L'oeuf chez les plantes et les animaux
Champignons. — Multiplication par des spores. — Reproduction par des œufs. — Levure de bière. — Spores des Moisissures. — Dissémination des spores du Pilobole. — Spores des Agaricinées. — La « rouille » ou Puccinie et ses spores. — Zoospores de la tannée fleurie, des Monoblepharidés. — Gonidies. — Début de la sexualité. — Conjugaison chez les Moisissures. — Zygospores. — Fécondation et formation de l’œuf chez le Cystopns, les Saprolegniés, etc. — Multiplication par sclérotes. — Ergot du Seigle. — Kystes. — Spores tuniquées.
II. Algues. — Multiplication des Nostocacées. — Les Bactériacées et leurs spores. — Bactéries pathogènes. — Conjugaison des Spyrogires, des Mesocarpus, des Diatomées. — Zoospores de l'Vlothrix , des Vaucheria. — Conjugaison des microzoospores. — Fécondation des Vaucheria , de /’ Oedogonium, des Varechs, des Floridées.
III. Muscine'es. — Reproduction et multiplication. — Anthéridies, archégones, sporogone, protonéma.
IV. Filicinées. — Fécondation et formation de l’œuf chez les Fougères. — Prothalle.
Le nombre immense des êtres vivants organisés, qui peuplent actuellement notre globe ou qui, dans les temps
géologiques antérieurs, habitaient notre planète adolescente, ne forment pas, comme on pourrait le croire à la vue d’une si grande diversité de forme et de structure, un ensemble de familles ou de groupes disparates et hétérogènes. De famille à famille on reconnaît plutôt un lien de parenté plus ou moins facile à saisir, lien qui rattache apparemment tous les représentants du règne organique à une origine commune, mais dont la réalité est fort difficile à démontrer expérimentalement. Rendre l’existence de ce lien évidente pour le passé du règne organique serait aussi malaisé que de prouvei expéiimentalement l’évolution des civilisations humaines à partir de l’origine de l’humanité. Dans l’état actuel de nos connaissances, nos idées sur la généalogie de la famille des êtres vivants découlent plutôt d’une saine et impartiale intuition de faits établis, dont le nombre s’est éton-
namment multiplié depuis le commencement de ce siècle. Quelle admiration n’a-t-on pas éprouvée pour les découvertes des linguistes qui, appliquant la même méthode à l’étude des langues, ont su dégager leur parenté, et quelle tempête les idées de Lamarck et de Daiwin n ont-elles pas soulevée chez les mêmes admirateurs des linguistes! C’est qu’il est plus facile d’introduire une vérité nouvelle
que de chasser une erreur vieille.
La filiation des êtres organisés admise, on voit que les deux troncs principaux de l’arbre généalogique (sans être généalogique, cet arbre peut être représentatif des sériations de parentés plus restreintes),^ plantes et animaux, ne sont pas superposés l’un à l’autre dans une direction linéaire, mais divergents à angle aigu d une base commune. Au fur et à mesure qu’on descend dans l’échelle des plantes ou des animaux, on voit les unes et les autres se simplifier de plus en plus; les caractères distinctifs qui différencient si fortement les représentants élevés de ces deux règnes, que l’examen le plus superficiel nous renseigne immédiatement sur leur
ŒUF DES PLANTES CRYPTOGAMES
nature animale ou végétale, s’effacent et les limites disparaissent. Enfin, au sommet même de l’angle aigu, nous trouvons des êtres vivants, de forme et de structure fort simples, qui 'n’ont pas encore reçu le cachet propre à l’un des deux règnes, qui ne sont ni plante ni animal, mais des êtres vivants et se reproduisant avec des caractères communs aux représentants des deux règnes.
Mettons en regard un de ces êtres, vivant et se renouvelant, cellule microscopique presque imperceptible au plus fin de nos organes, et un cristal de même taille : alors se dresse devant nous le plus grand, le plus caché des problèmes, la vie. Né de parents comme lui, l’être vivant continue une activité qu’il a reçue et qu’il transmet. a ses descendants ; il a hérité de 1 initiative (( personnelle » qu’il fait valoir à son avantage, il est actif. Issu du hasard d’une combinaison propice, l’autre attend du dehors les moindres détails de sa destinée ; sans force vitale, il est inerte, passif. Le progrès et l’immobilité, la vie et la mort; un abîme entre les deux et, dans cet abîme, une force impulsive qui donna le premier choc vital se répercutant en ondes évolutives à travers le règne des Organisés.
De quelle façon cette force vitale, conservatrice du monde animé, se transmet-elle du créateur au créé?
Suivons la marche que la nature elle-même nous a indiquée, allons du simple au complexe et examinons d’abord par quels moyens la vie se transmet chez les
végétaux les plus simples : les plantes Cryptogames thallophytes. On appelle ainsi les plantes chez lesquelles, soit à cause de leur exiguïté ou de leur structure, les procédés employés pour la reproduction sont en général plus difficiles à saisir, d’où le nom de Cryptogames. Ces plantes, en outre, n’ont pas des organes tels que tige, feuilles et racines aussi nettement différenciés que les végétaux supérieurs; ne pouvant distinguer ces trois ordres d’organes, on a donné à tout le corps de la plante
I/ŒUF
le nom de thalle. Les Thallophytes comprennent deux grandes divisions : les Champignons et les Algues.