‹ L'oeillet blanc; comédie en un acte en prose par Alphonse Daudet et Ernest ManuellChapitre 10 sur 26 · SCÈNE SIXIÈME U · texte numérisé non relu

SCÈNE SIXIÈME U

VIRGINIE

Ah çàl d'où lui viennent ses frayeurs? Est-ce que je ne reste pas seule tous les "jours?

CADET-VINCENT

Tous les jours, je ne dis pas.

VIRGINIE

Qu'y a-i-il donc de nouveau aujourd'hui?

CADET-VINCENT

Rien, citoyenne, rien.

VIRGINIE

Tu vois bien que c'est la paresse qui le fait parler,

CADET-VINCENT

Ah ! la paresse, par exemple.

VIDAL

4ssez! je vois clair dans ton jeu, drôle... prends ces papiers et jnarche. Virginie Vidal est une bonne républicaine, fille d'un jalriole qui ne boude pas, et fiancée à un brave de l'arm-^e de ?^endée... ces filles-là savent montrer les dents à l'occasion.

VIRGINIE

Bien paiié ! (a Cadet-Vincent.) Voilà qui te rassure, poltron. (Eii^

inarclio avec Vidal par le fond.)

CADET- VINCENT, à pari, prenant les papiers sur le levant do la scène.

Oui, joliment! Que dois-je faire? si je parle, l'autre parlera et ii a des preuves.

VIRGINIE

Allons, lambin.

CADET- VINCENT

J'y suis, citoyenne, (a part.) Et s'il s'<igis?ait d'une conspiration, si j'allais me trouver compromis... ma foi, j& n'y (ions plus... arrive qui plante, je vais tout dire. (Haut.) Citoyen |

VIDAL, au fond.

Quoi ? que veux-tu?

CADET-VI NCEJNT.

Citoyen I il faut que je t'avoue une chose,

VIDAL

Bien, bien, je te confesserai en route.

Mais...

VIDAL, le poussant vers la porte.

Viens, nous sommes en retard.

CADET-VINCEXT.

Pourtant, je,..

VIDAL

Marclie donc!...

VIKGi.ME.

Adieu, père, à ce soir, pas trop tard, n'est-ce pas?

CADET -VINCENT, rouvrant brusqaemcat la porte. ^Citoyeune! citoyenne I

VIRGINIE

Encore.

CADET-VINCENT

Enferme-toi dans le pavillon, crois-moi. (il s'enfuit.) Voilà, voilà, citoyen conventionnel. (Vidal et Cadet sont sortis par le fond.)

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