‹ L'œuvre complet de Eugène Delacroix, peintures, dessins, gravures, lithographiesChapitre 19 sur 114 · N° II · texte numérisé non relu

N° II

L'Esclave favorite de l'ambassadeur de Perse

Lithographie. — H. o™25o, L. o™i85.— Héliogravure pour le catalogue A. Moreau. — Cat. A. Moreau, pp. 27 et 85. La favorite est représentée debout, les pieds nus à côté de ses babouches, sur un riche tapis d'Orient. Elle est vue de prohl, tournée vers la gauche, les bras chargés de bracelets et croisés sur la poitrine ; une sorte de couronne garnie de perles est posée sur la tete, les cheveux tombent sur les épaules. Elle porte d'énormes boucles d oreilles et un long collier. Une grande écharpe l'enveloppe et couvre presque tous ses autres vêtements. ^ . . ,

Dans cette lithographie, comme dans la précédente, il est intéressant de constater la simplicité de la composition, l'absence de mouvement qui témoignent ici de la naïveté du jeune artiste. Il est alors visiblement

dans la période sévère et laborieuse de son éducation.

N° 12 : Némésis

]ette belle comp eur du geste, imp

Toile. — H. o™2 5, L. o™33. — N» 143 de la Vente posthume : 200 fr. au comte Grymala.

N'est-ce pas cette composition qui, plus tard, inspira la Némésis ds Barthélémy : Cri de guerre, datée du 4 août i83i, 5 heures du soir? Némésis, laisse là ces ministres pygmées, Prends ton sublime vol, plane sur nos armées.

iviêle ta voix de fer à l'ouragan qui tonne,

Crie avec les Gaulois : « Anathème aux Germains! »

osition porte déjà l'empreinte apparente du génie de Delacroix : granétuosité du mouvement.

N° 13 : Élisabeth

-Toile. — H. o'"5o, L. o"'40. — Non sii^nc ni daté. — Appartenait à madame veuve Leblond. — Cat. A. Morcau, p. 227.

De face, elle soutient sa tète avec la main droite. Les cheveux avancent sur le front en presses coques. La tète et la poitrine sont achevées, la main et les vêtements sont légèrement indiqués. — Buste grandeur nature.

N"* 14 : Rose

Toile. — H. o"'58, L. o'"43. — Non signé ni daté. — Cat. A. Morcau, p. 228. Le modèle semble dormir, la tète appuyée sur un oreiller. Buste, grandeur nature. Est-ce d'Elisabeth ou de Rose que Delacroix faisait, en cette même année 1817, le portrait à la plume que voici : « Les jolis yeux! Limpides comme de belles perles, et fins et doux comme un velours. Pardon de l'image, qui n'est qu'une bêtise. Le nez est assez original, la narine est retroussée fièrement et s'enfle de temps en temps à Tunisson des prunelles qui se dilatent et se remuent. La bouche est d'une élégance charmante. Mais le triomphe de cette tête, c'est dans son contour. La joue, le petit double menton, la manière dont tout cela se porte sur le col vaut des autels. Oh! la singulière petite femme! » A M. Pierrct, du 11 décembre 1817 {Lettres de Eiig. Delacroix publiées par M. Ph. Burty).

N° 1 5 : Académie

Toile. — H. o'"43, L. o™32. — Vente posthume, n" 200. — Acheté 235 fr. par feu Belly et 200 fr. par M. Brame à la vente Belly.

M. René-Paul Huet conserve également une autre académie fort belle achetée à la 'Vente posthume par son père, l'illustre paysagiste romantique, qui fut un des amis du maître.

Année 1818

N° 16 : Jésus amené devant Caïphe

— ^ Toile. — H. o'"29, L. o"^34. — Concours d'esquisse à l'Ecole des l^ç^^^ Beaux-Arts.

^^'-^M^^^ En présence du premier sujet religieux traité par Eugène Delacroix, ■^Mî^^^^l que l'Ancien et le Nouveau Testament devaient si souvent inspirer et d'une façon si puissante, nous n'hésitons pas h reconnaître que cette peinture est d'une grande faiblesse. C'est tout à fait une œuvre d'élève. La composition, en largeur, met en scène quinze figures. On y retrouve pourtant la trace des procédés de Eugène Delacroix, qui y sont reconnaissables dans toutes les parties.

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N° 17 : Le Cri public après le soufflet

Lithographie. — H. 0^217, L. o™29. — Non signée.

Nous avons vainement fouillé la collection des journaux satiriques de la Restauration pour y trouver trace de l'épisode auquel se rapporte la caricature de Eugène Delacroix. Nous supposons que le jeune artiste aura, dans le goût du temps, fait allusion à quelque aventure dont M. de Saint-Cricq fut le héros malheureux. Ce n'est pas le moindre tort de l'allégorie en général et de l'allégorie politique en particulier que d'être absolument indéchiffrable aussitôt que les menus faits qui l'inspirent sont oubliés, et l'on sait combien l'oubli de cette sorte d'événements est rapide. Ici, l'on reconnaît le comte d'Artois agenouillé et s'efforçant, à l'aide d'un cric, d'empêcher un personnage de la cour d'être écrasé par un énorme soufflet sur lequel le Temps et une figure symbolique dont le sens m'échappe pèsent de tout leur effort. La scène se passe à la porte d'une prison d'où sort un personnage difficile à définir, bourgeois du temps ou laquais, portant une lettre ou un journal à la main. — Cette pièce douteuse n'est pas mentionnée dans le Catalogue A. Moreau et nous n en avons jamais vu qu'une épreuve achetée, en 1876, au marchand Dauvin, par M. Moignon.

N° 18 : Petite fille nue

Toile. — H. o'"64, L. o^So. — Vente Constant Dutilleux, 1874, n° 2 du catalogue : 2,000 fr. — Lithographié par Alfred Robaut dans les dimensions de o^oSS sur o^i 18.

Quand Delacroix peignit cette figure d'étude, il était encore dans l'atelier de Guérin, le peintre du Marcus bextiis. C'est dans cet atelier qu'il rencontra Gericault et se lia d'amitié avec lui; quoique celui ci eût déjà exposé YOfjïcier de Chasseurs et le Cuirassier blessé quatre ans auparavant, il revenait encore chez Guérin de temps en temps pour peindre d après le modèle vivant. On y remarque déjà le procédé du modelé par hachures, qui est devenu comme la signature du maître.

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