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X écidium montrant les rangées

d’écidiospores.

d’où s’échappent sous forme de poussière rouge jaune une infinité de spores rouges, les écicliospores (fig. 6). Livrée au vent et au hasard, l’écidiospore tombera sur une feuille d’Épine-vinette et restera stérile ; mais qu’elle tombe

L’ŒUF

sur une feuille de Blé, elle produira un thalle de Puccinie qui, à son tour, donnera des urédospores et recommencera le cycle de végétation. Ce cycle, dans son anneau, comprend de la sorte les maladies de deux plantes et la formation de cinq sortes de spores différentes. Plus d’une fois, dans le règne animal, nous rencontrerons des faits d’hétéroécie pareils, mais, dès à présent, nous pouvons partager notre admiration entre la variété des phénomènes delà nature et la sagacité du savant qui en découvre les lois.

Les spores que nous avons vues jusqu’à présent sont toutes immobiles, dépourvues de mouvement propre; beaucoup d’espèces de Champignons produisent des spores

« vivantes », ou mieux, mobiles , appelées zoospores (lig. 7).

11 n’est pas rare de trouver à la surface du tan des masses gélatineuses, semblables à du jaune d’œuf vivement coloré. Appelée vulgairement tonnée fleurie ou fleur du tan (Fuligo sept ica), cette masse est un Champignon de structure très simple puisqu’il n’est composé que de protoplasma vivant et mobile à la façon des Amibes, c’est-à-dire de ces animaux Protozoaires dégradés qui, eux aussi, n’accusent leur animalité à première vue que par les mouvements rampants, amiboules , de leur corps. Là semble donc être le sommet de l’angle aigu où le règne animal et le règne végétal se rejoignent. Cependant les Myxomycètes, auxquels appartient la tannée fleurie et dont on a fait un ordre de Champignons, ne produisent pas d’œufs, mais se multiplient par des spores immobiles et des zoospores et d une façon plus compliquée que la simplicité de leur thalle ne l’aurait fait supposer. La tannée fleurie, telle que nous la vovons briller à la su face du tan, ne tarde pas à se

Fig. 7. — Diverses zoospores de Thallophytes.

L’ŒUF DES PLANTES CRYPTOGAMES

ramasser en boule mamelonnée. À l’intérieur de celle boule se forme un réseau d’une ténuité extrême, le capillitium (fig. 8), entre les mailles polyédriques duquel prennent naissance un grand nombre de spores. La membrane qui enveloppe ce sporange se brise à la maturité sous l’influence de la dessiccation et laisse échapper la multitude des spores. Immobiles, ces spores germent et épanchent leur contenu sous forme d’une traînée protoplasmique qui, elle, accuse déjà des mouvements amiboïdes. Elle s’effile à une extrémité et, finalement, se trouve pourvue à un de ses pôles d’un cil mobile, qui vibre et caractérise la zoospore la plus simple connue.

Epions ses mouvements amiboïdes, nous la verrons plus tard rétracter le cil, garder ses mouvements de reptation, se diviser par segmentation, ce qui est le mode de multiplication le plus simple, et former un certain nombre de petits individus indépendants les uns des autres. Mais leurs mouvements sont lents, les déplacements de peu d’étendue et bientôt le milieu nutritif se trouve épuisé. Alors toutes les petites vagabondes se rapprochent, se coalisent, se fusionnent et forment par l’union de leur corps la tannée fleurie. Viribus unitis , elles luttent contre l’épuisement. Prêtes à succomber, elles construisent de leur niasse un sporange et continuent leur espèce.

Bien souvent, sur notre chemin à travers les Cryptogames inférieures, le microscope nous fera passer sous les yeux des zoospores de forme et de structure variées, car c’est là un de leurs modes de multiplication favori. Mais avant de dévoiler les autres secrets des Champignons,

Fi

g. 8. — Capillitiura d’un Champignon Myxomycète.

L’ŒUF

voici sous l’objectif un zoosporange de Monoblepharis. On a trouvé le Champignon sous forme de minces filaments, vivant dans l’eau, sur dubois pourri. Nous assistons à la sortie des zoospores. Extrémité d’un filament, le zoosporange s’est ouvert à son sommet; il en sort une petite boule de protoplasma ; elle semble complètement dégagée si un fil d’une extrême finesse, engagé dans l’ouverture, ne la retenait. Cependant une deuxième boule se présente à l’ouverture et, grâce aux efforts de la première venue, opère sa sortie plus facilement. Engagée à son tour par un cil, à elles deux, elles opèrent par leurs tiraillements impatients la sortie d’une troisième boule et ainsi de suite. Bientôt le zoosporange, vidé par les efforts successifs de chaque nouveau-née qui, à l'égard de la suivante, joue le rôle d’accoucheuse, est entouré d'une bande de zoospores en mouvement. Munies d’un long cil mobile à un de leurs pôles, elles errent par mouvements saccadés dans le milieu environnant, en quête d’un bon gîte pour germer et reproduire un nouveau thalle.

Souvent, au lieu d’un cil vibratile unique, la zoospore est munie de deux cils flagellants battant dans deux direc-

tions opposées. Telles sont les zoospores de quelques Saprolegniées, Péronosporées, etc.

Apres dans la lutte pour l’existence, certains Champignons possèdent un troisième mode de multiplication asexué, voisin d’ailleurs de la sporification. Ainsi, certaines Moisissures telles que les Mortierella , vivant dans un milieu spécial, au lieu de produire des sporanges avec des spores proprement dites, développent en certains points du thalle de petites excroissances globuleuses, isolées chez les unes, associées chez les autres, pédicellécs et dressées, qui ont la même signification reproductive que les spores (fig. 9). Placées dans un milieu convenable, elles régénèrent un thalle (fig. 10) ou bien donnent naissance, sans l'intermédiaire d’un thalle, à un sporange. Ces spores anormales, appelées conidies . ont

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Fig. 9. — Conidies d’une Moisissure.

cliez les Moisissures, ordinairement, une enveloppe échinée et un volume bien supérieur à celui des spores normales issues d’un sporange. Elles peuvent d’ailleurs être concomitantes des sporanges suivant que le milieu est indifférent à la prédominance de l’un ou de l’autre mode de reproduction. La formation de conidies, assez fréquente chez les Champignons , est pour ainsi dire un échappatoire, une ressource spéciale contre la

destruction de l’espèce dans un milieu peu favorable.

Jusqu’à présent nous avons vu les Champignons se reproduire asexuellement : le produit de l’activité reproductrice ne ressort pas du concours de deux parties distinctes ni même éloignées du végétal . C’est plutôt le résultat d’une concentration d’activité unilatéralement divergente d'un organe ou d’un appareil.

Et c’est ici que la différence entre asexualité et sexualité sera le plus facile à saisir; c’est ici, à l’aurore de la vie organique, que nous pouvons déjà apercevoir dans toute leur simplicité les débuts d’une innovation, d’un perfectionnement de l’activité procréatrice, la sexualité qui, plus haut dans l’échelle des êtres vivants, deviendra avec quelques réminiscences secondaires de leur état antérieur, l’apanage des représentants les plus élevés des deux règnes organiques.

Fig.

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