SCÈNE SIXIÈME U
VIRGINIE
Ah çàl d'où lui viennent ses frayeurs? Est-ce que je ne reste pas seule tous les "jours?
CADET-VINCENT
Tous les jours, je ne dis pas.
VIRGINIE
Qu'y a-i-il donc de nouveau aujourd'hui?
CADET-VINCENT
Rien, citoyenne, rien.
VIRGINIE
Tu vois bien que c'est la paresse qui le fait parler,
CADET-VINCENT
Ah ! la paresse, par exemple.
VIDAL
4ssez! je vois clair dans ton jeu, drôle... prends ces papiers et jnarche. Virginie Vidal est une bonne républicaine, fille d'un jalriole qui ne boude pas, et fiancée à un brave de l'arm-^e de ?^endée... ces filles-là savent montrer les dents à l'occasion.
VIRGINIE
Bien paiié ! (a Cadet-Vincent.) Voilà qui te rassure, poltron. (Eii^
inarclio avec Vidal par le fond.)
CADET- VINCENT, à pari, prenant les papiers sur le levant do la scène.
Oui, joliment! Que dois-je faire? si je parle, l'autre parlera et ii a des preuves.
VIRGINIE
Allons, lambin.
CADET- VINCENT
J'y suis, citoyenne, (a part.) Et s'il s'<igis?ait d'une conspiration, si j'allais me trouver compromis... ma foi, j& n'y (ions plus... arrive qui plante, je vais tout dire. (Haut.) Citoyen |
VIDAL, au fond.
Quoi ? que veux-tu?
CADET-VI NCEJNT.
Citoyen I il faut que je t'avoue une chose,
VIDAL
Bien, bien, je te confesserai en route.
Mais...
VIDAL, le poussant vers la porte.
Viens, nous sommes en retard.
CADET-VINCEXT.
Pourtant, je,..
VIDAL
Marclie donc!...
VIKGi.ME.
Adieu, père, à ce soir, pas trop tard, n'est-ce pas?
CADET -VINCENT, rouvrant brusqaemcat la porte. ^Citoyeune! citoyenne I
VIRGINIE
Encore.
CADET-VINCENT
Enferme-toi dans le pavillon, crois-moi. (il s'enfuit.) Voilà, voilà, citoyen conventionnel. (Vidal et Cadet sont sortis par le fond.)