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volume d’une tête d’épingle. Au microscope on la voit garnie de quatre ventouses arrondies, puis, tout au sommet, d'une double couronne de petits crochets. Ventouses et crochets sont des organes de fixation au moyen desquels le Ver s’attache solidement à la paroi intestinale au point de ne lâcher prise que sous l’influence des plus violentes drogues vermifuges. Immédiatement au-dessous de cette tête commence la gemmation, qui renouvelle les membres de la colonie et les augmente.
Le Ver solitaire est donc une forme strobile comme celle que nous avons décrite chez la Méduse et celle-ci est l’équivalent d’un segment. Au fur et à mesure que les segments se détachent, ils sont expulsés du corps tandis que le ruban continue à se nourrir aux dépens des aliments destinés à son hôte. Chaque segment, qu’on appelle proglottis ou cucurbitain , est un individu à sexe double, capable de reproduire un Ténia au moyen d’œufs. Au microscope le proglottis apparaît littéralement bourré d’œufs arrondis, extrêmement petits, entourés d'une triple enveloppe incolore assez résistante, car l’œuf doit subir une série d’épreuves où son contenu périrait s’il était imparfaitement protégé. Tandis que chez le Tænia solium l'œuf est arrondi et à triple enveloppe, chez d’autres espèces l’enveloppe est double et la forme ovale. L’enveloppe externe se prolonge parfois en deux appendices longs et grêles, ou déchiquetés ou arrondis en forme de vessie. Les œufs sont pondus libres ou bien réunis au nombre d’une dizaine dans une substance gélatineuse commune.
La fécondation inaugure ensuite le travail de segmentation d'une partie du vitellus, mais bientôt les cellules, se développant aux dépens de celui-ci, l’ont envahi en entier et l’embryon se constitue. Alors on voit apparaître à l’un des pôles de l’embryon six petits crochets animés de mouvements très vifs de rétraction et de protrusion.
Les œufs, contenant l’embrvon, sont évacués et tom-
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bent sur le sol ou dans l’eau. Ce n’est pas là qu’ils éclosent, mais bien dans le tube intestinal d’un autre animal. L’embryon du Ver solitaire doit arriver dans le tube digestif du Porc. Il y sort de l’œuf et se fixe à l’aide de
ses six petits crochets à la paroi de l’intestin, la perfore et va se loger à l’intérieur du tissu musculaire ou dans les autres organes. Là il s’enkyste, c’est-à-dire se niche
dans une vésicule qui se remplit d’eau, se replie sur lui-même et attend. Il attend que la destinée de son hôte le transporte dans une autre résidence, car, quoique ayant déjà les formes ébauchées du Ver solitaire rubané, il ne pourra se développer tout à fait que dans le tube digestif de l’Homme où nous l’avons rencontré au début. Ainsi enkysté dans les tissus du Porc, on lui donne le nom de Cysticerque et pas n’est besoin de dire qu’avant la connaissance exacte et irréfutablement démontrée par l’expérience directe de cette singulière migration, on avait pris la forme cysticerque pour un Ver spécifiquement différent du Ver solitaire de l’Homme. Ingéré avec la viande de Porc infestée, le Cysticerque complète son développement dans l’intestin de l’homme, devient un Ténia et se multiplie incessamment par scissiparité transversale en donnant la chaîne des Proglottis . Chacun de ceux-ci produit à son tour des œufs et le cycle évolutif se trouve fermé. Il est facile de tirer les conclusions pratiques de cette biographie du Ténia : les dangers d’infection pour l’Homme ne viennent pas des proglottis, mais bien du Cysticerque, épargné, dans la viande de Porc « ladrée », par une cuisson insuffisante ou l’absence de toute cuisson.
L’histoire de tous les Ténias, qui sont nombreux, n’est pas encore connue, mais les faits déjà observés par l'expérimentation directe et voulue, car celle-là seule peut nous convaincre entièrement, laissent supposer que tous les Ténias font des migrations analogues. Ces migrations nous rappellent vivement les singuliers phénomènes