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PROCESSUS ANATOMIQUE DE LA MENSTRUATION

utérine, à la fois par les glandes et par la surface de la muqueuse. Il entraîne avec lui des débris cellulaires, constitués par les portions de la mu(|ueuse soulevées par l’hématome, et qui, de ce fait, ont subi la dégénérescence graisseuse. Epithélium de revêtement, partie superficielle du stroma, débris vasculaires, s’éliminent sous forme de petits lambeaux qui se désagrègent et se détruisent rapidement (fig. 21 Il se produit, en somme, une élimination de la couche superficielle de la muqueuse, comme l’ont établi depuis longtemps Kundrat, Engelmann et Léopold. J’ajouterai que cette élimination est fragmentaire.

Épithélium.

Stroma de la muqueuse.

Cavité glandulaire.

Muscle utérin.

Fig. 21. — Muqueuse utérine d’une jeune fille au premier jour de la menstruation. Les parties les plus superficielles de la mu(tueuse sont en pleine désintégration. (D’après Minotj.

C’est assez rarement que la partie superficielle de la muqueuse utérine se détache et s'élimine brusquement, d’un seul coup, -en un seul morceau qui reproduit le moule de la cavité utérine. Cette caduque cataméniale, dont le rejet s’accompagne souvent de douleurs intenses, est constituée par des débris épithéliaux et glandulaires, par du tissu conjonctif et des vaisseaux. Exceptionnellement, Robin, Saviotti, Léopold y ont rencontré des cellules déciduales. La cellule déciduale n’est donc pas caractéristique de la grossesse. A l’examen d’une caduque, on n’est, par conséquent, en droit d'affirmer l’existence d’une grossesse utérine que dans un cas : c’est lorsque cette caduque se montre pénétrée de villosités choriales.

Nous avons admis que la menstruation s’accompagne d’une élimination partielle de l’endomètre : c’est l’opinion acceptée généralement. Nous devons ajouter cependant que certains auteurs ne la partagent pas. C’est ainsi que Williams et

POTOCKI ET BRANCA

LA MENSTRUATION

Kalilden croient que l’endomètre s’élimine en totalité ; au contraire, d’après Kuge, de Sinéty, Moricke, Doléris, la muqueuse utérine, pendant la menstruation, ne disparaîtrait « ni en entier, ni en partie », elle subirait seulement des alternatives de congestion et de décongestion.

3° Stade post-menstruel. — Durant les 6 ou 8 jours qui suivent la cessation des règles, la muqueuse s’amincit et pâlit progressivement. Les éléments qui se sont mortifiés, mais n’ont pas été éliminés, sont résorbés par phagocytose. Les vaisseaux diminuent de calibre. Les glandes se raccourcissent. Le sang épanché se résorbe, en laissant, çà et là, des amas de pigment. Le stroma nouveau procède du stroma ancien. Comme dans toute cicatrice épithéliale, les épithéliums se régénèrent par glissement et karyokinèse (Westphalen). Cette régénération se produit aux dépens des éléments épithéliaux que le processus de la menstruation a respectés, au fond des glandes utérines.

Wendeler et Bond pensent que la muqueuse tubaire subit, pendant la période cataméniale, des modifications comparables à celles de l’endomètre, mais plus discrètes toutefois. Ces modifications ont été retrouvées également par quelques histologistes. Elles s’accompagnent d’hémorragie tubaire, mais on discute encore pour savoir si ces salpingorrhagies ne sont pas de nature pathologique. En admettant meme l’existence d’une menstruation tubaire, il est certain que cette menstruation est d’importance très secondaire. En effet, après l’ablation des trompes, pratiquée sans extirpation des ovaires, les règles persistent (Tillaux, Gaillard Thomas, Péan) : les trompes n’ont donc pas, dans la menstruation, le rôle que leur attribuait jadis Lawson Tait.

§3. — Physiologie de la menstruation.

D Instauration menstruelle. — La première menstruation s’établit parfois brusquement, sans signes précurseurs. Elle épouvante alors les jeunes filles qu’on n’a pas prévenues de ce phénomène physiologique. D’autres fois, elle est annoncée périodiquement, pendant de longs mois, par des douleurs dans la sphère génitale (bas-ventre, reins, cuisses), par un écoulement de mucosités vulvaires, et enfin par un gonflement douloureux des mamelles.

La menstruation ne s’établit point chez la femme à un âge déterminé, toujours le meme. Elle est fonction des conditions physiologiques auxquelles est soumis l’individu. Elle apparaît généralement à 12 ans dans les pays chauds, à 14 ou 15 ans dans les climats tempérés, à IG ans dans les régions froides.

Compare-t-on les enfants d’un même pays, on constate que dans les villes les filles sont réglées 9 ou 10 mois plus tôt que dans les campagnes. Dans une même ville, les filles de la classe aisée sont menstruées 6 à 14 mois plus tôt que celles de la classe pauvre. Dans une même classe enfin, la race intervient comme facteur pour avancer ou pour reculer l’époque d’apparition de la menstruation. On sait, en particulier, que la menstruation est très précoce chez les Juives.

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