BIBLIOTHÈQ.UE DU PALAIS BOURBON — PROJETS
Nous cataloguons ici un certain nombre de projets relevés dans les notes de Delacroix, et dont plusieurs ont été dessinés ou peints. Il s'en trouve qui ont également occupé l'esprit du maître, quand il entreprit la décoration de la Bibliothèque du Luxembourg, car il a mené les deux œuvres de front, de 1845 à 1847.
N"^ 807, 808, 809 : Orphée, Tyrtée
^^^\d'Sj
1° Orphée et les Euménides. — Indication à la mine de plomb. — Non exécuté.
2° Orphée et Eurydice. — Non exécuté.
3° Tyrtée entraînant les Lacédémoniens à la victoire. — Indication à la mine de plomb.
Nous donnons la reproduction du premier croquis, « Orphée et les Euménides » et celle du troisième. (1 Tyrtée entraînant les Lacédémoniens, » sans nous dissimuler qu'ils ne sont pas exempts d'une certaine confusion.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N°' 8io, 8ii : Jeunes filles de Sparte
i" Jeunes filles de Sparte s'exerçant à la lutte. — Dessin à la mine de plomb. — H. o'"22, L. o'"26. — Reproduit en facsimilé par A. Robaut. — Partie du n° 290 de la Vente posthume: 210 fr. à M. P. Tesse. — Non catalogué par M. Moreau. 2° Même sujet. — Dessin à la mine de plomb. .— H. o"'22, L. o"'26. — Héliogravé pour les Dessins de décoration, édités par A. Quantin, dans les mêmes dimensions. — Vente posthume : 280 fr.à M. Robaut. — Non catalogué par M. Moreau. Notre vignette représente le premier de ces deux dessins. Il n'y a d'ailleurs pas de variante.
N° 812 : Pythagore consultant les prêtres égyptiens
Simple indication au trait avec une note autographe. — Non exécuté.
Note que le maître a écrite sous ce dessin : « Pour le Pythagore, faire à peu près la composition d'Hérodote... Les vieux mages. — Le grand prêtre montre la statue d'Isis voilée. — Le néophyte de Pythagore tremblant, introduit par des présentateurs ou acolytes. — Ne pas exagérer le style égyptien ; voir celui des lithographies anglaises pour la Bible de Engelmann. »
N°^8i}, 814, 81^ : Socrate, Diogène, Platon
1° Socrate devant ses juges. — Croquis mine de plomb. — H.o"M6, L. o"'20.
— Non catalogué par M. Moreau.
2" Diogène à l'Académie, ou les Jardins d'Académus. — Indication à la mine de plomb. — Note écrite par Delacroix sur ce dessin : « Mettre au fond Diogène qui s'en va tenant son bagage. « — Non exécuté. 3° Platon. Banquet. — Non exécuté.
Nos vignettes reproduisent le n Socrate devant ses juges » et le « Diogène à l'Académie. «
N""" 816, 817, 818, 819, 820 : Sujets tirés des Testaments
1° Moïse, en présence de Pharaon, confond les magistrats égyptiens. — Non exécuté.
2° Moïse donnant la loi au peuple. — Non exécuté.
3° Jésus au milieu des docteurs. — Non exécuté.
4° Le Christ prêchant de la barque. — Mine de plomb. — Note de Delacroix : « En
disant à saint Pierre de le suivre. Simple morale qui s'adresse à tous les simples. »
5° Le repas chez Simon le pharisien. — Non exécuté.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N''^82i, 822, 823 : Saint Paul
1° Saint Paul renversé sur la route de Damas. — Indication à la mine de plomb. — H .
o'"i25 , L. o^igo.
— Reproduit en fac-similé inédit
par Ch. Desavary, dans les mêmes dimensions, et en fac-similé agrandi, par
A. Robaut, dans les dimensions de: H.o^iq, L. o'"3i. — Vente posthume, à
M. Robaut. — Cat. A. Moreau, p. i35.
2° Même sujet. — Croquis à la mine de plomb. — Vente posthume, à M. Chenavard.
— Non catalogué par M. Moreau.
3° Même sujet. —Croquis aquarelle. — H. o"2i5, L. o'"25o. — Vente posthume,—
Vente Chambry, 1881 : 5i fr. — Non catalogué par M. Moreau.
N°' 824, 825, 826, 827, 828, 829 : Tite-Live, Virgile, Antoine, Marc-Aurèle, Dante, Le Tasse
1° Tite-Live présentant son histoire à Auguste. — Non exécuté.
2° Virgile voulant faire brûler VEnéide. — Non exécuté.
3° Discours d'Antoine sur le corps de César. — Non exécuté.
4° Marc-Aurèle chez le stoïcien. — Non exécuté. 5° Dante (dernier chant de la Divine Comédie). — Croquis à la plume. — H. o™2i, L. o""! i. — Reproduit en fac-similé inédit par Lefman dans les mêmes
dimensions. — Appartient à M. Etienne Arago. — Non catalogué par M. Moreau.
6° Le Tasse. — Plusieurs croquis. — Non exécuté.
Nos vignettes représentent les deux dernier.*: motifs : « Dante » et « Le Tasse. »
B1BL10THÈQ.UE DU PALAIS BOURBON — ÉTUDES N° 8}o : Hémicycle d'Orphée — Ensemble de la composition
Toile. — Esquisse de forme semi-hémisphérique. — H. o'"36, L. 0^93. — N" 12 de la Vente posthume. — Non catalogué par M. Moreau.
N" 8)1 : Orphée — Groupe central
Aquarelle. — H. o'"48, L. o™6i. — Lithographie à la plume par A. Robaut, dans les dimensions de : H. Qu'agi, L. o'"i2i.' — Légué par Eugène Delacroix à Constant Dutilleux. — Vente Constant Dutilleux, mars 1874 : 1,700 fr. à M. A. Robaut. — N° 170, Exposition Durand-Ruel, 1878. — Non catalogué par M. Moreau.
On se rappelle que Constant Dutilleux était un des sept amis chargés de classer les dessins du
maître en vue de la Vente posthume.
N" 832 : Orphée — Groupe central
Dessin. — Grand in-folio. — N° 265 de la Vente posthume. — Non catalogué par M. Moreau.
N*" 8^^ : Composition de l'Orphée
Dix feuilles de croquis divers, par M. Moreau.
N" 266 de la Vente posthume. — Non catalogué
N° 8^4 : Hémicycle d'Attila — Ensemble de la composition
Toile esquisse de forme semi-hémi-.
sphérique. — H. o™36, L. o^gS. — N° 1 3 delà Vente posthume : i,o5o fr. — Non catalogué par M. Moreau.
Cette esquisse, que Delacroix avait faite en forme de cul de four, a depuis la Vente posthume été mise à plat. — c< J'ai obtenu qu'on m'ôte les principales planches de l'échafaud des deux hémicycles de la Chambre des Députés. L'Orphée est, comme je le craignais, trop en l'air; mais avec quelques détails sur le devant, j'en tirerai parti tel qu'il est... L'autre tableau est fort bien, nous n'y ferons pas de changements. » (Lettre du 12 septembre 1847 a M. Lassalle-Bordes.)
N° 855 : Attila — Groupe central
Aquarelle. — In-folio. — N° 267 de la Vente posthume : 5 10 fr. à M. Dauzats. Cat. A. Moreau, p. 322.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N° 836 : Attila. — Femmes et vieillards fuyant les barbares
Dessins. — N" 268 de la Vente posthume. — Non catalogué par M. Moreau.
N" 8^7 : Composition de TAttila
Onze feuilles de croquis divers. — N" 269 de la Vente posthume. — Non catalogué par M. Moreau.
N" 838 : Alexandre et les poèmes d'Homère
Aquarelle. — N° 278 de la Vente posthume : 320 fr. à M. Claburn. — Voir le même sujet à la Bibliothèque du Luxembourg (1845). — Non catalogué par M. Moreau.
N" 8^9 : Alexandre et les poèmes d'Homère
21, L. o"'25. — Vente posthume. — Non cata-
Dessin à la mine de plomb. — H logué par M." Moreau.
N" 840 : L'éducation d'Achille
Dessin à la mine de plomb. — H. o'"23, L. o"'3o. — Reproduit /' ( y^=^^ -> en fac-similé par A. Robaut dans les mêmes dimensions, en noir 7~HinÊy^^ ,.'-- \ et à la sanguine. — Photographié par Braun. — N" 277 de la Vente '- ^ posthume : 2,5oo fr. à M. de Laage. — Appartient au Musée du Louvre. — Non catalogué par M. Moreau.
Eugène Delacroix attachait beaucoup d'importance à cette admirable composition. On sait qu'une de ses dispositions testamentaires recommandait expressément que le dessin fût livré aux enchères après sa mort. Il atteignit alors le prix de 2,5oo francs. — Voir les n»' 841, 842, 843, 844 et 899.
N" 841 : L'éducation d'Achille
Pastel. — H. o'"29, L. 0^41. — Vente George Sand, 1864; vente Khalil-bcy, 1868 :
3,000 fr. — Cat. A. Moreau, p. 323.
M. Moreau a commis une erreur en disant que ce dessin a passé h la Vente posthume.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
IQ
N° 842 : L'éducation d'Achille. — Esquisse
Toile. — H. o'"23, L. 0^29. — N° 25 de la Vente posthume : 1,000 fr. à M. Berrver.
— ^'ente Laurent Richard, 1878. — Non catalogué par M. Moreau.
N" 84^ : L'éducation d'Achille. — Esquisse
Toile. — H. 0^246, L. o™3oo. — Exposition d'Alsace-Lorraine, juillet 1874. — Lithographie à la plume par A. Robaut dans les dimensions de : H. o"'o85, L. o'"ii2.
— Gravé à l'eau-forte par M. Berthault dans les dimensions de : H. o^iSo, L.o'"i6i.
— Photographié par Braun. — Vente Constant Dutilleux, 1874 : 3,5oo fr. à M. Hoschedc. — Vente H..., avril 1875 : 3,o5o fr. à M. Bazile, de Montpellier. —
N" 844 : L'éducation d'Achille — variante
Croquis à la plume. — H. o"'i2, L. o"'ii. — Note de Delacroix : .gW-v^^j; '< Mettre une nymphe qui regarde. » — Non catalogué par M. Moreau. ti^»\-",T~, Voici le passage du testament de Eugène Delacroix que nous avons rappelé .'.Mi^^X au sujet du beau dessin (n» 840) : « J'entends expressément qu'on comprenne i;?" ^dans la vente un grand cadre brun représentant des fleurs comme posées au ^^l hasard sur un fond gris et un Centaure h la mine de plomb. i> — Le présent dessin est une première. pensée qui n'a pu être réalisée; mais déjà l'on y voit l'impétueux élan du Centaure, qui est l'idée génératrice de ce chef-d'œuvre. Seulement, au lieu de le présenter de face, Delacroix l'a jeté dans la direction opposée, ce qui lui a fourni le grand et beau geste du bras droit. — \'oirà l'année 1S62.
N"^ 845, 846: Ovide chez les barbares
.'S^ 1° Croquis à la mine de plomb. —
É|j H. oi^ogo, L. o^i^o. — Voir la com- £i^ position rectangulaire aux années iSSg f^>'^ et 1862.— App'artient à M. A. Robaut. ^\\W ~ ■'^°" catalogué par M. Moreau. t^7 2" Dessin à la mine de plomb. — H.o"'2 3, L. o"3o.— Reproduit en fac-similé et publié, par A. Robaut, dans les mêmes dimensions. — Appartient également à M. A. Robaut. — Non catalogué par M. Moreau.
Le second dessin n'apporte d'autre variante au pendentif qu'une simplification des mouvements de terrain à gauche, et, par suite, un exhaussement de la chaumière. Le premier, au contraire, présente une composition entièrement différente. — Voir h l'année 1859.
L'ŒUVRE DE DELACROIX
N" 847 : Ovide chez les barbares
Toile. — H. o'"24, L. o"'3o. — N° 24 de la Vente posthume : 1,020 fr. à M. Thoré. — Voir le n" 900. — Non catalogué par M. Moreau.
N" 848 : Hésiode et la Muse
Toile. — H. o"'24, L. o'"3o. — N° 19 de la Vente posthume : 1,980 fr. à M. Piron. — -Voir le n° 901. — Non catalogué par M. Moreau.
N° 849 : Hésiode et la Muse
Pastel. — N° 281 de la Vente posthume : ^So t'r. à M. Piron. — Non catalogué par M. Moreau.
N""" 850, 8^1 : Hésiode et la Muse. — Variante
1° Aquarelle. — H. o"^23, L. o"'29. — Legs de Eugène Delacroix à M. Dauzats. • — Vente Dauzats : 5oo fr. — Appartient à M. Christophe. — Voir le n° 901. — Non catalogué par M. Moreau.
2°Dessin à lamine deplomb. — N°27i delaVente posthume: 440 fr. à M. Dauzats. — Non catalogué par M. Moreau.
Le groupe des deux figures qui occupent le côte' gauche de la composition n'a pas été introduit dans le pendentif, où le mouvement des terrains conduisant à l'horizon est aussi plus compliqué. La peinture de la bibliothèque de la Chambre des députés ne perd rien à cette suppression. L'isolement ajoute plutôt de la majesté au groupe formé par la belle Muse, same, vigoureuse, aérienne cependant, qui suspend sa grâce exquise au-dessus du poète endormi dont elle caresse le front d'une main divinement légère. Mais les petites figures épisodiques, qui eussent pu diminuer le caractère d'une peinture de grandes dimensions, sont parfaitement à leur place dans le cadre restreint d'un dessin ou d'un tableau de chevalet. — Notre cliché reproduit l'aquarelle.
N" 852 : Adam et Eve
Dessin à la mine de plomb. — H. o'"22, L. o™26. — N" 270 de la Vente posthume : 245 fr. à M. Ch. Desavary. — Reproduit en fac-similé par A. Robaut dans les mêmes dimensions. — Voir le n° 902. — Non catalogué par M. Moreau. C'est la même composition que dans l'esquisse suivante.
N" 8^3 : Adam et Eve
propre à exécuter
Toile hexagonale. — H. o'"2i, L. o'"25. — Signé à gauche. — Appartient à M. de Joly. — Non catalogué par M. Moreau. Sans changenient. — Le nom de M. Andrieu, que nous citerons tout à l'heure parmi les jeunes gens qui fréquentaient l'atelier de Eugène Delacroix, rue Neuve-Guillemin, paraît pour la première fois dans les Lettres en 1844, le 12 août. Le maître le recommande à M. de l'Espinasse, qui était député de la Haute-Garonne. « Monsieur, le jeune Andrieu, qui m'a remis cette lettre que vous voulez bien m'adresser, mérite tout à fait l'intérêt que vous voulez bien lui porter. Il est un des élèves les plus assidus de mon atelier, et je le crois tout à fait convenablement une copie pour le Ministère. »
N° 854 : Adam et Eve. — Ébauche en hauteur
Toile de quarante, de forme rectangulaire. — Appartient à M. Gérard. — Non catalogué par M. Moreau. Sans variante. — A cette époque, Delacroix avait un atelier d'élèves qu'il avait ouvert en 1 838, rue Neuve-Guillemin, et qui fut, en 1846, transféré rue Neuve-Bréda. La rue Neuve-Guillemin a disparu dans le percement de la rue de Rennes, au passage de la rue du Vieux-Colombier. Parmi les élèves qui fréquentaient cet atelier se trouvaient MM. Joly- Grangedor, qui, plus tard, se consacra lui-même à l'enseignement, Saint- Marcel, Niel, Eugène Lambert, le peintre des chats, Bida, qu'il suffit de nommer, Bauderon de Vermeron, qui ouvrit plustard un coursmondain d'histoire de l'art, A. de Taverne, qui dirige.a \e Journal des Demoiselles, Th. Véron, Maurice Sand, Andrieu, Lassalle-Bordes, de Ferrussac, de Serres, Valmore, Gautheron, Garipuy, E. Leygue, etc., qui ont eu dans l'art des fortunes inégales. D'après ce que nous en dit M. Bida, l'eftort principal de l'enseignement de Eugène Delacroix portait sur l'ordonnance de la composition.
N" 85^ : Adam et Eve
Indication à la mine de plomb. — H. 0^24, L. 0^19. — Vente posthume. — Non catalogué par M. Moreau.
La composition définitive n'a plus rien de commun avec cette première pensée qui, bien que tracée d'une main puissante et dramatique, ne • >y sort point cependant des prévisions faciles. C'est un bien beau mouvey''i ment pourtant, et profondément tragique, que celui du premier \ homme, avançant, d'un pas hâté par le fouet du glaive de l'archange, les bras tombants, prêt à serrer encore d'une étreinte de pardon et d'amour, la main de la coupable. Et son attitude, h elle aussi, est singu- -^- lièremeut émouvante, en sa confusion qui détourne ses regards de ceux
de l'époux, en sa pudeur qui ramène sa droite vers son sein pour le voiler. Cela touche notre humanité jusqu'à l'àme.
N" 856 : La captivité a Babylone
Aquarelle. — N" 279 de la Vente posthume : 640 fr. à M. Piron. — Voir le n° goS.
— Non catalogué par M. Moreau.
C'est la même composition que dans le dessin suivant.
N° 857 : La captivité il Babylone
Dessin à la mine de plomb. — H. o'"22, L. o"26. — Reproduit en fac-similé par A. Robaut dans les mêmes dimensions. — Appartient à M. Philippe Burty. — Cat. A. Moreau, p. 323.
s. '^/iCC^-^-fc^K^.X--/' Les différences entre le pendentif et le dessin sont insignifiantes.
x^ (S!3-S~) // / L'arbre est moins robuste, étend moins loin ses rameaux; la harpe
des filles de Sion n'y est pas encore suspendue; l'enfant nu qui se
presse contre sa mère n'est point posé dans la même attitude, qui,
vj.^'-uc»-' plus allongée ici par le mouvement du bras et de la jambe, a plus
^. •' de grandeur. A étudier ces dessins à la mine de plomb d'une si noble
simplicité, il me paraît évident qu'ils sont postérieurs à l'exécution des pendentifs et qu'ils
nous en donnent la svnthèsc épurée. J'y veux voir, h quelques détails près, la formule
suprême, méditée,, corrigée, de ces grandes pensées décoratives.
N° 8^8 : La mort de saint Jean- Baptiste. — Variante
Toile de forme rectangulaire. — H. o'"56, L. o'"46. — Photographié par Braun. — Exposition d'Alsace- Lorraine, 1874. — Appartient à M. Lambert Sainte-Croix. — Voir le n" 904. — Non catalogué par M. Moreau.
La variante, ici, est tellement importante, que l'on peut considérer l'œuvré comme entièrement nouvelle. La scène, au lieu de se passer dans une basse-fosse d'un caractère vague, s'encadre dans l'architecture sévère d'une prison, percée au fond d'un soupirail cintré, garni de barreaux, où apparaissent des tètes de curieux. La figure d'Hérodiade, avec quelque ressouvenir de mademoiselle Rachel, est beaucoup plus élégante et légère que dans le pendentif, où elle affecte une certaine raideur sous sa lourde coiffure à la Livie. Il n'y a guère que le bourreau que je trouve d'un moindre style dans le tableau. Il a perdu, à être présenté de face, la tournure et le grand style héroïque que l'artiste lui avait donnés dans le pendentif par la belle flexion du haut du corps d'avant en arrière. Le pendentif, pourtant, montrait un bien joli détail de réalité dans la façon toute simple et naïve dont le bourreau a jeté sur la barrière de la basse-fosse le manteau qui pouvait le gêner dans l'accomplissement de son œuvre sinistre. Ce pendentif et quelques autres auraient été peints d'après des croquis ou des esquisses par le praticien. Dans son étrange lettre h M. P. Burty, M. Lassalle-Bordes donne comme de sa main : Mort de Pline, Hérodote, Bergers chaldéens, Sénèque, Numa et Egérie, Mort de saint Jean-Baptiste, Adam et Eve, Captivité à Babylone, Ovide, Hésiode.
l.ŒL"\RE DE DELACROIX
N""" 8)9, 860, 861 : L:i mort de saint Jean-Baptiste