‹ L'œuvre complet de Eugène DelacroixChapitre 38 sur 97 · Vente posthume : 12 fr · texte numérisé non relu

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Sur les marges, des salissures provenant d'un tirage peu soigné. — Cette aquatinte est extrêmement rare.

Personne n'a compris et rendu comme Eugène Delacroix les jolies gaietés du jeune cheval, ses mouvements élégants et souples au sortir du bain, ses façons de piaffer, de s'encapuchonner, de se cabrer, la puissante élasticité de ses nerfs et de ses muscles. L'aquatinte,que nous reproduisonsici, n'est pas le premierexemple de la rare intelligence que Delacroix a toujours montrée dans ces représentations du cheval. J'ai eu déjà l'occasion d'insister sur ce sujet; voir notamment les n"^ 172, 204, 229, etc.

N° 286 : Hamlet contemplant le crâne dTorick

Lithographie. — Premier état, H. o"^270, L. o"36o. — Deuxième état, H, 0^260, L. o'"34i. — Ventes Parguez (premier état) : 55 fr.; Dubois (la même épreuve) : 26 fr.; De La Combe (troisième état) : 20 fr.; du 10 avril 1862 (troisième état) : 10 fr.; de Saint-Georges (troisième état) : 4 fr.; Langlais (troisième état, avec Jane Shore) : 2 5 fr.; posthume (deuxième état, avec Jane Shore) : i 2 fr. — Cat. A. Moreau, p. 42.

Premier état. — -Avec des croquis sur les marges, représentant à droite une tête de mort, à gauche deux figures d'hommes et

un nez de cheval, sans aucune lettre et sans signature.

Deuxième état. — Sans les croquis, avant toute lettre. Signé sur la planche, à droite, en bas :

<i Eug. Delacroix. »

Troisième état. En bas à gauche : « Eug. Delacroix, inv. et del. »; à droite : « Lith. de

C. Motte. »; au milieu : n Hamlet, acte V. Scène L — le foss. — Ce crâne, seigneur, est celui

d'Yorick, le bouffon du roi. — ham. — Là étaient ces lèvres que j'ai baisées cent fois

Où sont tes farces, à présent? Où sont tes chansons? (Shakespeare.) » Et le texte anglais

placé en regard.

il y a peu de variantes entre la lithographie et le tableau de iSSq.

N° 287 : Cheval sauvage terrassé par un tigre

Croquis à la mine de plomb. — H. o'"i5, L. o'"24. — Lithographie en fac-similé, numéro 17 de la publication de M. A. Robaut. — Vente posthume. — Non catalogué par M. Moreau.

C'est le projet très net, très arrêté du numéro suivant. — Le tigre mord à l'épaule droite et déchire de ses griffes un cheval renversé par la soudaineté et la violence de l'attaque. La tête étant maintenue par une des pattes du tigre, la victime, sous l'action de la douleur, contracte ses quatre jambes. En exécutant la lithographie, E. Delacroix rendit ce mouvement plus souple et moins violent.

L'ŒUVRE DE DELACROIX

N° 288 : Cheval sauvage terrassé par un tigre

Lithographie. — H. o'"2oo, L. o'"276. — Ventes De La Combe (deuxième état :i5o fr.; Dubois (la même épreuve) : 61 fr.; de Saint-Georges: 10 fr.; i865 (deuxième état): i52 fr.; Langlais, i86g (premierétat) : i65 fr.; Villot, iSjS (troisième état) : 47 fr.; A. Colin (une épreuve sur chine) : 100 fr.; His de la Salle, 1881 (une épreuve sur chine) : 282 fr. — Cat. A. Moreau, p. 3o.

Premier état. Avec des salissures sur les quatre marges.

Deuxième état. Avec des salissures sur la marge de gauche. Troisième état. Sans salissure sur aucune des quatre marges. — Les épreuves de ces trois premiers états sont absolument sans lettre.

Quatrième état. En bas à gauche : « Eug. Delacroix, fec. 0; à droite : i' Lilh. de Ch. Motte, 1828»; au milieu : « Cheval sauvage terrassé par un tigre. «

N° 289 : Jane Shore

en 1S2 férents

Lithographie. — H. o'"26o, L. o'"346. — Ventes Parguez : 4 fr.; Dubois : 6 fr.; Burty, 1874: 5 fr. 5o; Villot : 7 fr. — Cat. A. Moreau, p. 42.

En bas à gauche : « Eug. Delacroix, inv. et del. »; à droite : 0 Lith. de C. Motte. «; au milieu : <i Jane Shore, acte V, scène IL — sho. — Eloigne ces noires idées de tristesse et de faute... Mes bras, mon cœur te sont ouverts; viens, que je te ramène dans ta maison abandonnée (Rowe). » Et le texte anglais en regard.

Cette pièce, exécutée en 1828, est la reproduction d'une aquarelle faite après une représentation des artistes anglais à Paris,

7. Il a été tiré de cette lithographie des épreuves sur deux papiers de formats dif-

, avec mêmes chines et timbre sec.

N° 290 : Cheval effrayé sortant de l'eau

Lithographie. — H. o"'237, L. o'"225. — Signé à gauche, dans l'eau : « Eug. Delacroix, x. 1828. » — Ventes Dubois (premier état) : 9 fr.; Burty, Paris, 1874 : 40 fr.; Burty, Londres, 1876 : 22 fr. 5o. — Cat. A. Moreau, p. 42.

Premier état. Sans aucune lettre. — Deuxième état. En haut, au milieu : Il L'Artiste »; en bas, h gauche : 0 Imp. Bertauts, R. Rodier, 47, Paris »; au milieu : ci Cheval sauvage ».

N'a-t-on pas l'impression d'un éclair qui passe en entrevoyant cette crinière? — L'étude a servi pour le cheval de Charles-le-Téméraire, duc

de Bourgogne, dans la Bataille de Nancy. C'est à peu de chose près le même mouvement,

sauf pour la tête; mais dans le tableau, le mouvement est retourné.

Année 1829

N" 291 : Christ descendu de la croix

Copie au pastel d'après le tableau du Tintoret conservé au musée de Caen.- Viliot, 1867. — Vente Bocquct, 1879.

Vente

N° 292 : Levêque de Liège

Toile. — H. o^go, L. i"^i8. — Salon de i83i. — Peint pour S. A. R. le duc d'Orléans.— Ventes duchesse d'Orléans: 4,800 fr.; Villot, i865 : 35, 000 fr.; Khalil bey : 46,000 fr. — Appartient à madame de Cassin. — Cat. A. Moreau, pp. 171, 246.

Sur ce chef-d'œuvre, nous laissons la parole à notre très cher maître Théophile Gautier : « Le roman de Quentin Durward a fourni le sujet du Massacre de iévéque de Liège. Qu'on nous permette de transcrire ces lignes du livret : n Guillaume de la Mark, surnommé le Sanglier des Ardennes, s'empare du château de l'evèque de Liège, aidé des Liégeois révoltés; au milieu d'une orgie dans la grande salle, et placé sur le trône pontifical, il se fait amener l'évêque, revêtu par dérision de ses habits sacrés et le laisse égorger en sa présence. Ce tableau reste, malgré sa date ancienne, un des plus étonnants chefsd'œuvre de l'artiste. Qui eût jamais pensé que l'on eût pu peindre la rumeur et le tumulte? Le mouvement passe encore, mais cette petite toile hurle, vocifère et blasphème. Il semble qu'on entende voltiger au-dessus de la table, dans la vapeur sanglante des fanaux échevelés, les cent propos divers et les chansons obscènes de cette soldatesque avinée. Quelles figures de brigands! Quel accoutrement féroce! quelles tournures truculentes! quelle bestialité joviale et sanguinaire ! comme cela fourmille et glapit, comme cela flaaiboie et pue ! quel beau rire égueulé et quelle gaieté de tigre voyant entrer un mouton dans son antre à l'aspect du pauvre évèque tremblant. «Le Sanglier des Ardennes se soulève h demi, alourdi par son ivresse et par son armure et s'appuie h la table sur ses gantelets de fer pour ne rien perdre de ce délicatspectacle : les égorgeurs lèvent déjà le couteau, et le sang de la victime va couler sur la nappe à peine perceptible parmi les flots de vin des brocs renversés. L'architecture de la salle, traitée avec une magie singulière de perspective, ne le cède en rien pour la terreur opaque et sinistre aux plus noirs intérieurs de Rembrandt. Elle est si haute et si profonde que les lumières n'en atteignent pas les recoins où les ombres se tapissent comme des chauve-souris effravées ou des spectres surpris ; moins fait qu'un tableau, plus fini qu'une esquisse, le Massacre de levêque de Liège a été quitté parle peintre à ce moment suprême où un coup de pinceau de plus gâterait tout.u — Voir l'esquisse à l'année 1827.

Nous disons en notre introduction dans quelles conditions ce tableau a été peint et comment le maître souhaitait qu'il fût vu.

L'ŒUVRE DE DELACROIX

N° 29^ : Portrait d un élève de la pension Goubau

Toile. — H. o™6o, L. o"'5o. — Signé au bas à gauche et daté « 1829 ». — Appartient au frère du modèle, M. Schmitz, intendant militaire à Orléans.

Achille Schmitz fut lauréat du second prix de version latine au concours général en 1829 et du second prix de mathématic^ues spéciales en i833. 11 entra à l'Ecole polytechnique et fut tué capitaine du génie en i855, pendant la campagne de Crmiée. Il a les cheveux bruns, le teint de brique; l'habit est bleu très foncé, le gilet blanc, droit, ouvert, laissant voir le plastron de la chemise et ses boutons d'or. Le fond est gris uni. —

Le trère de Achille Schmitz a fait lui-même une copie de ce portrait et a poussé le scrupule

jusqu'à copier la signature du maître.

N° 294 : Madame F. Simon

Toile. — H. o™6o, L. o"'5o. — Signé en haut, à gauche. — Non catalogué par M. Moreau.

Ce portrait important a figuré à l'exposition posthume du boulevard des Italiens, et en 1878 à l'exposition des portraits nationaux. Il appartenait alors à MadameCinot, lafilledeM. Simon, maître des ballets de l'Opéra, mort à Crécy-en-Brie, en 1877. Madame Simon, née Damoiseau, était la hlle d'un médecin-vétérinaire, inspecteur général du département de la Seine. On pourrait ranger ce portrait au nombre des plus beaux qui aient jamais été peints. Emporté par la beauté du modèle, Delacroix s'est efforcé d'être à sa hauteur. Le charme du sourh'e le plus honnête est traduit ici d'une manière indéfinissable. Il y a des rubans moirés dans les coques et grosses boucles des cheveux. Le corsage, qui avait été pris dans les costumes de l'atelier, était de velours gros violet. L'écharpe qui le recouvre par endroits, retenue par les mains, est en crêpe de chine jaune jonquille. Chaîne et broche en or. (Voir à l'année 1834.)

N" 29 )' : Portrait de Eugène Delacroix

Le;

Toile. — H. o"'5i, L. o"64. — Lithographie par A. Robaut : o"'207 sur o'"i65, et par Letoula : o^SôS suro"'3o5. — Gravé sur zinc pour le journal l'Art (1882), d'après un dessin de Brun. — Appartient au musée du Louvre. — Cat. A. Moreau, p. 23-.

Eugène Delacroix avait par testament légué ce portrait h sa gouvernante, knny Le GuiUou, sous la condition verbale de le donner au Louvre le lourôù la famille d'Orléans aurait repris possession du trône. Cet événement ne s'étant pas réalisé, Jenny, à son tour, légua le portrait à Madame Durieu qui en fit don au Louvre en 1872. — Placé d'abord dans un angle de la salle des sept cheminées (salon carré de l'Ecole française), Ce portrait est maintenant dans les salles françaises du second étage, dimensions dt notre réduction n'ont pas permis de conserver une ressemblance parfaite.

N° 296 : Sainte Madeleine au pied de la croix

Toile. — H. o'"34, L. o'"26. — Daté du 27 mai 1829. — Présenlc en vente à l'Hôtel Drouot le 26 janvier 1876; retiré, faute d'enchères, à i,65o francs; on en demandait 3, 000 fr. — Eau-forte par Ch. Courtry, dans les dimensions de o"'i70 sur o"'i3o. — Cat. A. Moreau, p. 284.

Lorsque Eugène Delacroix a composé ce tableau, il était visiblement préoccupé de Rubens. L'œuvre manque un peu d'originalité et le dessin de la ^ladelcine n'est pas très heureux. Celui du crucifié, au contraire, est plein de noblesse dans sa grande ligne rigide si sévère et si simple. — (I Que peut vous dire le Christ idéalisé des Bvzantins dans sa froide et sereine impassibilité? » a écrit Henry de la Madelène. « Mais le Christ en croix de Rubens, le Christ mourant de Delacroix, qui les oublie, qui peut les oublier? »

N° 297 : Pieta

Toile. — H. o'"27, L. o^SS. — Gravé à l'eau-forte par F. Villot : o"23i sur o"'3o6. — Vente Villot, i865 : 435 fr. — Appartient à M. VanPraet de Bruxelles. — Cat. A. Moreau, p. 264.

Le paysage, l'aspect de la nature, l'état du ciel, l'heure du jour, la saison, concourent toujours dans l'œuvre de Delacroix, à l'effet moral du sujet. En cette esquisse, le maître a placé la scène au déclin de la iournée,au moment oii passent les dernières lueurs du soleil couchant. Dans la gravure de M. Frédéric Villot, qui ne fut exécutée que dix ans plus tard, en iSSq, la composition est retournée.

N" 298 : Seigneur du temps de François 1"

Aquarelle. — Signé, daté. — Vente Villot, i865 : i5o fr. — Voir l'eau-forte à l'année

i833. — Cat. A. Moreau, p. 296.

Dans l'aquarelle, ne figure pas le cheval qui se voit dans le second état de la gravure.

N" 299 : Cheval abattu et cavalier démonté

Lithographie. — H. o"M8o, L. 0^280. — Introuvable. — Non catalogué par M. A. Moreau.

Notre croquis a été fait d'après une contre-épreuve il peine lisible. Le jet du dessin est très beau, et les attitudes de la chute ont une justesse de mouvement absolument remarquable. — A comparer avec le Soir d'une bataille de l'année 1S26. C'est le même drame autrement interprété et transporté dans un autre milieu, la même sensation tragique de l'abandon sur le champ de bataille désert.

N° joo : Steenie

admirés.

Lithographie. — H. o'"i6i, L. o"'2i5. — Vente Delacroix ^ 4 t"r. (sous le titre de « Redgauntlet poursuivi par un lutin à cheval >>). — Cat. A. Moreau, p. 32.

Cette planche, jusqu'ici inédite, n'est pas terminée. Commencée par Delacroix en 1829, puis laissée décote, il la reprit en 1841; le ciel fut alors complètement gratté et le terrain du premier plan couvert de nouveaux travaux, atin d'arriver à mieux rendre l'effet d'un clair de lune. Néanmoins, Delacroix n'ayant pas encore été satistait de son œuvre, l'abandonna de nouveau. Le geste et le mouvement en sont pourtant bien dignes d'être h raison de leur concordance avec la grande ordonnance des masses.

N" 301 : Un pendu qui ressuscite

Lithographie. — Cat. A. Moreau, p. 74.

Le pendu court après un homme qui fuit devant lui. Cette planche, destinée à illustrer une nouvelle de M. V. Schœlcher qui porte le titre indiqué plus haut, ne fut jamais terminée : il n'en a été tiré qu'une ou deux épreuves et la pierre grattée ensuite.

N" ^02 : Duguesclin

Lithographie. — H. o'"272, L. o'"204. — Vente posthume îles deux pièces, premier état; : 18 fr.; Langlais ( les deux pièces, premier état, avec Front-de-Bœuf) : 68 fr.; De La Combe (les deux pièces, deuxième état) : 10 fr. -r- Cat. A. Moreau, p. 46.

Premier état. Sans aucune lettre.

Deuxième état. En haut, à gauche : « Chroniques de France » ; à droite : ■• Château de Pontorson » ; en bas, à gauche : c Delacroix del. à Paris, chez H. Gaugain et, C'"=, rue Vivienne, 2, et rue de Vaugirard, 34» ; à droite : « Impi^lith. dé P. Gaugain. London by Engelmann Graff Coindet et C'i' Dean Street Soho » ; au milieu : <i Sous le pied des chevaux, le pont-levis résonne. C'est lui, c'est Monseigneur, et dans la vaste cour chacun veut, des premiers, saluer son retour. »

Troisième état. En haut, à gauche : « Chroniques de France » ; à droite : n Scènes de la Fronde » ; en bas, à gauche : << C. Roqueplan del. » ; h droite : « Lith. de Ligny et Duplaix, rue Quincampoix, 38" » ; au milieu : <i Entrée du duc de Bourgogne ». C'est le peu de succès de cette pièce et de la précédente, avec le nom de Delacroix, qui engagea l'éditeur à y substituer celui de Camille Roqueplan, beaucoup plus populaire à cette époque : telle est l'origine du troisième état.

Cette pièce et celle qui suit ont été publiées dans un recueil de dix planches lithographiées. Sur la couverture, un encadrement au milieu duquel se détache sur fond noir un écusson entouré d'une guirlande de fleurs. En haut : « Madame Amable Tastu » ; au milieu: « Chroniques de France, dessinées et lithographiées : MM. Boulanger, Delacroix, Devéria et C. Roqueplan, à Paris » ; en bas : H. Gaugain et C'°, rue Vivienne, n" 2 ».

iSîQ

L'ŒUVRE DE DELACROIX

N° ^0} : La sœur de Duguesclin

Lithographie. — Premier ctat : H. o'"252, L. o™2o3. — Deuxième étal: H. o"2 lo, L. o"'i 5o. — Gravé sur bois: o'"2io sur o™2 5o dans le Magasin pittoi'esqiie [Juin 1864). — Cat. A. Moreau, pp. 45, 143.

Premier état. Sans aucune lettre.

Deuxième état. En haut, h gauche : « Chroniques de France » ; à droite : o Château de Pontorson »; en bas à gauche : « Delacroix, fec; à Paris, chez H. Gaugain et C'", rue Vivienne, 2, et rue de Vaugirard, n" 34 »; à droite : « Imp. lith. de H. Gaugain, London by Engelmann Graff Coindet et C'" Dean Street Soho »; au milieu : « Soudain courant à lui, la sœur du châtelain le frappe de Tépée en s'écriant : Guesclin. Octobre 1829. »

Troisième état. En haut, à gauche : « Chroniques de France » ; à droite : « Scène de la Fronde » ; en bas, à gauche : « C. Roqueplan del. » ; adroite : « Lith. de Ligny et Duplaix, rue Quincampoix, 38 » ; au milieu : « La Tour de Nesles. » Cette lithographie a été exécutée sur pierre par le procédé dit au lavis.

N° 304 : Richard et Wamba

Lithographie. -— H. o^igS, L. o"^255. — Cat. A. Moreau, p. 3i.^

Cette lithographie est extrêmement rare. M. Riésener possédait, avec le croquis original de cette composition, le calque qui servit à Delacroix pour le transporter sur la pierre. C'est le croquis nième que nous reproduisons. La lithographie ne porte ni k-ttre, ni date, ni signature. On sait que le monf est emprunté à ïlvanhoe de Walter Scott. Richard et Wamba se sont arrêtés dans la foret. Ce dernier montre du doigt l'endroit où se dissimulent les hommes de Jean-sans-Terre.

N°' ^o^, }o6 : La Fiancée de Lamermoor

i" Lithographie. — H. o'"2i7, L. o"'!!^.

— "Vente De La Combe (premier état): 19 tr.

— Cat. A. Moreau, p. 47.

2° Lavis à Feiicre de Chine. — H. 0^14, L. o™fi. — "Variante du précédent.

Premier état. En haut : « Walter Scott, chap. XXIX »; en bas à gauche : « Delacroix, fec, à Paris, chez E. Ardit, éditeur, rue Vivienne, 2 » ; à droite : « Imp. lith. de E. Ardit London by Engelman Graff Coindet Dean Street Sohon; au milieu : n n" 17, January i83o » ; puis ces

mots :« Et l'oiseau tomba aux pieds de Lucie dont la robe fut tachée de quelques gouttes de sang. » Avec le texte anglais en regard. Deuxième état. Ln bas adroite : 0 Inlp. lith. de E. Ardit » ; mais sans l'adresse de Ardit à gauche, ni celle de Engelmann à droite et sans la date en anglais au-dessous du n° 17.

N" J07 : Front-de-Bœuf et la sorcière

Lithographie. — H. o'"2io, L. 200. — Ventes Langlais : 68 fr. (avec les deux pièces des « Chroniques de France)»'; posthume (sous le titre de « Boisguilhert sur son lit, maudit par la Sorcière») : jS fr.; Sensier, décembre 1877 : 25 fr. — Cat. A. Moreau, p. 3 i.

La force du mouvement en cette scène, tirée de ïlvanhoe deWalter- Scott,est admirable et, malgré la richesse du lieu où elle se passe, des boiseries sculptées, des hautes courtines relevées et drapées, des armes jetées dans l'ombre, elle prend un caractère de violence, de désordre absolument fantastique, qui tient précisément à l'habile contraste d'un décor somptueux et de personnages a demi nus et dépenaillés.

N" J08 : Front-de-Bœuf et le Juif

Lithographie. — H. o"i66, L. o'"2i7. — Vente Parguez (deuxième état) : 3 fr. — Langlais, 1868 (deuxième état): 2 fr. — Vente posthume (deux épreuves, premier et deuxième états'' : 7 fr. — Cat. A. Moreau, pp. 45 et 74.

Premier état. Croquis sur les marges: à gauche, une femme nue en pied, les bras liés derrière le dos; à droite, une femme en buste, les cheveux épars flottant sur ses épaules découvertes. Nous donnons une reproduction de ces deux croquis.

Deuxième état. Sans les croquis. En haut à gauche ; « Ivanhoé »; à droite : n Chap. XXII»; au milieu : i< Walter Scott ». En bas à gauche : « Delacroix, fec, à Paris, chez Gaugain et C"^, rue Vivienne, n" 2 »; à droite : « Imp. lith. de H. Gaugain, rue de Vaugirard, n° 34; London by Engelmann Coindet et C'", St-Martin Lane Leices''" square»; au milieu: (1 n" II, septembre 1829 » et ces mots : « Chien maudit issu d'une race maudite, vois-tu ces balances? Il faut que tu m'y pèses mille livres d'argent » . Et le texte anglais en regard.

N" 309 : Lion de F Atlas

Lithographie. — H. o°'33, L. o'"46. — Ventes Dubois (premier état, avec le tigre) : 41 fr.; Langlais (premier état, avec le tigre et deuxième état : 33 fr.; Soleil (premier état, seul) : 2 3 fr. — Cat. A. Moreau, p. 43.

i'remier état. Sans aucune lettre.

Deuxième état. En bas, à droite : o Delacroix, fec. ». Certaines

(.preuves sans nom ni adresse d'imprimeur; au milieu: n Lion de

1 Atlas » et le timbre sec en triangle de n E. Ardit à Paris u ;

En bas h gauche : « A Paris, chez H. Gaugain et C'<^, rue de Vaugirard,

te : « Delacroix, fec, Imp. lith, de H. Gaugain, rue Vivienne, n" 2; » au

de l'Atlas. » Il existe de cette planche et de la suivante une copie retournée.

L'ŒUVRE DE DELACROIX

N° 3 10 : Tigre royal

Lithographie. — H. o™33, L. o"'^6. — Ventes Delacroix (premier état) : 5o fr.; (deuxième état) : 21 fr.; (deuxième état sur chine, mais coupée, avec le Lion de l'Atlas) : 20 fr.; de C. 1"^'' février 1861 (les deux pièces, deuxième état) : 9 fr. — Cat. A. Moreau, p. 44.

Premier état. Sans aucune lettre;

Deuxième état. En bas à gauche : « A Paris, chez Gaugain et C'', rue de Vaugirard, n" 2, a Paris, »; tandis que dans le troisième état on lit : 0 Rue Vivienne » et non pas comme ici deux fois :

« Rue de Vaugirard ; » au milieu : 0 Tigre royal. »

Troisième état. En bas à gauche « A Paris, chez H. Gaugain et C'", rue de Vaugirard, n" 84; u

à droite ; « Delacroix, fec, imp. lith. de H. Gaugain, rue Vivienne, n° 2; » au milieu :

« Tigre royal. »

Une lettre de Constant Dutilleux dit bien l'effet que produisirent ces travaux sur la jeunesse

enthousiaste d'alors : « Il vient de paraître de lui deux belles lithographies, un lion et un tigre;

c'est beau comme un Delacroix. Je n'en sais pas le prix, je n'en sais que la beauté. »

N°^ ^11, ji2 : Vercingétorix

i" Lithographie. — H. o'"25, L. o'"i8. — Ventes De La Combe, i863 : 20 fr.; posthume, 1864 (les deux pièces): 7 fr.; Dubois, 1866 : 5 fr.; Soleil, 1872 (dans un lot): 38 fr.; Cat. A. Moreau, p. 44.

En légende, en bas à gauche : « Lacroix, 1829, » et à droite : 0 Lith. Engelmann. »

Cette planche servit de cul-de-lampe pour l'introduction du Voyage en Auvergne du baron Taylor, p. 9.

2" Delacroix avait commencé sur ce même sujet, dit M. Moreau, une première pierre restée inachevée. — H. o™23o, L. o™i6o. — La tète du guerrier seule est terminée, le reste du personnage et le bouclier sont légèrement indiqués. Le paysage et les accessoires du premier plan n'existent pas, même en indication.

Nous ne connaissons de cette planche incomplète que deux épreuves; l'une de ces épreuves est conservée à la Bibliothèque nationale.

N° ) 1 3 : Esclave turque

Lithographie. — Cat. A. Moreau, p. 74.

Nous reproduisons textuellement ce que dit M. Moreau de cette lithographie que lui-même n'a jamais rencontrée en dépit de ses recherches : « Vêtue d'un riche costume oriental, l'esclave est assise sur un sopha très bas. «

Lithographie d'une aquarelle de Richard-Parkes Bonington. — « Delacroix, peu satisfait de cette lithographie qui ne rendait pas assez bien selon lui la vigueur de l'original, la fit effacer sur la pierre après un tirage de deux épreuves. »

N° j 14 : Tigre couché

Eau-forte. — H. o™096, L. o™i48. — Vente posthume (trois épreuves du troisième et du quatrième état' : 7 fr. — Cat. A. Moreau, p. 18 et 19.

Premier e'tat. Eau-forte pure.

Deuxième état. L'animal est à peine visible sous les travaux de

roulette, le côté droit du premier plan entièrement blanc sans

aucune hachure.

Troisième état. Le dos de l'animal se détache en foncé sur le fond et la tête en clair. 11 n'y a pas trace de paysage à gauche.

Quatrième état. Le corps de l'animal, extrêmement vigoureux, s'enlève franchement sur le rocher très nourri de détails; le fond du paysage très nettement indiqué. Cinquième état. Bords rectitiés.

Sur certaines épreuves, le terrain et le rocher, incomplètement essuyés, produisent des effets tout à fait différents et font croire au premier abord à des états plus nombreux.

N"^ ^15, ji6 : Études de chevaux

I" Cheval pur sang à Técurie. — Aquarelle. — Vente Villot. — Appartient à M. Pierre Legrand. — Non catalogué par M. Moreau. 2° Cheval vêtu pour la promenade. — Aquarelle.— Vente posthume.— Vente Pils: 1 10 fr. — Non catalogué par M. Moreau.

Nous ne nous lasserons pas de reproduire ni d'admirer les innombrables études de chevaux sorties de la main de Eugène Delacroix. La sincérité de son travail d'après la nature nous livre le secret de sa puissante imagination dans les œuvres composées, s'il est vrai que le meilleur de l'imagination soit fait de mémoire.

N" 3 17 : Psara, Episode de la guerre des Turcs et des Grecs

^ Dessin. — Gravé par Pourvoyeur: H. o'^ojo, L. o™o6o. — Cat. A. '"^v Moreau, p. 106.

S ") Un janissaire foule aux pieds deux Grecs morts. De la main droite il tient un cimeterre, de la gauche l'étendard du prophète. Au fond, apparaissent les murailles crénelées d'une ville.

Comme le suivant, ce dessin fut composé pour l'édition illustrée des C/ia'îsons de Béranger. Il fut fait successivement plusieurs tirages de ces planches. Les remarqués faites au numéro suivant sur ces divers tirages des planches et les substitutions de nom, s'appliquent également h ce numéro. Il v aurait donc trois états de ces planches. Le premier sans titre; le second avec le titre et les noms de Jules Boquet et de Perrotin, éditeurs; le troisième, sans le nom de Boquet, et avec celui de Mauduit au lieu de Pourvoyeur. — Nous mentionnons les trois états signalés par M. Moreau, mais nous croyons ii une erreur. Nous n'avons jamais vu qu'un seul état de cette planche.

N° 3i8 : Louis XI

lacroix à parut en le nom

Dessin. — Gravé par Pourvoyeur ( premier état) : H. o™o66, L. o^oSS (deuxième état), H. o™79, L- o"'6i. — Cet. A. Moreau, p. 107. Le roi vient de quitter son fauteuil et s'approche d'une fenêtre grillée; derrière lui, un page et deux hommes d'armes.

Ce dessin a été fait en vue de la gravure pour la première édition illustrée en quatre volumes des C/îiTn.soH5 de Béranger, publiée par Perrotin en 1829. Charlet, Decamps, Bonington, Grenier, collaborèrent avec Decette édition. La gravure était de Pourvoyeur. Dans une édition ultérieure qui 1844, et qui se compose de deux volumes in-12, les planches furent agrandies et de Mauduit substitué à celui de Pourvoyeur.

N° ^19: Page conduisant un cheval

^ ~r^ * <-î^:?fe^ Dessin rehaussé d'aquarelle. - H.o"'ii6, L. o'"i55. — Non

K^^* 'iî^tfî^i ^ Cette aquarelle non signée a été offerte à M. Paul Lacroix ( Biblioffl^î * jf/"'iît<A phile Jacob) par Jules Janin, en 1829, peu de jours après que Eugène ^^^^■^""('iTs ■^ ^ Delacroix l'eut terminée, à l'intention de ce dernier. Jules Janin ^^S'^'-^.yJ^^^^ publia des « Salons » dans V Artiste. Delacroix lui écrit en iSSg pour '^^^-^ . —^^' le remercier au sujet d'un article et ajoute : c Quoique je n'aie pas encore obtenu d'être rangé au nombre des bons sujets de la peinture, docile aux avis de l'Ecluse et autres, je n'en suis pas moins très flatté d'occuper de moi. Tenir de la place, voilà, il faut en convenir, l'ambition de tous nous autres, et en tenir, autant dans vos lignes, mon cher Janin, est chose plus flatteuse encore. » Ce l'Ecluse est Etienne Delécluze, le critique classique d'alors au Journal des Débats.

Année i83o

N° po : Cromwell au château de Windsor

Toile. — Dimensions inconnues. — Salon de i83i. — Cat. A. Moreau, p. 171.

On lit dans le livret du Salon de i83i, sous le numéro 314 : (c Cromwell dans le château de

dan:

il tombe à cette vue

'indsor. Ayant retourné par hasard un portrait de Charles 1=

ins une méditation profonde; il oublie qu'il a un témoin qui l'observe : c'est un espion du parti royaliste qui a obtenu accès auprès de lui^Wodstock, de Walter Scott). — Appartenant h M. le duc de Fitz-James. » Le tableau est sans doute en Angleterre.

go

L'ŒUVRE DE DELACROIX

N° ^2 1 : Bataille de Poitiers

Toile. — H. i'"i3,L. i'"45. — Signe et daté.

— Exposition universelle de i855. — Appartenait alors à M. le vicomte d'Osembray.

— Ventes Marmontel, i i mai 1868 : 28,000 fr.; Edwards, 7 mars 1870: 42,650 fr., à M. Aguado. — Cat. A. Moreau, pp. 189 et 258':

Le titre complet de ce tableau célèbre est : t. Le roi Jean à la bataille de Poitiers. Son jeune fils, Philippe-le-Hardi, cherche a le protéger dans ' 1 mêlée.» Admirable, tragique mêlée, en effet, d'hommes et de chevaux combattant sous le ciel bas, sinistre, où se mêlent aussi les nuées furieuses. Rien ne ressemble moins aux batailles de convention, rien ne donne la sensation plus

intense du combat homme à homme, corps à corps, des étreintes meurtrières

N" 322 : Bataille de Poitiers — Esquisse

Toile. — H. o'"45, L. o"'55. — Esquisse. — Numéro 54 de la Vente posthume : 4,700 fr. à M. de Laage. — Vente Diaz, janvier 1877: 12,000 fr.; baron de Beurnonville, avril 1880 : 10,000 fr. — Cat. A. Moreau, p. 3i i.

Il semble, au premier aspect, que les différences entre l'esquisse et l'œuvre définitive (voir ci-dessus] soient insensibles. Les personnages sont groupés de même et h peine plus nombreux dans le tableau^ On remarquera cependant que, dans celui-ci, le maître a baissé la ligne d'horizon, de manière à ce que les étendards se détachent en vigueur sur le ciel, ce qui donne plus d'air et de mouvement à la composition. Lorsque, en i83i, Delacroix réalisera la Bataille de Nancy, dont il avait tracé l'esquisse en 1828 (voir n" 261), il apportera dans la composition des modifications analogues.

N" 323 : Jeune tigre jouant avec sa mère

Toile. — H. i'"27, L. i"'90. — Signé, daté. — Salon de i83i.

— Gravé à Teau-forte par Charlotte Julien : H. o"'i46, L. o"'225 ; eten bois par Bœtzel, d'après Feyen-Perrin pour les Artistes de mon temps de Charles Blanc: H. o^'iig, L. o"'i65. — Lithographie par le maître (voir année i83i).

— Cat. A. Moreau, pp. 47, 104, 171.

Cette admirable étude, qui faisait la gloire du cabinet de

M. Maurice Cottier, avait été peinte pour M. Thuret. M. Cottier, en mourant, l'a léguée au Louvre, ainsi que son Hamlet\ mais il en a laissé l'usufruit à madame M. Cottier.

L'ŒUVRE DE DELACROIX

N° 324 : Jésus et le paralytique

Toile. — H. 0^24, L. o"'28. — Appartient à M. Ciioquet. — Non catalogué par M. A. Moreau.

Cette esquisse est d'un ton vineux très doux et d'un sentiment de compassion délicieux encore apparent dans notre croquis, maigre la petitesse des dimensions. Le geste suffit à l'éloquence de l'oeuvre, non seulement ici, mais, on peut le dire, dans l'œuvre entier de Eugène Delacroix.

N° 325 ; Indien armé du gourka-kree

Toile. — H. o"'40, L. o'"32. — Signé à droite. — Salon de i83 1 . — Gravé à Teau-forte par Lerat pour la Galerie Diirand-Ritel : H. o"M25, L. o™098. — Cat. A. Moreau, p. 171. Ce tableau, peint pour ^L Pierret, fut copié par le maître lui-même, à la suite du Salon de i83i, pour M. Alexandre Dumas. Il fut exposé de nouveau, en 1878, dans la galerie de M. Durand-RueL La puissance du ton, en cette petite toile, est merveilleuse et le geste superbe. Debout à la lisière d'un bois, l'Indien en embuscade écarte des branches d'arbre pour examiner les mouvements des troupes anglaises, campées à quelque distance dans une plaine. — Delacroix, dans sa jeunesse, avait fait une longue et patiente étude des miniatures indiennes, les avait copiées et recopiées avec la plus na'ive fidélité [M. Philippe Burty

possède quelques-unes de ces copies). Mais ici le maître interprète librement, avec une ad-

rable certitude, un motif qui lui était ainsi devenu familier.

N'^ J26 : Le 28 juillet 1830

Toile. — H. 2™62, L. 3'"32. — Salon de i83i.

— Exposition universelle de i855. — Gravé à Teau-forte par Salmon : H. o'"35o, L. o™443

— Lithographie par Mouilleron : H. o'"235, L. o'"264. — Gravé sur bois pour affiches et frontispice de l'Histoire de dix ans, de Louis Blanc lafriches : H. o'^ôg, L. o'"5o; frontispice: H. o"'22, L. o'"i5). — Appartient au Musée national du Louvre. — Cat. A. Moreau, pp. i23, 140, 2o5, 171.

.. Le Vingt-huit Juillet » dit Théophile Gautier, « est un morceau unique dans l'œuvre du peintre qui, cette fois seulement, aborda le costume moderne. Auguste Ba'rbier venait de lancer ses » ïambes » enflammés, et cette rude poésie à la bouche noire de poudre et aux manches retroussées pour le combat, dut échauffer la verve du peintre. On retrouve, dans sa composition miréelle, mi-allégorique, tous les personnages du poète, depuis la forte femme « aux puissantes

L'ŒUVRE DE DELACROIX

mamelles », jusqu'au pâle voyou au corps chétif. au teint jaune comme un vieux sou. Cette Liberté dem.i-nue.coifïée du bonnet phrygien, agitant le drapeau tricolore au-dessus d'une barricade jonchée de cadavres, étonne et surprend par son aspect fantastique au milieu de personnages d'une réalité crue et brutale; mais, cette dissonance acceptée, quelle figure neuve que celle de l'enfant embarrassé dans les butfieteries d'un soldat mort qu'il a dépouillé et tenant un pistolet d'arçon! Comme c'est bien le gamin de Paris, cette graine de héros, si elle tombe en bon terrain! Comme ces cadavres du premier plan sont jetés avec une vérité terrible, pêle-mêle parmi les poutres et les pavés ! »

Delacroix estimait assez ce tableau pour en invoquer le souvenir comme un titre à l'appui de sa candidature à l'Académie des Beaux-Arts en février iSSy, par suite de la mort du baron Gérard. On trouve le 28 juillet i83o parmi « les noms de quelques-uns des ouvrages sur lesquels il prend la liberté d'appeler les souvenirs indulgents de l'Académie.

N° 327 : Un fait inconnu de juillet 1830

Dessin. — Gravé sur bois par Porret pour le « Salon de i83i » de Gustave Planche: H. D'yoga, L. o"'iqo. — Cat. A. Moreau, p. 142.

Il est de tradition que Delacroix dessina lui-même le bois. Le premier état porte, en bas, à gauche:» E. Delacroix »; adroite: « Porret ». Le deuxième état porte, en bas, au milieu : « Un fait inconnu de Juillet i83o ». C'estune réduction sommaire du célèbre tableau reproduit sous le numéro précédent. « Les insurgés de la barricade, dit Théophile Silvestre, s'enivrent de poudre et de soleil au fond d'un quartier noir et tortueux de la vieille Cité, entre l'Hôtel-de-Ville qui les mitraille, l'Hôtel-Dieu qui les repousse et la Morgue qui les attend.»

N° 328 : Portrait d'un élève de la pension Goubau

qu on

Toile ovale. — H. o"'6o, L. o'"5o. — Signé, daté au bas à droite. — Appartient à M. G. Arosa. — Non catalogué par M. Moreau. Amédée Berny d'Ouville fut, comme l'avait été son frère Eugène en 1828, lauréat du concours général en i83o. Il était alors en sixième et obtint le second prix de thème latin. Il mourut plus tard, en mer, dans une traversée de l'Atlantique. Il est vêtu d'une redingote brun verdàtre, d'un gilet jaune citron, d'une cravate rose clair. Ce portrait soumis à M. Eugène Berny d'Ouville, est reconnu par lui et il s'écrie : a C'est bien mon frère, il avait tout à fait cette petite tête de fouine.» Et tel est, en effet, le mérite particulier des portraits peints par Eugêne Delacroix. Il n'y faut pas chercher la ressemblance photographique, proprette, bourgeoise, on ne l'y trouverait point. Mais ce est toujours sûr d'y rencontrer, c'est l'exactitude absolue et caractéristique du type.

N" 329 : Tigre couché

Pastel. — H. g""! 5, L. o'"22. — Vente baron de G. 1 858 : 1 5o fr. — (Voir l'eau-forte originale à l'année 1846). — Cat. A. Moreau, p. 293.

L'ŒUVRE DE DELACROIX

N° 330 : Gluck au piano

Pastel relevé d'aquarelle. — H. o'"222, L. o^i/o. — Gravé à Peau-forte, de mêmes dimensions, par M. Villot. — Vente Villbt, 1864 : 96 francs. — Cat . A. Moreau, pp. 85, 25. «Le musicien exécute au piano l'opéra d'Armide; il prie son auditeur, debout à ses côtés, de lui tourner les feuillets d'une prétendue partition dont toutes les pages étaient blanches. »

11 existe de l'eau-forte de M. Villot plusieurs états. Le premier, à l'eauforte pure, n'a aucune lettre : deux épreuves. Le deuxième état, avec des travaux de roulette, montre la lettre. En bas à gauche : « Eug. Delacroix, del. »; à droite : « Frédéric Villot, sculp., i835». Dans le troisième, la tète de Gluck a été refaite. Quatrième état : Tous les travaux de roulette et de pointe sèche sur l'habit et la culotte sont adoucis et rendus plus transparents.

N" 3 3 1 : Jeune fille auprès d'un puits

Aquarelle. — Salon de i83i. — Cat. A. Moreau, p. 172.

N"^ 332, 333, 334, 3M • Les Saisons

i°Le Printemps. — Sépia.

2° L'Été. — Sépia. — H.

3° L'Automne. — Aquarelle. — H. o^iSo, L.

4° L'Hiver. — Sépia. — H. o'"095, L. o-^iSS.

Ces quatre sujets ont été exécutés, dit-on, en peinture pour la salle à manger de Talma. Nous reproduisons les dessins qui ont passé à la Vente posthume et qui appartiennent, avec d'autres croquis de ces compositions, à M. Alfred Robaut. Ils ne sont pas catalogués par M. Moreau.

N" 336 : Cheval arabe

Aquarelle.— Ventes Villot, i865: i5o fr.; Barillot, 1866 : 172 fr.— Cat. Moreau, p.291. « Il est tourné vers la gauche. Dans le fond, une tente et plusieurs figures. »

N" jjj : Lion

Aquarelle gouachée. — H. 0^20, L. o"'3o. — Vente baron de C, i858 : 100 fr. — Cat. A. Moreau, p. 293.

N° ^38 : Gulnare

Aquarelle. — Salon de 1 83 i . — Cat. A. Moreau, p. 172.

Gulnare vient trouver Conrad dans sa prison (Lord Byroa, Le Corsaire).

N" }}<)'■ Ecce Homo

Sépia. — H. o'"i5, L. o"'09. — Salon de i83i. — Voir i833.--Cat. A. Moreau, p. 172.

iriéme montre la tête

N" )40 : L'église des Jésuites

Sépia rehaussée d'aquarelle. — H. o'"253, L. o'"20o. — Gravé à Teau-forte, de mêmes dimensions, par M. Villot en 1848. — Cat. A. Moreau, p. 88.

Le suiet est tiré du conte d'Hoffmann. Le voyageur aide le peintre qui

travaille dans la chapelle; le premier est monté sur une échelle au pied

de laquelle se tient le peintre, sa palette à la main.

De l'eau-forte de M. Villot, il existe plusieurs états, qui, tous, ont la

lettre gravée à la pointe. En bas, à gauche : 0 Eug. Delacroix, del. »;

a droite : « Fréd. Villot, sculps., 1848 »; au milieu : « L'église des

Jésuites (Hoffmann) ».

Le premier état est à l'eau-forte pure; le deuxième a reçu des travaux

de roulette; sur le troisième, les veux du peintre sont effacés. Le qua-

du peintre retouchée et le terrain du premier plan très teinté.

N*" 341 : Gœtz de Berlichingen

Croquis à la plume. — H. o"'20, L. o'"3i. — Signé, daté du II juin i83o. — Appartient à M. Feuillet de Conches. — Non catalogué par M. Moreau.

Est-ce réellement Gœtz de Berlichingen ? La tête d'homme, à droite, rappelle en effet, le Gœtz des belles gravures du Magasin pittoresque (voir année 1843); mais le groupe de gauche nous tait l'effet de viser moins haut et de représenter simplement quelque étudiant se faisant versera boire par quelque fille de taverne allemande.

L'ŒUVRE DE DELACROIX

N°' j42, H^ H4, H^ H^5 H7^ H^ = Études de chats

Chat assis, vu de face.

i" Le Chat de village. — H. o"'02o, L.

2° Tête de chat, tournée à droite. — H.o^oôo

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