L. o'"26o. — Signé en bas
j\ > yj «ffitt-KF \ ''» <yr»-'" «5K«ii^ Bv.:^^ ''^ milieu : « Eug. Dela-
(-#' A Kr^P ^^^^<,'^rh. ^^rf^^'.^T^^'-Toix, 1825.» — Vente de
^ ' La Combe (i"^'' état) : 10 fr.
— Cat. A. Moreau, p. 38.
^" Lithographie — Quatre médailles. — H. o" 182, L o" 00 — Signé à gauche : " Eug. Delacroix i8''i — Vente de La Combe (premier ettt) 10 francs. — Vente posthume (même état) i3 francs — Cat. A. Moreau, p. 39. \'^?'J ^° Lithographie — Neuf médailles. — H. ^^^^ o"'2io L o" 3oo — Signé en bas et au milieu: Eug Delacroix, 1825 ». — Vente de La Combe (premier état) : 10 francs. — Cat. A. Moreau, p. 39.
4° Lithographie. — Sept médailles. — H. 0^282, L. o'"240. — Signé en bas à gauche : «Eug. Delacroix, 1825.» — Cat. A. Moreau, p. 3g. (Il existe de cette planche un état antérieur non signalé par M. Moreau et dans lequel la médaille dite de Syracuse occupe la place prise ici par la médaille au hibou.)
5° Lithographie. — Douze médailles. — H. 0^240, L. o'"3o5. — Signé en bas et au milieu : « Eug. Delacroix, 1825. » — Vente de La Combe (premier état), 43 francs. — Vente posthume (deuxième état), 16 francs. — Cat. A. Moreau, pp. 39, 40.
A l'exception de notre n° 2, le premier état de ces lithographies ne porte pas de nom d'imprimeur; le deuxième état porte au bas à droite: <i Lith. de G. Engelmann »; le troisième état à droite, tantôt en haut, tantôt en bas : 0 Imp. Bertauts, Paris u, et h gauche : « Publié par l'artiste. » — Le troisième état de notre n" 2 porte en bas à droite : « Imp. Bertauts, R. Rodier, Paris ». (La série des cinq planches atteint généralement le prix de i5 à 25 francs.)
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N° 149 : Thésée vainqueur du centaure Euryte
Lithographie. — H. 0^140, L. o™ 170. — Ni signé, ni date. — Vente de La Combe, 2 février 1 863 : 2 1 francs. —Vente Villot, décembre 1 876 : 10 francs. — Cat. A. Moreau, p. 28.
Cette lithographie fut exécutée par Delacroix en 1825, h son retour de Londres, d'après le dessin qu'il avait fait au British Muséum d'une des métopes du Parthénon. Thésée saisit aux cheveux, de la main gauche, le centaure Euryte qu'il vient de frapper et qui porte la main à sa blessure. C'est par inadvertance que M. Moreau intitule cette rarissime lithographie : « Thésée domptant le Minotaure.»
N° 150 : Dix médailles antiques
Lithographie. — H, Vente Parguez, 186 épreuve) : 8 francs.
o'"i8o, L. o™22o. — Ni signé, ni daté. — I : 5o francs. — Vente Dubois ( la même — Cat. A. Moreau, p. 38.
La plus importante de ces dix médailles représente une Victoire allée, debout et en pied. Dans l'espace demeuré libre, malgré la 'i |u\taposition des médailles, Delacroix a dessiné ici un large motif d ornement, ailleurs une sorte d'oiseau héraldique et auprès de ce dernier ces mots; a Third lithographie essay (Troisième essai de lithographie) «qui permet de supposer que ce dessin a été fait après le voyage à Londres, qui est^de la même année iSaS, sinon à Londres même. — 11 n'y a qu'un état de cette lithographie, fort rare d'ailleurs, mais dont nous avons vu cependant une épreuve chez M. Moignon et une autre chez M. Engelmann.
N°' 1(1,152: Deux feuilles de médailles antiques
1° Gravure en bois. — Dix-sept médailles. ^ — H. o"M2o, L. o™i75. — Cat. A. Mo- ^ reau, p. i 34.
2° Gravure en bois. — Trois médailles.
— H. o"'6o, L. o"'9o. — Cat. A. Moreau, p. 134.
La plupart des médailles groupées dans notre n" i figurent déjà dansles lithographies originales. (Voir n°* i3q à 143). Cette reproduction porte au bas et au milieu l'inscription suivante : « Interpré tation de Médailles, pierres gravées en camées antiques, tirées du caljinet du duc de Blacas. » — Le n» 2 a été publié dans la Gjjette des Beaux-Arts, tome XVI, 1='' janvier 18G4. En bas sur la médaille de gauche représentant un homme couché, on lit : « M. Deschamps, se». En définissant le dessin de Prud'hon, Delacroix a donné l'exacte définition de sa propre manière de dessiner et de peindre : « Prud'hon, dit-il, est peintre d'abord, c'est-à-dire que sur un champ auquel il donne avant tout la profondeur, il dispose des groupes entourés d'air et de lumière. 11 s'attaque h la plus grande difficulté de son art, qui est d'obtenir la saillie. Ce qui caractérise l'antique, c'est l'ampleur savante des formes combinées avec le sentiment de la vie, c'est la largeur des pians et la grâce de l'ensemble.»
L'ŒUVRE DE DELACROIX
Année 1826
1 54 : L'Empereur Justinien composant ses Institutes
1° Toile. • — H. 3"'70, L. 2'"75. — Signé, daté, 1826. — Détruit. — Exposition universelle de i855. — Cat. A, Moreau, pp. 188 et 209. 2° Aquarelle. — H. o'"22, L. o"'i6. — Vente A. de la Fizelière, 8 novembre 1878. — Appartient à M. A. Robaut.
Le tableau, qui décorait l'un des grands panneaux de la salle des se'anccs de la section de l'Intérieur, au Conseil d'État, a été brûlé dans l'incendie de ce palais, en 1871. De toutes les compositions que ce motif a inspirées à Delacroix, celle qui se rapproche le plus du tableau est l'aquarelle ayant appartenu à M. Albert de la Fizelière et que nous reproduisons ici.
N°' 15^, 156, 1^7, 1 58 : Études et variantes du Justinien
1° Croquis plume. — H. o'"29, L. o'"27. — N''46 des fac-similés de M. Alf. Robaut, avec une ligne autoi^raphe.
2° Toile.— H. o">32, L. o'"24. — Vente Carrier, 1875, à M. Robaut. — Esquisse très colorée; la draperie du fond est jaune.
3° Toile. — H. o'"55, L. o"^^6. — N° 53 de la Vente posthume: 56o francs au
paysagiste Corot. — Appartient à M. Robaut. — Esquisse; la draperie du fond est
rouge. — Cat. A Moreau, p. 304, 3ii.
4° Toile. — H. o"'29, L. o'"2o. — Appartient à M. Ph. Burty. — Esquisse.
« Tout le Bas-Empire,» aditTh. Gautier,(!est résumé dans la figurede Justinien; aux larges draperies antiques commencent à succéder les brocarts constellés de pierreries, le luxe asiatique de Constantinople ; quelque chose de subtil et d'efféminé se glisse dans la majesté impériale, »
N° 1 59 : Le docteur Faust
Toile. — H. o'"48, L. o"'40. — Signé. ^ Salon de 1827. — Lithographie par Eug. Delacroix (Voir année 1827). — Ventes Hôtel Drouot, 26 février i853 : 680 francs; 22 mars 1869: 7,600 francs. — Cat. A. Moreau, pp. 54, 170, 247.
Il serait superflu de décrire ce tableau dont nous reproduisons plus loin la lithographie originale. Il fut exécuté pour l'imprimeur Motte et vendu par celui-ci à l'un des frères Devéria.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N" 1 60 : Le doge Marino Faliero condamné à mort
Toile. — H. i"'45, L. i^M 5. — Salon de 1827. — Exposition universelle de i855. — Gravé à Teau-forte par L. Flameng dans les dimensions de o'"240 sur o^iSg. — A fait partie des collections Isaac Péreire et Sir Richard Wallace. — Cat. A. Moreau, pp. 94, 168, 189.
Le corps du doge Marino Faliero, condamné à mort pour avoir conspiré contre la République de Venise, gît décapité au bas de l'escalier du palais ducal. — M. Lassalle-Bordes, dans les notes qu'il a communiquées à M. Burty. dit : <i Je voulus savoir quel était celui de ses tableaux auquel il donnait la préférence. 11 me répondit que celui pour lequel il avait tou]ours eu un faible était la Décapitation du doge Marino Faliero à l'escalier des Géants.» Rien de plus vraisemblable. En effet, Delacroix ne manque jamais h le citer dans ses lettres de candidature à l'Académie des Beaux-Arts. Delacroix l'acheva en avril 1826. (Voir la lettre du 21 avril à M. Soulier, édition Burty. I Après lavoir exposé au Salon de 1827, il l'envoya à Londres. « Tu sauras, écrit-il encore à son ami Soulier, en mars 1828, que mon tableau de Marino Faliero est à British Gallery et que les journaux anglais en ont fait des éloges magnifiques.» Cela le consolait un peu de l'échec de son Sardanapale h Paris, la même année. Vendu primitivement 1 ,Soo francs, le Marino Faliero fut plus tard racheté par lui 3, 000 francs. S'il passait en vente publique aujourd'hui, ce dernier prix serait décuplé deux ou trois fois.
N° 161 : Même sujet
Papier. — H. o'"35, L. o"'27. — Esquisse du numéro précédent. — Vente F. Villot, 1 1 février i865 : 420 francs.
Il a passé également à la vente posthume quelques études de tête, croquis à la plume sur papier de sous-main.
N" 162 : Aspasie la Mauresque
Toile. — H. o"'27, L. 0^22. — Non signé. — A appartenu à M. L. Riesener. — Vente F. Villot, i865: 141 francs. — Appartient à M. Rouan. — Cat. A. Moreau, p. 2? i .
Delacroix a repris par trois fois cet intéressant modèle en cette même année 1826. L'un des portraits où la Mauresque est représentée de grandeur nature jusqu'aux genoux, mesure imoo sur o"70. Le second, dont les dimensions sont de o^So sur o'^ab, la montre avec les cheveux relevés, enroulés au sommet de la tète et retenus par un peigne de haute forme. Le troisième, que nous reproduisons, a appartenu à M. Frédéric Villot, puis à M. Léon Riesener. Le modèle ici est vu de face, la poitrine largement découverte ; la tète, inclinée à sa droite, couronnée de cheveux noirs comme du jais et disposés en bandeaux négligés, se détache sur un fond rouge. .
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N° i6p Portrait du duc de Blacas
•^ Lithographie. — H. o'"i4o, L. o'"i65. — Vente posthume 'premier état) : 8 fr. — Vente Villot (même état): 21 francs. — / Gat. A. Moreau, p. 29.
Blacas (Pierre-Louis-Jean-Casimir) de la famille des Blacas d'Aulps duVar, né en 1770, avait émigré k vingt ans et était revenu servir ^ quelque temps en Vendée sous le drapeau royaliste. Il s'attacha à la fortune du comte de Lille, Louis XVIII. A la Restauration de 1814, il fut nommé ministre de la maison du roi et pendant son ministère créa le Musée égyptien du Louvre. Après avoir rempli diverses ambassades, il suivit le roi Charles X en exil. Grand amateur des arts, collectionneur d'antiquités, associé libre des Académies des Inscriptions et des Beaux-Arts; il fut le protecteur zélé de Champollionle jeune. On voit que le duc de Blacas n'était pas le premier venu.
N° 164 : Un roulier à l'auberge
Lithographie. — H. o^igô, L. o'"i45. — Signé. — Cat. A. Moreau, p. 322.
Le trait carré qui délimite notre reproduction n'existe pas dans l'original. Cet original est signé dans le bas d'un monogramme formé d'un L majuscule à gauche et d'une croix h droite. Assis en plein air dans une cour d'auberge, auprès d'une table chargée d'un pot et d'un verre, le roulier, coitTé d'un bonnet de coton, vêtu d'une blouse longue et de hautes guêtres, fait le geste d'appeler quelque servante. Sur une feuille de papier à demi roulée et tombée à terre, on lit le mot « Passavant. » Derrière lui on voit l'arrière-train d'un camion chargé et recouvert d'une bâche. — On a pu croire, à en juger seulement d'après ses grandes compositions, que Delacroix reculait devant les manifestations de la vie moderne; notre lithographie prouve au contraire que son génie n'était réfractaire à aucune des formes du réel et de l'actuel. Il est difficile d'imagmer rien de plus vrai, de plus caractéristique, de plus expressif. A coup sûr, Charlet, que Delacroix prisait si haut, Charlet n'eût pas fait mieux. M. le baron de Schwiter a affirmé à M. Robaut qu'il n'a pas l'épreuve le Roulier, dont parle M. Moreau. C'est sansdoute chez M. Leblond que celui-ci aura vu l'épreuve en question; — M. Leblond possédait en effet la série complète et presque l'historique de cette planche. Il avait de ce sujet ;
1° Le dessin, crayon et sépia, signé au bas à gauche : o"20O sur o'"oi4 . 2° Deux épreuves en noir de la lithographie qui en est la copie intégrale avec addition, sur la bâche de la charrette, des lettres OP (retournéesjN" i,et sur le sol à droite, une lettre de voiture du roulier, avec le mot « Passavant. « Comme signature il y a au bas, à gauche, un L et à droite une croix, à droite et au bas seulement un trait carré : o^'igS, o'"i40.
3" Une épreuve coloriée de cette planche, blouse bleue, culotte de peau jaune et raies rouges sur le bonnet de coton.
Cette épreuve, qui a été rognée fortement, d'un centimètre environ en haut et en bas et d'un
L'ŒUVRE DE DELACROIX
demi-centimètre à droite, ne mesure plus, par suite de cette mutilation, que o°i8osur o"i36.
40 Deux épreuves très intéressantes de cette même planche à l'état inachevé et ne donnant que
la partie supérieure jusqu'à la naissance des jambes.
A la fraîcheur du crayon, qui diffère ici complètement des épreuves précédentes, il est aisé de
voir que Delacroix s'est décidé à la terminer, après qu'on a fait subir a la pierre l'opération
nécessaire, qui consiste à la dépréparer pour aciduler de nouveau après les retouches et ajoutés.
De même qu'au dessin (n" i) on ne voit ni lettres, ni numéro sur la charrette.
La vignette mesure en cet état o'" 142 sur o™i44, et le râteau dépression a écrasé le
^rain du papier sur o^^iSo sur 0™i68.
Enfin sur l'une de ces deux épreuves, Delacroix a esquissé au crayon lithographique, en bas a
gauche, la feuille de papier roulée avec le mot 0 Passavant» écrit h l'envers, comme il se proposait
de le faire sur sa pierre pour l'avoir définitivement h l'endroit sur le tirage.
C'est cette même épreuve que Delacroix a eue sous les yeux pour reprendre sa pierre.
L'épreuve inachevée n" 4 a reçu aussi quelques coups de crayon lithographique sur la figure,
notamment à l'œil gauche et sur la lèvre supérieure.
On ne connaît pas d'autres épreuves que celles indiquées ci-dessus, qui sont par conséquent
de la plus grande rareté.
N° 16^' : Le roulier à la cuisine
(fe\\ Dessin mine de plomb. — H. o"23, L. 025. M. Huet. — Non catalogué par M. Moreau.
Appartient à
■< On remarque dans ce dessin la solidité et lasimplicité de la compo- '1 sition. Le roulier, son fouet passé dans le bras droit, la pipe à la ;• bouche et assis à califourchon sur une chaise, écoute le récit que fait ", un homme coiffé d'un haut bonnet et familièrement assis sur un ■1 baquet retourné. Dans le fond une vieille femme prête aussi l'oreille et sur le devant une jeune fille approche du feu un vase en terre; - un chien lévrier nonchalamment couché paraît se chauffer. Les attitudes sont indiquées avec tant de naturel qu'on prend à cette scène le plus vif intérêt.
N°' 166, 167 : Le soir d'une bataille
I Toile. — H. o'"44, L. o'"55. — Signé
1 droite. — Gravé à Teau-forte par Mar-
itial pour le catalogue de la vente La Ro-
; i.heb.:o"'i24 sur o"" 148. — Vente posthume,
. 17 février 1864 : 3, 100 francs. — Ventes
P Demidoff, 1868: 5,800; de La Rocheb.,
fW^^^^^^^l is- ( 00, Hôtel Drouot, 1875 : 2,400. — Cat. A. Moreau,
^•^ -^ ^=^-^^ pp q5^ 283, 3i2
2° Sépia. — Etude pour le numéro précédent. Dans le numéro i , un cuirassier, tête nue, blessé, se soulève entre deux cadavres de chevaux et interroge du regard le champ de bataille abandonné, éclairé par les dernières lueurs du soleil couchant. Admirable tableau d'un effet moral saisissant; en outre, merveilleux morceau de peinture. Le cheval gris à crinière blanche, couché au premier plan, avec une large blessure au flanc, est un chef-d'œuvre d'exécution brillante, libre, souple, d'une saveur exquise et d'une adresse incomparable.
N°' i68, 169 : Mort de Sardanapale — Esquisses
1° Toile. — H. o"78, L. o'"gj.
Non signé. — Esquisse du tableau de 1827. — Appartient à madame la baronne Rivet. — ^ Gat. A. Moreau, page 170.
? 2° Croquis plume et crayon. — H. o"'28, L. o"'4o. — Non signé. — Première pensée du tableau de 1827. —Vente Saucède, 14 février 1879 : i3ofr. — Non catalogué par M. Moreau.
En se reportant à l'année 1827, on remarquera les nombreuses variantes que le maître a introduites dans la composition détinitive de ce tableau qui devait être pour lui l'occasion de tant de blessures d'amour-propre.
Le comte Palatiano
Toile. — H. o"4i, L. o"'33. — Salon de 1827. — Gravé à la manière noire par Frédéric Villot, dans les dimensions de o'"2io sur o'"i4o. — Cat. A. Moreau, pp. 9g, 168, 23 i.
Le modèle est représenté debout dans le costume de Palikare, si cher à Delacroix. La tête seule au-dessous de la coiffure mesure ©""oSS sur o™026. On distingue dans le fond deux figures vaguement indiquées. — M. Villot qui a gravé ce tableau en avait fait aussi une copie de petites dimensions qui appartient à son fils. Dans la gravure la composition est retournée, M. Villot ayant tracé son dessin sur le cuivre dans le sens de l'original. Constamment, au cours de l'année 182J, c'est-à-dire aux approches du Salon de 1824, où il allait exposer le Massacre de Scio, nous voyons Eugène Delacroix multiplier les études de costumes grecs. Il fallait que la fièvre de l'hellénisme l'eût bien profondément atteint, puisque deux ans après le Massacre, il a conservé la passion pittoresque des vestes brodées et des fustanelles.
L'Aveugle de Jéricho
Toile. - — H. o'"87, L. o'"56. — Non signé. — N° 1 1 1 de la vente posthume : 1,400 francs à M. Dauzats. — Vente du marquis du Lau, 5 mai 1869 : 2,o85 francs à M. F. Bischoffsheim. — Cat. A. Moreau, p. 3i6.
Même en ce croquis de très petites dimensions que nous en donnons, l'Aveugle de Jéricho, qui n'est pourtant qu'une simple étude d'académie, nous apparaît comme une des plus nobles inventions du maître. La grandeur du style ne doit rien ici aux conventions d'école; comme toujours chez Delacroix elle résulte de l'admirable justesse de l'observation et donne la synthèse d'une expression; dans cette toile, cette expression est celle de la cécité qui se manifeste dans la douloureuse hésitation de ses pas incertains.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N° 172 : Jeune Turc caressant un cheval
Toile. — H. o"'3 i , L. o'"40. — Non signé ni daté. — Salon de 1827. — Appartient au Musée de la ville de Luxembourg jGrand-duché de Luxembourg^ par legs de M. J.-P. Pescatore de Paris. — Photographié par Braun. — Cat. A. Moreau, p. 169.
Malgré l'extrême simplicité du motif, ce tableau est à coup sûr un des plus charmants que l'étude du cheval ait inspirés a Eugène Delacroix. L'animal, de noble race, très doux, est surpris et fixé par l'artiste, non seulement dans l'exquise beauté de ses formes, dans la naturelle aisance de son mouvement, mais aussi dans son intelligente et tendre intimité avec son cavalier habituel.
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N° 17^ : Turc assis
Toile. — H. o'"45o, L. o"'375. — Non signé. — Appartient à M. P. Tesse. — Non catalogué par M. Moreau.
(I Si vous n'êtes pas assez habile pour faire le croquis d'un homme qui se jette par la fenêtre, pendant le temps qu'il met à tomber du quatrième étage sur le sol, vous ne pourrez jamais produire de grandes machines.» C'est Delacroix qui a écrit cette note sur un de ses carnets et il a bien prouvé dans l'œuvre que nous reproduisons, son habileté à saisir les mouvements rapides, car le personnage qu'elle représente n'est déjà plus assis et n'est pas encore debout. Il s'ajoute à cette pièce un autre intérêt, on croit que le maître a fait ici le libre portrait du chanteur Baroilhet qui n'était pas seulement un grand artiste lyrique, mais fut toute sa vie un amateurpassionné de peinture. Baroilhet, né en i8o5, mourut en 187 1.
N° 1 74 : Nature morte
Toile. — H. o^So, L. i'"oo. — Signé, non daté. — Salon de 1827. — Exposition d'Alsace-Lorraine au Palais- Bourbon, en 1874. ■ — Appartient à M. Ad. Moreau. — Cat. A. Moreau, p. 169.
Ce tableau a été peint à Beffes, en 182Ô, pour le général de Coètlosquet, dit M. A. Moreau qui le décrit ainsi : (I Des homards, un faisan doré, un lièvre, un fusil et un carnier au premier plan ; au fond, un paysage avec des cavaliers en habit rouge. »
Les natures mortes d'animaux ne sont point nombreuses dans l'œuvre de Delacroix. Il était cependant singulièrement sensible à leur beauté pittoresque. Après une visite au Jardin des Plantes, il achète un agenda et l'étrenne par une description de ce qu'il vient de voir. Ne pouvant la reproduire ici, nous renvoyons à notre volume Peintres et statuaires romantiques.
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N° 17) : Odalisque
Toile. — H. 0^24, L. o'"34. — Non signé. — N° 72 de la vente posthume : 410 fr. à M. Haro. — Non catalogué par M. A. Moreau.
On ne confondra pas cette Odalisque avec celle qui figurait à la vente posthume sous le n» 69. Cette dernière est l'esquisse du tableau qui a été lithographie par Debacq (voir année i825|. La figure ici n'est point drapée, les bras sont relevés et la composition est vide d'accessoires.
N° 176 : Le Christ au Jardin des Oliviers
Toile. — H. 2'"94, L. 3'"62. — Salon de 1827. — Exposition universelle de i855. — Exposition universelle de 1878, pavillon de la Ville de Paris. — A l'église Saint- Paul- Saint-Louis de Paris (rue Saint-Antoine)." — Lithographie par Hip. Poterlet. — Cat. A. Moreau, pp. 124, 168, 220.
Nous ne saurions sincèrement mettre ce tableau au rang des autres sujets religieux de Eugène Delacroix. C'est une peinture opaque, lourde, noire, que l'humidité de l'église a sans doute rendue plus sombre encore qu'elle ne l'était primitivement. Cependant l'artiste a longuement et fréquemment cherché l'attitude du Christ agonisant au Jardin des Oliviers, comme on peut le voir par les nombreuses études que nous reproduisons. C. Dutilleux avait vingt ans lorsqu'il écrivit en 1827, au sujet de ce tableau: « Je voudrais un peu plus de majesté dans le Christ, mais les anges sont composés comme par Raphaël.» Le Christ au Jardin des Oliviers a inspiré des compositions que. malgré leur peu de mérite, nous mentionnons par excès de scrupule. C'est d'abord une lithographie signée .A.B. (.\uguste Bouquet), haute de 0^148, large de o'" 193, parue dans le n" i 91 du journal La Caricature, et représentant « l'Agonie de la Liberté ». Ensuite, il a été fait d'après le même tableau une mauvaise lithographie, exécutée dans les dimensions de o"23o sur o"i320,pourun titre de Chemin de croix édité sur papier de couleur par Basset, rue Saint-Jacques, 64.
N°* 177, 178 : Le Christ au Jardin des Oliviers
1° Aquarelle. — H. o"2o5, L. o"'28o.
— Collections du docteur Baude et de Alphonse Royer. — Appartient à M. Charles Narrey.
2° Pastel. — H. o'"25, L. o"'34. — Appartient à M. Haro.
Un autre pastel du même sujet a été exécuté en 1847 et offert par Delacroix a madame Roche « en souvenir de ses bontés». Il la prie < de lui donner une place dans son oratoire » (voir correspondance, édition Burtyi. Nous le plaçons ici pour cpuiser le sujet, mais nous aurons soin de le rappeler à l'année 1847. L envoi d ailleurs ne parvint a destination qu'en i85o.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N°^ 179, 180, 181, 182, 183 : Le Christ au Jardin des Oliviers