‹ L'œuvre complet de Eugène DelacroixChapitre 35 sur 97 · MM · texte numérisé non relu

MM

Aquarelle gouachée. — Format in- 12. — Vente Villot, 1 865 : 2iofr. — Appartient à M. Villot fils. — Gat. A. Moreau, p. 295. Le cheval gris pommelé est lancé à cette grande allure de galop qu'affectionnait Velazquez en ses portraits de l'infant. Le cavalier e'st coiffé d'un casque couronné par un cimier en forme d'aigle. — Peut-être trouvera-t-on la tête du cheval un peu petite; mais il est clair que Delacroix n'a cherché là que le mouvement, et que l'aquarelle a été faite seulement pour la belle ligne de l'élan, prise par le dessous du ventre, ligne qu'il a tant cherchée, dont nous trouvons le premier effort dans le Waverley de 1S22, et qu'il a depuis si magnifiquement réalisée dans ce Choc de cavaliers maures refusé au Salon de 1834.

N°' 205, 206 : La Grèce expirant sur les ruines de Missolonghi

i" Toile. — H. 2"m3, L. i'"42. — Au musée de Bordeaux. —

Lithographie par Alf. Robaut dans les dimensions de o""! 12 sur

o™o75. — Cat. A. Moreau, p. 199.

2° Esquisse peinte. — H. 0^41; L. o"'28. — Appartient à M. Alf.

Robaut.

La Grèce, représentée par une jeune femme en costume hellène, est debout parmi les ruines. Elle va succomber et montre ses mains désarmées. Derrière elle, un soldat turc plante un étendard sur les décombres de la cité.

Ce tableau a été acheté par la ville de Bordeaux à Eugène Delacroix en i853, à l'exposition de la Société des Amis des Arts; il fut payé 2,5oo fr. D'une lettre à Théophile Silvestre du 3i décembre i858, il résulte que le maître l'exposa à Londres avec le Marina Faliero, deux ou trois ans après son voyage en Angleterre.

N° 207 : Jeune femme au grand chapeau

Toile. — H. o"'26, L. o'"2i. — Appartient au statuaire Christophe- — Non catalogué par M. Moreau.

Cette petite toile n'est pour ainsi dire qu'une ébauche, mais elle est marquée au sceau de la plus exquise distinction et comme couleur et comme composition. 11 semble qu'on retrouve là le souvenir d'une femme que Delacroix a aimée et qu'il se serait plu à costumer dans le goût des portraits de Lawrence qu'il avait vus en Angleterre. Trente ans plus tard (i 858), il écrit à Théophile Silvestre : « Peut-être trouverais-je dans Lawrence une exagération de moyens d'effet qui sentent un peu trop l'école de Reynolds; mais sa prodigieuse finesse de dessin, la vie qu'il donne a ses emmes, qui ont 1 air de vous parler, lui donnent, comme peintre de portraits, une sorte de supériorité sur Van-Dyck lui-même, dont les admirables figures posent tranquillement. L'éclat des yeux, les bouches entr'ouvertes sont rendus admirablement par Lawrence. »

N"" 208 : Cavalier

Aquarelle gouachée. — H. o"'[47, L. o'"i 16. — Gravé à l'eau-forte de mêmes dimensions par M. Villot. — Ventes Villot, i865 : 3o5 fr.; Diaz, 1877 : 800 fr. — Cat. A. Moreau, p. 295.

L'eau-forte de M. Villot a été exécutée en 1S47; c'est d'après elle que nous reproduisons ici ce cavalier, qui a la fière tournure du Gattamelata. Cependant nous devons dire que le graveur en a agi très librement avec le modèle, où le fond est occupé par des montagnes et est tenu dans une gamme de tons très clairs ainsi que le terrain. Il ne subsiste ici de l'œuvre originale que la grande allure de l'ensemble, comparable à celle des plus belles statues équestres de la renaissance italienne, comme le Gattamelata que nous rappelions tout à l'heure, ou ce Colleone,dont Bonington a laissé une si brillante aquarelle bien connue des familiers du Louvre.

L'ŒUVRE DE DELACROIX

N° 209 : Deux hommes d'armes en costume Louis XII

Aquarelle. — Vente Villot, i865 : 200 fr. — Cat. A. Moreau, p. 295.

N° 210 : La Prière

Aquarelle, — Vente Du Sommerard, 1843 : 36 fr. — Vente Binant, 1844 : 21 fr. — Cat. A. Moreau, p. 287.

N° 21 1 : Jane Shore

Aquarelle. — H. o"'27, L. o™32. — Signé, daté « 1827». — Lithographie en 1828. — Vente Villot, t865 : i55 fr. à M. Lecesne. — Cat. A. Moreau, pp. 42, 286.

N° 212 : Seigneur vénitien assis

à Venise une de C'

Sépia. — H. o^igS, L. o'"i67. — Gravé à Peau-forte par F. Villot dans les mêmes dimensions. — Cat. A. Moreau, p. 109.

L'eau-forte, qui date de 1845, et dont il existe deux états, n'a jamais été terminée. La planche a été adjugée à la vente Villot à M. Maheu, qui en a fait tirer quelques épreuves. — Le premier état est d'eau-forte pure et n'a été tiré qu'à trois épreuves. Le second état porte des retouches au burin dans les vêtements du personnage debout. — Ce personnage, que M. Moreau présente comme un page, nous fait l'effet d'une femme, à en juger par l'ampleur des vêtements et par les bras à demi nus. Delacroix a transporté es scènes de maison galante qui furent chères aux HoUandais.

N°' 21 j, 214, 21^ : Portraits de la famille Pierret

-—-ui 1" Madame Pierret mère. — Dessin à la mine de plomb.

— H. o"'25, L. o'"2i. — Non signé, mais daté ainsi :

a 23 avril, vendredi saint, 1827. » — Cat. A. Moreau.

-^ir/i 'iWwMm^mi 0° Mademoiselle Victoire Pierret. — Dessin à la mine de plomb. — H. 0^24, L. o"'22. — Cat. A. Moreau, p. 232.

3° Mademoiselle Juliette Pierret. — Toile. — H. o'"39, L. o'"3i. - Non signé. — Appartient à madame veuve Pierret. — Cat. A. Moreau, p. 232.

N° 216 : Portrait de Bonington

Delacroix

Dessin à l'estompe. — H. o'"25, L. o'"22. — Appartient à M. P. Legrand, gendre de M. Bornot. — Non catalogué par M. Moreau. Richard-Parkes Bonington, né au village d'Arnald, près de Nottingham (Angleterre), le i5 octobre 1801, mourut à Londres le 23 septembre 1828. Venu en France à l'âge de quinze ans, il étudia à l'école des Beaux-Arts et dans l'atelier de Gros, oîi il rencontra une partie des peintres romantiques. La France avait le droit de revendiquer la gloire de son talent. C'est pourquoi le nom de l'artiste anglais figure avec honneur dans le livret de l'Ecole française au Louvre. Ce dessin, exécuté h la lumière de la lampe, est d'un effet très heureux. — Dans sa lettre de i85S à Th. Silvestre, parle avec sympathie de son camarade Bonington, mort dans sa fleur.

Portraits de MM. Leblond et Guillemardet

1° Dessin a la mine de plomb. — H. ^"ly, L. o"'i2. — Appartenait à madame Leblond. — Cat. A. Moreau, p. 233.

2" Dessin à la mine de plomb. — H. o'^ig, L. o"M5. — Appartient à madame Pierret. — Cat. A. Moreau,

C'est par erreur que M. Moreau donne comme exécuté <( jusqu'aux genoux » le portrait de M. Leblond, qui n'est absolument qu'un buste. Si Delacroix n'admettait

qu'un très petit nombre damis dans son intimité, il leur était profondément attaché, comme

le prouvent les portraits si fréquents qu'il en a laissés.

N° 219 : L'Alchimiste

Sépia. — Vente Villot, i865 : 100 fr. à M. Lecesne. — Cat. A. Moreau, p. 296.

N° 220 ; Tête de vieillard

Croquis à la plume. — H. o"'oq3, L. o"'075. — Gravé à l'eau-forte par F. Villot dans les mêmes dimensions. — Cat. A. Moreau, p. 1 10. Nous conservons la désignation donnée par M. Moreau, sans trouver que cette tête soit absolument celle d'un vieillard. Nous y voyons plutôt une sorte de type à la Baudelaire. L'homme est vu de face; la tète inclinée à sa droite montre un front dégarni ; le visage s'encadre dans une longue chevelure flottant sur les épaules. La gravure ne porte pas le trait carré de notre vignette. Elle est signée en bas à gauche des initiales E. D.; on lit à droite : <i F. V., se. 1847. » Le modèle, en quelques traits, a une allure sculpturale.

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N°^ 22 1, 222 : Frontispice pour « Les Tournois du roi René »

I Lithographie à la plume. — H. o^SoS, L. o'^SgS. — Hauteur des hi^ures, o'"i8o.

2° Aquarelle d'un autre projet sur le même motif. — • H. 0^17, L. o'"2i.

Cnt. A. Moreau, p. 41.

Seules, les deux figures debout tenant un ecu armorié dans le n" i sont de Eugène Delacroix. C'est un ornemaniste nommé Dubois qui a dessine le rideau décoratif au bas duquel on lit entre les deux personnages : « Publié par MM. Champollion, Dubois et Ch. Motte — M DCCC XXVU — Chez Ch. Motte, lithographe de S. A. R. Monseigneur le duc d'Orléans et de S. A. R. Monseigneur le duc de Chartres, R. des Marais, i3, Paris. » — Toutes les planches du volume sont le plus souvent coloriées.

N°'22), 224: Méphistophélès dans les airs

1° Toile. ^ — H. o"'48, L. o'"4o. — Salon de 1827. — Cat. A. Moreau, pp. 54, 70,147. 2° Aquarelle sur papier bleu. — Cat. A. Moreau, p. 286.

Dans ces deux ouvrages, Delacroix, reprenant le motif de sa lithographie, a introduit d'insignifiantes variantes dans l'aquarelle. (Voir plus loin la suite du Faiisl.)

22^ : Première apparition de Méphisto à Faust

Aquarelle. — Variante du n° 234.

Vente posthume.

0 M. Delacroix, dit Gœthe dans ses conversations avec Ecliermann, est un grand talent qui a, dans « Faust », précisément trouvé son vrai aliment. Les Français lui reprochent trop de rudesse sauvage, mais ici elle est parfaitement à sa place... — De tels dessins, reprend Eckermann, contribuent énormément à une intelligence plus complète du poème. — C'est certain, dit Gœthe, car l'imagination plus parfaite d'un tel artiste nous force à nous représenter les situations comme il se les est représentées à lui-même. Et s'il me faut avouer que M. Delacroix a surpassé les tableaux que je m'étais faits de scènes écrites par moi-même, à plus forte raison les lecteurs trouveront-ils toutes ces compositions pleines de vie et allant bien au -delà des images qu'ils se sont créées. » {Conversations, traduction E. Delerot.)

N" 226 : Méphisto apparaissant à Faust

Toile. — H. o'"48, L. o"'4o. — Salon de 1827. — Cat. A. Moreau, p. 170.

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N° 227 : Faust, Méphisto et Marguerite

Croquis divers.

Ailleurs, sur le même sujet. Gœthe dit encore, en parlant de la traduction in-folio de Faust : «...Si mon « Faust» a eu pourtant un succès dont je vois la preuve en ce moment même dans ce luxe de typographie, c'est qu'il renferme, fixé là pour toujours, le tableau du développement d'un esprit pareil au nôtre, qui a souffert de toutes les peines qui tourmentent l'humanité, qui a éprouvé toutes les agitations qui la troublent, qui a partagé toutes ses haini;s, qui a joui de toutes les félicités auxquelles il aspire... 11 est bien curieux que l'esprit d'un artiste ait trouvé dans cette œuvre obscure tant de plaisir et se soit si bien assimilé tout ce qu'elle renfermait de sombre dans sa conception première, qu'il a pu tracer les principales scènes avec un crayon aussi tourmenté que la destinée du héros. M. Delacroix est un peintre d'un incontestable talent, mais il est accueilli comme le sont souvent les jeunes gens par nous autres vieillards. Les connaisseurs et les amis de l'art ne savent pas trop, à Paris, ce qu'il faut dire de lui, car il est impossible de ne pas lui reconnaître des qualités, et, cependant, on ne peut louer sa manière désordonnée. » Il sied vraiment h Gœthe, dont le cerveau a conçu le tohu-bohu apocalyptique d'une œuvre comme Le second Faust, de blâmer ce qu'il appelle « la manière désordonnée » de Delacroix.

N° 228 : Marguerite en prison

Jamais

Aquarelle. — Signée au bas à droite. — H. o'"25, L. o^iS. — 'Vente Bourlon de Sarty, i865 : 100 fr. — Appartient à M. Alf. Robaut. — Cat. A. Moreau, p. 286.

C'est là une des nombreuses pensées pittoresques que ce motif inspira à Eugène Delacroix, alors tout occupé de ses lithographies du Faust. Le maître, avec une parfaite justesse d'observation, ou bien avec une intuition de son génie, a rendu ici, d'une façon poignante, le doux égarement d'esprit de l'amante abandonnée. — « Je suis pourtant si jeune encore; si jeune! et déjà mourir! J'étais belle aussi, et ce fut ma perte. Le bien-aimé était près de moi, maintenant il est loin, ma couronne est arrachée, les fleurs dispersées... e ne serai plus joyeuse. Ils chantent des chansons sur moi. C'est méchant de leur part.»

N° 229 : Faust et Méphisto galopant dans la nuit du Sabbat

Croquis. — Variante du n° 245.

■^ri^ Ici, les cavaliers se dirigent vers la droite du spectateur. On remarquera ^liS, le beau mouvement du cheval de Méphistophélès et des quatre jambes rassemblées comme pour franchir un obstacle. C'est, à coup sûr, le mouvement le plus hardi que l'on connaisse dans toute l'hippographie artistique. — Il importe d'ajouter que cette audace a été récemment justifiée par les expériences de photographie instantanée faites en Amérique et reproduisant les mouvements successifs du cheval à toutes les allures. — Les croquis de toutes sortes que Delacroix a faits pour cette composition sont innombrables. Nous reproduisons ici l'un des plus caractéristiques.

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