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I. Muscles complètement expressifs We Duchenne). FRONTAL

Le frontal élève le sourcil, qui décrit une courbe à convexité supérieure plus accentuée qu'au repos. Le front est sillonné de rides transversales, s'étendant sur toute sa largeur. Mais, tandis que latéralement elles décrivent des courbes concentriques au sourcil, c'est-à-dire à concavité inférieure, elles présentent au contraire une concavité supérieure dans la région médiane.

Cette disposition des rides est en rapport avec la direction des faisceaux contractiles. Les faisceaux moyens sont les plus puissants et aitirent fortement la région moyenne du sourcil. L'action des faisceaux médians est contrebalancée par la tonicité des pyramidaux ; par suite, leur action est beaucoup moindre : il en résulte des rides à concavité supérieure. Les faisceaux externes très faibles élèvent légèrement la queue du sourcil qui conserve sa courbe normale.

Mais si le frontal se contracte énergiquement, l'action des faisceaux externes va se manifester par l'élévation plus grande de la queue du sourcil. Les rides frontales ne décrivent plus des courbes aussi régulières que précédemment, elles seront surtout modifiées du côté externe.

Enfin, chez l'enfant, les rides frontales n'existent pas. Son sourcil s'élève sans produire le plus léger pli sur le front. « C’est le privilège de l'enfance et de l'adolescence de ne dessiner que des lignes expressives fondamentales pendant le jeu de la physionomie ».

Outre l'élévation du sourcil et la formation de rides frontales, la contraction de ce muscle détermine une élévation notable de la paupière supérieure et par suite l'agrandissement de l’ouverture palpébrale. L'expression qui en résulte est celle de l'attention portée sur les choses extérieures, de l'observation. L'œil est en effet largement ouvert aux impressions venues du dehors. Par un phénomène d'association, cette mimique est déterminée non seulement par les perceptions visuelles, mais par les sensations du goût, de l'odorat et du toucher. Mais elle est particulièrement expressive, quand les impressions, venant du monde extérieur, sont perçues par l'œil ou par l'oreille.

Il en est de même quand on fait appel à sa mémoire, comme si l'on voulait revoir ce qui n'existe plus qu'à l’état de souvenir (Gratiolet).

Si la contraction du frontal devient plus énergique, le déplacement du sourcil et les rides frontales deviennent plus accusés. L'expression n’est plus seulement celle de l'attention; c'est celle de la surprise, de l'étonnement, de l'admiration, émotions déjà plus complexes que l'attention, mais dont le principe est en réalité cette dernière. « L'admiration consiste en apparence dans une surprise associée à quelque

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plaisir où à un sentiment d'approbation. Quand on l'éprouve avec vivacité, les sourcils se retirent, les yeux s'ouvrent et s'élargissent au lieu de rester fixes comme dans la stupeur » (Darwin).

Gœthe dépeint la mimique de l'attention dans son prologue de Faust. « Déjà le monde est assis tranquille, les sourcils levés et ne demandant pas mieux que d'admirer. »

La peur se manifeste de la même façon. La défiance, qui est un commencement de peur, a une mimique à peine sensible qui peut se réduire à un soulèvement du sourcil accompagné de rides transversales. Au fond, cette mimique n'est autre que celle de l'attention éveillée par la défiance. « On la voit dans toute sa force chez les pauvres fous atteints du délire de la persécution. Ils ont une façon incertaine de regarder autour d'eux; leurs sourcils se retirent ou bien l’un d'eux s'élève tandis que l’autre s'abaisse; leur regard est vacillant..... ou bien ils prennent une attitude d'attention, comme s'ils écoutaient des bruits réels ou imaginaires » (Mantegazza).

La mimique de l'attention est essentiellement centrifuge. Comme le fait remarquer Mantegazza, tous les mouvements qui ont leur centre dans l'œil ou dans la bouche semblent se diriger du milieu de la face vers la périphérie, en sorte que le mouvement mimique général est centrifuge. L'œil s'ouvre larœement et regarde en haut; la bouche s'ouvre et s'élargit; en même temps le cou se redresse, la tête se relève et nous force à regarder en haut ou vers l'horizon,

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ORBIGULAIRE SUPÉRIEUR

La portion orbitaire du musele orbiculaire supérieur détermine, par sa contraction, l'abaissement du sourcil, qui tend à devenir rectiligne. De plus, il entraine le sourcil en dedans et dessine une ou plusieurs rides verticales dans l’espace intersourcilier. La peau du front devient lisse et tendue, toutes les rides en ont disparu. Les lignes verticales intersourcilières sont d'autant plus pures que le sujet est plus jeune, car la peau du front et de l’espace intersourcilier est alors parfaitement unie. Lorsque la contraction de l'orbiculaire est très forte, la projection du sourcil en dedans détermine quelques plis verticaux de la peau au-dessus de sa portion interne.

Ces modifications, opposées à celle que détermine la contraction du frontal donnent au visage une expression contraire de celle quenousvenonsd'étudier. Tandis que le frontal est le muscle de l'attention extérieure, l'orbiculaire donne l'expression de l'attention intérieure, de la réflexion. Les sourcils abaissés ombragent l'œil et tendent à supprimer les impressions visuelles. L'esprit, renfermé en lui-même, est insensible à ce qui vient du dehors.

La contraction modérée de l’orbiculaire peint la réflexion calme. Au contraire, la contraction énergique traduit la méditation avec effort. « Les sourcils, fortement abaissés, rectilignes, froncés, portés en dedans, faisant pour ainsi dire la nuit autour de l'œil, ces sourcils dont la tête se gonfle, dont l'espace intersourcilier est creusé de rides verticales; ces

ESS sourcils, en un mot, tourmentés par la pensée, annoncent un travail laborieux de l'esprit» (Duchenne).

Tandis que la mimique de l'attention est centrifuge, celle de la réflexion est centripète. « Dans le visage méditatif, écrit Mantegazza, tous les mouvements partent de la périphérie et se concentrent vers le milieu de la face; les veux sont demi-clos, où même clos; la bouche aussi est close; la tête s'incline sur la poitrine comme si l'organisme se repliait sur lui-même pour chercher en soi ce que l’homme inspiré cherche au dehors, dans le large horizon de la nature. »

Cette mimique, essentiellement intellectuelle, se groupe toujours autour de la tête, et surtout autour de l'œil, qui est le centre mimique de la pensée. Mantegazza fait remarquer que la figure d'un aveugle privé d'yeux parait toujours plus stupide que celle d'un aveugle dont les yeux sont conservés.

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