‹ L'œuvre civilisatrice au Congo belgeChapitre 26 sur 37 · L'AGRICULTURE · texte numérisé non relu

L'AGRICULTURE

L'agriculture, surtout lorsqu'il s'agit de colonies, est généralement à la base de la richesse du pays.

Gopal : exportations comparées :

1908. Protectorat de l'Afrique orientale allemande. 173.165 frs

Elle présente l'avantage de ne pas tenter les aventuriers en raison des capitaux, du temps et des connaissances spéciales qu'elle exige.

Nous avons la ferme conviction que c'est sur l'agriculture que repose principalement l'avenir économique de la Colonie qui lui devra, dans un temps plus ou moins éloigné, une grosse part de ses ressources ; hâtons-nous d'ajouter, cependant, que dans l'état actuel des tarifs de transports, dont certains ont néanmoins été améliorés, bon nombre d'exploitations agricoles ne sont guère possibles dans le Haut-Congo ; certaines régions telles que le Mayumbe se trouvent, à ce point de vue, dans une situation privilégiée.

Le Gouvernement encourage par tous les moyens, la création par les particuliers de plantations de rapport ou d'autres cultures : il fournit notamment à ceux-ci, moyennant une rémunération raisonnable, des terres vacantes propres à la culture. Mais là ne se borne pas son action : depuis plusieurs années déjà il a mis à la disposition des indigènes, à titre gratuit, les graines que ceux-ci désirent obtenir, espérant ainsi les encourager à pratiquer la culture sur une plus grande échelle.

En 1900 fut fondé le jardin botanique d'Eala auquel sont annexés un jardin d'essai et une ferme modèle et où tous les agents de l'agriculture doivent aller faire un stage. On y instruit également des indigènes qui, en rentrant dans leurs villages, peuvent faire comprendre à leurs congénères les avantages qui ne manqueront pas d'être retirés d'une culture rationnelle.

Des stations d'essai existent également à Zambi près de Borna, à Katombe et à Congo da Lemba.

L'arrêté ro3^al du 18 janvier 1911 a divisé le Congo en circonscriptions agricoles ; à la tête de chacune d'elles^ est placé un agronome.

Le jardin colonial de Laeken a pour mission d'importer au Congo des plantes et des graines originaires de pays tropicaux et d'étudier des plantes qui seront envoyées dans la colonie ; les candidats aux emplois du service de l'agriculture, y reçoivent des leçons pratiques d'agronomie coloniale.

Laeken possède également une ferme modèle et un établissement de culture maraichère et fruitière ; ce genre de culture s'effectue également à Tervueren.

Des missions de botanique et d'agriculture ont été envoyées au Congo. La plus remarquable est celle qui fut confiée à M. Laurent, professeur à l'institut agricole de Gembloux : un premier voyage de recherches fut effectué dans le Bas-Congo et au Mayumbe ; en 1895 le distingué professeur retournait étudier les principaux districts de l'intérieur ; malheureusement un troisième voyage entrepris en 1903 lui fut fatal.

Nous ne saurions saluer assez bas la mémoire de cet homme qui mourut victime de son dévouement à la science.

Une autre mission conduite en 1895 par M. Dewèvre, a réuni également une importante collection d'éléments botaniques.

Enfin le directeur-général de l'agriculture , M. Leplae, s'est vu charger d'une mission importante : celle de réorganiser les services agricoles de la colonie. Il s'est

notamment occupé au Katanga, de la recherche de terrains propices à la colonisation agricole.

Les Cultures.

Parmi les produits cultivés dans notre colonie, les uns sont destinés à l'exportation : ce sont les cultures de rapport ou cultures industrielles ; les autres rentrent dans la catégorie des cultures vivrières ou alimentaires.

Cultures de rapport

Essences à caoutchouc. — Nous avons exposé plus haut les mesures prises par le Gouvernement pour le développement des cultures d'essences caoutchoutifères.

Indépendamment des cultures qu'il entreprend luimême, il encourage les indigènes à ménager à leur profit des plantations du même genre, ce qui entraine comme conséquence une amélioration de leurs conditions de vie tout en contribuant au développement de la Colonie.

Cacao. — De nombreux essais de plantations de cacao ont été entrepris et se poursuivent encore à l'heure présente dans certaines régions ; c'est ainsi que la plantation d'arbres à cacao de Ganda-Sundi (Mayumbe) se développe actuellement sur cent cinquante-cinq hectares.

Cacao : exportations comparées : ^ 1908. Protectorat du Kamerun 3.317,766 frs.

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Il y a lieu de faire remarquer que le cacao exige un ensemble de conditions climatériques et autres que l'on trouve rarement réunies.

Sous ce rapport le Mayumbe se trouve dans une situation privilégiée : aussi, dès la fin de 1907, l'étendue plantée dans cette région atteignait-elle 3704 hectares.

D'autres parties du territoire permettent encore la culture du cacao, notamment les districts de l'Equateur, de l'Aruwimi et de Stanleyville, mais elle se trouvent dans des conditions moins favorables au point de vue des communications et des frais de transport.

Il a été exporté en 1910 du Congo belge : 901,894 kgs de cacao d'une valeur de frs 1.071.372,94.

Café. — Vers l'année 1897, la culture du café avait pris au Congo une extension remarquable : un million et demi de plants étaient répartis dans les districts de l'Equateur, des Bangala et de Stanleyville. Mais en présence de la surproduction du Brésil et de la rareté de la main-d'œuvre, il fallut bientôt renoncer à l'espoir de voir le café constituer un des principaux articles d'exportation.

Actuellement le café est cultivé principalement dans les districts de l'Equateur et de l'Aruwimi. Les récoltes

Café : exportations comparées :

1908. Protectorat de l'Afrique orientale allemande. 1.177.777 frs.

obtenues sont traitées à Kinshasa, puis vendues aux particuliers après prélèvement des quantités nécessaires au personnel de la Colonie.

A Stanleyville une station comprenant cent hectares à été aménagée pour la culture de différentes espèces de café : on y étudiera les meilleures méthodes de culture.

Il a été exporté du Congo belge en 1910 : 7.938 kgs de café d'une valeur de frs 12^03,90.

Plantes textiles

Coton. — Bien qu'il existe au Congo plusieurs espèces de cotonniers indigènes, le Gouvernement a fait entreprendre à partir de 1893 une série d'expériences qui ont démontré que la région équatoriale ne convenait nullement pour la culture de cette plante en raison de l'humidité persistante et de l'abondance des pluies. Cependant les essais se poursuivent encore dans le Bas-Congo, notamment à Zambi où un champ d'expériences de dix hectares a été établi ; ils seront également tentés dans l'Uele et dans les régions avoisinant les chemins de fer des grands lacs.

L'administration encourage la culture par les indigènes dans les districts du Bas-Congo (Mayumbe), du Moyen-Congo et du Kasai en leur fournissant des graines et en leur garantissant l'achat du produit à un prix

Coton : exportations comparées :

1908. Protectorat de l'Afrique orientale allemande. 311.797 frs.

rémunérateur ; des agents de la colonie inspectent les plantations et donnent aux indigènes les conseils que leur expérience leur suggère.

Il a été exporté du Congo belge en 1910 : 126 kgs de coton brut valant frs 189.

Parmi les autres plantes textiles qui se sont bien acclimatées au Congo, il y a lieu de citer la jute produisant la fibre de jute ; l'agave qui fournit le chanvre de Maurice ; le bananier textile dont on tire le chanvre de Manille, la ramie, le sisal et la sansevière.

Plantes oléag^ineuses

Le palmier élais dont l'habitat est limité sensiblement par le cinquième parallèle nord et le dixième parallèle sud, croît spontanément dans toute la région forestière tropicale et fournit des noix et une huile employée dans la fabrication du savon et des bougies et pour le graissage des machines.

Dans certaines régions, les natifs se livrent à une exploitation régulière de ce produit, et le Gouvernement cherche à amener les indigènes à en entreprendre la culture. Ajoutons qu'on doit à l'initiative privée, l'établissement de vastes plantations d'élaïs, notamment dans le Bas-Congo et qu'une firme importante, celle de « Lever brothers limited » s'est chargée de monter en différents points du Congo des huileries dont l'établissement aura pour effet de substituer une technique scientifique à la fabrication indigène.

Il a été exporté du Congo belge en 1910 : 2.159.967 kgs d'huile de palme valant frs. 1.797.593,53 et 6.140.741 kgs de noix palmistes valant frs. 2.657.164,16

L'arachide dont l'aire de dispersion atteint au nord le 40* degré de latitude et au sud le 35^, est une plante légumineuse qui produit une huile comestible excellente.

C'est encore dans le Bas-Congo que les indigènes cultivent l'arachide sur la plus grande échelle. Cependant des cultures importantes existent aussi dans les districts du Moyen-Congo, du Kwango, du lac Léopold II et dans une moindre proportion dans les districts du Kasaï et de Stanleyville.

Plantes tinctoriales.

Les principales plantes tinctoriales qui croissent au Congo sont : l'indigotier, le rocouyer et l'orseille. Les deux premières ont fait l'objet de cultures expérimentales, mais il ne semble pas que les résultats en soient satisfaisants.

Autres plantes

Un grand nombre d'autres plantes sont cultivées au Congo.

Ce sont notamment :

le kolatier ;

le tabac dont on poursuit les cultures d'essai ;

la citronnelle fournissant l'essence de verveine et cultivée à Eala et dans le Bas-Congo ;

le vétiver, donnant l'essence du même nom, et cultivé également à Eala ;

le cannelier de Ceyian dont on obtient l'essence de cannelle.

Parmi les plantes à parfum qui donnent de bons résultats à l'Equateur et dans le Bas-Congo, il convient de citer : le patchouli, la ketmie musquée fournissant la graine d'ambrette et le basilic.

Bien que la forêt africaine renferme de nombreuses espèces du genre vanilla, aucune d'elles n'a été capable de produire jusqu'à présent de la vanille commerciale.

On cultive encore à Eala : des théiers, des plantes à épices et à aromates : giroflier, cardamome, gingembre et poivrier, des plantes médicinales produisant l'ipéca, le camphre, la strophantine, l'huile de croton, la quinine, la cocaïne, etc.

Des expériences se poursuivent au même jardin botanique en vue de produire des essences de citronniers, d'orangers et de bergamottiers.

Quant aux essais d'introduction de la vigne ils n'ont guère réussi jusqu'à présent.

Cultures vivrières.

Autour de chaque poste existent des cultures destinées à assurer l'alimentation du personnel ; elles sont entretenues par les Irnvailleurs et les soldats.

Indépendamment de celles-ci trois grands centres de cultures vivrières ont été créés : l'un dans le Bas-Congo>

un deuxième dans le Congo-Moyen et un troisième dans le Haut-Congo.

L'indigène, lui aussi, cultive ce qui lui est nécessaire pour sa subsistance. Labase de lanourriture est constitué par le manioc, le maïs, le riz, la patate douce, la banane, l'arachide, le sorgho, le millet et l'igname ; cependant dans la zone située à l'ouest d'une ligne prolongeant vers le nord et vers le sud la direction générale du Lomami, c'est le manioc qui domine, tandis que la région située à l'est de la même ligne est caractérisée par la prédominance des céréales.

Dans certaines parties de la Colonie, l'indigène, conseillé par les agents du service agricole, commence à étendre les cultures au delà de ses besoins pour en vendre à son profit les produits récoltés. Des semences ont d'ailleurs été distribuées dans plusieurs régions dans le but d'encourager les natifs à s'occuper de cultures vivrières et fruitières.

Une enquête sérieuse sur les cultures indigènes a été instituée et de nombreux champs d'expérience pour l'amélioration de ces cultures ont été établis.

Le manioc est une plante originaire d'Amérique et introduite par la côte il y a quelque deux siècles. On en rencontre au Congo deux variétés dont l'une contient des principes toxiques.

Cette plante, cultivée dans la majeure partie du territoire, fournit aux indigènes une nourriture substantielle et économique, qu'ils consomment généralement sous la forme de pain de manioc ou shikwangue.

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Elle présente rinconvénient d'épuiser rapidement le sol et d'obliger à de fréquents déboisements.

Le manioc fournit un produit d'exportation: le tapioca.

Le maïs est également très répandu ; les épis fournissent une bonne nourriture aux noirs et les tiges servent à l'alimentation du bétail.

Il donne deux récoltes par an dans le Bas-Congo et jusqu'à trois et quatre récoltes dans le Haut.

Exportation en 1910 : 7.750 kgs valant frs 947.34.

Le riz se présente au Congo sous deux variétés : le riz des marais et le riz des montagnes.

Des rizières sont établies à Basoko, Ibembo, Nouvelle- Anvers, etc.

Dans le district de Stanleyville, chez les populations arabisées, de grandes cultures de riz servent surtout à ravitailler les travailleurs de la compagnie du chemin de fer du Congo supérieur aux grands lacs africains.

Le riz indigène des Falls est cultivé aussi dans le Bas-Congo à Kitobola ; la production de ce poste est absorbée en majeure partie par le personnel de la station de Léopoldville. Kitobola est pourvue d'un outillage mécanique perfectionné, qui lui permet de produire annuellement plus de 100.000 kilogrammes de riz.

Des semences et les instruments nécessaires ont été distribués aux populations de l'Aruwimi.

Exportation en 1910 : 87.222 kgs valant frs 43.611.00.

A citer encore parmi les cultures vivrières, la patate

douce et l'igname très cultivées au Congo et donnant des tubercules féculents ; les bananiers de plusieurs variétés dont les fruits sont consommés en grandes quantités et très appréciés des noirs et même des blancs ; les sorgho dont on extrait une farine et une boisson semblable à la bière, mais qui ne sont cultivés sur une grande échelle que dans l'Uele, le Katanga et à Test du Loniami ; le millet et l'éleusine, le froment et les cultures potagères que possède chaque poste.

Parmi les fruits : le papayer, le manguier, l'avocatier, le goyavier» l'ananas, etc.

Le Gouvernement a fait établir des champs d'expérience en vue de perfectionner les cultures indigènes à Kitobola (cannes à sucre), à Congo da Lemba (ananas €t bananiers) et à Zambi (maïs, froment et lin).

L'élevage.

Si la création de voies ferrées a fait faire un grand pas à la question de la suppression du portage, il n'en reste pas moins vrai que de sérieux services ont été rendus dans cet ordre d'idées par l'emploi de chariots à bœufs qui sont utilisés notamment au Katanga et dans TUele.

Comme nous l'avons vu dans un chapitre précédent, l'introduction du bétail parmi les peuplades indigènes a rendu un autre service encore à la cause de la civilisation en contribuant, sinon à faire disparaître, tout au moins à réduire dans une proportion sérieuse les actes de cannibalisme.

Il y a de nombreuses variétés de races bovines au Congo, mais elles proviennent toutes du mélange du bœuf et du zébu.

On rencontre notamment du bétail dans le Bas-Congo où il a été importé du Benguela et du Mossamédès ; au Kasai où il est originaire de l'Angola ; dans le nordest de l'Etat où l'on se rapproche de plus en plus du zébu au fur à mesure que l'on remonte vers le nord, et enfin dans rUbangi.

Parmi les peuplades qui possèdent du gros bétail, citons les tribus voisines du lac Albert, les Maniema et en proportions beaucoup moindres, certaines tribus du Kasai, du Katanga et du Kwango.

La plupart des postes possèdent actuellement au moins quelques tètes de bétail qui fournissent ainsi du lait et de la viande de boucherie, dont la consommation produit une influence si bienfaisante sur la santé des Européens ; les bœufs rendent également des services pour la traction et les travaux des champs.

Des animaux reproducteurs sont cédés aux missions ; on leur procure, dans la limite des disponibilités et à titre gratuit, un taureau d'élevage et deux bœufs dressés pour la charrue et à titre de prêt cinq vaches.

Des essais de croisements de taureaux de race belge de la variété pie-rouge des Flandres avec le bétail indigène du Bas-Congo ont donné de bons résultats.

D'autres tentatives intéressantes sont également à citer : importation de génisses belges pleines — expériences de laiterie à Zambi — introduction de bêtes à cornes du Dahomey, de buffles d'Italie et de zébus de la race Nellore des Indes.

Le nombre des postes d'élevage au V^ janvier 1912 était de vingt et un.

Quinze vétérinaires dirigent actuellement les services de l'élevage.

Quant au nombre de têtes de bétail du Gouvernement, qui, en 1901, ne dépassait pas les 924 unités, il atteint actuellement le chiffre de 5192 têtes.

Les centres d'élevage intéressants sont : d'abord, celui de Mateba, exploité par une compagnie, et de loin le plus important ; puis ceux de Zambi, Kitobola, Dolo, Yakoma, Dungu, Uvira, Luvungi, Rutshuru, Kasongo, Luluabourg, Lusambo et d'Eala.

Des fermes modèles existent à Zambi, Kitobola, Gada, Eala, Nyangwe ; on s'efforce d'y créer par sélection des bêtes laitières et des bêtes de boucherie.

Enfin, à la ferme de Zambi, un matériel de stérilisation permet de fournir le lait destiné aux hôpitaux et aux agglomérations du Bas-Congo.

L'espèce chevaline a été introduite partie par le basfleuve et partie par le nord ; l'expérience n'a pas donné de résultats appréciables, mais il convient de reconnaître que les fonds consacrés à ces essais furent insuffisants. Actuellement, les haras les plus importants sont établis à Bambili, Yakoma et Boma, et de nouveaux haras s'organisent dans les districts de Stanleyville, du Kasai et du Haut-Uele.

Des lots de reproducteurs du Sénégal et de la Galicie ont été envoyés à Zambi, pour permettre l'essai d'élevage du petit cheval de sang.

Quant à Tâne, plus résistant et plus utile que le cheval, on en rencontre deux bonnes races: 1 ane de Mascate vers l'est et l'àne des Canaries dans le centre et dans la région côtière.

En 1911, la station agricole de Zambi a reçu plus de trois cents ânes reproducteurs, originaires pour la plupart du Poitou et de l'Italie ; quelques-uns appartiennent à la race maure du Sénégal.

Le mulet, en raison de son prix élevé et de l'impossibilité de la reproduction, est moins répandu. Le Gouvernement procède dans le Bas-Congo à des essais de production de mulets.

Le mouton sert également de bête laitière et d'animal de boucherie. Celui que possèdent les indigènes de différentes régions du Congo, appartient généralement à une variété de la race soudanaise.

La chèvre est élevée par les indigènes de toute la Colonie, à de rares exceptions près.

Des chèvres laitières de la race blanche de Flandres ont été envoyées dans le Bas-Congo où l'expérience démontrera s'il y a lieu de procéder à cette importation sur une grande échelle.

Le porc, moins abondant, est souvent atteint de ladrerie.

Des essais d'élevage du porc belge à Zambi donnent des résultats favorables.

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En ce qui concerne les animaux de basse-cour, la poule seule est élevée sur une très grande échelle par les indigènes: on voit rarement un chef indigène s'approcher du blanc sans tenir à la main par la patte et la tête en bas trois ou quatre malheureuses poules, en échange desquelles il espère.... obtenir un cadeau représentant dix fois la valeur des volatiles.

Un élevage de volailles fonctionne à Zambi.

Le canard et le pigeon se sont fort bien acclimatés.

Des essais d'élevage intéressants ont été tentés : à Api (Uele) un établissement s'occupe de la domestication des éléphants et les résultats obtenus permettent d'entrevoir la possibilité de diminuer le portage dans certaines régions, lorsqu'on aura formé un troupeau important d'animaux bien dressés ; dès à présent une quarantaine d'éléphants sont domestiqués et utilisables pour les travaux agricoles ; au Katanga se continuent des essais de dressage des zèbres ; citons encore un parc à autruches dans rUele et des chameaux des Canaries à Léopoldville : ces derniers au nombre de 8, sont employés aux transports à l'intérieur de la station et l'élevage en sera tenté sous peu dans le Bas-Congo.

Enfin, des essais d'élevage des abeilles indigènes et des vers à soie se poursuivent également.

Dans le but d'améliorer l'alimentation du bétail, différentes plantes fourragères ont été introduites au Congo ; parmi celles-ci il convient de citer le fenu grec,

l'ajonc nain, la luzerne, le sainfoin, les trèfles, la serradelle, les lupins, les choux fourragers, le topinambour, les vesces, le sarrasin, les lentilles, les betteraves, le sorgho, le millet, etc.

De plus des éleveurs ont été chargés d'expérimenter les fourrages indigènes.

L'INDUSTRIK.

Nous avons eu déjà l'occasion d'attirer l'attention sur l'importance des industries extractives au Congo ; à coté de celles-ci il en est d'autres qui sont plutôt pratiquées par les indigènes: ce sont les industries manuelles dont la plus remarquable est l'industrie métallurgique. Le fer est employé à la confection de lances, de flèches, de rasoirs, de houes, etc. ; le cuivre est plutôt utilisé comme ornement, notamment pour les armes, instruments de toilette, etc. De nombreuses tribus comptent des forgerons remarquables : telles sont celles des Zapo-Zap, des Bakuba, des Mongo, etc.

L'industrie céramique est également pratiquée sur une grande échelle; les poteries se font généralement à la main et exceptionnellement au tour.

La vannerie a pris une grande extension à cause de la demande énorme de paniers à caoutchouc servant au transport de ce produit ; les autres objets de vannerie soutiennent fort bien la comparaison avec les meilleures vanneries européennes.

Mentionnons encore l'industrie du tissage qui fournit des étoffes confectionnées au métier, à l'aide de flbresde palmier, de coton et de chanvre.

Il entre dans les intentions du Ministre des Colonies de mettre à profit les remarquables dispositions de certaines peuplades, telles que celles du Kasai, pour le tissage et la ferronnerie.

D'autre part la présence de nombreux Européens modifie petit-à-petit la situation économique et il n'est pas hasardé de prévoir l'éclosion parmi les indigènes, et dans un avenir relativement rapproché, d'industries nouvelles répondant à des besoins inconnus avant l'arrivée des blancs.

LE MOUVEiMENT COMMERCIAL.

Si, dans les premiers stades de son évolution, le noir ne travaille que contraint, le contact des blancs ne tarde pas à provoquer chez lui des besoins qui le poussent à travailler volontairement pour obtenir tel ou tel objet qui excite sa convoitise.

Dès lors le commerce est établi dans la Colonie, et les statistiques établissent avec quelle rapidité il s'est développé.

Commerce comparé :

1907-08 Protectorat de TAfrique orientale britannique 34.132.575,00 frs

1907. Protectorat de l'Afrique orientale allemande 59.826.485,00 frs

1906. » du Kamerun 41.779.717,50 frs

1908. Afrique équatoriale française .... 28.195.000,50 frs

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L'examen des entrées nous montre en majeure partie des matériaux nécessaires à l'outillage d'une colonie à ses débuts et dans la fièvre de l'organisation; à la sortie, on voit dominer les richesses d'un pays tropical en pleine voie de développement : en un mot, le Congo importe en majeure partie des produits manufacturés, tandis qu'à l'exportation les matières premières dominent ; c'est là, pour une colonie, un indice de santé économique.

Une étude plus attentive des éléments du commerce, nous révèle une évolution dont nous ne pouvons que nous féliciter : à l'exportation les produits agricoles ont remplacé peu à peu l'ivoire, tandis qu'à l'importation la régression de l'alcool et des armes à feu a été compensée par l'augmentation des tissus et des verroteries.

Enfin si l'axiome « le commerce suit le pavillon » avait besoin d'une démonstration, on la trouverait dans l'examen de la part de la Belgique, qui a suivi parallèlement le mouvement ascensionnel du commerce en général.

Les importations (commerce spécial) (1).

De frs. 9.175.103,34 en 1893, les importations se sont élevées en 1910 à frs. 36.846.508,18 dans lesquels la part de la Belgique atteint frs. 27.260.377,76 soit 74 °/o.

(1) Nous n'envisageons ici que le commerce spécial, c'est-à-dire celui qui ne tient compte que des marchandises produites par l'Etat ou introduites dans la Colonie pour la consommation et à l'exclusion des produits en transit.

Pour se rendre compte de la valeur des importations belges par rapport à celles des pays étrangers, il suffit de constater à quoi se réduisent les importations anglaises qui suivent immédiatement en importance

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