antérieure, par sa portion réfléchie, à la lèvre postérieure de la gouttière lacrymo-nasale. Parmi les différents faisceaux de l’orbiculaire, les uns se portent en haut dans la paupière supérieure et sur le pourtour supérieur de l'orbite, les autres se portent en bas dans la paupière inférieure et sur le pourtour inférieur de l’orbitre. Dans la région externe ces faisceaux se terminent après s'être entrecroisés mutuellement à la face profonde de la peau. On voit donc que l'orbiculaire des paupières est formé de deux moitiés symétriques, une supérieure et une inférieure. Chaque moitié comprend elle-même deux zones, une orbitaire et une palpébrale, Nous verrons l'importance de cette division quand nous étudierons la physiologie de ce muscle.
Le soureilier est un tout petit muscle, couché sur la partie interne de l’arcade sourcilière, au-dessous du musele précédent. Il prend naissance sur la partie la plus intense de l’arcade sourcilière, À ce niveau, un très faible intervalle le sépare de celui du côté opposé. De là il se porte en haut et en dehors, décrivant le long de l'arcade sourcilière une courbe à concavité dirigée en bas. En atteignant le trou sus-orbitaire, il se décompose en une série de faisceaux qui s’entrecroisent avec les fibres de l’orbiculaire et du frontal et viennent s'attacher à la face profonde de la peau des sourcils.
Le pyramidal est un petit muscle, situé à la fois sur le dos du nez et dans la région intersourcilière, immédiatement au-dessous du frontal, qu'il semble continuer. Il prend naissance, en bas, sur les cartilages latéraux et les os propres du nez. De là ses faisceaux se portent verticalement en haut vers la région intersourcilière, où aboutissent également les faisceaux du frontal. Sur les points où ils entrent en contact, les deux muscles se pénètrent réciproquement,
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come l'a établi Sappey, mais sans se confondre, IIS se terminent l'un et l'autre à la face profonde des téguments.
Duchenne a divisé ces muscles en deux groupes. I. Muscles complémentaires expressifs :
{° Frontal, muscle de l'attention;
2° Portion orbitaire de l’orbiculaire supérieur, muscle de la réflexion ;
3° Sourcilier, muscle de la douleur ;
4° Pyramidal, muscle de l'agression.