L. 125. — ^ Vente Parsuez : 6 francs
Le jeune ecclésiastique est représenté en buste, en soutane et rabat, tête nue et de trois quarts. La légende de la lithographie relevée par M. Moreau manque de clarté. Nous la reproduisons en signalant le vague que la présence de deux noms d'artistes fait planer sur l'authenticité de l'attribution : « En bas, à gauche: « Devéria d'après nature »; à droite : « Eug. Delacroix u; au milieu : « Lith. de Langlumé et G", — M. Martial IVIarcet ».
N° I2J : Portrait de M. Pierret
Toile.— H. o™32, L. o"'24. — N° yj de la Vente postliume : 600 francs à M. Bornot. — Cat. A. Moreau, pp. 23o, 3i3.
Le vieil ami de Eugène Delacroix, dont nous avons déjà vu le portrait plusieurs fois, est représenté ici, assis les jambes croisées, le coude gauche appuyé sur une table. Il est coiffé d'un large turban et revêtu d'un costume turc composé d'une tunique vert foncé, rehaussée de passementeries d'or et d'une ceinture d'un ton violet neutre. La table sur laquelle il est accoudé est d'un ton violet
. rougeàtre. — Cette belle étude de costume pour laquelle posa M. Pierret,
n'est pas signée. Elle resta dans l'atelier de l'artiste jusqu'à sa mort. Delacroix l'a souvent consultée, notamment pour le Turc à la Selle (1828) et pour le Turc assis (184G).
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N° 124 : Portrait de M. Washington
Toile. — H. o"'46, L. o'"35. — N° 76 de la Vente posthume. — Appartient à madame Pastré de Regny. — Cat. A. Moreau, p. 23o.
M. Washington était également un ami de Delacroix qui l'a représenté debout, en costume grec, et tenant un fusil à la main.
N - 1 2 5 : Portrait de M. Soulier
Toile. — H. o™45, L. o"'38. — Non signé. — Cat. A. Moreau, p. 23o. Il est représenté debout, une main dans le gilet, l'autre cachée derrière le dos.
N° 126 : Pâtre romain
anciens et modernes.
Toile de 6. — Peinten 1825 pour M. Du Sommerard. — Salon de 1827. — Lithographie par Mouilleron: o"^i5~ sur o'"i98. — Le premier état de cette lithographie portait en bas à gauche : « Cabinet de M. Dugléré. » — Cat. A. Moreau, pp. i33 et 169.
Le pâtre, couvert d'une peau de mouton, tête nue, agenouillé au bord d'une mare, se penche pour y tremper ses lèvres. — La lithographie de Mouilleron a paru sous le titre : da Mort du Brigand » dans la publication del'imprimeur-lithographc Bertauts, intitulée: <■ Les Artistes ' L'homme peut bien être un brigand, mais il ne meurt pas, il boit.
N° 127 : Mendiant anglais
^^ Aquarelle. — H. o"'2o5, L. o'"i40. — Vente Villot, i865 : 3o5 fr. — Gravé de mêmes dimensions à Teau forte, par M. F. Villot. — Cat. A. Moreau, p. 108.
Étude sinistre de la misère londonnienne. * Je me suis cruellement ennuyé pendant les premiers jours, » écrit-il de Londres, le 6 janvier 1825 ; « j'ai été sur le point de repartir sans cérémonie. Cela vient de ce que je ne faisais que voir de côté et d'autre sans autre fruit que me fatiguer. Depuis que je me suis mis à travailler, je me plais ici. Je suis très flâneur à la vérité, mais pas badaud... Les chevaux, les voitures, les trottoirs, les parcs,
la Tamise, les bateaux de la "Tamise, les bords de la Tamise, Richmond et Greensvich, tout
cela demanderait des volumes de lettres. »
N° 128 : Deux chevaux de ferme anglais
Panneau. — H. o'"oo, L. o"'oo (?) — Salon de 1827. — Cat. A. Moreau, p. 1Ô9.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N" 129 : Cheval de ferme rouan vineux
Aquarelle. — Vente Villot, i865 : 45 francs. — Cat. A. Moreau, p. 293.
Etude faite en Angleterre. Le cheval, dit M. Moreau, est harnaché et représenté fuyant, vu de croupe.
N"' 130, i}i : Combats de chevaux
1° Toile. — H. o'"27, L. o'"32. — Signé, daté. — N° 82 de la Vente posthume : i,6o5 francs à M. Van Cuyck, 7 février 1867 : 750 francs.— Cat. A. Moreau, p. 3i3.
2° Toile. — H. o"'35, L. o'"45. — Signé, daté. — N° 82 de la Vente posthume : 2,400 francs à M. Delille.
— Non catalogué par M. Moreau.
Superbes études de mouvement que l'artiste retrouvera, consultera dix ans plus tard au moment de la Bataille de Tailleboiirg, où il y a une si furieuse mêlée de chevaux et qu'il a reprises plusieurs fois, notamment la première pour divers Combats du Giaour et du Pacha et surtout pour le Choc de cavaliers, dont la peinture fut refusée au Salon de 1834. (Voir aux années iS33etiS45.)
N°' 1 3 2, I ^ ^ : Tombeaux d'Adrien et de Nicolas d'Estouteville
;;i,ît
Sépias. — 1° H.o"M8, L. 0^26.
— 2° H. o"^i8, L. o'"23. — Partie du n° 597 de la Vente posthume, à M. Bornot.
Ces dessins ont été faits dans les ruines de l'abbaye de Valmont, près de Fécamp, qui appartiennent à M. Bornot, cousin de Delacroix, et où il allait souvent dans sa jeunesse. Léon Riésener, dans ses Notes, parle de ce pays et des séjours qu'il y fit avec Delacroix. « A Valmont, en Normandie, nous avons passé quelques vacances. Tantôt il était tout feu pour le travail et faisait des aquarelles délicieuses qui ont été vues à sa vente; tantôt ne pouvant s'y mettre, il se mettait à mouler avec passion les figurines qui ornent les tombeaux des moines d'Estouteville, fondateurs de l'abbaye de Valmont. Nous travaillions à ces moulages quelquefois après dîner, malgré les observations du domestique du propriétaire absent, car l'église servait de bûcher. C'était dans l'arrièresaison. L'eau gelait. Le toit de l'église était à jour. Les rayons de la lune y pénétraient et étincelaient dans les feuillages couverts de rosée qui poussaient dans la nef Nous nous donnions l'un après l'autre le spectacle des ombres immenses que nous projetions avec art sous les colonnades des bas-côtés. » [Lettres, édition Burty.) Delacroix écrit aussi en 1S29, qu'il moula « certaines petites figures qui ornent les tombeaux et sont d'un très beau style. »
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N° 134 : Le Chevalier
Aquarelle. — H. o"M 5o, L. o^r 10. — Appartient à madame veuve Pierret. — Non catalogué par M. Moreau.
N'est-ce pas ici encore un souvenir de l'abbaye de Valmont? Non que nous supposions que Delacroix ait copié cette figure sur place. Mais n'aura-t-il pas été tenté de rendre la vie à quelqu'un de ces seigneurs d'Estouteville dont la grande allure en la rigidité de leur tombeau l'avait vivement frappé? Il aura disjoint ces mains réunies pour l'éternité dans
__ ^ 1^ prière et rendu, pour la durée d'un mince papier taché de couleur,
' la vie, le mouvement, la fière tournure des mœurs héroïques au châtelain de Valmont. Le trait sculptural, la solennité de la pose font penser à la statue du Commandeur de Don Juan. C'est une statue, mais une statue prête à s'animer.
N° I ] ^ : Le Tasse dans La maison des fous
substitué un crucifix à la petite baie du fond.
Dessin. — H. o'"i8o, L. o™225. — Signé au bas à gauche et daté 1825. — Exposition posthume de Tœuvre de Eugène Delacroix au boulevard des Italiens. — Lithographie par A Devéria : o'"i44sur o"'i70. — Gravé sur bois pour L Univers illustré du 10 septembre 1864. • — Appartient à M. Paul Meurice. — Cat. A. Moreau, p. 144.
Cette composition présente de nombreuses différences avec celle de 1823. Les fous debout qui harcèlent le poète sont de plus petites proportions et le maître a ajouté iine figure de plus, celle du fou accroupi qui, par une affreuse ironie, simule 1 action d'écrire. Dans la muraille du même côté, il a ouvert une fenêtre grillée où apparaît une figure de folle, enfin, il a
N° 136: Tarn O'Shanter
Toile. — H. 0^26, L. o,3o. -- Signé en bas à droite. — Peint en 1825 pour madame Dalton. — Salon de i83i. — Vente B..., 3o mars i855 : 8o5 francs. — Vente marquis de L..., 4 février i865 : 2,3oo francs. — Vente Khalil-Bey, 16 février 1868, à M. Verdier: 3, 750 francs. — Photolithogra'phié par M. G. Arosa: o'"94o sur o'^i 18. — Lithographie dans le sens opposé par Mouillerbn : 0^245 suro™3o5. — Cat. A. Moreau, p. 172,248. Sujet tiré d'une ballade écossaise de Burns. — La lithographie de Mouilleron est intitulée oLa Course effrénée» et porte en haut, à gauche : 0 Souvenirs d'artistes u;h droite, le nombre 559 : en bas à gauche : « Eug. Delacroix pinx^. — La Course effrénée «; au milieu : c< Imp. Bertauts Paris»; adroite: «"A. Mouilleron, Paris». Le tirage est fait sur papier bleuté. M. Moreau, aux deux pages de son livre où il parle de ce sujet, donne deux dates différentes: 1825 et 1827. — Le tableau n'étant pas daté, nous adoptons la première, car M. Moreau dit expressément que la peinture fut exécutée en 1825 pour madame Dalton. (Voir à 1827.)
N° 137 : Odette et Charles VI
, , Toile. — H. 0^343, L. o'"265. — Signé au bas à >^^ droite. • — Lithographie par Maurin, de mêmes di- / mensions. — Appartient à M. Dumas-Descombes. — Cat. A. Moreau, p. 116.
Ce tableau peint en 1825 porte encore derrière le châssis le nom de M. F. Leblond, pour qui il a été peint. Le possesseur actuel le tient de son oncle M. Dumas-Descombes. La lithographie porte en bas a gauche : c Delacroix pt. », à droite: (I Maurin del. »; au milieu: 0 Lith. de Villain », letitre etun timbre sec ovale avec les mots 0 Sazerac et Duvalv autour d'une lyre. Malheureusement cette lithographie, oui a l'avantage de représenter le tableau dans son vrai sens, a complètement altéré l'expression du page qui enlève l'épée des mains du roi, et surtout le personnage d'Odette dont la tète est tournée davantage dans le sens du trois quarts, ainsi que nous la rétablissons par un croquis complémentaire. La différence est tellement marquée qu'on supposerait volontiers que Delacroix a modifié cette partie du tableau après l'exécution de la lithographie. Le Charles VI du compositeur Halévy est de 1843; l'œuvre de Eugène Delacroix est donc antérieure de dix-huit années.
N° 138 : Don Quichotte dans sa librairie
Toile.— H. o'"40, L. o^Si.— Signé, non daté.— Vente Du Sommerard, 12 décembre 1843: 100 francs.— Vente Durand- Rud, 28 janvier 1854: 400 francs. ^ Vente Bouruet-Aubertot, 22 février i86q : 6,85o francs. — Vente Frémyn, 6 avril iSjS : 6,200 francs. — Cat. A. Moreau, p. 243.
Ce tableau commencé le 6 avril 1824, puis interrompu, n'a été terminé qu'en 1823. Il est très coloré, très étudié dans le rendu des détails de nature morte, tels que les reliures des livres de chevalerie sur lesquels médite don Quichotte tout de noir vêtu et coiffé d'un bonnet de nuit.
Toute la lumière du tableau est concentrée autour des deux petits vases posés sur la table.
N° 139 : Le duc de Bourgogne montre sa maîtresse au duc d'Orléans
Toile. — H. o"'oo, L. o^oo (?)— A appartenu au prince Napoléon.
— Ventes 6 mars 1843 : 3oo francs; 25 janvier 1864: 1,200 francs.
— Cat. A. Moreau, p. 264.
Nous reproduisons une partie de ce tableau d'après une eau-forte de M. Frédéric Villot. Dans la composition complète, le duc de Bourgogne
est agenouillé sur un coussin; on voit dans le fond un dressoir charge d'orfèvrerie. M. Villot a fait, en 1829, une copie de ce tableau; elle était chez le pnnce Napoléon a cote de l'original et on l'attribuait à tort à Decamps.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N° 140 : Odalisque
Toile. — H. o'"370, L. o"'445. — Non signé. — N° 69
de la Vente posthume : 705 francs à M. Baroilhet. —
\ ente Baroilhet, 16 mars 1872: i,o5o francs. — Vente
Dassonville, mars 1879: 5oo francs. — Cat. A. Moreau,
jîl^r^ P 3i3.
Ce n'est qu'une esquisse. Le modèle vu de face, couché sur le
i.oté droit, a la tète renversée sur des coussins; la main droite
s approche d'un narghilé posé à terre. Dans le fond une tenture
t-t une échappée de paysage. On reconnaît dans cette étude
le type physiologique de la temme robuste, forte, aux ampleurs
massnes que Delai.roi\ a gcncrakment introduite dans ses compositions héroïques. L'attitude
ICI et le narghilé qui ont tau baptiser cette toile l'Odalisque ne sont en réalité qu'accessoires,
un simple prétexte pour une superbe étude de nu.
N° 141 : Archers de la garde écossaise
Aquarelle. — H. o^iS, L. o'"20. — ■ Appartient à M. Soulier fils. — Non catalogué par M. Moreau.
C'est une ébauche, mais saisissante par la beauté du geste et du mouvement, inspirée h coup sûr par le chapitre V du Quentin Duryvard de Walter Scott, n Ce corps célèbre qu'on ' nommait les archers de la garde écossaise avait été formé par Charles VI avec plus de raison qu'on ne peut en alléguer généralement pour entourer un trône d'une troupe de soldats mercenaires. Les dissensions qui avaient arraché à ce monarque plus de la moitié de son royaume et la fidélité douteuse et chancelante de la noblesse qui défendait encore sa cause rendaient imprudent et impolitique de confier h ses sujets le soin de sa sûreté personnelle. Les Ecossais étaient les ennemis héréditaires de l'Angleterre, les anciens amis, à ce qu'il semblait, les alliés naturels de la France. Ils étaient pauvres, courageux et fidèles. La population surabondante de l'Ecosse, le pays de l'Europe qui voyait partir le plus grand nombre de hardis aventuriers, fournissait toujours de quoi recruter leurs rangs. Leurs prétentions à une antique noblesse leur donnaient en outre le' droit d'approcher de la personne d'un monarque de plus près que toute autre troupe. »
N° 142 : Bonaparte
Aquarelle. — Diamètre o"^075. — Don de Jenny à M. Alfred Robaut. —
Nous avons dit plus haut comment Jenny « dont les soins passionnés et jaloux, dit M. Burty, ont prolongé le souffle frêle, toujours menacé » de Delacroix, avait possédé bien des œuvres de son maître. Voici l'article du testament qui la concerne : n Je lègue ii Jeanne-.Marie Le Guillou une somme de cinquante mille
francs (So.ooo fr.i, plus ce qui sera h sa convenance dans mon mobilier enunmotce
qu'il lui plaira de choisir pour se composer le mobilier d'un petit appartement convenable.»
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N° 143 : Tête de jeune garçon
PasteL — H. o^Sg, L. 0^29. — A appartenu à Jenny Le Guilloii qui en fit don à Constant Dutilleux. — Non catalogué par M. Moreau.
M. Philippe Burty nous a dit dans sa précieuse édition des Lettres de Delacroix, comment la gouvernante de Delacroix était entrée en possession d'un certain nombre d'ouvrages de son maître : « Jenny ou Jeanne Le Guillou , , ^^ dont le rôle auprès de Delacroix pourrait être dénaturé injubîement, n'était s^ pas une nature vulgaire. C'était une paysanne des environs de Brest, douée d'instincts délicats. Quelquefois dans l'atelier elle disait spontanément en face d'un croquis ou d'une peinture : 0 Monsieur, je trouve cela très bien. — « Cette Jenny s'y connaît, s'écriait Delacroix ravi! Eh bien, Jeanne, je vous le donne! » Et il écrivait son nom au revers. De là à renouveler l'anecdote de Molière, la distance est grande. — Malheureusement, vers la fin, malade, soupçonneuse, elle fit le vide autour de son maître qui ne pouvait se passer de ses soins. »
N°' 144, 145, 146, 147, 148: Cinq feuilles de médailles
i" Lithographie. — Six
médailles. — H. o'^iqo,