L'OEUVRE DE
Année 1814
N" I : Croquis
»^,%.^r<,vt 1 Eau-forte. — Hauteur o'"o5, Largeur o"'85. — Appartient à madame veuve Pierret. — Héliogravé pour le Catalogue A. Moreau. — Catalogue A. Moreau, page i5.
Au centre, le portrait en buste du premier Consul; à droite, un cavalier, surmonte du mot Buonaparte^ et un buste d'officier; à gauche, une tête d'homme chauve; un singe en costume d'in-
, croyable avec cette légende : le Bossu. — Eugène Delacroix
exécuta, sur un fond de casserole, cette planche qui est son premier essai de gravure à l'eau-forte et dont il n'existe qu'une épreuve.
N° 2 : Croquis
Burin. — H. o'"i35, L. o'" 146. — Appartient à madame veuve Pierret.— Héliogravé pour le Catalogue A, Moreau. — Cat. A. Moreau, p. 16.
Sur cette planche, qui est un en-tête de lettre officielle. Delacroix a gravé le portrait d'un otïicier, portant la cuirasse, l'écharpe et le bâton de commandement, un moine assistant un condamné à ses derniers moments, une tète d'homme aux cheveux bouclés, peut-être un portrait de Murât. Auprès de la figure formant le centre de la planche sont écrits" les mots Eug. Delacroix et Aurore. Epreuve unique.
Nous attachons à ces croquis du début le simple intérêt de curiosité que présentent les premiers griffonnages d'un homme appelé à devenir un si grand artiste.
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Année 1816
j : Chasse à courre
Catalogue A. Mo-
Aquatinte. — H. o'"o97, L. o'"225, reau, p. 1 6.
Au milieu d'une allée, à la lisière d'un bois, deux veneurs sautent une barrière. Monté sur un cheval noir qui vient de passer l'obstacle, le cavalier de droite, vêtu d'un habit clair, se détache sur la masse sombre du feuillage. Son compagnon, pressé de rejoindre la meute qui galope au fond, dans la plaine, frappe à coups de cravache son cheval blanc. M. Auguste, pri.K de Rome pour la sculpture, en 1810, grand ami de Géricault, de Horace Vernet et de Eugène Delacroix, avait fait un desssin d'après lequel cette planche lut exécutée. Les quatre marges de Tunique épreuve de cette chasse portent des essais d'aquatinte. Delacroix, en effet, fut longtemps préoccupé des procédés de gravure.
N° 4 : Troupes anglaises
Eau-forte, nationale, losue A. Moreau
— H. 0^204, L. o'"i65. — A la Bibliothèque une épreuve coloriée. — Héliogravé pour le Cata- Cat. A. Moreau, p. 20.
Un fantassin de l'armée anglaise s'avance au milieu d'une plaine. Des mouchoirs et des bas achèvent de sécher, accrochés à côté de souliers et d'un jupon, au canon du fusil qu'il porte sur l'épaule gauche; un pain est piqué à la baïonnette. Sur le dos, au-dessous du sac, et sur la poitrine, le soldat a suspendu de petits tonneaux. De la main droite, il tient une petite fille, auprès de laquelle marche une femme chargée d'un jeune enfant et d'un chaudron. Dans le lointain, on aperçoit un camp et un fourgon caché par un pli de terrain. Souvenir et curieuse satire de l'invasion, innocente réplique aux caricatures publiées à la même époque en Angleterre contre la France.
N° ^ : Les trois Nains littéraires
Dessin. — H. o'"2o5, L. o"'i42. — Eau-forte par Pierre Adam. — Cat. A. Moreau, p. io5.
Un sinçre, debout, un pied sur le bord d'une tombe ouverte derrière lui, l'autre sur le couvercle de pierre, où se lit l'inscription : Ci-gît le Nai)i jaune, serre entre ses bras une longue plume, une marotte et de nombreux papiers, que deux autres singes s'efforcent de lui arracher pour les jeter dans le sépulcre.
Cette caricature aura sans doute été faite à l'occasion de l'un des nombreux procès du Nain jaune, journal satirique célèbre à l'époque de la Restauration.
N" 6 : Artistes dramatiques en voyage
Lithographie. — H. o"'266, L. o"'404.
— Cat. A. Moreau, p. 67.
Quatre hommes et deux femmes sont montes dans une voiture que traînent deux haridelles conduites par un postillon casque et cuirassé. Us sont assis au milieu des décors et des accessoires de théâtre dont le chariot est chargé. L'un d'eux apprend un rôle; il est irrévérencieusement assis sur les œuvres de Voltaire, de Crébillon et de Racine.
Trois personnages charge.- de palettes, de boîtes à couleurs, d'appuie-main, de pinceaux et d'une échelle suivent la voiture à pied. Souvenir de quelque lecture du Roman comique de Scarron adapté aux mœurs du jour, cette pièce a été exécutée pour le journal le Miroir.
N° 7 : Vésuvienne
Lithographie(?) — Affiche (?) — Cat. A. Moreau, p. 73.
Nous conservons l'attribution du Catalogue Moreau, malgré les doutes qu'elle nous inspire, les Vésuviennes étant un groupe de femmes socialistes de la révolution de 1848.
N° 8 : Les Voltigeurs de Coblentz
Lithographie. — Cat. A. Moreau, p. j3.
Le titre fourni par M. Piron, adopté par M. Moreau, est Voltigeurs de Louis XIV, nous modifions pour éviter toute méprise (Voir n° 9).
N° 9 : Les Voltigeurs de Coblentz
Lithographie. — Cat. A. Moreau, p. 73.
Dans son livre : Eugène Delacroix, sa vie et ses œuvres. M. Piron dit : <• Je me rappelle qu'il avait fait, étant très jeune, deux caricatures pour le journal le Nain jaune., qui traitaient de ce qu'on appelait, en 1814, les voltigeurs de Louis XIV. » Nous avons vainement cherché ces deux pièces dans la collection du Aain jaune. Mécontent de ces planches, l'artiste aura fait effacer la pierre après un tirage de quelques épreuves.
N° 10 : L'Ambassadeur de Perse
Lithographie. — H. o'"28o, L. o"'igo. — Héliogravure pour le Catalogue A. Moreau. — Cat. A. Moreau, p. 27.
Nirza-Aboul-Hassa;i-Khan est debout, tenant de la main droite son sabre un peu au-dessous de la garde, tandis que la main gauche, chargée de bagues, est appuyée sur la hanche; il regarde vers la droite. L'ambassadeur est coiffé d'un turban et vêtu d'une double robe somptueusement brodée, qu'un manteau recouvre en partie. Des poignards sont passés à sa ceinture. Deux Persans causent au fond. On remarquera, à cette date, l'attrait que les personnages et les costumes de l'Orient exercent déjà sur Eugène Delacroix. Il ne laissse jamais échapper une occasion de dessiner une figure exotique. J'ai raconté ailleurs (voir l'Art et les Artistes modernes) le singulier concours de dessin auquel, bien plus tard, en présence de Sainte-Beuve et de A. Petetin, se prêta Delacroix dans un salon où l'on avait fait venir un jeune Chinois qui servit de modèle.