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I. Batraciens

C’est dans la classe des Batraciens que les phénomènes de la fécondation de l’œuf ont été constatés expérimenta-

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lement pour la première fois avec une grande force de démonstration. L’Italien Spallanzani, dans la première moitié du siècle dernier, démontra l’action fécondante de la semence sur l’œuf. Étudiant la reproduction des Grenouilles et des Crapauds, Spallanzani, dans une série d’expériences admirables, réussit à féconder artificiellement des œufs pondus par une femelle de Grenouille. Il mit dans un vase des œufs fraîchement pondus, sans aucun mélange, dans un autre, des œufs identiques mais arrosés de liqueur prolifique. Après un certain temps, les œufs du second vase montrèrent tous les indices manifestes d’une activité évolutive, tandis que dans le premier, ils ne tardèrent pas à se gâter. Cette expérience fut décisive et permit d’abandonner toutes les anciennes hypothèses plus ou moins fantastiques sur la nature et le développement des œufs.

Chez les Batraciens, les œufs tombent de l’ovaire dans la cavité abdominale, pour, de là, être expulsés par un oviducte. On en rencontre souvent un très grand nombre et Swammerdam en a compté plus de mille dans un ovaire de Grenouille, Spallanzani jusqu’à douze cents dans un ovaire de Crapaud.

Le vitellus des œufs de Grenouille est remarquable parce qu’il contient à un moment donné des corpuscules opaques qui semblent animés d’un mouvement constant (mouvement brownien) et qui, plus tard, vont former de petites plaques irrégulières. Il se couvre chez la plupart des Batraciens, d’un côté, d’un pigment noirâtre, ce qui donne aux œufs l’apparence d’une sphère avec un noyau central opaque (fig. 157). Chez le Triton ou Salamandre à crête, les œufs, d’abord incolores, se teintent en jaune clair par suite du développement de corpuscules vitellins jaunâtres.

Au moment où les œufs résident dans l’oviducte, ils s’entourent d’une couche de matière albuminoïde, glaireuse, qui les enveloppe séparément ou les réunit dans

un mucilage commun. Dans le dernier cas, les œufs se rendent en niasse dans l’oviducte transformé en réservoir et y séjournent pendant quelque temps pour être ensuite évacués ensemble.

Les œufs sont fécondés généralement dès la ponte, quelquefois avant, et alors le Batracien devient ovovivipare comme la Salamandre terrestre et 1 e Rhinoderma Dariuini du Chili.

La Salamandre terrestre, animal inoffensif; mais qui, par une exagération légendaire, jouit d’une réputation d’animal venimeux, passe la plus grande partie de sa vie caciiée dans quelque fente de mur, de tronc d’arbre ou dans un amas de feuilles humides. Au printemps, la femelle, devenue mère, quitte sa cachette et se rend péniblement jusqu’à la mare voisine où elle dépose ses petits qui naissent vivants. Ceux-ci vont passer les premiers •temps de leur jeunesse dans l’eau bourbeuse de la mare jusqu’à ce que, quelques

mois plus tard, leurs métamorphoses accomplies leur permettent de changer de résidence et de reprendre le genre de vie de leur mère.

Les autres Batraciens sont ovipares. Les œufs sont disposés dans l’eau, quelquefois attachés aux plantes aquatiques. La Grenouille verte commune, les Rainettes répandent leurs œufs réunis en paquets informes dans les mares. Le Bombinator évacue, au mois de juin, de petites pelotes d’œufs qui sont plus grands que ceux des autres espèces. Les Crapauds ont leurs œufs réunis en

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