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L'AMÉLIORATION DE LA SITUATION ÉCONOMIQUE

Il est parfaitement légitime d'affirmer que toute mesure prise en vue d'améliorer la situation économique de la Colonie devait servir en même temps les intérêts de la civilisation en augmentant les ressources du jeune Etat. Il ne faut pas perdre de vue, en effet, que l'Etat indépendant n'avait pas à compter sur l'aide de la métropole pour traverser l'ère si difficile des débuts où tout devait être créé.

Supposez une situation économique moins bien établie, moins florissante, et du coup, beaucoup de belles idées restaient à l'état de rêve stérile, faute de ressources pour les réaliser.

Les produits du sous-sol

Le Congo est appelé à prendre, dans un avenir assez proche, une place enviable parmi les centres miniers importants du monde.

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La région minière du Katanga

Outre le fer que l'on trouve dans toutes les parties de l'Etat, le sous-sol de notre Colonie renferme des quantités énormes de minerai de cuivre, accumulées surtout au Katanga. Les gisements à!étain occupent dans cette dernière région une zone s'étendant sur plus de cent quarante kilomètres de longueur. Vor est exploité dans le Katanga et à Kilo. Enfin, il nous reste encore à citer, au point de vue minier, des produits qui sont représentés dans des proportions beaucoup plus infimes tels que Vargent, le palladium, le nickel, le manganèse, le plomb, la houille, les terres rares et le diamant.

Dans le but de hâter la mise en valeur du sous-sol, le Gouvernement a surtout encouragé la formation de sociétés puissantes, disposant de capitaux suffisants pour conduire à bien les recherches et l'exploitation ; de plus, afin de se créer des ressources, il s'est réservé dans les bénéfices une part qui ne descend jamais au tiers de ceux-ci et en atteint souvent la moitié.

Enfin, soucieux de ne laisser échapper aucune occasion d'améliorer et de compléter son outillage économique, il s'est décidé à accorder des droits miniers importants à des sociétés concessionnaires de chemins de fer. Cette sage mesure a eu pour résultat d'encourager la souscription des capitaux nécessaires à ce genre d'entreprises et de favoriser l'établissement dans son territoire d'un vaste réseau de voies ferrées.

Certaines mines sont exploitées en régie : c'est le cas pour celle de Kilo dont la production d'or a été de 656 kgs en 1909 et de 876 kgs en 1910. La présence de ce

métal précieux a été signalée également dans le lit de l'Arinvimi et dans celui de la Moto (Uele) : ces deux centres miniers sont en voie d'installation.

Plusieurs sociétés et particuliers s'occupent d'exploitations minières : la Société de l'Union minière du Haut-Katanga notamment, travaille d'arrache-pied à la mise en activité de la mine de cuivre d'Elisabethville (ancienne Etoile du Congo).

Enfin d'autres compagnies procèdent à des travaux de prospection préparatoire à une exploitation en règle. Ce sont notamment la Compagnie des chemins de fer du Congo supérieur aux grands lacs africains qui opère dans le Maniema ; la Société internationale forestière et minière du Congo qui travaille surtout dans le nord-est de sa concession, tandis que la Compagnie du chemin de fer du Bas-Congo au Katanga a orienté ses recherches principalement vers le Haut-Kasai.

Il a été exporté en 1910 :

153 kgs 049 de minerai de cuivre valant frs 90.177,85

756 kgs 037 d'or brut » » 2.514.922,23

Les produits d'origine animale

A part l'ivoire, les produits d'origine animale ont été jusqu'à présent peu exploités. L'ivoire, à lui seul, cependant, a formé pendant un certain temps, le principal produit d'exportation de la Colonie, et grâce à lui, le marché d'Anvers, de création récente, n'a pas tardé à surpasser celui de Liverpool et même celui de Londres.

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Total des ventes en 1911 : Anvers, 342.413 kgs

Londres, 276.000 »

Liverpool, 13.750 »

L'ivoire se classifie diversement suivant le point de vue auquel on se place : si l'on ne considère que l'ori-

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Les exportations d'ivoire.

gine, on distingue l'ivoire ordinaire, l'ivoire vert et l'ivoire mort ; commercialement parlant, on répartit

Ivoire : exportations comparées :

1908. Protectorat de l'Afrique orientale allemande 895.382 f rs

1908. » duKanierun 1.125.460 frs

1909-10. » de l'Afrique orientale an^^laise 718.025 frs

l'ivoire en six variétés principales parmi lesquelles les dents à billes ont, toute proportion gardée, la plus grande valeur ; enfin une troisième classification différencie l'ivoire doux, provenant de l'éléphant des rochers et des montagnes, de l'ivoire dur enlevé à l'éléphant des plaines et des marécages.

Pour éviter une destruction rapide de l'éléphant, le Gouvernement s'est trouvé dans l'obligation de prendre des mesures de protection sérieuses.

La chasse à l'éléphant n'est permise qu'après l'obtention d'un permis de chasse de cinq cents francs délivré à tout individu chassant au moyen d'armes perfectionnées, et le payement d'une taxe de cinquante ou de dix francs par arme suivant la nature de celle-ci.

L'autorisation de chasse est accordée aux indigènes moyennant remise de la moitié de l'ivoire obtenu.

De plus, des poursuites sont exercées contre tous ceux qui sont trouvés détenteurs de pointes de moins de deux kilogrammes, c'est-à-dire provenant d'animaux non adultes.

Toutes ces mesures n'ayant pas encore donné des résultats suffisants, le 30 juin 1909, le Gouverneur général a rendu une ordonnance défendant de tuer plus de deux éléphants pendant la période de la chasse ; en ce qui concerne l'enclave de Lado, les abus qu'on y a constatés, ont provoqué l'interdiction absolue de la chasse à l'éléphant dans cette région.

Actuellement l'ivoire est soumis à l'enregistrement de l'administration, d'une façon obligatoire, dans toute l'étendue du territoire de la Colonie.

Il a été exporté du Congo belge en 1910 : 236.822 kgs d'ivoire valant : frs. 6.056.475,75.

Le commerce d'un autre produit d'origine animale, les peaux de bêtes, a pris une certaine extension; c'est ainsi que l'année 1910 a vu exporter de notre colonie 10.772 kgs de peaux brutes valant 17.686,2-4 frs. C'est là un début évidemment, mais rien ne dit que ce commerce n'est pas appelé à un certain développement.

Les produits végétaux.

Le caoutchouc. — Il suffit de jeter un coup d'œil sur les exportations pour voir que le caoutchouc se classe en tête des végétaux actuellement productifs de notre colonie.

Le diagramme de la page 212 montre à suffisance dans quelles proportions remarquables ont augmenté les exportations de cette gomme.

Cependant, une exploitation inconsidérée eiit pu amener l'épuisement des richesses caoutchoutières de la colonie; aussi le Gouvernement, sagement avisé, s'est-il empressé de prendre des mesures destinées à empêcher cette éventualité de se produire : défense a d'abord été faite, d'une manière absolue, de couper les arbres et les

Caoutchouc : exportations comparées :

1908. Protectorat de l'Afrique orientale allemande 1.391.329 frs

1908. » duKamerun 5.974.675 frs

1909-10. » de l'Afrique orientale anglaise. 563.600 frs

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lianes ; — ensuite l'Etat procéda à des replantations, qui, d'abord dispersées sur tout le territoire, furent ensuite concentrées dans des postes agricoles choisis dans différents districts indépendamment de trois

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Les exportations de caoutchouc

grands centres de culture d'essence à caoutchouc établis au Mayumbe, dans l'Ubangi et au Kasai ; enfin les particuliers qui récoltaient de la précieuse gomme étaient , jusqu'en ces derniers temps, obligés de replanter un nombre d'arbres ou de lianes proportionné à la quantité du produit récolté. Cependant, en présence des résultats peu satisfaisants obtenus par

l'application de cette dernière mesure et des réclamations présentées par les intéressés, le Gouvernement abrogeant l'obligation de la replantation, l'a remplacée par une taxe de fr. 0,40 par kg. de caoutchouc d'arbres ou de lianes récolté et de fr. 0,20 par kg. de caoutchouc des herbes.

Des plantations d'Etat seront créées au moyen de cette taxe et de certaines ressources du budget extraordinaires ; on compte obtenir de la sorte en une dizaine d'années, un patrimoine dont les revenus alimenteront largement le budget.

La production mondiale du caoutchouc dépasse actuellement nouante mille tonnes.

Il en a été exporté du Congo belge en 1910 : 3.416.784 kgs d'une valeur de frs 51.015.649,44.

La gutta-percha. Diverses tentatives d'introduction au Congo des arbres à gutta-percha et à balata, ont été faites à partir de 1893 : elles ont démontré, en fin de compte, que leur acclimatement était possible.

Depuis la fondation du jardin colonial de Laeken, de nombreux envois de jeunes plantes ont été effectués à destination de Boma, de Kalamu et d'Eala.

Le copal. L'arbre à copal est très répandu au Congo où il donne une résine très appréciée dans l'industrie. Le copal se présente sous deux aspects : le copal vert fraîchement récolté et le copal fossile, de beaucoup supérieur au premier.

Il a été exporté en 1910 du Congo belge : 975,511 kgs de copal d'une valeur de frs 1.314.347,82.

Les bois. — Une grande partie du territoire est couverte de forêts : l'immense forêt équatoriale en occupe toute la partie centrale et non loin de la côte se développe la forêt du Mayumbe ; de plus, beaucoup de rivières sont bordées de lambeaux de forêt désignés sous le nom de forêts galeries.

Les différentes essences forestières fournissent des bois de construction, des bois d'ébénisterie et des bois de teinture.

Divers essais d'exploitation forestière tentés dans le Bas-Congo et notamment au Mayumbe, n'ont pas donné des résultats rémunérateurs.

Une exploitation dotée d'une scierie a été établie à Lukolela ; elle alimente surtout les chantiers de marine de Léo.

Une assez grande quantité de bois du Congo a été utilisée aux Stanley-Falls pour la confection des billes de chemin de fer.

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