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I. Champignons

Les Champignons se distinguent aisément des Algues narun caractère commun à tous : l’absence de matièie verte, ou chlorophylle. La chlorophylle se rencontre pour la première fois chez les Algues et caractérisé ensuite, a peu d’exception près, tous les représentants des classes

de végétaux plus élevés.

Cette matière verte est l’instrument de travail au moyen duquel la plante se fabrique elle-même sa nourriture avec l'aide des rayons solaires. Faisant defaut aux Champignons, ceux-ci sont forcés d’emprunter leurs aliments du dehors. Ils sont parasites. Revêtant une infinité de formes depuis la simple cellule de Levure e bière jusqu'aux énormes Bovista des forêts de 1 Amérique du Sud, depuis les guirlandes fines et dégantés de* certaines Moisissures jusqu’aux masses difformes des Truffes; brillant des couleurs les plus éclatantes comme la Fleur du tan, ou ternes et moroses, comme les ,onrins; rarement utiles, presque toujours redoutables a l’homme ou à ses plantes amies, les Champignons son ardemment en lutte pour la vie avec le reste du monde

° " Pour 6 soutenir cette lutte offensive et défensive dans laouelle le grand nombre succombe, les Champignons se reproduisent avec une abondance qui ne trouve de pareille que chez leurs voisines, les Algues. I n morceau de liai,, moisi est envahi en peu de temps par des fructifications de Champignons qui donnent des ml becs de corps reproducteurs. Mais cette exubérance de facilite reproductrice n’est pas uniforme dans ses effets, el e admet plutôt une grande diversité suivant les differente

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espèces et suivant le milieu plus ou moins Fropice à la propagation du parasite.

Tous les Champignons se propagent par des spores. Les spores sont en général des corpuscules microscopiques arrondis, ovoïdes, allongés, etc. (fig. 1), mais d’origine asexuée et qui forment, par exemple, cette poussière glauque qui recouvre le pain moisi ou bien qui, vive-

Fig. 1. — Formation des spores en chapelet à l’intérieur d’un filament de Champignon.

ment colorée en rouge brique, remplit les petites crevasses qu’on remarqua souvent sur le bois mort.

Indépendamment de ce mode de propagation, beaucoup de Champignons se reproduisent au moyen d’œufs. Ces œufs sont un produit de la sexualité, tantôt fortement accusée, ailleurs si peu, qu’on croirait se trouver en présence d’une simple conjugaison.

Un des exemples les moins compliqués de la formation des spores nous est fourni par la Levure de bière ( Sacha romgces). Ce Champignon, dont l’activité physiologique

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nous vaut des fermentations si utiles, est composé de une ou de plusieurs cellules arrondies ou ovoïdes, alignées en chapelet ramifié (fig. 2). Chaque cellule est entourée d’une mince membrane de cellulose et remplie d’un protoplasma granuleux. Qu’on place maintenant ces chapelets de Levure à la surface d'un liquide

nutritif au contact de l’oxv-

gène de l'air, et l’on verra quelques-uns des articles du chapelet grossir; leur contenu se divisera en deux ou en quatre petites masses isolées qui s’entoureront chacune d’une mince membrane et formeront autant de petites spores. Ces corpuscules reproducteurs , mis en liberté par la rupture de la membrane de la cellule mère, bourgeonneront à leur tour et reproduiront un chapelet de cellules accolées, pareilles à celle qui leur a donné naissance.

Une des Moisissures les 2. - Chapelets ue Levure de communes est le Mltcor

bière se multipliant par bour- F

geonnement. MucgcIo . Le Champignon

pousse son thalle, formé

d’un enchevêtrement de tubes ramifiés très fins, à l’intérieur du milieu nutritif. Au moment de se propagei, le thalle envoie vers l’extérieur et du coté du soleil un filament droit qui atteint jusqu’à 15 centimètres de longueur. Le sommet du filament se renfle en houle et se séparé fit' la base par une cloison après s être préalablement gorge de protoplasma. Au fur et à mesure que cette houle

li<r

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terminale grossit, la cloison se voûte en dedans de la boule, de sorte que finalement l’appareil affecte la forme d’un bilboquet. Examinez un morceau de pain fortement moisi et vous verrez déjà à l'œil nu, quantité de ces petites boules supportées par des fils extrêmement ténus. Chacun de ces bilboquets est un appareil à spores, un sporange. Bientôt le contenu granuleux et dense de la boule se fractionne en une infinité de petites masses qui s’arrondissent, puis s’étirent légèrement et finalement deviennent indépendantes les unes des autres. Transportons délicatement un de ces sporanges sur un porte-objectif de microscope.

Ajoutons une goutte d’eau; la fine membrane, qui jusqu'alors avait retenu captives les spores, se déchire et livre tous les corpuscules au hasard de leur existence : car, si, au lieu d’une eau pure nous mettions nos spores dans une eau additionnée à. — Touffes de spores dispod’aliments convenables , sées en chaPelet d'une Moisis-

sure.

nous pourrions, sous le

microscope, assister à la germination des spores et à la reproduction d'un nouveau thalle de Mucor Mucedo.

Chez d’autres Moisissures (Mucorinées), la forme du sporange et de son support, le nombre des spores et le mode de déhiscence de la membrane du sporange sont différents et donnent les caractères génériques et spécifiques. Certaines formes sont d’une admirable élégance de port et d’architecture microscopique (fig. 3).

Les spores elles-mêmes sont revêtues d’une membrane de cellulose ordinairement lisse, mais qui, dans quelques rares espèces, se couvre d’un fin réseau d’épaississements.

Quelques Champignons de la famille des Moisissures (Mucorinées) nous offrent, au moment de la dissémi-

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nation de leurs spores, un spectacle des plus curieux.

Ainsi le Pilobolus cristallinus, Moisissure fréquente sur • les déjections des herbivores, développe sur son mycélium des sporanges globuleux dont la membrane extérieure, pareille à un chapeau, se colore en noir. La cloison qui sépare la cavité du sporange du pédicelle se soulève à l’intérieur du sporange et y forme une columelle. Au moment de la maturité, le sporange, par une tension excessive due à une forte absorption d’eau, se détache avec sa columelle du pédicelle et, très vivement, est projeté en l’air. La force de projection est parfois telle, que le sporange est lancé à plus d'un mètre de hauteur ou de distance. On peut s’en convaincre en plaçant au-dessus d’une culture de cette Moisissure une cloche haute de 80 à 90 centimètres. Les sporanges, lancés contre les parois, y restent attachés et forment autant de petits points noirs visibles à l'œil nu. On peut même, en appliquant l'oreille contre les parois de la cloche, entendre un fin crépitement dû à la violence du choc au moment où le sporange frappe l’obstacle.

C’est ainsi que le Pilobolus cristallinus assure, par la dissémination au loin de ses spores, l’avenir de sa progéniture, car lui-même a épuisé, durant son existence, la richesse de son milieu nutritif.

Cet exemple n’est pas unique dans la classe des Champignons. Le Sphærobolus stellatus , dont le nom « lanceur de houles » indique bien cette particularité biologique, certaines Pezizes usent également, à la maturité du sporange, de ce moyen violent de dissémination de leur progéniture asexuée.

Nous rencontrerons plus d'un exemple de ce genre dans la série des végétaux plus élevés. Nous constaterons que, loin d’être un jeu de la nature, cette dissémination violente, quoique produite de façons diverses, a toujours un but de première importance pour la conservation de l’espèce.

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Les Champignons plus élevés, ceux auxquels on applique ordinairement le nom de Champignon proprement. dit, tels que les Agarics, Bolets, Chantrelle£, Coprins, Clavaires, etc., se reproduisent également par des spores. On ne leur a même pas encore découvert jusqu’à présent d’autre mode de reproduction, quoique chez eux la formation d'œufs soit rendue très probable. Prenons comme exemple le vulgaire Champignon de couche ou Agaric champêtre. A la face inférieure du chapeau se trouvent rangées des séries de lames minces disposées en rayon autour du pied-, libres par leur bord inférieur et très serrées les unes contre les autres. Ces lames rayonnantes, plus ou moins violacées, constituent par leur ensemble [hyménium, l’appareil reproducteur asexué. Coupons délicatement une de ces lames et portons-en une tranche très mince sous le microscope. Le milieu de la coupe est occupé par une série de cellules en liles qui se recourbent vers le bord en éventail, arrondissent leurs cellules en approchant de la périphérie et se terminent, perpendiculairement à l’axe de la coupe, par des cellules en forme de massue. Les unes, la plupart, restent libres et sont appelées paraphyses.

Les autres, plus développées, se couronnent d’une ou de deux paires de prolongements en forme de corne dont chacune porte à son extrémité une spore arrondie, ovoïde, avec un contenu granuleux (fig. 4). Au fur et à mesure que l’Agaric vieillit, ces spores mûres se détachent et tombent par terre où, très souvent, on les voit former comme une poussière d’une extrême finesse. On adonné à ces cellules sporifères le nom de basides.

La spore germera dans de bonnes conditions de milieu,

cinee.

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poussera des filaments à droite et à gauche, et produira un thalle souterrain : le « blanc de Champignon ». Bientôt, de ce thalle, surgiront de petits pédicelles renflés en double houle, vestiges du pied et du chapeau futur.

Les spores d’une même espèce de Champignon ne diffèrent en général que très peu les unes des autres. Cependant certaines espèces peuvent produire jusqu’à cinq sortes de spores différentes.

Tel est le Champignon, autrefois redoutable aux cultures du Blé, connu à la campagne sous le nom de « rouille », appelé Puccinie (Puccinia graminis) par les botanistes.

Qu’on se promène en été à travers un champ de blé, on peut voir fréquemment les feuilles de la céréale sillonnées de minces traînées d’un beau rouge orangé. Au toucher, le doigt enlève une fine poussière rouge : ce sont les spores d’un Champignon parasite dont le thalle ravage les tissus de la feuille. Au microscope, ces spores, qu’on a appelées urédospores , ont une forme ovoïde, une surface tuberculeuse, une membrane mince, un contenu rougeâtre et sont pourvues chacune, à l’équateur, de quatre ouvertures pour la germination. Durant tout l’été, le thalle produit des spores de cette espèce; mais, vers l’automne, la poussière qui recouvre la feuille de blé a changé de couleur, elle est devenue brunâtre. Portée sous le microscope, nous la trouvons composée en majeure partie de spores tout à fait différentes des premières : formée de deux cellules superposées, la nouvelle spore, téleulospore , possède une membrane épaisse, brune, coriace, et un contenu incolore; chacune de ses cellules est pourvue d’une ouverture germinative. L’urédospore germe pendant tout l’été, la téleutospore, engourdie pendant l’hiver, ne germe qu’au printemps suivant, et développe un filament assez court et simple. Ce filament produit, non pas un nouveau thalle de Puccinie, mais une troisième sorte de spores, les sporidies. De forme

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ovale, les sporidies sont disséminées sur les plantes environnantes grâce à leur légèreté. Chose curieuse, la sporidie ne se développera pas en thalle dans les feuilles du Blé; elle n’attaquera que les feuilles de l’Epine-vinette et périra si elle ne rencontre pas sur son chemin cet arbuste, son deuxième hôte. Arrivée sans encombre sur sa nouvelle victime, la sporidie, fille de Plie- Fig1. 5. — Éruption d’un écidium à la

cinie , recommence face d’,me feuille de Tussilage (™

,, , , de face),

une nouvelle généra-

tion. Le thalle qui en procède, après s’être insinué dans les tissus de l’Epine-vinette, produit sur les deux faces de ses feuilles des sortes d’abcès dans lesquels prennent naissance deux nouvelles formes de spores. À la face supérieure de la feuille se formeront, dans de petites pochettes en forme de bouteille, des spores qui iront propager le parasite de proche en proche sur l’Épine-vinette même. A la face inférieure bientôt seront visibles des

pustules rougeâtres (fig. 5) . Coupe dune pustule

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