L'OEUVRE DE
Année
N° I : Croquis
Eau-forte. — Hauteur o'^oS, Largeur o'"85. — Appartient à madame veuve Pierret. — Héliogravé pour le Catalogue A. Moreau. — Catalogue A. Moreau, page i5.
Au centre, le portrait en buste du premier Consul; h droite, un cavalier, surmonté du mot Buonaparle, et un buste d'officier; à gauche, une tête d'homme chauve; un singe en costume d'incroyable avec cette légende : le Bossu. — Eugène Delacroix
exe'cuta, sur un fond de casserole, cette planche qui est son premier essai de gravure à
l'eau-forte et dont il n'existe qu'une épreuve.
N° 2 : Croquis
Burin. — H. o"i35, L. o'"i46. — Appartient à madame veuve Pierret. — Héliogravé pour le Catalogue A. Moreau. — Cat. A. Moreau, p. i6.
Sur cette planche, qui est un en-tête de lettre officielle. Delacroix a gravé le portrait d'un officier, portant la cuirasse, l'écharpe et le bâton de commandement, un moine assistant un condamné à ses derniers moments, une tête d'homme aux cheveux bouclés, peut-éire un portrait de Murât. Auprès de la tigure formant le centre de la planche sont écrits les mots Eug. Delacroix et Aurore. Epreuve unique.
Nous attachons h ces croquis du début le simple intérêt de curiosité que présentent les premiers griffonnages d'un homme appelé à devenir un si grand artiste.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
Année i8ï6
N " j : Chasse à courre
r3^^ Aquatinte. — H. o-^oo;, L. o'"225. — Catalogue A. Mo- "v;- j reau, p. i6.
Au milieu d'une allée, à la lisière J'un bois, diux veneurs sautent une barrière. Monté sur un cheval noir qui vient de passer l'obstacle, le cavalier de droite, vèta d'un habit clair, se détache sur la masse sombre du feuillage. Son compagnon, pressé de rejoindre la meute qui galope au fond, dans la 3 plaine, frappe à coups de cravache son cheval blanc. M. Auguste, prix de Rome pour la sculpture, en iSio, grand ami de Géricault, de Horace Vernet et de Eugène Delacroix, avait fait un desssin d'après lequel cette planche fut exécutée. Les quatre marges de l'unique épreuve de cette chasse portent des essais d'aquatinte. Delacroix, en eti'et, fut longtemps préoccupé des procédés de gravure.
N" 4 : Troupes anglaises
^nciturts publier.
Eau-forte. — H. o"-204, L. o"-i 65. — A la Bibliothèque nationale, une épreuve coloriée. — Héliogravé pour le Catalogue A. Moreau. — ■ Cat. A. Moreau, p. 20.
Un fantassin de l'armée anglaise s'avance au milieu d'une plaine. Des mouchoirs et des bas achèvent de séc'ner, accrochés à côté de souliers et d'un jupon, au canon du fusil qu'il porte sur l'épaule gauc'ne; un pain est piqué à la baïonnette. Sur le dos, au-dessous du sac, et sur la poitrine, le soldat a suspendu de petits tonneaux. De la main droite, il tient une petite fille, auprès de laquelle marche une femme chargée d'un jeune enfant et d'un chaudron. Dans le lointain, on aperçoit un camp et un fourgon caché par un pli de terrain. Souvenir et curieuse satire de l'invasion, innocente réplique aux même époque en Angleterre contre la France.
Les trois Nains littéraires
io5.
■142. — Eau-forte par Pierre Adam.
Dessin. — H. o"'2o5 Cat. A. Moreau, p.
Un .■^inçre, debout, tjn pied sur le bord d'une tombe ouverte derrière lui, l'autre sur le couvercle de pierre, où se lit l'inscription : Ci-gît le Naiu jaune, serre entre ses brus une lonsue plume, une marotte et de
y^rB^ nombreux papiers, que deux autres singes s'effurcent de lui arracher pour
faite à l'occasion do l'un des nomi'cpoque de lu Restauration.
jeter dans le sépulcre.
!:]iL^ Cette caricature aura sans doute été ;;ux procès du A^ri'i! Jaune, journal satirique célèbre à
iSi'
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N" 6 : Artistes dr:im;iLiques en voyage
aux mœurs au jour. ci;t;e pièce a été exécutée pou
Lithographie. — H. o'''266, L.O'"404.
— Cat. A. Moreau, p. 6-.
Quatre hommes et deux femmes sont montés dans une voiture que traînent deux haridelles conduites par un postillon casqué et cuirassé. Ils sont assis au milieu des décors et des accessoires de théâtre dont le chariot est chargé. L'un d'eux apprend un rôle; il est irrévérencieusement assis sur les œuvres de Voltaire, de Crébillon et de Racine.
Trois ^personnages chargés de palettes, de boîtes à couleurs, d'appuie-main. de pinceaux et d'une échelle suivent la voiture h pied. Souvenir de quelque lecture du Roiuaii comique de Scarron adapté r le journal le Miroir.
Année iSi'y
N"" j : Vésuvienne
Lithographie (?j — Attiche {:j — Cat. A. Moreau, p. j'5.
Nous conservons l'attribution du Catalogue Moreau, malgré les doutes qu'elle nous inspire,
les Vésuvieiings étant un groupe de femmes socialistes de Ta révolution de 1848.
N° 8 : Les Voltigeurs de Coblentz
Lithographie. — Cat. A. Moreau, p. j3.
Le titre fourni par M. Piron, adopté par M. Moreau. est VoIi!£;eursdeLouisXIV,qiie nous modifions pour éviter toute méprise (Voir n° o).
N° 9 : Les Voltigeurs de Coblentz
Lithographie. — Cat. A. Moreau, p. j3.
Dans son livre : Eugène Delacroix; sa vie et ses œuvres. .M. Piron dit : i- Je me rappelic qu'il avait fait, étant très jeune, deux caricatures pour le journal le Nain jaune, qui traitaient de ce qu'on appelait, en 1S14, les voltigeurs de Louis XIV. » Nous avons vainement cherché ces deux pièces dans la coilection du .\aiii jaune. Mécontent de ces planches, l'artiste aura fait etfacer la pierre après un tirage de quelques épreuves.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N° 10 : UAmbassadeur de Perse
Lithographie. — H.
Cataloî'ue A. Moreau
80, L. o'"i90. — Héliogravure pour le Cat. A. Moreau, p. 27.
Nirza-Aboul-Hassan-Khan est debout, tenant de la main droite son sabre un peu au-dessous de la garde, tandis que la main gauche, charge'e de bagues, est appuyée sur la hanche; il regarde vers la droite. L'ambassadeur est coiffe d'un turban et vêtu d'une double robe somptueusement brodée, qu'un manteau recouvre en partie. Des poignards sont passés à sa ceinture. Deux Persans causent au fond. On remarquera, à cette date, l'attrait que les personnages et les costumes de l'Orient exercent déjà sur Eugène Delacroix. Il ne laissse jamais échapper une occasion de dessiner une figure exotique. J'ai raconté ailleurs (voir /'.4;-/ et les Artistes modernes] le singulier concours de dessin auquel, bien plus tard, en présence de Sainte-Beuve et de A. Peteiin, se prêta Delacroix dans un salon où l'on avait fait venir un jeune Chinois qui servit de modèle.
K' Il : L'Esclave favorite de l'ambassadeur de Perse
période s
Lithographie. — H. o'^25o, L. o^iSS.— Héliogravure pour le catalogue A. Moreau. — Cat. A. Moreau, pp. 27 et 85. La favorite est représentée debout, les pieds nus à côté de ses I babouches, sur un riche tapis d'Orient. Elle est vue de profil, tournée ' vers la gauche, les bras chargés de bracelets et croises sur la poitrine; une sorte de couronne garnie'de perles est posée sur la tète, les cheveux tombent sur les épaules. Elle porte d'énormes boucles d'oreilles et un long collier. Une grande écharpe l'enveloppe et couvre presque tous ses autres vêtements.
Dans cette lithographie, comme dans la précédente, il est intéressant de constater la simplicité de la composition, l'absence de mouvement qui témoignent ici de la naïveté du jeune artiste. Il est alors visiblement ivère et laborieuse de son éducation.
N° 12 : Némésis
de la Vente posthume
êsis de soir?
Toile. — H. C'-^S, L. o'^Zo. — N"
200 fr. au comte Grymala.
N'est-ce pas cette composition qui, plus tard, inspira la Ne'n:
thélemy : Cri de guerre, datée du 4 août iS'3i, 5 heures du Némésis, laisse là ces ministres pyg.-nées. Prends ton sublime vol, plane sur nos armées.
Mêle ta voix de fer à l'ouragan qui tonne,
Et puis, comme autrefois . ,
Crie avec les Gaulois : <■ .\natheme aux Germains: ..
Cet:e belle deur du îJcs
iposition porte déjà Tei-nrireinte apparente du génie de Delacroix ipétuosité du raouve.aient.
iSiS L'ŒLn'RE DE DELACROIX
Elisabeth
Toile. — H. o''5o, L. o"'40. — Non signé ni daté. — Appanc-nait à madame veuve Leblond. — Cat. A. Moreau, p. 227.
De face, elle soutient sa tète avec la main droite. Les cheveux avancent sur le front en grosses coques. La tête et la poitrine sont achevées, la main et les vêtements sont légèrement indiquc's. — Buste grandeur nature.
N" 14 : Rose
Toile. — H. o'"58, L. o'"43. — Non signé ni daté. — Cat. A. Moreau, p. 228. Le modèle semble dormir, la tête appuyée sur un oreiller. Buste, grandc-ur nature. Est-ce d'Elisabeth ou de Rose que Delacroix faisait, en cette même année iSjj, le portrait h la plume que voici : n Les jolis yeux! Limpides comme de belles perles, et fins et doux comme un velours. Pardon de l'image, qui n'est qu'une bêiise. Le nez est assez original, la narine est retroussée fièrement et s'enfle de temps en temps à Tunisson des prunelles qui se dilatent et se remuent. La bouche est d'une élégance charmante. Mais le triomphe de cette tête, c'est dans son contour. La joue, le petit double menton, la manière dont tout cela se porte sur le col vaut des autels. Oh! la singulière petite femme! » A M. Pierrci. du 11 décembre 1817 [Lettres de Eug. Delacroix publiées par M. Ph. Burty).
N° 1 5 : Académie
Toile. — H. o'''43, L. o"'32. — Vente post'nume, n> 200. — Acheté 235 fr. par feu Eelly et 200 fr. par M. Brame à la vente Belly.
M. René-Paul Huet conserve également une autre académie fort belle achetée à la Vente posthume par son père, Tillustre paysagiste romantique, qui fut un des amis du maître.
Année 1818
N" 16 : Jésus amené devant Caïplie
[ -: \ ^ - 1 Toile. — H. o"'20, L- o'"34. — Concours d'esquisse à TEcoIe des
iviyi^iJrfîîè. Beaux-Arts.
y^^M^2:^ E" prcseiice du premier sujet religieux traite par Eugène^ Delacroix, .<!rt~r5gsg?-a qyg l'Ancien et le Nouveau Testament devaient si souvent inspirer et d'une façon si puissante, nous n'hésitons pas k reconnaître que cette peinture est d'une grande faiblesse. C'est tout à fait une œuvre d'élève. La composition, en largeur, met en scène quinze figures. On y retrouve pourtant la trace des procédés de Eugène Delacroix, qui y sont reconnaissables dans toutes les parties.
LŒUVRE DE DELACROIX
■N° 17 : Le Cri public après le souftlet
Lithographie. — H. o'"2i7, L. o"'29. — Non signée.
Nous avons vauiement fouillé la collection des journaux satiriques de la Restauration pour y trouver trace de l'épisode auquel se rapporte la caricature de Eugène Delacroix. Nous supposons que le jeune artiste aura, dans le goût du temps, fait allusion à quelque aventure dont M. de Saint-Cricq fut le héros malheureux. Ce n'est pas le moindre tort de l'allégorie en général et de l'allégorie politique en particulier que d'être absolument indéchiffrable aussitôt que les menus faits qui l'inspirent sont oubliés, et l'on sait combien l'oubli de cette sorte d'événements est rapide. Ici, l'on reconnaît le comte d'Artois agenouillé et s'efforçant, il l'aide d'un cric, d'empêcher un personnage de la cour d'être écrasé par un énorme soufHetsur lequel le Tempset une fi'gure symbolique dont le sens m'échappe pèsent de tout leur effort. La scène se passe à la porte d'une prison d'où sort un personnage difficile il dctinir, bourgeois du temps ou laquais, portant une lettre ou un journal à la main. — Cette pièce douteuse n'est pas mentionnée dans le Catalogue A. Moreau et nous n'en avons jamais vu qu'une épreuve achetée, en 1S76, au marchand Dauvin, par M. JNIoignon.
N" 18 ; Petite fille nue
___^,^,^^___--..,-^ Toile. — H. o'"64, L.o'"8o. — 'Vente Constant Dmilieux, 1874, ^Çîrr^Tr"^?..^^ ;>:**:; n" 2 du catalogue : 2,000 fr. — Lithographie par Alfred Robaut È^J -~: ", ~ '".:-.t dans les dimensions de o'"o88 sur o'"i I S.
Sv"./ . ■ -- ^<>ï$ Quand Delacroix peignit cette figure d'étude, il était encore dans '^' ' i^ ~^,'.-r^'1^:^ l'atelier de Guérin, le peintre du Marcits Se.vtiis. C'est dans cet alelier ^.~ ^Z^-^l^:-^^^ qu'il rencontra Géricault et se Ha d'amitié avec lui; quoique celui-ci ^~' :-- ^nçT^^^c-;^^^ eût déjà exposé VOfficier de Chasseurs et le Cuirassier blessé quatre ans auparavant, il revenait encore chez Guérin de temps en
temps pour peindre d'après le modèle vivant. On y remarque déjà le procédé du modelé
par hachures, qui est devenu comme la signature du maître.
Dames romaines
Tûile. — H. o^-^'iz , L. o"'40. — Concours d'esquisse à FÉcoIe des Beaux-Arts. — - Appartient à U. Chenavard. « Dames romaines se dépouillant de leurs bijoux en faveur de la patrie.
nation complète du motif traité par les
comoense en ces con-
cours de l'Ecole des Bcau\-.-\rts, auxquels, pourtant, il ne renonça qu'en 1S21
UŒUVRE DE DELACROIX