‹ L'Oeil et le Regard Chez les AliénésChapitre 14 sur 23 · PYRAMIDAL · texte numérisé non relu

PYRAMIDAL

Le pyramidal tire en bas la peau de l’espace intersourcilier et détermine à ce niveau de courts plis transversaux qui jettent une ombre sur cette région. De plus la tête du sourcil est attirée en bas. Il en résulte que le sourcil ne décrit plus sa courbe naturelle ; sa moitié interne a une direction oblique de deho:s en dedans et de haut en bas. La peau de la partie médiane du front est tendue et lisse. Il en résulte un aspect analogue à celui donné par des sourcils épais et très étendus dans leur partie interne,

mc EU ce qui se rejoignent sur la ligne médiane. Or ceux-ci donnent une expression énergique, dure, quelquefois féroce, La contraction du pyramidal donne au regard le plus doux un caractère de dureté et de menace allant jusqu'à la méchanceté et la férocité quand la contraction est énergique. C’est pourquoi Duchenne lui a donné le nom de muscle de l'agression.

Cette expression atteint une acuité remarquable sur la photographie I, d'une persécutée hallucinée. La contraction énergique des pyramidaux détermine des rides horizontales intersourcilières très accusées.

L'abaissement du sourcil, augmenté par la contraction du pyramidal, a aussi pour résultat de soustraire l'œil aux impressions lumineuses fortes qui produisent sur l'appareil de la vision une impression douloureuse.

Duchenne a constaté que le pyramidal obéit peu à l'action de la volonté. Un des deux sujets, sur lesquels il à expérimenté, donnait à son œil des expressions variées par la contraction de ses muscles périoculaires sans pouvoir exercer la moindre action sur les pyramidaux.

SOURGILIER

L'action du sourciller est complexe et a été très discutée. Nous verrons à ce propos la thèse intéressante de Darwin. Il nous semble cependant difhicile d'admettre que la théorie de Duchenne, basée sur l'expérimentation, soit inférieure à la précédente, basée sur la seule observation,

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Le muscle sourcilier produit des déplacements en sens inverse de la tête et de la queue du sourcil. La tête du sourcil gonflée est attirée en haut et en dedans. Le sourcil devient oblique de haut en bas et de dedans en dehors décrivant une ligne sinueuse composée de deux courbes, l’une interne à concavité supérieure, l'autre externe à concavité inférieure. La peau du front située au-dessus de la partie externe ainsi que celle située au-dessous de la tête du sourcil est fortement tendue. Au contraire, au-dessus de la tête du sourail elle est refoulée en haut et forme des rides transversales.

Ces rides n'existent pas chez les enfants. Elles sont au contraire très nombreuses chez les gens âgés, surtout chez ceux dont la peau est très fine, comme chez la femme qui a servi aux expériences de Duchenne. La direction du sourcil est d'autant plus oblique que la contraction du sourcilier a été plus forte.

Ce déplacement du sourail provient de ce que les fibres du muscle sourcilier agissent dans des directions différentes ; les unes attirent en haut la tête du sourcil, tandis que les autres attirent en bas et en dehors ses deux tiers externes.

Duchenne fait remarquer que l'étude de ces déplacements montre l’antagonisme existant entre le pyramidal et l’orbiculaire supérieur d'une part, et le sourcilier d'autre part pour la tête du sourail. De plus le sourcilier est antagoniste du frontal pour le tiers externe du sourcil : il en est au contraire le congénère pour le tiers interne. On voit donc que l’action du sourcilier est extrémement complexe, et que seule la

ER méthode expérimentale par l'excitation électrique des muscles pouvait nous donner des renseignements précis. Il résulte de ces considérations que la direction oblique du sourcil ne peut coexister avec des rides transversales s'étendant sur toute la largeur du front. Duchenne a fait une application intéressante de cette découverte physiologique à la critique des statues de l’Arrotino, du Laocoon, de la Niobé.

La contraction du sourcilier donne à la physionomie une expression de souffrance. Cette expression douloureuse croît avec l'énergie de la contraction : la direction du regard dûe aux différentes attitudes du globe de l’œil vient souvent la modifier et la compliquer, comme nous le verrons plus loin. Mais le sourcilier perd toute valeur expressive quand le degré de sa contraction dépasse une certaine limite. Ce n'est plus alors qu’un violent spasme du muscle produit par l'impression d'une vive lumière. On n'y retrouve plus l'expression de la douleur.

Pour Darwin, le déplacement que nous venons de décrire serait dû à la contraction des faisceaux médians du frontal associée à celle des muscles orbiculaire, pyramidal et sourcilier. Pour lui le sourcilier entraine la tête du sourcil en dedans, mais en l'abaissant. L'orbiculaire, le pyramidal et le sourcilier abaisseraient le sourcil dans toute son étendue. L'action prédominante des faisceaux médians du frontal provoquerait l'ascension de la tête du sourcil. Il donne à l’appui de sa thèse une explication très ingénieuse.

« Lorsque les enfants crient ou pleurent, ils contractent les muscles orbiculaires, sourciliers et pyramidaux, en premier lieu pour Comprimer leurs -Yeux et les empêcher de se gorger de sang, et secondairement par l'effet de l'habitude. J'en avais conclu que lorsque les enfants cherchent soit à prévenir un accès de pleurs, soit à l’arrêter,ils devaient tenir en échec la contraction des muscles ci-dessus nommés de la même manière que lorsqu'ils regardent une lumiére brillante : je pensais en conséquence queles faisceaux médians du frontal devaient très souvent entrer en jeu. Je me mis à étudier les enfants placés dans ces conditions. Je reconnus bientôt que les muscles de la douleur dans ces occasions entraient très souvent en jeu de la manière la plus évidente. Une petite fille de 1 an 1/2 était taquinée par d’autres enfants; ses sourcils devinrent notablement obliques avant qu'elle éclatât en pleurs. Nous avons donc là la clef du problème que nous présente l'antagonisme entre la contraction des fibres centrales du frontal et celle des muscles périoculaires sous l'influence de la douleur.

. Nous avons tous, dans notre enfance, contracté maintes fois nos muscles orbiculaires, soureiliers et pyramidaux afin de protéger nos yeux tout en poussant des cris. Nos ancètres ont agi de même avant nous pendant de longues générations, et quoique en avançant en àge il nous devienne facile de retenir nos cris, lorsque nous éprouvons quelque douleur, nous ne pouvons toujours vaincre l'effet d'une longue habitude et empêcher une légère contraction des muscles indiqués plus haut; si cette contraction est très faible, nous ne le remarquons même pas, et nous n'essayons pas de la réprimer. Mais les pyramidaux paraissent être moins directement placés sous Pinfluence de la volonté que les autres muscles dont nous venons de parler, et quand ils sont bien développés, leur contraction ne peut être arrétée que par la contraction antagoniste des faisceaux médians du frontal. Il en résulte nécessairement, si ces derniers faisceaux se contractent avec énergie, une ascension oblique des sourcils, un plissement de leurs extrémités internes et la formation de rides rectangulaires au milieu du front » (Darwin).

II. Muscles incomplètement expressifs (de Duchenne) ORBICULAIRE INFÉRIEUR

Il détermine l'élévation de la paupière inférieure. Ses fibres, en redressant leur courbure, élèvent la peau de la joue et creusent un sillon entre celle-ci

et la paupière, qui se moule plus exactement sur le globe de l'œil. Il donne une certaine finesse au regard, qui devient aimable et accueillant. C’est le musele de la bienveillance. A la période d'optimisme, c'est un des muscles les plus occupés chez les paralytiques généraux. Il est aussi complémentaire de la joie franche, et ce n'est pas là son rôle le moins 1mportant. C’est le grand zygomatique qui exprime la joie, depuis le simple sourire jusqu'au rire le plus fou. Sous l'influence de sa contraction se dessinent « des lignes fondamentales » constituées par le mouvement oblique, en dehors et en haut de la commissure labiale, par une courbe légère à convexité inférieure de la ligne nasolabiale, par le gonflement de la pommette, enfin par l'élévation légère de la paupière inférieure, et des « lignes secondaires » formées par les rides rayonnantes de l'angle externe des paupières. Ces dernières sont connues sous le nom de patte d'oie; elles n'apparaissent que chez l'adulte, d'autant plus nombreuses et profondes qu'il est plus avancé en âge. Les lignes fondamentales au contraire se développent à tous les âges, chez le vieillard comme chez l'adulte.

Mais Duchenne à bien vu que si le grand zygo- matique est le muscle du rire joyeux, il ne suffit pas à donner à cette expression tous ses caractères de franchise et de spontanéité. Au premier abord, le sujet dont les grands zygomatiques sont excités électriquement paraît S'abandonner au rire le plus frane, mais un moment d'attention vous fait découvrir que sa gaieté est factice; plus vous regardez cette bouche

riante, plus elle vous blesse par sa fausseté. « Il est évident, fait remarquer Darwin, que cette expression n'est pas naturelle, car sur vingt-quatre personnes auxquelles j'ai montré la photographie en question, trois n'ont pu lui assigner une expression quelconque ; et les autres, tout en reconnaissant qu'il s'agissait de quelque chose plus ou moins analogue à un sourire, ont proposé les titres suivants : mauvaise plaisanterie, rire forcé; rire grimaçant, rire à demi étonné. » « N'en accusez pas l’exagération de ce rire, écrit Duchenne, car si je vous représentais le sujet souriant, la contraction partielle de ses grands zygomatiques serait aussi peu sympathique. N'en accusez pas non plus la laideur de cette face ; la même expérience faite sur la figure la plus belle vous blesserait tout autant et exciterait votre défiance. »

Sur le même sujet, dont la gaieté est excitée, le rire est franc et communicatif, Cette expression n'est plus la même que celle obtenue artificiellement par l'excitation des Zzygomatiques. « On remarque cependant la même courbe qui sépare les lèvres, la même sinuosité des sillons nasolabiaux, la même saillie des pommettes, les mêmes rides rayonnantes qui partent de l'angle externe de l'œil. »

La différence expressive de ces figures dépend uniquement d’un mouvement particulier de la paupière inférieure. Si l'on en cache la partie supérieure jusqu'au niveau du bord inférieur de l'orbite, elles rient tout aussi bien l’une que l’autre. Mais si lon découvre l'œil on constate, dans la deuxième, qu'il s'est mis parfaitement en harmonie avec le mou-

vement des commissures labiales pour compléter l'expression de plaisir et de gaieté. Dans la première au contraire, l'indifférence de l’œil fait contraste avec le grand mouvement d'expansion joyeuse et gaie de la partie inférieure du visage.

Or, ce mouvement de la paupière inférieure détermine, au niveau du bord inférieur de l'orbite, une dépression transversale à concavité supérieure. Au-dessus de cette dépression, la peau de la paupière est légèrement gonflée et en relief; au-dessous, elle est tendue. Par suite de la rétraction en arrière et de l’élévation des commissures, les joues sont entrainées en haut. « [1 se forme des plis au-dessous des yeux, et chez les vieillards, à leur extrémité externe; ces plis sont éminemment caractéristiques du rire ou du sourire » (Darwin).

Ce modelé des paupières inférieures nait sous l'influence des impressions qui affectent l’âme agréablement; c’est lui qui donne au rire joyeux son caractère de franchise et de vérité. L'orbiculaire inférieur qui produit ce relief de la paupière inférieure n'obéit pas à la volonté; 1l n’est mis en jeu que par une affection vraie, par une émotion agréable. De même que la volonté estimpuissante à le faire contracter, de même elle ne peut dissimuler son action, quand celle-ei est éveillée par un sentiment.

Darwin fait remarquer que les orbiculaires supérieurs entrent aussi en contraction dans la production du rire ou du sourire. Les sourcils sont par suite légèrement abaissés. Ce serait là, pour lui, un effet delatendance qu'ontlesorbiculaires supérieurs à entrer

plus où moins en action de concert avec les orbiculaires inférieurs, probablement par suite d'une habitude antérieurement acquise.

€ Sur un visage qui sourit modérément, la contraction des muscles orbiculaires supérieurs se manifeste encore quelquefois par un léger abaissement des sourcils. Celle des muscles orbiculaires inférieurs et palpébraux est plus visible; elle est indiquée par le froncement des paupières inférieures et des téguments placés au-dessous. Du plus large sourire on passe au plus léger par une série de gradations insensibles. »

L'extrème sourire se cantonne très fréquemment dans les yeux mi-clos et les paupières. Tel l'enfant qui « fait les doux yeux » ou le rire de l’aguicheuse de Properce :

« Risitet arguto quiddam promisit ocello ».

« Dans la paralysie labio-glosso-laryngée, le malade anxieux d'un rire spasmodique qu'il ne saurait maitriser, témoigne par un sourire des paupières sa reconnaissance à ceux qui l'entourent. » (Trousseau).

Les portraitistes contemporains ont bien remarqué cette mimique. « Les yeux asiatiques des italiennes sourient non moins que leur denture. » (P. Adam).

Gratiolet avait déjà montré que le sourire est composé par deux éléments : sourire des lèvres et sourire des yeux.

Le muscle orbiculaire inférieur ne peut étre suppléé pour sa fonction expressive par les palpébraux. Duchenne le démontre en excitant à la fois le grand zygomatique et les palpébraux. Le rhéophore ayant été posé au niveau de la partie supérieure du grand

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zygomatique sur le point d'émergence du nerf, le muscle s’est contracté en produisant les sillons et les reliefs fondamentaux qui lui appartiennent. De plus la paupière supérieure s'est abaissée, tandis que la paupière inférieure s’est élevée. Ce dernier mouvement indique que les palpébraux se sont contractés. Cette combinaison a produit le « rire méprisant. »

.: L’orbiculaire inférieur donne une expression dufiérente selon qu'il se contracte des deux côtés à la fois ou d'un seul côté. Si sa contraction est unilatérale il donne.alors l'expression du sourire moqueur.

Tel est le sourire étrange de la Gioconda de Léonard de Vinci. « Au dire de Vasari, le grand peintre italien travailla quatre ans à ce tableau. Enigmatique en sa complexité, l'expression de la Joconde a donné lieu à d'innombrables commentaires; beaucoup prétendent que le tableau est inachevé et que c’est là le secret de ce mystérieux sourire, que le peintre aurait laissé ébauché sans avoir pu fixer la mimique caractéristique de cette belle tête perpétuellement mobile et changeante. Léonard de Vinei n'aurait-il pas plutôt cherché à donner au portrait de Lisa Gioconda cette expression moqueuse, fine et délicate qui intrigue tous les observateurs, mais surtout par ce fait qu'elle est unilatérale? D'après M. le Prof. Pierret, c'est avec intention que le maitre italien a dessiné ce léger retroussis du coin gauche de la bouche et qu'il a donné à la moitié gauche du visage l'expression de la moquerie » (Thèse de Dupuis).

Nous verrons, à propos de l’expression du regard des aliènés, l'importance de ce muscle pour le diagnotic de certains troubles mentaux, en particulier

chez les déments apathiques.

PALPÉBRAUX

La contraction simultanée des deux muscles palpébraux détermine le rapprochement des paupières

us pouvant aller jusqu’à l’occlusion complète de l'œil et ramenant l'ouverture palpébrale à une fente linéaire.

L'occlusion partielle des paupières exprime très nettement le dédain. Elle fait comprendre à la personne qu'on regarde quelle déplait et qu’on la méprise. Cette mimique semble vouloir dire : « Vous ne valez pas la peine que je vous regarde. »

Dans l’occlusion totale, la commissure externe des paupières se rapproche de la ligne médiane; il se produit alors des rides qui partent de l'angle externe de l'œil et se dirigent vers la région temporale. Il en résulte une expression complémentaire de celle du pleurer. C'est le petit zygomatique qui donne l’expression du pleurer, en tirant obliquement en haut et en dehors la partie médiane de la lèvre supérieure et de la ligne nasolabiale. Le bord libre des lèvres et le sillon nasolabial, qui correspondent au muscle excité, décrivent une légère courbe à concavité inférieure; le refoulement, dans la mème direction, des tissus placés au-dessus de la ligne nasolabiale produit un gonflement de la pommette et l'élévation de la paupière inférieure, qui se rapproche de la paupière supérieure. On trouve chez les vieillards de petits plis cutanés transversaux qui n'existent pas dans la jeunesse.

La contraction bien isolée de ce muscle traduit une émotion qui produit la sécrétion des larmes. Cependant quand on regarde le sujet sur lequel Duchenne a excité isolément le petit zygomatique, on sent que les larmes qui semblent produites par une émotion ne doivent pas encore couler abondamment. Il n'en est

he plus de mème, quand il s’y joint l'occlusion des paupières « Lei le sujet pleure franchement. Ce n'est pas que la contraction du petit zygomatique y soit plus forte ; c'est parce que la contraction du sphincter des paupières y est associée à celle du petit zygomatique. J'ai fréquemment suivi avec attention chez un même individu et surtout chez l'enfant cette gradation de l'expression du pleurer; j'ai toujours vu les larmes s'annoncer par l’action partielle du petit zygomatique et le pleurer franc se montrer avec l'association de ce muscle et du sphincter des paupières. » (Duchenne). Les différentes nuances du pleurer sont en général l'indice du chagrin; toutefois elles représentent quelquefois une expression d’attendrissement provoquée par une scène pathétique. Les larmes qui coulent alors ne sont plus des larmes de douleur; elles sont produites quelquefois par l'expression du plaisir. L'occlusion énergique des paupières et la compression des globes oculaires qui en résulte aurait pour conséquence, d'après Darwin, de protéger les yeux contre les dangers d'un afflux sanguin trop considérable. Pour lui, tous les muscles périoculaires entrent en jeu dans cette compression exercée sur le globe de l'œil. Pour se rendre compte de l’ordre suivant lequel les différents muscles se contractent pour produire cette compression, « le meiïlleur moyen consiste à prier une personne d'élever d'abord les sourcils de manière à sillonner le front de rides transversales, puis de contracter lentement tous les muscles qui entourent les yeux, avec une énergie graduellement croissante et enfin de toutes ses forces, Les

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sourciliers paraissent être les premiers muscles qui se contractent; ils attirent les téguments en bas et en dedans vers la racine du nez en faisant apparaître les plis verticaux qui constituent le froncement des sourcils; en même temps, ils amènent l'effacement des rides transversales du front. Presque simultanément, les muscles orbiculaires entrent en action et plissent les téguments qui entourent les yeux; toutefois leur contraction parait acquérir une énergie plus grande aussitôt que celle des sourciliers leur a donné un point d'appui. Enfin les pyramidaux du nez entrent en jeu, abaissant encore les sourcils et la peau du front, et produisent de courtes rides transversales sur la racine du nez ».

Les muscles périoculaires se contractent avec énergie, non seulement pendant les pleurs, mais aussi pendant tout effort violent d'expiration, pendant le rire, la toux, l'éternuement. C’est ce qu'a bien montré Ch. Bell. « La compression du globe de l'œil a pour objet de protéger le système vasculaire de l'intérieur de l'œil contre une impulsion rétrograde communiquée à ce moment au sang veineux. Quand nous contractons la poitrine pour expulser l'air, il se produit un ralentissement de la circulation dans les veines du cou et de la tête; dans les efforts très énergiques, le sang ne se borne pas à distendre les vaisseaux, mais il reflue dans les petits rameaux vasculaires. Si à cet instant l'œil ne subissait pas une compression convenable formant résistance au choc sanguin, il pourrait se produire des lésions irrépa-

Cr ee rables dans les tissus si délicats du globe oculaire ». (Ch. Bell).

Darwin fait remarquer que dans l’éternuement et la toux, la contraction des palpébraux peut servir accessoirement à protéger les yeux contre l'ébranlement ou la vibration trop intense produite par le bruit qui accompagne ces actes. C’est pourquoi les chiens et les chats ferment leurs paupières lorsqu'ils broient des os durs entre leurs dents.

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