Siané au bas à droite
L'énergie du mouvement et l'ampleur de la forme font songer à Rubens dont Delacroix disait : « J'aime son emphase, j'aime ses formes outrées et lâchées. Je les adore de tout mon mépris pour les sucrées et les poupées qui se pâment aux peintures à la mode et à la musique de
M. Verdi J'ai fait quelques croquis d'après les chasses de Rubens;
,j^-- -^:--^^. il y a autant à apprendre dans ces compositions, dans ces formes
;^- „-{^.;: :^ boursouflées que dans des imitations exactes Il y a beaucoup d'aca-
î^^^SjB-aJ démique dans Rubens, surtout dans son ombre systématiquement peu empâtée et marquant sur le bord. Titien est plus simple sous ce rapport et surtout Murillo.... Rubens à travers ses couleurs crues et ses formes, arrive à un idéal des plus puissants. La force, la véhémence, l'éclat le dispensent de la grâce et du charme. »
N""" 188, 189 : Portraits du baron Schwiter
1° Lithographie. — H. o™22o, L. o'"i95. — Signé au bas à gauche. — Dans le fond, à droite : ^ÈT'* XXL — Ventes Parguez, 1861 : 10 francs; De La Combe, i863 : 8 francs; Dubois, 1866 : 8 fr. Vente posthume, 1864, sur chine : 6 francs. — Cat. A. Moreau, p. 28.
2'' Dessin à la plume. — H. o™i8, L. o"M6. — Photolithographié par Lefman (cinq épreuves). — Appartient à M. Schwiter.
Delacroix, écrivant en i832 à M. Villot, lui parle de M. Schwiter: « Pierret n est pas ici , il est parti ex abrupto pour suivre Schwiter à Nancy et de là à Strasbourg, oîi il \a voir du gothique et des oncles qui lui donneront à dîner et à coucher.') (Lettres, édit. Burty.)
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N" 190 : Portrait du baron Schwiter
Toile. — H. 2">3i, L. i"'5o. — Signé au bas, à gauche. — Refusé au Salon de 1827. — Cat. A. Moreau, p. 23 1.
Nous n'avons rien à ajouter à ce que nous avons de|à dit de la lointaine et longue amitié qui unissait Delacroix et M. le baron Schwiter. — M. Moreau nous fournit un détail intéressant sur l'exécution du grand portrait en pied. Le fond de paysage lurait été peint en partie par Paul Huet. — Ce tableau ayant été refusé au Salon de 1827, Delacroix le reprit un peu plus tard et le termina définitivement en i83o. Ce porti lit qui était connu h l'atelier sous le sobriquet : la boîte à violon est eertainement, de tous les portraits de M. Schwiter, le plus ressembhnt et c est ce qui nous a induit à donner le détail de la tète
1 dans des proportions qui permettent d'en apprécier les traits.
^ Dans une lettre de 1S25 à M. Pierret, je trouve le passage suivant : < M Louis Schwiter a qui )e prends la liberté de me rappeler, sera assez bon pour me faire savoir par ton moyen et en l'informant de la délicieuse M"» Sophia, dans laquelle des Prince's street habite la nymphe pour laquelle j'ai un anneau. Ily a à Londres une dizaine de Prince's street, et Londres est fort grand. »
N° 191 : Proteus et Julia déguisée en page
Sépia. — H. o'"22, L. o'"i6. — Non signé. — Appartenait à M. Leblond. — Non catalogué par M. Moreau.
C'est la scène iv du quatrième acte des Deux- gentilshommes de Vérone où la douce Julia, l'amante abandonnée de Proteus, après avoir offert ses services à celui-ci, accepte de porter un message d'amour à la chaste Sylvia. PROTEUS : Dis à ma dame que je lui rappelle la promesse qu'elle m'a faite de son divin portrait. Ton message achevé, reviens dans ma chambre où tu me trouveras triste et solitaire. (Il sort.)
JULIA : Combien y a-t-il de femmes qui voudraient faire un pareil message ? Hélas, pauvre Proteus ! tu as pris un renard pour gardien de tes brebis. Hélas ! pauvre fou! pourquoi est-ce que je le plains, lui qui me méprise de tout son cœur.''
N" 192 : Croquis divers
Lithographie. — H. o"'2io, L. o"'340. — Vente posthume : 9 fr. — Ventes Dubois, 20 fr.; Villot : 22 fr. ; Parguez : 5o fr. — Cat. A. Moreau, p. 2g.
C'est une pierre d'essais, car les motifs y sont disposés dans l'ordre le plus arbitraire; le Turc et l'homme d'armes dans un sens, les ruines romantiques en sens opposé, et dans une autre direction deux portraits, ceux de deux amis du maître, Frédéric Soulier et Horace Raisson. Nous ne connaissons pas d'autre portrait de ce dernier.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N° 193 : Le Message
Lithographie. — Dimension de la pierre: H. o"26o, L. o"^35o. — Vente posthume, 17 francs. — Vente Villot, 18-5 : 3o fr. à la Bibliothèque nationale. — Cat. A. Moreau, p. 29.
Cette lithographie a été faite par Delacroix d'après une aquarelle de Bonington. Nous donnons par surcroît le motif principal dans des dimensions plus étendues et propres à le rendre plus lisible.
N° 194 : La Fuite du contrebandier
Lithographie. — Trois états : premier et deuxième: H. o'"io2 L. o^igo; troisième: H. o"'OQO, L.o^iSo. — Signé: E. Lacroix. — Vente posthume (premier état) : 10 fr. — Vente De La Combe: 27 fr. — Ventes Langlais et Dubois (deuxième état) : 2 fr. — Cat. A. Moreau, p. 42.
Cette lithographie accompagnait une Ballade de Bétourné, musique, de Th. Labarre, comme l'indique la lettre du troisième état avec la mention: 0 Prix : 2 fr., à Paris, chez Troupenas, éditeur du répertoire des opéras français, rue Saint-Marc, 23.» Le premier état sans aucune lettre; le second avec l'indication en bas, à droite : « Lith.de Engelmann, rue du Faubourg-Montmartre, n" 6. 0
Année 1827
N"® 195, 196: Assassinat de Tévêque de Liège
Esquisses et variantes du tableau de 1829, exposé en i83i.
i" Toile. — H. o'"27, L. o"'39.
— Lithographie en sens inverse, par Mouilleron, notre vignette le reproduit de ce même côté : o'" 1 5 3 sur o™2i 3. Eau-forte parCh.Courtry: o™oqo sur o'"i3o pour la galerie Durand-Ruel. — Cat. 'A. Moreau; p. ii3. 2° Toile. — H. o"'59, L. o"'72. — N° 55 de la Vente posthume : 2,1 25 francs. — A appartenu à M. Rœclerer, du Havre, et à M. Binant.
Tarn O'Shanter
Toile. — H. o"'26, L. o™3o. — Signé en bas à droite. — Salon de i83i. — Ventes B., i855 : 8o5 fr.; marquis de L., i865 : 2,3oo fr.; Khalil-bey, 1868 : 3,-50 fr. — Cat. A. Moreau, p. 248.
Nous avons reproduit l'esquisse de ce tableau à l'année 1S25. Delacroix a dû exécuter au moins deux fois ce même sujet, ainsi que le dit M. Moreau; en 1S25, d'abord, pour madame Dalton, et ensuite pour un autre ami, en 1S27, ainsi que le constate une lettre inédite qui nous est passée sous les yeux : « Mon cher ami, je vous envoie... C'est une ballade écossaise très célèbre de Burns, le poète populaire du pays. Tarn O'Shanter est un fermier qui passe la nuit près du sabbat des sorciers. Ceux-ci se mettent à ses trousses, et en tête une jeune sorcière qui prend la queue de son cheval jusqu'à ce que ladite queue lui reste à la main. J'ai omis cet épisode. Ne le vernissez que dans quelque temps. »
N° 198 : La Mort de Sardanapale
Toile. — H. 3™95, L. 4™95. — Salon de 1827. — Gravé à Teau-fone par F. Régamey : o^gSo sur o"Mog; par Greux : o™ioo sur o'"i26. — Lithographie par Sirouy : o"'427 sur o™537. — Bois du Monde illustré : o'"223 sur o™287. — Voir Tesquisse à Tannée 1826 et la réduction à Tannée 1844. — ^^^- ^- Moreau, p. 169. En février et mars 1828, Delacroix écrit à son ami Soulier, le 6 février 1828 : <i J'ai effectivement fini mon Massacre n" 2 (la Mort de Sardanapale). Mais ]'ai eu à subir des tribulations assez nombreuses de MM. les très ânes membres du Jury. J'en aurai long à te dire sur ce chapitre . Je continue ma lettre à deux jours d'intervalle. C'est ce matin qu'on a rouvert le Salon. Ma croûte est placée le mieux du monde. De sorte que, succès ou non succès, ce sera à moi qu'il faudra m'en prendre. J'ai éprouvé, en arrivant là-devant, un effet abominable, et je ne souhaite pas que l'excellent public ait mes yeux pour juger mon chef-d'œuvre. C'est malheureux que je tombe à t'écrire un jour où je suis aussi vexé. Mais ce sera pour toi la peine de m'avoir écrit si peu de chose. Quel exécrable métier que de faire consister son bonheur dans des choses de pur amour-propre! Voilà six mois de travail qui aboutissent à me faire passer la plus foutue des journées. Du reste, je suis habitué à ces choses-là, et ne t'alarme pas trop pour l'amour de moi. C'est peut-être, comme toutes les autres fois où le premier aspect de ma sacrée peinture accrochée à côté de celle des autres me jugule complètement. Cela me fait l'effet d'une première représentation où tout le monde sifflerait. » 1 1 mars 1 828 : 0 Je ne fais pas encore grand chose, je suis ennuyé de tout ce Salon. Ils finiront par me persuader que j'ai fait un véritable fiasco. Cependant, je n'en suis pas tout à fait convaincu. Les uns disent que c'est une chute complète; que la <c Mort de Sardanapale » est celle des romantiques, puisque romantiques il y a; les autres comme ça que je suis inganno, mais qu'ils aimeraient mieux se tromper ainsi que d'avoir raison comme mille autres qui ont raison si on veut et qui sont damnables au nom de Tàme et de l'imagination. Donc, je dis que ce sont tous des imbéciles, que ce tableau a des qualités et des défauts, et que s'il y a des choses que je désirerais mieux, il y en a pas mal d'autres que je m'estime heureux d'avoir faites et que je leur souhaite... Tout cela fait pitié et ne mérite pas qu'on s'y arrête. »
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N° 199 : Le Tasse dans la maison des fous
Toile. — H. o"'6o, L. o'"5o. — Lithographie par Mouilleron dans les dimensions de o™i8o sur o™i53, et par un anonyme dans les dimensions de 0"'4o sur o™3o. — Signé au milieu en bas. — Refusé au Salon de iSSg. — Appartient à M. Bischoffsheim. — Cat. A. Moreau, p. 118.
Cette nouvelle variante du Tasse n'est pas la moins émouvante de toutes les compositions que ce sujet a inspirées à Delacroix et que nous avons déjà rencontrées dans son œuvre (voir année 1824^ Ce que Th. Gautier a dit de l'une d'elles s'applique également à celle-ci : « Le malheureux poète est assis, triste et songeur, au milieu d'une bande de fous; il n'écoute pas leurs cris insensés, il ne regarde pas leurs gestes extravagants, mais il s'interroge lui-même avec effroi. Serait-il fou, en effet? Question terrible et qu'il n'ose résoudre. » — Ici, le poète est seul dans sa chambre, l'aliéné à barbe rousse a disparu, mais n d'autres grimacent et gambadent au fond, secouant les grelots de leur démence aux oreilles du poète qui bientôt sera fou comme eux. » On ne peut rien imaginer de plus saisissant.
N° 200 : Épisode de la guerre en Grèce
Toile. — H. o'"65, L. o'"8o. — Vente Hôtel Drouot, 20 avril 1874 : 25,3oo fr. — Gravé à Teau-forte par Bouruet : o"'26 sur ©■"Sa. — Cat. A. Moreau, p. 8 1 .
Le prix de ce tableau en 1874 en dit assez toute l'importance. Voir la variante à l'année i856. La peinture de 1827 est entièrement exécutée au vernis copal, nous dit M. Moreau, et le cavalier principal porte le costume de Palikare du comte Palatiano, dont Eugène Delacroix avait fait le portrait en pied reproduit par nous à l'année 1826. — La gravure de M. Bouruet est exécutée en sens contraire, telle que nous la donnons ici. Comme elle ne porte ni lettre ni signature, elle fut indiquée au catalogue de la Vente posthume comme pièce originale, sous le n° 686, avec le titre de : « Cavalier turc poursuivant des Grecs sur un champ de bataille. »
N° 201 : Mort de Hassan
Toile. — H. o"'32, L. o'"40. — Signé en bas à gauche. — Ventes Didier, 3 mai 1849:500 fr.; A. H., 29 mars 1854 : 55o fr.; X., 8 mai 1861 : gSo fr.; Barthélehiy, 14 décembre 1871 : 5,600 fr.; Ad. Liebermann, 8 mai 1876 : 7,100 fr.; i Beurnonville, avril 1880 : 7,900 fr. — Appartient au baron ^ de Beurnonville. — Cat. A. Moreau, p. 244.
Ce motif, emprunté au Giaouràp lord Byron, est aussi connu sous le titre de « Grec mort » et de 0 Épisode de la guerre de l'Inde'pendance 1). L'attitude de la mort violente est saisissante de vérité et contraste en même temps que le feu sinistre de l'incendie avec l'éclat joyeux du costume.
N" 202 : Combat du Giaour et du Pacha
Toile. — H. o'"58, L. o"'72. — Salon de 1827. — Signé en bas à gauche. — Gravé par Bouruet-Aubertot. — A appartenu à M. Alexandre Dumas père et appartient aujourd'hui à M. Mah- 1er. — Gat. A. Moreau, pp. 82, i6q.
Le vrai titre, celui du Salon de 1827, est 0 Scène de la guerre actuelle des Turcs et des Grecs ». Mais nous lui laissons le titre romantique consacré par Théophile Gautier dans les Beju.x--Arts en Europe : « Il existe un autre Combat du Giaour et du Pacha, que nous nous souvenons d'avoir vu jadis chez Alexandre Dumas, et que nous aurions bien voulu retrouver h l'Exposition universelle de i855. Nous regrettons que M. Delacroix n'ait pu se procurer le chef-d'œuvre d'après lequel Poterlet avait esquissé une magnifique pochade, aussi chaude de ton que l'original. » • — Cette copie, retouchée par le maître, appartenait à Th. Gautier et fut achetée à la ventede ce dernier par madame Alice Ozy.
N" 203 : Combat du Giaour et du Pacha
Lithographie. — H. o^Sô, L. o'"25. — Premier état. Ventes Parguez, 1861 : 3y fr.; posthume, 1864 : 3o fr.; Gihaut, iBjS : 3o fr.;Burty, 1874: 82 fr.; Villot, 1875 : 40 fr. — Deuxièmeétat. Ventes De La Gombe, t863 : i5 fr.; Dubois, 1866 : 16 fr.; Langlais, 186S : I I fr. 5o ; Soleil, 1872 : 3i fr.; Sensier, 1877 : 10 fr. — Gat. A. Moreau, p. 3o.
Nous reproduisons le premier état. Dans le second, les croquis de la marge inférieure ont disparu. En outre, les demi-teintes existent à peine et les blancs sont durs, autrement dit, le modelé du premier état est plus velouté. Les croquis de la marge représentent une tête de lévrier et une étude pour la figure du pacha. — Les dimensions du deuxième état sont : H. on'So, L. o°'24.
Cette composition, qui diflère absolument de la précédente, n'a rien
de commun non plus avec le tableau exposé au Salon de i835, rien que la grandeur tragique
du combat.
N" 204 : Porte-Étendard