‹ L'œuvre complet de Eugène Delacroix, peintures, dessins, gravures, lithographiesChapitre 30 sur 114 · Gœtz de Berlichingen · texte numérisé non relu

Gœtz de Berlichingen

Groquis à la plume. — H. o'"20, L. o"3i. — Signé, daté du II juin i83o. — Appartient à M. Feuillet de Gonches. — Non catalogué par M. Moreau.

Est-ce réellement Gœtz de Berlichingen ? La tête d'homme, à droite, rappelle en effet, le Gœtz des belles gravures du Magasin pittoresque (voir année 1843); mais le groupe de gauche nous fait l'effet de viser moins haut et de représenter simplement quelque étudiant se faisant verser à boire par quelque fille de taverne allemande.

I rsc^o (r- U V R h 1) K DK I . A (> l< () 1 \ 0)3

N"' H^ 344, 345, 34^, 347^ 348: Études de chats

^f.r-zrr'^ — ^Ms*?W*w'' ^'S^î^JS^ Chat de village. — H. 0^020, L.

\ liv^ i^*^^f >''^/ 2" Tète de chat, tournée a droite. — H.o'"o6o V f*i^ r If ^ o"^o5o.

3" Silhouette de chat maigre. — H. o"'o45,

"'^^^ 15^^ W' Petit chat jouant. — H. o"'o75,

^^i^^^ i >^ "^^^^^ 1^ ^° Le Chat maigre. — H. o"'o4o,

'^^^^ V^^Li ^^-^^^ -«t/ ^" Etude de chat d'après nature. —

7" Chat assis, vu de face. — H. o"'040, L. o"'of5.

Ces dessins font partie des quatre-vingts illustrations du livre de M. Champfleurv : Les Chats, histoire, mœurs, observations, anecdotes. Rothschild, éditeur, cinquième édition. — La mise sur zinc est de M. Kreutzberger, la gravure est faite par le procédé de M. Comte.

N" }49 : Paul Foucher

Sépia. — Caricature. — H. o"M3o, L. o"'i5o. — Reproduit en fac-similé de mêmes dimensions dans les Cénacles romantiques de M. Champfleury. IF^iii — '^"'^ catalogué par M. A. Moreau. — ^ \ HT' " J'ai trouvé, )) dit M . Champfleury, « dans les cartons de M. Pierret,un dessin à ' ' w Â\vk '~ '- la sépia de Eugène Delacroix, représentant l'allure habituelle de ce nouveau petit Saintinct ; c'est dire qu'on n'entrevoyait dans le monde ni dans les ateliers le bon l'aul Foucher sous un jour bien sérieux... La maison hospitalière des Pierrot s'ouvrait tous les soirs h un groupe d'amis des arts : Delacroix, Schwitcr, Frédéric Villot,.\. Jal, etc. Divers croquis donnent à croire qu'à la suite de quelque mésaventure récente attribuée à Paul Foucher, toute une soirée fut consacrée à dessiner ses faits et gestes. »

N** 3 )'o : Assassinat du duc de Bourgogne

1'?''^^^^^ ^^K^ Croquis à. la plume. — H. o"M85, L. o'"23o. — Appartient l-^»^ rtj,-r5 Ç^-/" ^ Philippe Buriy. — Non catalogué par M. Moreau. \'^' /^^^^r^*^ i Admirable croquis, tracé d'un jet de plume. Les mouvements si '1 différents de l'attaque violente et de la défense impuissante sont I^^^^^^C^)"^^ rendus avec la décision et la certitude d'un grand maître. Il est iflr'y^'^^ ^ P^*^ d'œuvrcs d'art qui, par des moyens si simples, arrivent à "^^^B,^^ it^^^^'-*-^ communiquer l'émotion aussi vive d'un drame. La combinaison A>'-v<^,^>-ï»i lignes dans le geste des bras levés pour frapper est une trouvaille de génie comme il y en a tant dans l'œuvre de Eugène Delacroix. — C'est à l'issue de l'entrevue avec le dauphin Charles, au pont de Montereau, en 1419, que fut assassiné Jean sans Peur, qui, lui-même, avait fait égorger Louis d'Orléans en 1407.

96 L'ŒUVRE DE DELACROIX i83i

Année i83i

N° ^ 5 ] : Melmoth ou Intérieur d'un couvent de dominicains à Madrid ou l'Amende honorable

Toile. — H. i'"3i, L. — Signé au milieu et daté i83i. — Salon de 1834. — Gravé à Teau-forte par M. Boilvindans les dimensions de : o'^io/ sur o™i36, pour la galerie Durand-Ruel. — Cat. A. Moreau,pp. 174 et 255.

« J'ai trouvé à Rouen de quoi faire un tableau qui m'inspire assez », écrit Eugène Delacroix le 3o septembre i83i. Ce « de quoi faire un tableau » était lasalle du palais de justice. M.Alfred Robaut, dans une biographie de Corot, nous a gardé le souvenir de l^'impression que l'illustre paysagiste avait éprouvée en revoyant cette salle: « Il fallut l'accompagner au palais de justice, où il eut, à l'éloge de Delacroix, une superbe exclamation. Nous étions assis sur un des bancs qui font le tour de la salle des Pas-Perdus; il était là silencieux depuis un moment, les yeux levés sur les hautes voûtes en bois sculpté, quand tout à coup il s'écria: « Quel homme 1 quel homme! » Il revoyait dans sa pensée le tableau de l'Amende honorable que nous avions admiré ensemble quelques jours auparavant dans les galeries Durand-Ruel. Pour lui, la salle n'était rien, Delacroix était tout, quoique celui-ci n'eût fait que s'en inspirer comme fond à des personnages de. Melmoth. »

N*^ 352 : Ruines de la chapelle de l'abbaye de Valmont

To ile. — H. o'"47, L. o™38. — Daté. — Appartient à M, Bornot. — Non catalogué par M. Moreau.

Delacroix. écrit le 3o septembre i83i, à son ami Pierret : « Je suis à Valmont, séjour de p'aix et d'oubli du monde entier. Le charme que j'y trouve, mon vieil ami, est dans ce dépouillement complet d'émotions vives et saccadées qui font de ma vie de Paris une épreuve continuelle et une danse sur la corde sans balancier. Affaires d'argent et d'amour-propre, obligations de politesse, amour même, tout cela ne tient pas dans mon cœur et dans mon esprit la place qu'une seule de ces choses-là absorbe dans mon être, quand je me trouve au milieu de ce foyer d'agitations continuelles où tu respires. Je ne me suis jamais rendu compte à un pareil degré de l'inutilité des folies pour faire mener heureusement la vie. Ce qui nous occupe surtout à Paris, c'est la fureur de faire figure. Je crois à présent que si je trouvais un homme qui voulût me fournir le nécessaire comme à un chapon qu'on engraisse, c'est-à-dire d'avoir tout mon travail et une autorité assez

l83l L'ŒUVRE DE DELACROIX 97

grande sur ma liberté, je passerais un marché tout de suite. J'ai trop de liberté pour en sentir le prix. Ici j'en ai moins et davantage. Moins, en ce que je vis avec un despote complet qui me gouverne physiquement, qui me fait dîner à telle heure, qui me fait aller dans tel endroit pour mon plaisir, etc. Davantage, en ce que mon esprit, dégagé du souci de s'occuper de mille soins insupportables à ma nature, divague à son gré, jouit de son propre calme, crée des palais et des enchantements, sans que la voix de la nécessité triviale le rappelle à terre, m Lettres, Édition Ph. Burty.

N° 3 5 } : Boissy d'Anglas

Toile. — H. o"'79, L. i"'o4. — Signé et daté i83i. — Gravé à Teau- forte par Bracqucmond dans les dimensions de : o"'4i5 sur o'"545. — Appartient à M. Larrieu. — Cat. A. Moreau, pp. 172, 190.

La planche de M. Bracquemond fut exécutée sur une commande du Conseil municipal de Paris; elle a sept états, les six premiers avant la lettre; le septième porte, en bas à gauche : « E. Delacroix, pinx. »; à droite : « Bracquemond, aquaf. »; au milieu : « Imp. A. Salmon. — Boissy d'Anglas présidant la Convention le i"'" prairial an III. >> « Delacroix.» a dit Théophile Silvestre, « atteint le dernier terme du fantastique et du terrible dans le Boissy d'A7jglas. Le peuple s'engouffre comme un fleuve en colère dans l'enceinte de la Convention nationale. Murailles, escaliers, galeries, craquent et chancellent; ouvriers, clubistes, guenillards, montent les uns sur les autres en se cassant les membres; les représentants restent immobiles; le président contemple, sans frayeur, la tète sanglante de P'éraud qui lui est présentée au bout d'une pique, et les tricoteuses, penchées du haut des tribunes, éclatent en tonnerres d'applaudissements. Un jour rare glisse péniblement dans la salle pardessus les tètes qui foisonnent; la poussière soulevée par les trépignements vole en tourbillons dans cette atmosphère orageuse, traversée par l'éclat livide des baïonnettes. » — Ce tableau fut peint comme le précédent, pour un concours, dans lequel la victoire resta au peintre Court. On reprochait à Delacroix de n'avoir pas, selon la tradition, découvert la tète du président de l'assemblée.

N° 3 54 : Charles-Quint au monastère de Saint-Just

Toile. — H. o"'73, L. i"'i5. — Signé en haut, à droite et daté i83i. — Salon de i833. — A figuré à l'exposition des Alsaciens-Lorrains, en inai 1874. — Vente du comte de Mornay, 29 mars 1877; q,6oo francsau marquis de la Valette. — Voira 1 833, lithographie; à 1837, variante peinture; à i83g, réduction exacte. — Cat. A. Moreau, pp. 48 et 173.

Revêtu du froc, l'empereur assis et à demi renversé dans l'attitude d'un dilettante mystique, joue de l'orgue. Un autre moine imberbe, debout auprès de lui, l'écoute. — Ce tableau qui a appartenu h mademoiselle Mars, fut acheté 2,000 francsà la vente de la célèbre comédienne par M. de Mornay.

98 L'ŒUVRE DE DELACROIX l83l

N° 3 ^ 5 : Bataille de Nancy

Toile. - H. 2'"37, L. 3"^56.

— Salon de 1834. — Exp.

univ. i855. • — Donné par TEtat au Musée de Nancy.

— Gravé par Lançon : H.

o"'i23, L. o'^igS, pour un livrede R. MénardJ' Alsace- Lorraine. — Photographié par Braun. — Cat.A.Moreau, pp. 184 et 2o3. — Voir année 1828, n° 261.

« Le 5 janvier 1477, le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, livre cette bataille par un temps glacé qui fut la perte de sa cavalerie. Lui-même, embourbé dans un étang, fut tué par un chevalier lorrain au moment où il s'efforçait d'en sortir. « Notice du catalogue de i855.1 Commencé en i83i, ce tableau ne fut terminé que pour le Salon de 1834. Nous modifions les dimensions données par M. Moreau (2"'oo sur 3'"65], pour adopter celles du catalogue du musée de Nancy, qui se rapprochent d'ailleurs de celles du catalogue de l'exposition posthume.

N° 356 : Raphaël jeune méditant dans son atelier

Toile. — Salon de 1 83 i . — Cat. Moreau, p. 171.

Tableau peint pour M. de Mornay. Raphaël est assis sur un escabeau, le coude sur une table. — Voir plus loin, en cette même année i83i, un dessin du même sujet.

N''^^/ : Le Christ au Jardin des Oliviers

Toile. — H. o"'5o, L. i-^io. — Voir à Tannée 1827, n"^ 176 à i83. — Cat. A. Moreau, pp. 220, 226.

Cette réduction du grand tableau de 1827 a été peinte pour le chanteur Nourrit. Les dimensions nous sont fournies par M. Moreau ; n'ayant pas vu le tableau, nous sommes forcé de les reproduire telles quelles, mais nous doutons qu'elles soient exactes.

N° 358 : Tête de jeune femme

Toile. — H. o'"42, L. o"'35. — Etude peinte le soir à la lampe. — Vente Villot, 1864 : 145 fr. — Non catalogué par M. A. Moreau.

[(S'3l L'ŒUVRF. 1)F. m: LACROIX 99

N" j)C} : Mirabeau et Dreux-Brézé — Esquisse

Toile de i5 à 20. — N" 14 de la Vente posiluimc. — Appartient à M. Jadin fils. — Non caialoi^ué par M. Morcau.

N" 360 : Mirabeau et Dreux-Brézé

P^g^-. " ■"...jgl Peinture sur bois. — H. o"^y8, L. o"'92. — Signé au

"'^ bas ei daté i 83 r . — N" i 28 de la Vente posthume. — • Appartenait à M. Bouruet-Aubcrtot. — Non catalogué par M. Moreau.

M. Bouruet-Aubcrtot, qui est mort en 1882, était le neveu de l'ami intime de Eugène Delacroix qui a grave plusieurs compositions du maître. Ce tableau a été placé par M. Bouruet-Aubertot père à l'exposition posthume de Eugène Delacroix, boulevard des Italiens (n" 127 ducataloguel.Il a reparu aussi à l'exposition Durand-Ruel en 1878, mais trop tard pour tigurer au catalogue. Il y avait également à cette exposition le même sujet peint sur toile de même dimension par Tassaert. Ces deux artistes avaient l'un et l'autre produit leur (euvreen vue d'un concours d'Etat qui eut lieu à cette époque.

« Comme les poètes, Delacroix devine, » a dit Henri de la Madelène. n On ne peut même concevoir que les choses aient pu se passer autrement qu'il ne les a peintes. Le marquis de Dreux- Bréze signitîant aux gens du tiers la volonté du roi, n'a pas pu avoir une autre attitude que celle que l'artiste lui prête en face de la foudroyante apostrophe de IVlirabeau. (Quelle composition simple et puissante! Voilà bien les deux adversaires en présence, l'ancien régime et la Révolution. Le marquis suivi des massiers du roi, vêtus de dalmatiques fleurdelisées, magnitîquement vêtu lui-même, élégant, mince, fin d'attaches, personnifiant de la façon la plus noble l'ancienne cour, et incarnant toute une époque, les gens du tiers dans la sévérité uniforme de leur costume, aflirmant déjà l'égalité civile, dont la conquête va coûter tant de sang! C'est un duel véritable et le plus saisissant qu'on puisse imaginer! »

N" ^61 : Portrait de M. de Verninac

Toile. — H. o"'4o, L. o""32. — Non signé. — N" 74 de la Vente posthume; i,25o IV. à M. Lecomte. — Appartient à madame Duriez. — Cat. A. Morcau, p. 233.

M. de Verninac était neveu de Eugène Delacroix. Ce portrait, fort beau en ses petites dimensions, n'est sorti de l'atelier du maître qu'à sa mort. Le modèle est représenté à mi-corps: il a la tête coitiëe d'un béret bleu. iVoir un portrait du même personnage, à l'année i833.)

N" 362 : Indien armé du gourka-kree

Répciition du tableau peint en i83o, voirn" 325. — Non catalogué par M. Moreau.

36^, 564 : Madame Dalton

Toile. — H. o"'65, L. o'"54. — Appartient à M. de CourvaL — Cat. A. Moreau, p. 233. 2° Dessin à la mine de plomb. — H. i"^5o, L. o'"i70. — Vente posthume, à M. Gastillon- Bouvenne. — Non catalogué par M. Moreau.

Cette jolie personne, aux traits un peu forts, mais réguliers, aux lèvres épaisses, sensuelles et d'un beau .sourire, est accoudée à droite et regarde le spectateur en renversant un peu la tète qu'elle a posée dans la main. Ses lourds cheveux noirs sont divisés en larges bandeaux, comme dans le célèbre portrait de George Sand jeune, avec laquelle, d'ailleurs, madame Dalton a quelque ressemblance. Madame Dalton était élève de Delacroix; plusieurs de ses paysages ont été légèrement corrigés ou retouchés par le maître et peuvent passer pour des Delacroix. Il y en a même eu d'inscrits sous le nom du maître h la vente posthume. Nous avons vu qu'elle pratiquait aussi la lithographie. Le dessin doit être de quelques années antérieur à l'ébauche peinte, si on s'en rapporte à l'c;

modèle, qui, à n'en pas douter, y paraît beaucoup plus jeune.

l'expression du

N° 565 : Une loge au théâtre

Aquarelle. — H. o'"i75,L. o"'2io. — Signé en haut à gauche : «Eug. Delacroix i83i.» — Vente Durand, décembre 1874, 60 fr. , revendu depuis à M. le comte Doria, décembre 1875 : i25 fr. • — Non cataioguépar M. Moreau.

C'est une scène à deux personnages. Avec un peu d'imagination, à l'attitude de l'homme qui se retourne, à l'allure de la femme, debout, on peut voir là comme une sorte de vision d'un conte d'Hoffmann. Si l'on n'y cherclie point d'intentions si subtiles, on n'y verra que le mouvement d'une femme qui se lève pour laisser passer un nouvel arrivant qui se retourne pour s'excuser.

N° 366 : Jeune tigre jouant avec sa mère

Lithographie. — H. o"'ii2, L. o'^iSg. — Voir, à Tannée i83o, n" 323. — Vente De La Combe, premier état : i 3 fr. — Vente Dubois, la même épreuve : 4 fr. — Vente Burty, 1 874 (premier état) : 16 fr. — Vente Villot, 1875, premier état, deux épreuves : 8 fr. 5o. — Vente Burty, à Londres, 1876, premier état: 3 fr. 10. — Publié dans L'Artiste, tome I, année i83r. — Cat. A. Moreau, p. 47.

Premier état. En bas à droite : « Lith. de Delacroix »; à gauche : « Eug. Delacroix » ; au milieu : « Jeune tigre jouant avec sa mère » ; en haut : « L'Artiste ». Deuxième état. Même lettre; seulement en bas à droite : « Lith''= de Castille. » Sur les épreuves de ce tirage, les animaux sont plus corsés peut-être, mais il y a moins de velouté, de souplesse dans le pelage et le travail du ciel a disparu. Il y a encore un état qui porte au bas à droite: « Imp. Bertauts. » On ne voit de trait carré sur aucune épreuve. La planche est travaillée jusqu'aux bords, mais il n'y a pas de filet. Il doit exister un avant premier état, c'est-à-dire sans aucune lettre, mais nous n'avons pu en rencontrer d'épreuve.

l83l L'ŒUVRE DE DELACROIX un

N" 567 : Le roi Rodrigue

Peinture à la détrempe. — H. i"'92, L. o"'95. — Appartient à \L Alexandre Dumas tils. — N" 289 de TExposition posiluime de Eug. Delacroix. — Non catalogué par M. Moreau.

Cette peinture fut exécutée à l'occasion d'une {grande fètc costumée donnée par Alexandre Dumas, le i3 mars i832. Ziéglcr, .'Mfred et Tony Johannot, (dément et Louis Boulanger, Jadin, Decamps, Grandvillc, Baryc et Célcstin Nantcuil avaient déjà terminé leur œuvre quand Delacroix arriva. (1 Sans ôter sa petite redingote noire collée h son corps, sans relever ses manches ni ses manchettes, sans passer ni blouse ni vareuse, Delacroix commença par prendre son fusain; en trois ou quatre coups, il eut esquissé le cheval; en cmq ou six, le cavalier; en sept ou huit, le paysage, morts, mourants et fuyards compris; puis, faisant assez de ce croquis, inintelligible pour tout autre que lui, il prit brosses et pinceaux, et commença de peindre. « Alors en un instant, et comme si l'on eût déchiré une toile, on vit sous sa main apparaître d'abord un cavalier tout sanglant, tout meurtri, tout blessé, traîné à peine par son cheval, sanglant, meurtri et blessécommelui, n'ayant plus assez de l'appui des étriers, et se courbant sur sa longue lance; autour de lui, devant lui, derrière lui, des morts par monceaux; au bord de la rivière, des blessés essayant d'approcher leurs lèvres de l'eau, et laissant derrière eux une trace de sang; h l'horizon, tant que VœW pouvait s'étendre, un champ de bataille acharné, terrible; — sur tout cela, se couchant dans un horizon épaissi par la vapeur du sang, un soleil pareil à un bouclier rougi à la forge; — puis, enfin, dans un ciel bleu se fondant, h mesure qu'il s'éloigne, dans un vert d'une teinte inappréciable, quelques nuages roses comme le duvet d'un ibis. Tout cela était merveilleux à voir : aussi un cercle s'était-il fait autour du maître, et chacun, sans jalousie, sans envie, avait quitté sa besogne pour venir battre des mains à cet autre Rubens qui improvisait tout à la fois la composition et l'exécution. En deux ou trois heures tout fut fini. » [Mémoires de Alexandre Dumas.)

N" 368 : Cromwell devant le cercueil de Charles T'"

Aquarelle. — In-folio. — Numéro 3()3 de la Vente posthume : 1,010 fr. — Appartient à M. René Paul Huct. — Non catalogué par M. Moreau.

Cette aquarelle a été faite à la suite d'une conversation du maître et de son ami le paysagiste Paul Huct, au sujet du « Cromwell » de Paul Delaroche, dont ils regrettaient l'attitude insolente devant le corps du roi. Dans la composition de Delacroix, Cromwell, traversant une chambre écartéedu jialais, rencontre par hasard le cercueil de Charles L s'arrête hésitant, troublé, et se découvre d'un geste gauche qui trahit son trouble intérieur. — Voilà le sentiment vrai, humain. — Notre vignette, faite de souvenir au moment de l'exposition de la Vente posthume, n'est pas d'une exactitude rigoureuse.

N" ^69 : Raphaël dans son atelier

Dessin mine de plomb. — Vente Villot. février i865 : 3o fr. — Cat. A. Moreau, p. 296.

N'' ^70 : Un page tenant un cheval par la bride

Aquarelle. — H. o"^2i, L. o"^29. — • Signé au bas à droite. — Legs de Eugène Delacroix au peintre Pérignon. — Non catalogué par M. Moreau.

M. Pérignon était au nombre des quelques personnes désignées par le maître dans son testament pour s'entendre avec son léga- ' taire universel et classer ses dessins : « Chacun d'eux, ajoutait le L. testateur, voudra bien accepter et choisir un dessin important.» Les " — autres personnes auxquelles le maître confiait cette mission étaient

MM. Dauzats, Carrier, le baron Schwiter, Andrieu, Dutilleux et Burty.

N° jyi : Tigre couché

— Salon de i83i. — En bas à A droite : « Porret. » — Cat. A.

Dessin. — H. o"'070, L. o'^opi. gauche : « Eugène Delacroix. »

Moreau, p. y5.

Ce dessina été gravé sur bois pour le Salon de i83i de Gustave Planche. Premier état. Epreuves tirées hors texte extrêmement rares. Deuxième état. Avec le texte autour du dessin.

Etendu de profil et tourné vers la gauche du spectateur, l'animal présente la tête presque de face. Le fond est composé avec une sorte de décor composé de grandes herbes et de palmiers qui se détachent sur une échappée de ciel.

^""js-vicL—

N'* jji : Portrait de Eugène Delacroix — Étude

Croquis. — H. o"'ii, L. o'"ii. — Appartient à M. Chenavard. — Non catalogué par M. Moreau.

"^i^î^^ Ce très singulier croquis à la mine de plomb a été exécuté par Delacroix d'après lui-même, dans la curieuse attitude d'un homme qui souffle et ouvre les yeux tout grands. Malgré la déformation voulue par l'effort, on reconnaît encore Delacroix.

Année 1882

N'' 37} : Bonaparte en Italie (Milan)

Toile. — H. o'"45, L.o'"6i. — N" i35 de la Vente posthume: 910 fr. — Vente Clésinger, 6 avril 1868 : 800 fr. — Appartient à M. Goldschmitt qui ne permet pas de voir ce qu'il possède et qui consent encore moins à en laisser prendre un croquis. — Cat. A. Moreau, p. 283.

l(S:v2 I/(KUVR1'; l)K DKI.ACROIX i()3

N" : Cavalier turc au repos

Sur soie. — H. o'" i o, L. o'" 14. — Non catalogue par M. Moreau.

Cette tinc composition, sortie comme en se jouant et d'un trait si sûr, si pur des doigts du maître et qu'il n'a même pas daigne signer, a ctc peinte sur un écran que Eugène Delacroix donna dans sa jeunesse à son ami, M. Rivet, dont le nom est revenu si souvent dans ces pages. C'est une peinture à l'huile ou plutôt une sorte de lavis à l'huile, car la fiicture en est si mince qu'au premier aspect on dirait d'une aquarelle. C'est un procède' assez fréquent chez Delacroix et dont nous aurons à reparler.

N" : Portrait du docteur L. Desmaisons

Toile. — H, o'"65, L. o"'34. — Salon de i833 sous le titre : Portrait de M. D. — Cat. A. Moreau, pp. 173 et 234.

Ledoctcur Desmaisons n'était point seulement le médecin de Delacroix: dès 1814, il était aussi son ami. Son nom revient quelquefois dans ses Lettres, notamment dans l'amusant amphigouri adressé h F. Guillemardet le ô décembre i83o : « Je reprends en sous-œuvre la présente lettre pour te tenir au courant de la brillante santé qui me caractérise dans le moment actuel, .le n'en sors pas moins pour le moment du conseil de discipline où, sur ma mauvaise mine, on vient de me donner un répit de quatre mois pour la brave garde nationale dont on ne mè juge susceptible de servir avec que quand je serai un peu engraissé de ma personne. Tu ne t'étonneras pas de la présente manière de m'exprimcr, un tant soit peu inopportune et inattendue dans ma manière d'être d'habitude naturelle, attendu une lettre d'un gendarme de Fouilletourte en Berry, que nous venons d'en faire lecture en société où nous nous trouvons, qui est très drôle et très insolite pour l'expression des pensées dudit gendarme, qui écrit au docteur Desmaisons, qui vient de nous faire boire d'excellent saubayor, que nous en avons bu un verre à ta santé. » (Édition Burty.)

Portrait de M. Boissard de Boisdenier

Toile. — H. o"'6o, L. o'"5o. — Signé et date : « Eug. Delacroix, i832. » — Acheté par M. le baron de Beurnonville, 3,5oo fr. — Non catalogué par M. Moreau.

Le tableau n'a jamais été rentoilé; la peinture en est claire dans lu gamme de tons de Rubens. — Redingote verte, fauteuil rouge cramoisi, fond brun rouge. On croit que ce portrait est celui de M. Boissard de Boisdenier. En tout cas, ce n'est point, comme on l'a dit à tort, celui de Pétrus Borel, l'écrivain romantique que MM. Chenavard, Préault,Riesener, Schwiter, etc., consultés par nous, n'ont point reconnu. Boissard était un amateur distingué, peintre de quelque talent, poète médiocre, excellent violoniste. Fils d'un pharmacien de Tours, il ne prit qu'assez tard son titre de noblesse. Riche, il habita d'abord le petit hôtel Lambert, puis l'hôtel Pimodan, où il eut pour familiers Charles Baudelaire et Théophile Gautier. CVoir la Notice de Théophile Gautier placée en tète des œuvres de Baudelaire.)

)77 : Madame la marquise de Mornay, née de Caulaincourt

Toile. — H. o"^3io, L. o'"235. — Signé à gauciie, non daté. — Appartenant à M. le comte de Mornay. — Cat. A. Moreau, p. 234.

Madame de Mornay avait succombé pendant le choléra de i832, à cinquante-deux ans. Delacroix la peignit de souvenir. A son retour du Maroc, il avait fait un court séjour chez son compagnon de voyage, M. de Mornay, resté son ami. Ce portrait est un pur chef-d'œuvre. La marquise de Mornay est vue presque de face jusqu'à la taille. Elle est coiffée d'un de ces hauts bonnets de dentelles et de rubans à la mode de l'époque. Les brides roses flottent sur une large collerette blanche qui couvre les épaules et rejoint le vaste bouffiint des manches dites à gigot. Une chaîne d'or jette une note claire dans les colorations de la robe sombre. — Nous rectifions les dimensions erronées du cata- Moreau qui donne à tort : H. o"'25, L. o"'2o.

N° ^78 : Monsieur Frédéric Villot

Toile. — H. o"'65, L. o'"54. — Voir à i833. — A M. Borthon, de Dijon. — Cat. A. Moreau, p. 234.

Comme presque tous les portraits que Delacroix faisait de ses amis, celui-ci n'est ni signé ni daté. En 1875-76, M. Georges Villot fils, qui possédait une réduction de ce portrait (voir à l'année i833) offrit au Musée du Louvre celui-ci, qui est de grandeur nature ; mais MM. les conservateurs n'acceptèrent point ce don. Ce refus paraît d'autant plus étrange que Frédéric Villot avait été lui-même conservateur du département de la peinture au Louvre, et que son passage à ce poste important a été marqué par des travaux de classement et des cataloguesqui font le plus grand honneur à sa mémoire. — C'est une œuvre excessivement soignée, d'une facture minutieuse réalisée au moyen de petits pinceaux. Elle n'a pas l'allure libre et indépendante de la plupart des toiles du maître ; peut-être aussi Delacroix, peignant le portrait d'un ami et d'un connaisseur, a-t-il été contenu par les observations de son modèle. Acheté par M. Robaut, le i5 janvier 1877, il a été cédé par lui à M. Borthon au prix de 700 fr.

N'* ^79 : Chien mort — Étude

Toile. — H. o"^4o, L. o"'84. — Vente Hôtel Drouot, 23 mai ^ 1873 : 610 fr. à M. Soutzo. — Vente H. D. du 3o avril au 2 mai 1877 : 880 fr., à M. Perreau. — Non catalogué par 1^^^^^ M. Moreau.

Le chien est rare dans l'œuvre de Eugène Delacroix. Trop voisin de l'homme, trop familier, trop doux, sa servilité n'était point faite pour tenter l'humeur du maître qui se portait tout naturellement au contraire aux animaux de combat et de destruction. Parmi les animaux domestiques, il ne s'est arrêté qu'au cheval, que sa fierté ennoblit autant que sa beauté. Pour la première fois, peut-être, que l'artiste fait un chien, il fait un chien crevé.

1^32 L'ŒUVRE nr-: Delacroix

N"'' 380, j8i : Portraits d élèves de la pension Goubaux

1° Toile. — H. o""5o, L. o"'6o. — Signé au bas à gauche et non daté. — Non catalogué par M. Moreau.

2" Toile. — H. o'"5o, L. o'"6o. — Signé en haut à gauche et non daté. — Non catalogué par M. Moreau.

M. Louis Judicis obtint le premier pri\ de version grecque en quatrième [i832l, le second prix de version grecque en seconde (1H34), le premier prix de di|sertation française en rhétorique (i835). — M. Petit de Beauverger avait obtenu en iS.v2 le premier prix de version latine en quatrième. Il eut également en seconde le second prix de thème grec (1834I et en rhétorique le second prix de dissertation française (iS35). — Voir sur l'institution Goubaux (qu'il faut délinitivement écrire Goubaux et non Goubau) les intéressants Soui'eiiirs littéraires de M. Maxime du Camp, publiés dans la Revue des Deux-Mondes.

N" 382 : Seigneur en armure

et l'intérêt tons magni ic drame et

Toile. — H. o'"240, L. o'"i85. — Non catalogué par M. Moreau.

M. P'rédéric ViUot en avait fait une aquarelle de même dimension qui nous a été communiquée par M. Georges Villot, ce qui nous a permis de faire notre vignette. La couleur du vêtement de dessous est rose ; la draperie du fond, vermillon ; le tapis de table, vert. L'œuvre est du même temps que le « Larmoyeur » d'Ary Scheffer et le motif essentiel identique : un homme en armure. La différence du génie des deux peintres est sensible en de tels rapprochements. Il faut à la peinture d'.\ry Schert'er le soutien accessoire de l'intérêt littéraire, de l'épisode attendrissant ou pathétique. Ary Scheffer fera donc de son homme en armure un roi, le roi de Thulé, le « Larmoyeur. » On cherche l'anecdote, de l'œuvre d'art en soi s'évanouit. Chez Eugène Delacroix, il suffit de quelques hquement associés, d'une attitude simple, du clair regard de deux yeux bleus, et l'émotion d'un temps, d'une date dans l'histoire s'imposent au spectateur.

N*'-'' 383, 384 : Exposition du musée Colbert

En cette même année i832, une exposition fut ouverte dans les salles du musée Colbert au profit des victimes du choléra. Le catalogue mentionne cinq tableaux de Delacroix. Nous en avons reproduit deux : Odette et Charles ^ VI {\oir n" iSj) et ti?i Seigneiirmuntrant le cnrpsde sa maîtresse [xoiv n" i 39). Une Etude de femme couchée peut se rapporter indifféremment à nos n°^ 55, 106, 140, 175, etc. Il ne nous reste donc à compter dans la suite des œuvres du maître que les deux toiles suivantes:

Une femme caressant un perroquet, dont nous n'avons retrouvé aucune trace; 2° Léda, peut-être Tesquissc de la fresque que Delacroix peignit plus tard à Valmoni.

io6 [.'ŒUVRE DE DELACROIX i83^

N° 38^ : Portrait de M. J.-L. Brown

Toile. — Dimensions inconnues. — Salon de i833. — Cat. A. Moreau, p. 173.

N*" ^86 : Paganini jouant du violon

Esquisse sur carton. — H. o'"4[, L. o"'28. — Vente Ad. Hermann, février 1879 : 1,600 fr. à M. Perreau. — Appartient à M. Champfleury. — Non catalogué par M. Moreau.

De lacroix passe pour avoir peint ce sujet pour Ricourt, ancien directeur du journal V Artiste. Du reste, dans les croquis de la vente posthume du maître, il y avait diverses esquisses crayonnées de ce même personnage. — Dans les Notes données à M. Ph. Burty par M. Lassalle- Bordes, nous trouvons un autre témoignage de l'impression que Delacroix avait conservée de Paganini. « Il faudrait, me disait-il, que ce dont on » a la vision pût être rendu sans peine ; il faut que la main acquière égale- » ment une grande prestesse, et l'on n'y arrive que par de semblables 1) études. Paganini n'a dû son étonnante exécution sur le violon qu'en >) s'exercant chaque jour pendant une heure à ne faire que des gammes. C'est pour nous le même 'exercice. « — Ce portrait fut exposé à l'École des Beaux-Arts, en avril et mai i883, à la très intéressante exposition des « Portraits du siècle. »

VOYAGE AU MAROC 387 : Un gynécée arabe

Aquarelle croquis. — H logué par M. Moreau.

Ce léger et fin croquis, rehaussé

125, L. o'"iq8. — Non cata-

ct tin croquis, renausse d'aquarelle, est extrait d'un album" appartenant au duc d'Aumale. L'album contient de charmants dessins de femmes du Maroc, prélude du tableau du Louvre : Les Femmes d'Alger. — C'est dans les premiers jours de i832 que Delacroix partit pour le Maroc, en compagnie du comte de Mornay, ambassadeur de France près de l'empereur Muley Abd-Ehr-Rhaman. Nous suivrons le maître pour ainsi dire jour par jouren ce voyage.

N° 388 : Paniers de fruits et d'œufs

Dessin rehaussé d'aquarelle. — H. o'"i7, L. o'"26. — On lit au bas : « 28 janvier, la monna.» — N" Sbq de la Vente posthume : 5o fr., à M. Bornot. — Appartenait à M. Gavet, gendre de M. Bornot. — Non catalogué par M. Moreau. Les paniers sont posés sur le sol auprès de volailles ; des poussins sortent de leur coque.

N°' 389, 390 : Croquis du Maroc

1° Scpia. — H. o'"i2, L. o"'2o. — A appartenu à M. Picrret. — Non catalogué par M. Moreau.

2" Dessin à la mine de plomb. — H. o'"i6, L. o'"26. — Appartient à M. Bornot. — Non catalogué par M. Moreau.

Le 8 janvier, Delacroix écrit de Toulon h M. Pierret : « J'espère que nous ne tarderons pas trop à partir. C'est probablement pour après-demain... Voilà le Midi enfin ; je me retrouve. La belle vue et les belles montagnes! » En passant par Fontainebleau, il a vu les monstrueuses restaurations des peintures du Primatice par « M. Alau.x: le Romain. » Il ajoute : (( Je suis convaincu que je ne trouverai rien de si barbare en Barbarie. »

391, 392 : Chefs arabes

par

1° Croquis aquarelle. — H. o'"38, L. o" — Vente posthume. — Non catalogué M. Moreau.

2° Crayon noir et sanguine. — H. o"'3o, L. o"'26. — N" 536 de la Vente posthume : 100 fr. à M. Bornot. — Appartenait, en 1877, à M. Porlier, gendre de M. Bornot. — Non catalogué par M. Moreau.

Le 24 janvier, Delacroix écrit : « Enfin devant Tanger ! Après treize jours de marche et d'une traversée tantôt amusante, tantôt fatigante, et après avoir éprouvé quelques jours de mal de mer, ce à quoi je ne m'attendais pas, nous avons éprouvé des calmes desespérants et puis des bourrasques assez effrayantes, à en juger par la figure du commandant de la « Perle». En revanche, des côtes charmantes à voir, Minorque, Majorque, Malaga, les côtes du rovaume de Grenade, Gibraltar, Algésiras. Nous avons relâché dans ce dernier endroit. J'espérais débarquer à Gibraltar, qui est à deux pas, et à Algésiras par la même occasion ; mais l'inflexible quarantaine s'y est opposée. J'ai pourtant touché le sol andalou avec les gens qu'on avait ens'oyés à la provision. J'ai vu les graves Espagnols en costume à la Figaro. t>'a été une des sensations de plaisir les plus vives que celle de me trouver, sortant de F"rance, transporté, sans avoir touché terre ailleurs, dans ce pays pittoresque; de voir leurs maisons, ces manteaux que portent les plus grands gueux et jusqu'aux enfants des mendiants, etc. Tout Goya palpitait autour de moi. C'a été pour peu de temps. »

N° jC}j : Arabe mort

Aquarelle. — Vente Bourlon de Sarty, 4 mai i865 : 275 fr., à M. deBoigne. A. Moreau, p. 292.

Le cavalier est étendu mort sur le sol aux pieds de son cheval immobile.

Cat.

io8

N*" : Conversation mauresque

Dessin à la mine de plomb. — H. o"i4, L. o'"2o. — Fac-similé auto-lithographié par Alf. Robaut, pour la Gaiette des Beaux-Arts^ en i865, dans les dimensions de : H. o"M38, L. o"'i98. — Non catalogué par M. Moreau.

Le 25 janvier, Delacroix écrit : « J'arrive maintenant à Tanger. Je viens de parcourir la ville. Je suis tout étourdi de tout ce que j'ai vu... Nous avons débarqué au milieu du peuple le plus étrange... Il faudrait avoir vingt bras et quarante-huit heures pour donner une idée de tout cela. » — Ce dessin paraît être la composition même d'après laquelle Eugène Delacroix fit l'aquarelle qu'il offrit à son ami M. de Mornay. L'aquarelle n'est, en effet, qu'une répétition du sujet, sans variante. (Voir plus loin, à l'année i833, l'article consacré à l'album du comte de Mornay.)

395, 396 : Femmes juives arabes

1° Croquis rehaussé d'aquarelle. — H. o'"2 9, L.o"M g. — Vente posthume à M. Doria. — Non catalogué par M. Moreau.

H. o^io, L.

Non catalogué

besoin réalité

compa niique

2" Croquis à la mine de plomb. — — Vente posthume, à M. Robaut.

« Les Juives sont admirables. Je crains qu'il soit difficile d'en faire autre chose que de les peindre: ce sont des » (Tanger, 25 janvier.) Il est difficile, en effet, de rien voir de plus noble et d'un plus grand geste que les figures du premier des deux croquis que nous donnons ici. Cela seul justifierait, s'il en était raisons enthousiastes que Delacroix établit si souvent entre cette vivante Le mouvement de la femme à l'amphore se retrouve plus loin.

perles d'Eden.

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