‹ L'œuvre complet de Eugène Delacroix, peintures, dessins, gravures, lithographiesChapitre 29 sur 114 · L. o"'So. ■ Moreau · texte numérisé non relu

L. o"'So. ■ Moreau

Signé en haut, à gauche.

Ce portrait important a figuré à l'exposition posthume du boulevard des Italiens, et en 1878 à l'exposition des portraits nationaux. Il appartenait alors à MadameCinot, lafilledeM. Simon, maître des ballets de l'Opéra, mort à Crécy-en-Brie, eni877.MadameSimon, née Damoiseau, était la fille d'un médecin-vétérinaire, inspecteur général du département de la Seine. On pourrait ranger ce portrait au nombre des plus beaux qui aient jamais été peints. Emporté par la beauté du modèle, Delacroix s'est efforcé d'être à sa hauteur. Le charme du sourire le plus honnête est traduit ici d'une manière indéfinissable. Il y a des rubans moirés dans les coques et grosses boucles des cheveux. Le corsage, qui avait été pris dans les costumes de l'atelier, était de velours gros violet. L'écharpe qui le recouvre par endroits, retenue par les mains, est en crêpe de chine jaune jonquille. Chaîne et broche en or. (Voir à l'année 1834.)

N° 295 : Portrait de Eugène Delacroix

Les

Toile. — H. p'"5i, L. o'"64. — Lithographîé par A. Robaut : o"'207 sur o"M65, et par Letoula : o'"365 suro'"3o5. ■ — Gravé sur zinc pour le journal l'Art (1882), d'après un dessin de Brun. — Appartient au musée du Louvre. — Gat. A. Moreau, p. 237.

Eugène Delacroix avait par testament légué ce portrait à sa gouvernante, Jenny Le Guillou, sous la condition verbale de le donner au Louvre le jour où la famille d'Orléans aurait repris possession du trône. Cet événement ne s'étant pas réalisé, Jenny, à son tour, légua le portrait à Madame Durieu qui en fit don au Louvre en 1872. — Placé d'abord dans un angle de la salle des sept cheminées (salon carré de l'Ecole française], ce portrait est maintenant dans les salles françaises du second étage, dimensions de notre réduction n'ont pas permis de conserver une ressemblance parfaite.

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N" 296 : Sainte Madeleine au pied de la croix

Toile. — ■ H. o'"34, L. o'"2(3. — Date du 27 mai 1829. — Prcseiuc en vente à l'Hoiel Drouoi le 26 janvier 1876; retiré, faute d'enchères, à i,()5o francs; on en demandait 3, 000 fr. — Eau-forte par Ch. Courtry, dans les dimensions de o'"i70 sur o'"i3o. — Cat. A. Moreau, p. 284.

Lorsque Eugène Delacroix a composé ce tableau, il était visiblement préoccupé de Rubcns. L'œuvre manque un peu d'originalité et le dessin de la iNladelcine n'est pas très heureux. Celui du crucifié, au contraire, est plein de noblesse dans sa grande ligne rigide si sévère et si simple. — 0 Que peut vous dire le Christ idéalise des Bs'zantins dans sa froide et sereine impassibilité? 0 a écrit Henry de la Madelcne. " Mais le Christ en croix de Rubens, le Christ mourant de Delacroix, qui les oublie, qui peut les oublier? »

N° 297 : Pieta

Toile. — H. o'"27, L. o"'35. — Gravé à Teau-forte par F. Villot : o"^23i sur o"\3o6. — Vente "Villot, i865 : 435 fr. — Appartient à M. Van Praet de Bruxelles.- — Cat. A. Moreau, p. 264.

Le paysage, l'aspect de la nature, l'état du ciel, l'heure du jour, la saison, concourent toujours dans l'œuvre de Delacroix, à l'effet moral du sujet. En cette esquisse, le maître a placé la scène au déclin de la journée, au moment où passent les dernières lueurs du soleil couchant. Dans la gravure de M. Frédéric Villot, qui ne fut exécutée que dix ans plus tard, en i83<j, la composition est retournée.

N" 298 : Seigneur du temps de François P'"

Aquarelle. — Signé, daté. — Vente Villot, i865 : i5o fr. — Voir Teau-forte à Tannée i833. — Cat. A. Moreau, p. 296.

Dans l'aquarelle, ne figure pas le cheval qui se voit dans le second état de la gravure.

Cheval abattu et cavalier démonté

Introuvable.

Lithographie. — H. o"^i8o, L. o' Non catalogué par M. A. Moreau.

Notre croquis a été fait d'après une contre-épreuve à peine lisible. Le jet du dessin est très beau, et les attitudes de la chute ont une justesse de mouvement absolument remarquable. — A comparer avec le Soir d'une bataille de l'année 1826. C'est le même drame autrement interprété et transporté dans un autre milieu, la même sensation tragique de l'abandon sur le champ de bataille désert.

N"* ^oo : Steenie

Lithographie. — H. o'"i 6 1 , L. o"'2 1 5. — Vente Delacroix : 4 fr. (sous le titre de « Redgauntlet poursuivi par un lutin à cheval »). — Cat. A. Moreau, p. 32.

Cette planche, jusqu'ici inédite, n'est pas terminée. Commencée par Delacroix en 1829, puis laissée de côté, il la reprit en 1841; le ciel fut alors complètement gratté et le terrain du premier plan couvert de nouveaux travaux, afin d'arriver à mieux rendre l'effet d'un clair de lune. Néanmoins, Delacroix n'ayant "i^^k-s^^^^^^SnZ. ■aJsS^.I pas encore été satisfait de son œuvre, l'abandonna de nouveau.

Le geste et le mouvement en sont pourtant bien dignes d'être admirés, à raison de leur concordance avec la grande ordonnance des masses.

N° 501 : Un pendu qui ressuscite

Lithographie. — Cat. A. Moreau, p. 74.

Le pendu court après un homme qui fuit devant lui. Cette planche, destinée à illustrer une nouvelle de M. V. Schœlcher qui porte le titre indiqué plus haut, ne fut jamais terminée; il n'en a été tiré qu'une ou deux épreuves et la pierre grattée ensuite.

N" 302 : Duguesclin

Lithographie. — H. o'"272, L. o"'204. — Vente posthume (les deux pièces, premier état) : 18 fr.; Langlais(les deux pièces, premier état, avec Front-de-Bœuf) : 68 fr.; De La Combe (les deux pièces, deuxième état) : 10 fr. — Cat. A. Moreau, p. 46. Premier état. Sans aucune lettre.

Deuxième état. En haut, à gauche : « Chroniques de France » ; à droite : (( Château de Pontorson » ; en bas, à gauche : « Delacroix del. à Paris, chez H. Gaugain et C'«, rue Vivienne, 2, et rue de Vaugirard, 34» ; à droite : « Imp. lith. de P. Gaugain. London by Engelmann Graff Coindet et C'" Dean Street Soho »; au milieu : « Sous le pied des ch-evaux, le pont-levis résonne. C'est lui, c'est Monseigneur, et dans la vaste cour chacun veut, des premiers, saluer son retour. »

Troisième état. En haut, à gauche : « Chroniques de France »; à droite : ((Scènes de la Fronde » ; en bas, à gauche : (( C. Roqueplan del. « ; à droite : (( Lith. de Ligny et Duplaix, rue Quincampoix, 38 « ; au milieu : « Entrée du duc de Bourgogne ». C'est le peu de succès de cette pièce et de la précédente, avec le nom de Delacroix, qui engagea l'éditeur h y substituer celui de Camille Roqueplan, beaucoup plus populaire à cette époque ; telle est l'origine du troisième état.

Cette pièce et celle qui suit ont été publiées dans un recueil de dix planches lithographiées. Sur la couverture, un encadrement au milieu duquel se détache sur fond noir un écusson entouré d'une guirlande de fleurs. En haut : 0 Madame Amable Tastu »; au milieu: « Chroniques de France, dessinées et lithographiées : MM. Boulanger, Delacroix, Devéria et C. Roqueplan, à Paris » ; en bas : H. Gaugain et C'°, rue Vivienne, n» 2 ».

l82q L'ŒUVRE DE DELACROIX 83

N° jo} : La sœur de Diiguesclin

Lithographie. — Premier état : H. o"'252, L. o'"2o3. — Deuxième état: H. o"'2io, L. o'"i5o. — Gravé sur bois : o"'2 1 o sur o"'2 5o dans \c Magasin pittoresque {Juin 1864). — Cat. A. Morcau, pp. 45, 14^. Premier état. Sans aucune lettre.

Deuxième état. En haut, à gauche : « Chroniques de France » ; à droite : « Château de Pontorson » ; en bas à gauche : « Delacroix, fec; il Paris, chez IL Gaugain et C'", rue Vivicnnc, 2, et rue de Vaugirard, n" 34 »; ii droite : « Imp. lith. de H. Gaugain, London by Engelmann GralT Coindet et C'" Dean Street Soho »; au milieu : u Soudain courant à lui, la sœur du châtelain le frappe de l'épée en s'ccriant : Guesclin. Octobre 1829. »

Troisième état. En haut, à gauche : « Chroniques de France » ; à droite : « Scène de la Fronde « ; en bas, à gauche : « C. Roqueplan dcl. » ; adroite : « Lith. de Ligny et Duplaix, rue Quincampoix, 38 » ; au milieu : « La Tour de Nesles. >> Cette lithographie a été exécutée sur pierre par le procédé dit au lavis.

N° 304 : Richard et Wamba

H. o"Uc)S, L. o"'255. — Cat. A. Moreau,

Lithographie, p. 3 I .

Cette lithographie est extrêmement rare. M. Riésener possédait, avec le croquis original de cette composition, le calque qui servit à Delacroix pour le transporter sur la pierre. C'est le croquis même que nous reproduisons. La lithographie ne porte ni lettre, ni date, ni signature. On sait que le motif est emprunté à VIvanhoe de Walter Scott. Richard et Wamba se sont arrêtés dans la forêt. Ce dernier montre du doigt l'endroit oit se dissimulent les hommes de Jean-sans-Terre.

N°' ^o^, ]o6 : La Fiancée de Lamermoor

état.

^''if'VCy'-J-'^^ Lithographie. — ^ H. o"'2i7, L. o^\\-^. / m^'^^i'^.'-'^y; — Vente De La Combe (premier étal) : i q tr.

— Vente De LaCombe (premier étal)

— Cat. A. Moreau, p. 47.

2" Lavis à Tencre de Chine. — H. o"'i4, L. o"'ii. — Variante du précédent.

Premier état. En haut : « Walter Scott, chap. XXIX » ; en basa gauche : « Delacroix, fec, à Paris, chez E. Ardit, éditeur, rue Vivienne, 2 » ; h droite : « Imp. lith. de E. Ardit London by Engelman Graff Coindet Dean Street Soho»; au milieu : « n" 17, January i83o » ; puis ces mots :(i Et l'oiseau tomba aux pieds de Lucie dont la robe fut tachée de quelques gouttes de sang. » Avec le texte anglais en regard. En bas adroite : n Imp. lith. de E. Ardit » ; mais sans l'adresse de Ardit à

Deuxième

gauche, ni celle de Engelmann à droite et sans la date en anglais au-dessous du n" 17

N° ^07 : Front-de-Bœuf et la sorcière

Lithographie. — H.o'"2io,L. 200. — Ventes Langlais : 68 fr. (avec les deux pièces des « Chroniques de France)»; posthume (sous le titre de « Boisguilbert sur son lit, maudit par la Sorcière ») : "5 fr.; Sensier, décembre 1877 : 25 fr. — Cat. A. Moreau, p. 3 i .

La force du mouvement en cette scène, tirée de VIvanhoe deWalter- Scott,est admirable et, malgré la richesse du lieu où elle se passe, des boiseries sculptées, des hautes courtines relevées et drapées, des armes jetées dans l'ombre, elle prend un caractère de violence, de désordre absolument fantastique, qui tient précisément h l'habile contraste d'un décor somptueux et de personnages à demi nus et dépenaillés.

N" )o8 : Front-de-Bœuf et le Juif

Lithographie. — H. o"'i 66, L. o"'2i7. — Vente Parguez (deuxième état) : 3 fr. — Langlais, 1868 (deuxième état) : 2 fr. — Vente posthume (deux épreuves, premier et deuxième états) : 7 fr. — Cat. A. Moreau, pp. 45 et 74.

état. Croquis sur les marges: à gauche, une femme pied, les bras lies derrière le dos; à droite, une ' ' ' femrne en buste, les cheveux epars flottant sur ses épaules découvertes. Nous donnons une reproduction de ces deux croquis.

Deuxième état. Sans les croquis. Ln haut à gauche : « Ivanhoé » ; à droite : « Chap. XXII»; au milieu : « Walter Scott ». En bas à gauche : « Delacroix, fec, à Paris, chez Gaugain et C'o, rue Vivienne, n" 2 »; à droite : « Imp. lith. de H. Gaugain, rue de Vaugirard, p° ^4; London by Engelmann Coindet et C'°, St-Martin Lane L^'ice.-.''*^ square»; au milieu: « n° II, septembre 1829 » et ces mots : « Chien maudit issu d'une race maudite, vois-tu ces balances? Il faut que tli m'y pèses mille livres d'argent » . Et le texte anglais en regard.

N" p9 : Lion de l'Atlas

Lithographie. — H. o"\33, L. o'"46. — Ventes Dubois {premier état, avec le tigre) : 41 fr.; Langlais (premier état, avec le tigre et deuxième'état : 33 fr.; Soleil (premier état, seul) : 2 3 fr. — Cat. A. Moreau, p. 43.

Premier état. Sans aucune lettre.

Deuxième état. En bas, à droite : « Delacroix, fec. ». Certaines épreuves sans nom ni adresse d'imprimeur; au milieu ; « Lion de l'Atlas » et le timbre sec en triangle de « E. Ardit à Paris»; Troisième état. En bas à gauche : « A Paris, chez H. Gaugain et C'", rue de Vaugirard, n» 34; » à droite : « Delacroix, fec, Imp. lith, de H. Gaugain, rue Vivienne, n" 2; » au milieu : c. Lion de l'Atlas. » Il existe de cette planche et de la suivante une copie retournée.

N"" 3 10 : Tigre royal

Lithoi^raphie. — H. o"'33, L. o^^^b. — Ventes Delacroix (premier état) : 5o fr.; (deuxième état) : 21 fr.; (deuxième ctai sur chine, mais coupée, avec le Lion de TAllas) : 20 fr.; de C. i"^'' février i86r (les deux pièces, deuxième état) : 9 fr. — Cat. A. Moreau, p. 44.

Premier état. Sans aucune lettre;

Deuxième état, tn bas à gauche : « A Paris, chez Gaugain et C'<', rue de Vaugirard, n° 2, à Paris, »; tandis que dans le troisième état on lit : « Rue Vivienne » et non pas comme ici deux fois : n Rue de \'augirard ; » au milieu : « Tigre royal. »

Troisième état. En bas à gauche <( A Paris, chez H. Gaugain et G'", rue de Vaugirard, n" 34; » h droite : <> Delacroix, fec, imp. lith. de H. Gaugain, rue Vivienne, n" 2; » au milieu : « Tigre royal. «

Une lettre de Constant Dutilleux dit bien l'effet que produisirent ces travaux sur la jeunesse enthousiaste d'alors : « Il vient de paraître de lui deux belles lithographies, un lion et un tigre; c'est beau comme un Delacroix. Je n'en sais pas le prix, je n'en sais que la beauté. »

N°' ^11, ^12: Vercingétorix

i" Lithographie. — H. o'"25, L. o'"i8. — Ventes DeLa Combe, i863 : 20 fr.; posthume, 1864 (les deux pièces): 7 fr.; Dubois, 1 866 : 5 fr.; Soleil, 1 872 (dans un lot): 38 fr.; Cat. A. Moreau, p. 44.

En légende, en bas à gauche ; « Lacroix, 182g, » et à droite : « Lith. Engelmann. »

Cette planche servit de cul-de-Iampe pour l'introduction du Voyage en Auvergne du baron Taylor. p. 9.

2° Delacroix avait commencé sur ce même sujet, dit M. Moreau, une première pierre restée inachevée. — H. o"'2 3o, L. o"m6o. — La tête du guerrier seule est terminée, le reste du personnage et le bouclier sont légèrement indiqués. Le paysage et les accessoires du premier plan n'existent pas, même en indication.

Nous ne connaissons de cette planche incomplète que deux épreuves; Tune de ces épreuves est conservée à la Bibliothèque nationale.

N" ^ 1 3 : Esclave turque

Lithographie. — Cat. A. Moreau, p. 74.

Nous reproduisons textuellement ce que dit M. Moreau de cette lithographie que lui-même n'a jamais rencontrée en dépit de ses recherches : « Vêtue d'un riche costume oriental, l'esclave est assise sur un sopha très bas. »

Lithographie d'une aquarelle de Richard-Parkes Bonington. — « Delacroix, peu satisfait de cette lithographie qui ne rendait pas assez bien selon lui la vigueur de l'original, la fit effacer sur la pierre après un tirage de deux épreuves. »

N*" 5 14 : Tigre couché

Eau-forte. — H. o'^ogô, L. o"'i48. — Vente posthume (trois épreuves du troisième et du quatrième état) : 7 fr. — Cat. A. Moreau, p. 1 8 et 1 9.

Premier état. Eau-forte pure.

Deuxième état. L'animal est à peine visible sous les travaux de roulette, le côté droit du premier plan entièrement blanc sans aucune hachure.

Troisième état. Le dos de l'animal se détache en foncé sur le fond et la tête en clair. Il n'y a pas trace de paysage à gauche.

Quatrième état. Le corps de l'animal, extrêmement vigoureux, s'enlève franchement sur le rocher très nourri de détails; le fond du paysage très nettement indiqué. Cinquième état. Bords rectihés.

Sur certaines épreuves, le terrain et le rocher, incomplètement essuyés, produisent des effets tout à fait différents et font croire au premier abord à des états plus nombreux.

N^^ 315, ) 16 : Études de chevaux

I'' Cheval pur sang à Técurie. — Aquarelle. — Vente Villot. — Appartient à M. Pierre Legrand. — Non catalogué par M. Moreau. 2° Cheval vêtu pour la promenade. — Aquarelle.— Vente posthume. — Vente Pils: 1 10 fr. — Non catalogué par M. Moreau.

Nous ne nous lasserons pas de reproduire ni d'admirer les innombrables études de chevaux sorties de la main de Eugène Delacroix. La sincérité de son travail d'après la nature nous livre le secret de sa puissante imagination dans les œuvres composées, s'il est vrai que le meilleur de l'imagination soit fait de mémoire.

N'' 3 17 : Psara. Épisode de la guerre des Turcs et des Grecs

É Dessin. — Gravé par Pourvoyeur: H. o'"o70, L, o'"o6o. — Cat. A. ^ Moreau, p. 106.

\ Un janissaire foule aux pieds deux Grecs morts. De la main droite il tient un cimeterre, de la gauche l'étendard du prophète. Au fond, apparaissent ^ les murailles crénelées d'une ville. ^ Comme le suivant, ce dessin fut composé pour l'édition illustrée des C«flKsons de Béranger. Il fut fait successivement plusieurs tirages de ces planches. Les remarques faites au numéro suivant sur ces divers tirages des planches et les substitutions de nom, s'appliquent également à ce numéro. Il y aurait donc trois états de ces planches. Le premier sans titre; le second avec le titre et les noms de Jules Boquet et de Perrotin, éditeurs; le troisième, sans le nom de Boquet, et avec celui de Mauduit au lieu de Pourvoyeur. — Nous mentionnons les trois états signalés par M. Moreau, mais nous croyons à une erreur. Nous n'avons jamais vu qu'un seul état de cette planche.

l83o L'ŒUVRE DE DELACROIX 89

N" J18 : Louis XI

par Pourvoyeur ( premier il. o'"o55 (deuxième ctatl, ^ Cat. A.

Dessin. — Gravé ctai) : H. o'"o66,

H. o'"79, L. o"H)i. — Cat. A. Moreau, p. 10;

Le roi vient de quitter son fauteuil et s'approche d'une fenêtre grillée; derrière lui, un page et deux hommes d'armes.

Ce dessin a été fait en vue de la gravure pour la première édition illustrée en quatre \ o\umcs des Cluvi.sons de Bérangcr, publiée par Pcrrotin en i82(j. Chariot, Decamps, Bonington, Grenier, collaborèrent avec Delacroix à celte édition. La gravure était de Pourvoyeur. Dans une édition ultérieure qui parut en 1844, et qui se compose de deux volumes in-12, les planches furent agrandies et le nom de Mauduit substitué à celui de Pourvoyeur.

N*^ ^19: Page conduisant un cheval

Dessin rehaussé d'aquarelle. - H. o'"i 16, L. o"'i 55. — Non catalogué par M. Moreau.

Cette aquarelle non signée a été offerte à AL Paul Lacroix (Bibliophile Jacob) par Jules Janin, en 1829, peu de jours après que Eugène Delacroix l'eut terminée, à l'intention de ce dernier. Jules Janin publia des « Salons » dans V Artiste. Delacroix lui écrit en iS'ig pour le remercier au sujet d'un article et ajoute ; « Quoique je n'aie pas encore obtenu d'être rangé au nombre des bons sujets de la peinture, docile aux avis de VEchi^e et autres, je n'en suis pas moins très flatté d'occuper de moi. Tenir de la place, voilà, il faut en convenir, l'ambition de tous nous autres, et en tenir,autant dans vos lignes, mon cher Janin, est chose plus flatteuse encore. » Ce VEcluïie est Etienne Delécluze, le critique classique d'alors au Journal des Débats.

Année i83o

N" )20 : Cromwell au château de Windsor

Toile. — Dimensions inconnues. — Salon de 1 83 i . — Cat. A. Moreau, p. 171.

On lit dans le livret du Salon de i83i, sous le numéro 5 14 : « Cromwell dans le château de Windsor. Ayant retourné par hasard un portrait de Charles I"^'", il tombe ii cette vue dans une méditation profonde; il oublie qu'il a un témoin qui l'observe : c'est un espion du parti royaliste qui a obtenu accès auprès de \m\Wodstock, de Walter Scott). — Appartenant à AL le duc de ^'itz-James. » Le tableau est sans doute en Angleterre.

W 321 : Bataille de Poitiers

intense du combat homme à homme, corps

Toile.— H. i'"i3,L. i ■"45.— Signé et daté. — Exposition universelle de i855. — Appartenait alors à M. le vicomte d'Osembray. — -Ventes Marmontel, i i mai 1868 : 28,000 fr.; Edwards, 7 mars 1870: 42,650 fr., à M. Aguado. — Cat. A. Moreau, pp. 189 et 258':

Le titre complet de ce tableau célèbre est : « Le roi Jean à la bataille de Poitiers. Son jeune fils, Philippe-le-Hardi, cherche à le protéger dans la mêlée. 1) Admirable, tragique mêlée, en effet, d'hommes et de chevaux combattant sous le ciel bas, sinistre, où se mêlent aussi les nuées furieuses. Rien ne ressemble moins aux batailles de convention, rien ne donne la sensation plus à corps, des étreintes meurtrières.

N" j22 : Bataille de Poitiers — Esquisse

Toile. — H. o'"45, L. o'"55. — Esquisse. — Numéro 54 de la Vente posthume : 4,700 fr. à M. de Laage. — Vente Diaz, janvier 1877: 12,000 fr.; baron de Beurnonville, avril 1 880 : 10,000 fr. — Cat. A. Moreau, p. 3 1 1 .

Il semble, au premier aspect, que les différences entre Tesquisse et l'œuvre définitive (voir ci-dessus) soient insensibles. Les personnages sont groupés de même et à peine plus nombreux dans le tableau^ On remarquera cependant que, dans celui-ci, le maître a baissé la ligne d'horizon, de manière à ce que les étendards se détachent en vigueur sur le ciel, ce qui donne plus d'air et de mouvement à la composition. Lorsque, en i83i, Delacroix réalisera la Bataille de Nancy, dont il avait tracé l'esquisse en 1828 (voir n° 261], il apportera dans la composition des modifications analogues.

N" 325 : Jeune tigre jouant avec sa mère

Toile. — H. i'"27, L. i"^90. — Signé, daté. — ^ Salon de i83 i .

— Gravé à Peau-forte par Charlotte Julien : H. o'"i46, L. o™225 ; et en bois par Bœtzel, d'après Feyen-Perrin pour les Artistes de mon temps de Charles Blanc: H. o^iiq, L. o'"i65. — Lithographié par le maître (voir année i83i).

— Cat. A. Moreau, pp. 47, 104, 171.

Cette admirable étude, qui faisait la gloire du cabinet de M. Maurice Cottier, avait été peinte pour M. Thuret. M. Cottier, en mourant, l'a léguée au Louvre, ainsi que son Hamlet ; mais il en a laissé l'usufruit à madame M. Cottier.

l83o L'ŒUVRE DE DELACROIX

N" 324 : Jésus et le paralytique

Toile. — H. o'"24, L. o'"28. — Appartient à M. Choquet. — Non catalogue par M. A. Moreau.

Cette esquisse est d'un ton vineux très doux et d'un sentiment de compassion délicieux encore apparent dans notre croquis, malgré la petitesse des dimensions. Le geste sutHt à l'éloquence de l'œuvre, non seulement ici, mais, on peut le dire, dans l'œuvre entier de Eugène Delacroix,

N° 32^ : Indien armé du gourka-kree

Toile. — H. o"'4o, L. o'"32. — Signé à droite. — Salon de 1 83 1 . — Gravé à Teau-forte par Lerat pour la Galerie Durand-Riiel : H. o""i25, L. o'"098. — Cat. A. Moreau, p. 171.

Ce tableau, peint pour M. Pierret, fut copie par le maître lui-même, à la suite du Salon de i83i, pour M. Alexandre Dumas. Il fut expose de nouveau, en I 878 , dans la galerie de M. Durand-Ruel. La puissance du ton, en cette petite toile, est merveilleuse et le geste superbe. Debout à la lisière d'un bois, l'Indien en embuscade écarte des branches d'arbre pour examiner les mouvements des troupes anglaises, campées à quelque distance dans une plaine. — Delacroix, dans sa jeunesse, avait fait une longue et patiente étude des miniatures indiennes, les avait copiées et recopiées avec la plus na'ive fidélité (M. Philippe Burty possède quelques-unes de ces copies). Mais ici le maître interprète librement, avec une adrable certitude, un motif qui lui était ainsi devenu familier.

N" 326 : Le 28 juillet i8p

Toile. — H. 2'"62, L. 3'"32. — Salon de i83i.

— Exposition universelle de i855. — Gravé à Peau-forte par Salmon : H. o'"35o, L. o"'443

— Lithographie par Mouilleron : H. o'"235, L. o'"264. — Gravé sur bois pour affiches et frontispice de V Histoire de dix ans, de Louis Blanc (affiches: H. o'"69, L. o'^So; frontispice: H. o"'22, L. o'"i5). — Appartient au Musée national du Louvre. — Cat, A. Moreau, pp. i23, 140, 2o5, 171.

« Le Vingt-huit Juillet » dit Théophile Gautier, (( est un morceau unique dans l'œuvre du peintre qui, cette fois seulement, aborda le costume moderne. Auguste Barbier venait de lancer ses « ïambes » enflammés, et cette rude poésie à la bouche noire de poudre et aux manches retroussées pour le combat, dut échauff"er la verve du peintre. On retrouve, dans sa composition miréelle, mi-allégorique, tous les personnages du poète, depuis la forte femme « aux puissantes

mamelles », jusqu'au pâle voyou au corps chétif, au teint jaune comme un vieux sou. Cette Liberté demi-nue, coiffée du bonnet phrygien, agitant le drapeau tricolore au-dessus d'une barricade jonchée de cadavres, étonne et surprend par son aspect fantastique au milieu de personnages d'une réalité crue et brutale; mais, cette dissonance acceptée, quelle figure neuve que celle de l'enfant embarrassé dans les buffleteries d'un soldat mort qu'il a dépouillé et tenant un pistolet d'arçon! Comme c'est bien le gamin de Paris, cette graine de héros, si elle tombe en bon terrain ! Comme ces cadavres du premier plan sont jetés avec une vérité terrible, pêle-méle parmi les poutres et les pavés 1 »

Delacroix estimait assez ce tableau pour en invoquer le souvenir comme un titre à l'appui de sa candidature à l'Académie des Beaux-Arts en février iSSy, par suite de la mort du baron Gérard. On trouve le 28 juillet i83o parmi « les noms de quelques-uns des ouvrages sur lesquels il prend la liberté d'appeler les souvenirs indulgents de l'Académie.

}2j : Un fait inconnu de juillet 1830

Dessin. — Gravé sur bois par Porret pour le « Salon de i83i » de Gustave Planclie : H. o'^ogo, L. o^ioo. — Gat. A. Moreau, p. 142.

Il est de tradition que Delacroix dessina lui-même le bois. Le premier état porte, en bas, à gauche:» E. Delacroix »; adroite: « Porret». Le deuxième état porte, en bas, au milieu : « Un fait inconnu de Juillet i83o «.C'estune réduction sommaire du célèbre tableau reproduit sous le numéro précédent. « Les insurgés de la barricade, dit Théophile Silvestre, s'enivrent de poudre et de soleil au fond d'un quartier noir et tortueux de la vieille Cité, entre l'Hôtel-de-Ville qui les mitraille, l'Hôtel-Dieu qui les repousse et la Morgue qui les attend.»

N'' 328 : Portrait dun élève de la pension Goubau

Toile ovale. — H. o'"6o, L. o^So. — Signé, daté au bas à droite. — Appartient à M. G. Arosa. — Non catalogué par M. Moreau.

Amédée Berny d'Ouville fut, comme l'avait été son frère Eugène en 1828, lauréat du concours général en i83o. Il était alors en sixième et obtint le second prix de thème latin. Il mourut plus tard, en mer, dans une traversée de l'Atlantique. Il est vêtu d'une redingote brun verdâtre, d'un gilet jaune citron, d'une cravate rose clair. Ce portrait soumis à M. Eugène Berny d'Ouville, est reconnu par lui et il s'écrie : a C'est bien mon frère, il avait tout à fait cette petite tête de fouine.» Et tel est, en effet, le mérite particulier des portraits peints par Eugène Delacroix. Il n'y faut pas chercher la ressemblance photographique, proprette, bourgeoise, on ne l'y trouverait point. Mais ce qu'on est toujours sûr d'y rencontrer, c'est l'exactitude absolue et caractéristique du type.

N° 329 : Tigre couché

Pastel. — H. o""! 5, L. 6^22. — Vente baron de G. i858 : i5o fr. — (Voir Teau-forte originale à l'année 1846). — Gat. A. Moreau, p. 293.

N° jjo : Gluck au piano

Pastel relevé d'aquarelle. — H. o"^222, L. o^ijo. — Grave à Teau-forte, de mêmes dimensions, par M. Villot. — Vente Villot, i8()4 : 96 francs. — Cat . A. Moreau, pp. 85, 25. «Le musicien exécute au piano l'opéra d'Armidc; il prie son auditeur, debout à ses côtés, de lui tourner les feuillets d'une prétendue partition dont toutes les pages étaient blanches. »

11 existe de l'eau-torte de M. Villot plusieurs états. Le premier, à l'eaufortc pure, n'a aucune lettre : deux épreuves. ^Le deuxième état, avec des travaux de roulette, montre la lettre. En bas à gauche : « Eug. Delacroix, del. »; à droite : « Frédéric Villot, sculp., i835 ». Dans le troisième, la tète de Gluck a été refaite. Quatrième état : Tous les travaux de roulette et de pointe sèche sur l'habit et la culotte sont adoucis et rendus plus transparents.

} 3 1 : Jeune fille auprès d un puits

Aquarelle. — Salon de i83i. — Cat. A. Moreau, p. 172.

3P, 333, 334, '■ Les Saisons

i°Le Printemps. — Sépia.

—H. o^iSS, L. o'"27o.

2" L'Été. — Sépia. — H.

3" L'Automne. — Aquarelle. — H. o'"i3o, L.

4° L'Hiver. — Sépia. — H. o-^ogS, L. o'"i35.

Ces quatre sujets ont été exécutés, dit-on, en peinture pour la salle à manger de Talma. Nous reproduisons les dessins qui ont passé à la Vente posthume et qui appartiennent, avec d'autres croquis de ces compositions, à M. Alfred Rehaut. Ils ne sont pas catalogués par M. Moreau.

N'' }}6 : Cheval arabe

Aquarelle. — Ventes Villot, i865: i 5o fr.; Barillot, 1 866 : 172 fr. — Cat. Moreau, p. 29 1 . « Il est tourné vers la gauche. Dans le fond, une tente et plusieurs figures. »

N° jjy : Lion

Aquarelle gouachée. — H. o'"2o, L. o"3o. — Vente baron de G., i858 : loo fr. — Cat. A. Moreau, p. 293.

N'' j}S : Gulnare

Aquarelle. — Salon de 1 83 i . — Cat. A. Moreau, p. 1 72.

Gulnare vient trouver Conrad dans sa prison (Lord Byron, Le Corsaire).

N" ^ 39 : Ecce Homo

Sépia.— H. o"M5, L. o'^op. — Salon de 1 83 i.— Voir i833.— Cat. A. Moreau, p. 172.

N° ^40 : L'église des Jésuites

Sépia rehaussée d'aquarelle. — H. o"'253, L. 0^200. — Gravé à Peau-forte, de mêmes dimensions, par M. Villot en 1848. — Gat. A. Moreau, p. 88.

Le sujet est tiré du conte d'Hoffmann. Le voyageur aide le peintre qui travaille dans la chapelle; le premier est monté sur une échelle au pied de laquelle se tient le peintre, sa palette à la main. De l'eau-forte de M. Villot, il existe plusieurs états, qui, tous, ont la lettre gravée à la pointe. En bas, à gauche : « Eug. Delacroix, del. »; à droite : « Fréd. Villot, sculps., 1848 »; au milieu : « L'église des Jésuites (Hoffmann) ».

Le premier état est à l'eau-forte pure; le deuxième a reçu des travaux de roulette; sur le troisième, les yeux du peintre sont effacés. Le quatrième montre la téte du peintre retouchée et le terrain du premier plan très teinté.

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