‹ L'œuvre complet de Eugène Delacroix, peintures, dessins, gravures, lithographiesChapitre 73 sur 114 · I.CKI. VKL 1)1. DKI.ACkOiX · texte numérisé non relu

I.CKI. VKL 1)1. DKI.ACkOiX

N" 1192 : Les disciples d Emmuus

Toile. — H. o"'.^(), L. o'"46. — Salon de i833. — Grave sur bois pour V Illustration, i853, dans les dimensions de: H. o"'i4o, L. o"'io5. — A fait partie des collections de madame Herbelin, de M. Fanien et de M. Monjean. — Cat. A. Moreau, pp. 145, 187.

Notre vignette a c'té faite d'après la gravure de V Illustration, avant que nous ayons eu le tableau à notre disposition; c'est ce qui explique l'indication des pans coupes aux angles de la toile. Le tableau est exactement à angles droits. Ce très noble tableau, si simple, si humain et par là divin, d'une coloration et d'une entente de lumière merveilleuses, souleva les protestations de la critique académique. La seule vengeance qu'on ait à en tirer ici est de mettre en regard de l'œuvre même quelques lignes de cette critique :« Sont-ce des disciples pénètres d'un respect religieux à la vue de leur maître, ou des convives en appétit que ces deux hommes attables, la serviette sur les genoux, le verre fort près de la main, comme ces joyeux compères que Jordaens aimait à peindre.'' Cette figure aux traits et à l'attitude vulgaire peut-elle passer pour le Christ se révélant aux yeux de ses compagnons et trahissant tout à coup son essence divine? Que dire cnhn des accessoires de la scène, de l'ajustement et du costume moderne des personnages, de cet escalier à balustres de bois comme on en voit dans les vieilles maisons des deux derniers siècles ':' ...C'est peu pour un artiste comme .M. Delacroix de colorier savamment un fond, de disposer habilement l'eflèt de quelques tons : c'est une faute grave que de sanctionner par son exemple les tentatives de l'art matérialiste, et de rabaisser la grandeur d'une scène des Évangiles au niveau d'une scène d'hôtellerie Hamande. « — Cette oeuvre si haute, de l'art matérialiste ! Oh reste confondu d'un tel jugement exprimé par un homme qui, nous l'en félicitons, a donne des preuves moins discutables de son goût en fait d'art.

N° : Education de la Vierge

Toile. — H. o'"44, L. o"'5.|. — Voir variante a rannéc 184.2. — Appartient à M. Bischoffsheim. — Non catalogué par M. Moreau.

En se reportant aux numéros 752 et 753 on trouvera, à l'année 1842, l'origine de ce tableau fournie par la correspondance du maître. 11 était alors h la campagne a Nohant, chez madame Sand, et il donne dans une lettre à iM. Pierret une aimable idée de la vie qu'on y mène : « Le lieu est très agréable et les hôtes on ne peut plus aimables pour me plaire. Quand on n'est pas réuni pour dîner, déjeuner, jouer au billard ou se promener, on est dans sa chambre, à lire ou à se goberger sur son canapé. Par instants, il vous arrive, par la fenêtre ouverte sur le jardin, des bouffées de la musique de Chopin, qui travaille de son côté; cela se mêle au chant des rossignols et à l'odeur des rosiers. Tu vois que, jusqu'ici, je ne suis pas très à plaindre, et, cependant, il faut que le travail vienne donner le grain de sel à tout cela. Cette vie est trop facile, il faut

3ue je l'achète par un peu de cassement de tête; et comme le chasseur qui mange avec plus 'appétit quand il s'est écorché aux buissons, il faut s'évertuer un peu après les idées, pour sentir le charme de ne rien faire. 1 ^Lettres, édition Burtv.)

320 L'ŒUVRE DE DELACROIX l'S52

N*" 1 194 : Pirates africains enlevant une jeune lemme

Toile. — H. o'"64, L. o"'8o. — Signé à gauche, daté : «1852». — Salon de i853. — Caricaturé par Bertall. — Appartient à M. Bischoffsheim. — Cat. A. Moreau, p. 187.

A la fin de novembre i852, Delacroix considérait comme terminées ses peintures de l'Hôtel de Ville; mais quand il les vit en place, le lieu était si mal éclairé qu'il fut forcé de retoucher partout. Ce travail de retouche ayant été interrompu par les fêtes et réceptions de l'hiver, c'est pendant cette suspension que le maître peignit, (• outre quelques petits tableaux », le Martyi-e de saint Etienne, le Repas d' Emmaûs et les Pirates, qu'il envoya au Salon de i853.

N" 119^ : Pirates africains enlevant une jeune femme

Croquis à la mine de plomb. — H. o'"22, L. o'"34. — Voir le tableau décrit au numéro précédent. — Non catalogué par M. Moreau.

Il est impossible de rendre d'une façon plus claire et plus saisissante cette petite scène dramatique. L'expression par le mouvement ici est menée aussi loin qu'elle peut aller. Le geste de l'homme qui pousse la barque pour la mettre à flot est d'une justesse admirable. Chacune de ces figures a son rôle dans l'action qui doit être lestement menée, car il est évident, à l'attitude de chacun, que les pirates sont poursuivis et serrés de près. Un critique peu indulgent pour Delacroix vantait en outre «la splendeur des tons du paysage.» — Le jour où il trou\a cette composition, Delacroix ne dut pas être triste. « Travaillez toujours, écrit-il à M. Andrieu, c'est encore la meilleure manière d'employer son temps, même quand on en retire peu de profit. C'est mon grand moyen contre les chagrins de la vie : non pas que je n'enrage souvent. Quand je fais mauvais, je suis fort triste, et puis il vient de bons moments qui me relèvent un peu.» [Lettres, édition Burty.)

N*" 1196 : Un marchand arabe

Toile. — H. o'"37, L. o'"45. — Signé en haut vers la droite.

— Gravé à Teau-forte par Duvivier, pour le catalogue de la vente Sourigues, dans les dimensions de : H. o'^iog, L. o'"i36. — Vente Jolly d'Auxerre, 17 mai 1873, retiré; vente Sourigues, 28 février 1881 : 7,8o5 fr. à M. Perreau.

— Non catalogué par M. Moreau.

Le marchand traite avec une femme juive. Ce tableau fut exposé autrefois à Bordeaux. Il est ainsi décrit dans le catalogue de la vente Sourigues : « Accroupi sur une natte, un marchand marocain présente des bijoux à une femme juive. Autourde lui sont disséminés des étoffes et des coffrets contenant sa marchandise. » Ajoutons que dans l'ombre, à droite, derrière la femme, est adossé au mur un jeune homme k l'attitude nonchalante.

i.(Krvi<i: m: ni; i \(:Rf)i.\

N" I iQ" : Marphisc. - — Etude de composition

\ Croquis. — H. o"'ij, L. o""24. — Voir Icn lumicros suivants,

^r^fb — Non cataloj^ué par M. Moreau.

' -^i ^l\^i*'''^'-5> ' ' C'est ici la première penscc, la première forme sous laquelle l'iJee jf^nutjvv^:^"!^''^? plastique Je ce charmant motif se présente à l'esprit du maître. ^:v>.,syM^-^>>^li ^^ l'inabel vient d'être désarçonné, son cheval s èchappe en bondis- } sant, celui de Marphise se raidit en regardant la victime du com-

■-^ ■ V, ' ' ' ' bat; la petite femme nue, dépouillée de ses vêtements, est vue de face. De cette première conception il restera peu de chose dans la composition detinitive. à peine la disposition de la lance; mais tout ce qui trahit encore, en ce dessin, la récente émotion de la lutte, disparaîtra, c'est-à-diie le raidissement de l'attitude dans le groupe triomphant. Le corps de Pinabel et son cheval en fuite seront rcjetés. dispersés à des plans plus éloignés, dans la perspective d'une allée jirofonde.

N" iiq8: Marphise. — Sujet tiré de l Arioste

Toile. — H. o"'8o, L. i"'oo. — Signé au bas à gauche Cl daté : Il 852». — Lithographie par Eugène Le Roux (en maints endroits, la pierre a été retouchée par Delacroix! dans les dimensions de : H.o"'270, L.o"'33o. — Livré à NL Bonnet au prix de i,5oo fr. — Vente Bonnet, iq février i853 : 1,100 fr.; vente H. D., 20 mai 1881 : 25,100 fr. — Cat. A. Moreau, pp. i 1 5, 247.

Marphise, après avoir vaincu le chevalier Pinabel, dépouille sa maîtresse de ses riches atours pour en parer la vieille qu'elle emmène avec elle. I L'Arioste, Roland furieux, chant XX; stances 108 et suivantes.) Delacroix ayant retouché notablement la pierre lithographiée par iNL Le Roux, nous donnons par exception la description des états. Premier état. En bas, h gauche : « E. Delacroix pinx."; à droite, oEug. Le Roux, lith. " ; au milieu : « Imp. Bertauts, Paris»; sans le titre. — Deuxième ctnt. En bas, a droite : « Collection de .M. Bonnet » : nu milieu : .Marphise, tiré de l'.-Xrioste

N" 1199 : Marphise. — Étude de composition

Croquis. — H. o"'24. L. o^'ig. — Non catalogué par M. Moreau.

Dans ce deuxième croquis, l'attitude du cheval est à peu près trouvée, celle du repos; la bète allonge le cou, lève la tète vers les basses branches de la forêt, et d'un joli mouvement mord aux feuillages. Dans le tableau les pieds de devant seront rapprochés; ils sont écartés ici, ce qui semble indiquer sinon la marche, au moins le déplacement pas à pas. La maîtresse de Pinabel n'a pas encore pris la pose d'une grâce exquise que nous lui voyons dans la peinture. L'aspect de cette peinture est d'un ton rougeàtre un peu lourd; peut-être, ii l'époque où nous l'avons vue, avait-elle besoin d'être netest pas moins une œuvre extrêmement précieuse.

322 I.'(EUVRE DE DELACROIX l852

N° I200 : Indienne mordue par un tigre

Toile. — H. o"'45, L. o"'54. — Appartenait à M. Haro en 1 872; à M. G. Petit en 1884. — Non catalogué par M. Moreau.

En janvier 1852, Delacroix écrit à M. P. Andrieu : « Mon cher Andrieu, j'ai reçu votre lettre avec bien du plaisir et je vous envoie quelques mots de réponse : je suis jusqu'au cou dans les petits tableaux. Ayant été quelque temps sans travailler, il m'a pris une fureur de peindre que je passe sur de petites toiles: c'est à la fois une occupation et un repos des grands travaux. J'ai encore un reste de mauvaise humeur contre la grande peinture, à laquelle j'ai dû mon dernier désappointement : je ne calcule donc pas pouvoir me remettre de sitôt à ces travaux. D'une part, je voudrais faire quelque chose pour le Salon; d'autre part, je ne pourrai travailler à 1' Hôtel de Ville avant que les fêtes soient finies ; il faudrait donc calculer pour la fin de mars. » [Lettres, édition Burty.)

N° 1201 : Jeune femme à sa toilette

Pastel. — H. o"^22, L.

« i852 « avec dédicace, logué par M. Moreau.

Ce pastel fut donné par

on'27. — Signé et daté au bas à gauche : — Appartient à M. Haro. — Non cata-

Delacroix à M. Haro, à l'occasion de son

manage, dont il tut 1 un des témoins. L'autre témoin de M. Haro était M. Ingres. Parlant des rapports des deux chefs d'école, Th. Silvestre dit : « Delacroix avait la faiblesse de craindre le sectaire et la secte, son rival certaines qualités graphiques, il ne lui enviait au fond que la

Bien qu'il trouvât

santé, l'audace et la ténacité de la conduite. Néanmoins il mettait à parler de son talent une complaisance dont nous ne garantissons pas la parfaite sincérité. Plus M. Ingres déchirait Delacroix, plus Delacroix vantait M. Ingres. Dans ce combat à coups de lance d'un côté et à coups de chapeau de l'autre, le farouche maître d'école triomphait sans peine de l'obséquieux gentleman, » Les fureurs comiques de M. Ingres contre Delacroix sont restées célèbres.

1202, 1203, 1204: Christ marchant sur les eaux

1° Toile. — H. o™6o, L. o'"5o. — Non catalogué par M. Moreau. 2" Toile ébauche. — H. o'^ôo, L. o"^5o. — N" 112 de la Vente posthume : 800 fr. à M. Filhston. — Non catalogué par M. Moreau. 3" Pastel. — H. o'"3o, L. 0^23. — N° 369 delà Vente posthume : 36o fr. à M. Claburn. — Appartient à M. Choquet. — Non catalogué par M. Moreau.

Le n" 1 2o3 n'est que l'ébauche, en dimensions égales, du tableau n" 1202. — Notre vignette reproduit le n» 1204. — C'est une composition d'une expression supérieure, Les attitudes suffisent a. elles seules pour rendre admirablement l'assurance du Christ et la détresse de Pierre, le triomphe de la foi et la défaite du doute. Delacroix a traduit en poète la pensée profonde de l'Évangile.

I (KrvRi-; acroix

N" 120) : Baptême du Christ

Non

Dessin. — In-tblio. — Panic du n" de hi Vente pcisiliume. catalogue par M. Moreau.

En présence de ces mouvements, indiques avec tant de i^randcur et de simplicité, comment ne pas rappeler ces quelques lignes dci'cloquent plaidoyer que Théophile Silvestre rédif^ea dans ses Artistes virants pour défendre Éugcne Delacroix contre les injustes attaques de ceux qui l'accusaient de ne pas savoir dessiner : « Dans notre pays, organisé d'une façon tout opposée au véritable sentiment des arts, on prend pour beauté du dessin l'exactitude et la propreté graphiques. Mais Michel-Ange et Raphaël eux-mêmes ne seraient que des académiciens, ;i peu près aussi tristes que les nôtres, si, à leur profonde connaissance de la nature humaine et de ses proportions, ils n'ajoutaient la noblesse idéale et l'allure héroïque que la nature entière prenait dans leur esprit comme dans un miroir magique. Le vulgaire appelle pureté du dessin les Hgurcs nettement enlevées à l'cmporte-piéce sur une feudle de papier blanc avec une fine pointe de crayon et des boulettes de mie de pain. » (Th. Silvestre.)

N" 1206 : Bateaux de pêche

Croquis à la plume. — H. o'"i5, L. o'"28. — Reproduit en fac-similé par A. Robaut, dans les dimensions de : H. o"'i5, L. o"^28. — Appartient à M. A. Robaut. — Non catalogue par M. Moreau.

Dans la lettre du i3 septembre i852, adressée de Dieppe h madame de Forget, Delacroix se laisse aller au penchant philosophique de son esprit. « Mon séjour se prolonge un peu plus que je ne voulais. Je vous envoie donc pour vous distraire quelques nouvelles de la mer. Je serais revenu plus tôt sans le mauvais temps persévérant qui n'a presque pas cessé pendant les premiers )ours. On m'a flatté aussi que nous aurions pour demain mardi une des grandes marées de l'année. Je n'ai point résisté, d'autant plus que, l'habitude aidant, je me plais infiniment ii cette vie paresseuse, tandis que les premiers jours I ai été sur le point de me sauver par ennui! Vous n'aimez pas Dieppe, par conséquent mes éloges du séjour que j'y fais vous paraîtront sans doute tenir au besoin du repos qui était devenu impérieux chez moi. » [Lettres, édition Burty.)

N° 1207 : Tigre en marche

Croquis aquarelle. — H. o'"55, L. o"'i5o. — Partie du n" 494 de la -,j Vente posthume. — Exposition des Dessins du siècle, février 1884, -. n''954 du catalogue (supplément). — Appartient à M. Léon Bonnat.

{.'animal qui descend la colline, les pattes très écartées, est d'une magnifique allure. Comme on y reconnaît le génie, l'homme qui, trente ans avant, peignant le Massacre de Sein. écrivait : « Mon tableau acquiert une torsion, un mouvement énergique... Il y faut ces membres comme je sais et comme peu en cherchent. »

Année i853

N" 1208: Portrait de M. Alfred Bruyas

Dessin à \a mine de plomb. — H. o'"26, L. o'^ig. — Reproduit en fac-similé par A. Robaut dans les mêmes dimensions. — Galerie Bruyas, à Montpellier. — Cat. A. Moreau, p. i36.

Delacroix avait fait ce croquis pour dispenser son modèle de l'ennui de longues séances de pose ; il ne recourut à la nature que pour achever l'œuvre ainsi préparée. Il écrivaiten mars à M. Bruyas un billet que nous reproduisons avec les réflexions dont M. Burty le fait suivre: « Monsieur, vous serait-il agréable de venir, demain matin jeudi, reprendre votre portrait. Excusez l'interruption,à laquelle j'ai été forcé parla nécessité de travaillera mes tableaux pour le Salon. Vous trouverez, toutefois, que, grâce au dessin que j'ai fait d'après vous, j'ai beaucoup avancé votre portrait, et j'espère que je n'aurai besoin que d'un petit nombre de séances pour le finir. » — Un fac-similé de ce dessin a été exécuté avec une remarquable fidélité par M. A. Robaut. Un visage long et distingue, des mains nerveuses et fines, une pose aianguie donnent un caractère de vérité surprenante à cette étude. «

N° 1209 : Portrait de M. Alfred Bruyas

Toile. — H. i'"i6, L. o'"89. — Lithographie par J. Laurens dans les dimensions de : H. o"'224, L. o"'i70. — Galerie Bruyas, à Montpellier. — Cat. A. Moreau, p. 239.

Ce n'est pas un manteau, contrairement à ce que l'on pourrait croire à première vue, qui est sur les épaules du modèle, mais un paletot. « Le portrait de M. Bruyas, qui fut connu des Parisiens seulement h l'Exposition posthume de l'œuvre de Delacroix, avait été commencé vers mars 1 853, ainsi qu'on le voit par le billet suivant, et terminé en mai. Il appartient aujourd'hui, ainsi que toute l'intéressante galerie de feu Bruyas, au musée de Montpellier. Le 4 mai, Eugène Delacroix écrivait encore au même amateur, qui fut un de ses admirateurs les plus passionnés et les plus subtils : « Monsieur, seriez-vous assez bon pour venir poser demain une dernière fois à l'heure ordinaire? J'ai terminé votre portrait, sauf quelques légères retouches que je compte faire. Je serais en mesure de vous le livrer à la fin de la semaine. J'y tiens d'autant plus que je vais m'absenter de Paris....» M. Bruyas, avec l'aide de Théophile Silvestre, avait rédigé un catalogue raisonné et illustré de sa collection de peintures modernes.

N° 12 10: Saint Etienne

Toile. — H. o"^4i, L. o"'34. — N° 61 de la Vente posthume : !,3oo fr. à M. Lambert Sainte-Croix. — Cat. A. Moreau, p. 186.

i833 i.'cKUVKK i)i: m: LACROIX .viS

N" 12 1 I : Disciples et Saintes femmes relevant le corps

de Saint Etienne

Toile. — H. i'"48, L. r"r5. — Signé à gauche en bas, daic : « i853 ». — Salon de i853. — Terminé en iS5(). — IMiotographié par Charles Desavary et parCjranguillaiime, ilans le formai in-quario. — Caricaturé par Cham. — Acheté par le nuitée d''Arras, en iSSq, au prix de 4,000 fr. — Cat. A. Moreau, pp. 1 86, 20 1 .

C'est par l'entremise de Constant Dutilleux que la ville d'Arras acheta, en iS5i), ce tableau du Salon de uS53. On trouvera à ce sujet, dans les Lettres publiées par M. iiurty, la correspondance du maître ; il s'v montra ce qu'il fut toujours,' un homme d une rare et exquise délicatesse. Le critique de la Revue des Deux-Mondes consent à louer « l'invention dramatique de la scène et surtout l'etfet sinistre des murailles et du ciel qui servent de fond. » Cependant, aux raisonnements de M. Henri Delaborde, nous préférons la belle passion de M. II. de la iMadelène : « Hors de la ville, le lonj; des remparts, le saint diacre Étienne vient d'être lapidé en témoii?nai;e de la foi nouvelle qui va changer le monde. Des disciples et des saintes temmcs relèvent pieusement le corps pour lui donner la sépulture. Sur le devant, une femme agenouillée étanche le sang du premier martyr. L'aspect général de cette composition est des plus saisissants. Le cadavre de saint Etienne, dans ses habits sacerdotaux, est d'une réalité hardie et émouvante. Le corps s'affaisse dans les bras des fidèles avec un mouvement d'une vérité étonnante. Le paysage est superbe : tout concourt franchement à l'harmonie de l'ensemble, les murailles, la terre et le ciel embrasé. Comme toujours, la critique s'acharnera à certains détails qui seraient des incorrections, si on ne savait quels sacrilices M. Delacroix fait très résolument à l'effet général. »

N** I2I2 : Saint Étienne secouru par ses disciples. — Variante

Non caialo-

Toile. — H. o"'44, L. o"'36. — A M. Warocquié. gué par M. Moreau.

Cette variante ne présente pas les exagérations de dessin qui ont soulevé tant de protestations haineuses et que Th. Silvestre a défendues avccson incontestable autorité: « l'ourquoi trouve-t-on dans l'œuvre de Raphaël tant de détails contre l'anatomie mesurée de l'Ecole de médecine? Le voici : ce qui préoccupe d'abord Raphaël, c'est la nécessité de tirer de l'ensemble de ses lignes une arabesque générale, noble et harmonieuse; mais il lui est bien arrivé de casser un bras, et qui pis est, de tordre le cou à tel personnage, pour le seul but d'incliner une ligne dans un sens plutôt que dans un autre, sacrifiant ainsi des détails à l'exigence de l'ensemble, et appliquant dans l'Art ceiie raison d'Etat qui fait couper la tète à un assassin pour protéger le corps social tout entier. Delacroix, il est vrai, semble désarticuler à l'occasion certains personnages, en vue de développer, par des exagérations volontaires. l'efTet général d'une action dramatique. Dans le Saint Etienne^ du musée d'Arras par exemple, les mains pendantes du martyr sont pesantes et inétjales; le corps est extrêmement long, les bras de la jeune tille qui trempe son mouchoir dans le sani; ont un développement quasi fantastique, etc.. Mais, sans cette exagération volontaire, l'action des personnages serait-elle aussi expressive »

N° 12 1^ : Daniel dans la fosse aux lions

Toile. — H. o'"74, L. o'"6o. — Signé à droite, daté : «1853». — Photographié par GoupiL — Vente Thirault, 3 avril iS5y : 3,45o fr. a M. Mêlas, de Marseille; vente Hôtel Drouot, 5 mai 1877 : 17,500 fr. — Gat. A. Moreau, p. 256.

On a vu la variante de cette composition à l'année 1849 (voirn" 1066). « Rubens,» a dit Delacroix, « sacrifiait parfois le style et la convenance pittoresque à la couleur, par exemple, dans ses Sirènes de la galerie de Médicis. Il vaut mieux tout sacrifier à la convenance et à l'expression réelles du sujet. » (Cité par Th. Silvestre.) Et ailleurs : « Là où un peintre cherchera une expression ou un style de convention, il sera tendu, il perdra son cachet; là où il s'abandonnera franchement à son originalité, qu'il s'appelle Raphaël, Michel-Ange, Rubens ou Rembrandt, il sera toujours sûr de sa grandeur et de sa puissance. >)

N° 1214 : Le Christ sur le lac de Génézareth

Toile. — H. o'^59, L. o'"72. — Signé à droite et daté : «i853». — Photographié par Braun. — Lithographié en 1880 par Sirouy, dans les dimensions de : H. o"'4i5, L. o'"5o8. — Gravé à l'eau-forte par Bracquemond pour le catalogue des Cent Ghefs-d'Œuvre, dans les dimensions de : H. o"U8y, L. o'"224. — Appartient à M. Gustave Viot et provient de la collection Tabourier. — Gat. A. Moreau, p. 262.

Ce tableau est le premier de la série. Il figura à l'Exposition Durand- Ruelen 1878. C'est celui que le peintre Troyon avait acheté à la montre du marchand Beugniet, et que madame Troyon mère donna comme souvenir, après la mort de son fils, à M. Fremyn. A deux centimètres près, il mesure les mêmes dimensions que celui qui est décrit plus loin sous le n° 1220. La principale différence réside dans la couleur de la mer, qui est ici d'un beau ton vert et non pas jaunâtre. Il y a également sept figures dans la barque, qui est mâtée et dirigée vers la gauche du spectateur. Les collines de l'horizon sont plus élevées.

N° 1 2 1 ^ : Le Christ sur le lac de Génézareth

Toile. — H. o"^5o, L. o"^6o. — Signé à droite, non daté. — Gravé à Peau-forie par A. Greux, pour la galerie Durand- Ruel, dans les dimensions de : H. o"Mo7, L. o'"i3i. — Vente Frémyn, 8 avril 1875: 17,500 fr.; vente R. L. L., 22 avril 1876. — A successivement appartenu à MM. Perreau, Bouruet-Aubertot et John Saulnier. — Gat. A. Moreau, p. 262.

Cette variante a été peinte une année après le premier tableau (n" 12 14). La mer y est aussi de couleur verte, la barque est dirigée de même à gauche, mais démâtée, et il y a neuf figures au lieu de sept, et l'horizon est placé beaucoup plus haut. Il figurait, en 1864, à l'Exposition posthume.

l.(KUVUi: 1)1-. I) 1:1. ACKOI \

N"i2i6: Le Christ sur le hic de Génézareth

Pciiuuro sur canon. — M. o"'^b, L. o"'57. — Sij^iic à gauche, non date. — N" i3i de la Vente postluiine : i,5oo fr. à M. Filhston. — Vente du comte de Komar, après décès : 9,000 fr. à M. Monjean. — Appartient à M. Monjean. — Cat. A. Morcau, pp. 263, 317.

Cette variante rappelle la disposition de celle qu'on trouvera plus loin décrite 50us le n» 1220, et, pour la marine, celle qui a appartenu à Troyon (voir le n" 1 2 14). M . Monjean aftirme que ce tableau, contrairement à ce qu'en dit M. Morcau, n'est pas celui qui ligurait à la Vente posthume. Ce dernier serait celui que nous décrivons nu n" 1 2 17. Nous avons cherché au cataloj^ue de la \'ente posthume les dimensions qui pouvaient seules servir de moyen de contrôle, mais elles ne s'y trouvent pas. Toujours selon M. Monjean, dont nous ne pouvons ni confirmer, ni contredire l'assertion, le comte de Komar tenait cette toile de Delacroix lui-même. Du reste, cette œuvre est certainement une des plus réussies et des plus soignées du maître, ce qui permet de mettre en doute l'exactitude de la mémoire de M. Moreau, disant qu'elle est peu terminée. Ici. le Christ est placé dans la partie inférieure de la barque, il y a nuit figures et la mer est d'un ton bleu vert.

Le Christ sur le lac de Génézareth

Toile. — H. o'"5o, L. o"'63. — Ni signé, ni daté. — Appartenait à M. Soultzener. — Cat. A. Morcau, p. 262.

La barûue remplit presque toute la toile. Soulevée par un pli de lame, elle touche h la ligne d'horizon par la poupe sur laquelle le Christ est endormi. Neuf personnes, dont deux bateliers courbés sur leurs rames, occupent le frêle esquif, qui n'a plus ni voile, ni mût, ni cordages. — Jésus, lui, le Dieu, dort d'un sommeil paisible, enfantin, sur son oreiller de rayons. Mais quel trouble effroyable en ces âmes et en ces corps d'apôtres! Quel déchaînement de nuées dans le ciel et de vagues monstrueuses, d'un vert glauque, sinistre, froid, autour de ce sommeil! Disposition admirable dans sa grandeur terrible! Quel trait de génie que cette lame dont l'énorme volute se creuse, s'élève et monte encore comme pour rouler et ensevelir l'embarcation dans la vaste courbe de sa lourde retombée! — Dans cette suite de variations, on retrouve les grands eflets de mer que Delacroix étudiait pendant ses séjours à Dieppe.

N° 1218; Le Christ sur le lac de Génézareth

Toile. — H. o'"45, L. o'"65. — Signé à droite, non daté. — Appartient à M. Joseph Crabbe, de Bruxelles. — Cat. A. Moreau, p. 262.

Le ciel sombre et orageux est coupé dans un coin par un effet de pluie. — « Tout séduit Delacroix dans cet épisode, dit M. H. de la Madelène : les flots soulevés, le ciel noir d'orage, les voiles déchirées par le vent, l'épouvante des nautoniers, et par-dessus tout, le doux sommeil du Sauveur au milieu des révoltes de la nature.

328 L'ŒUVRE DE DELACROIX lS53

N° 1219 : Le Christ sur le lac de Génézareth

Toile. — H. o'"46, L. o'"54. — Signé à gauclie sur la barque même, non daté. — Appartient à M. Van Praet. — Gat. A. Moreau, p. 262.

Dans cette variante, le maître a supprimé les montagnes du fond, le ciel foncé est entr'ouvert au milieu en hauteur. — Effet général très sombre.

N*' 1220 : Le Christ sur le lac de Génézareth

Toile. — H. o"^59, L. o'^/S. — Daté. — Photographié pour le catalogue de la vente Carlin. — Gravé à l'eau-forte par Charles Courtry, pour Durand-Ruel, dans les dimensions de : H.o"' 108, L. o'"i34; et pour le catalogue de la vente de M. de Beurnonville, par La Guillermie, dans les dimensions de : H. o"'i04, L. o™i28. — Vente Davin, 29 mars 1862 : 4,700 fr. à M. Péreire; vente Edwards, 7 mars 1870 : 28,000 fr.; vente Carlin, 29 avril 1872 : 27,500 fr. à M. Vaysse; vente du baron de Beurnonville, avril 1880 : 20,000 fr. — Cat. A. Moreau, pp. 32, 262.

Ce tableau fut exposé sous le n" 79, à l'Exposition du pavillon de Flore, en août 1878. Il existe de ce même sujet d'assez nombreuses variantes; nous les indiquons toutes successivement. — Ici, la barque se dirige vers la droite du spectateur, il y a sept figures, les lames ne cachent pas l'horizon, borné par des collines très basses. La mer est jaunâtre.

N"" I22Î : Le Christ au pilori

trvT-r-TTT^ Toile. — H. o'"43, L. o'"27. • — Signé à droite en bas, daté : « i 853 ». f — Lithographié par V. Loutrel, pourla collection Moreau, dans les dimensions de: H. o"'262, L. o"^2io. — Vente Philippe Rousseau, 28 mars 1859 : 83o fr.; vente Baroilhet, 12 avril 1866: 780 fr.; vente Marmontel, 11 mai 1868 : 2,3oo fr. — Cat. A. Moreau, pp. I 26, 261.

Nu jusqu'à la ceinture, le Christ est vu de dos, attaché, les poignets ficelés, au fût de la colonne infâme. Sa tète, couronnée d'épines, s'incline sur la poitrine. Il est debout sur une plate-forme élevée d'où il domine les rues de la ville et peut voir par une arcade basse approcher les gardes de Ponce-Pilate qui viennent pour le prendre et le conduire au Golgotha.

N° 1222 : Le Christ au pilori

Pastel. — In-octavo. — Vente Ph. Burty, 1874. — Non catalogué par M. Moreau. C'est exactement le même sujet qu'au numéro précédent, repris au pastel, sans variante.

L'ŒUVIU-: DK DKI. \c; liO 1 \

N" 122^ : Christ en croix

Toile. — Dimensions inconnues. — Date: « i<S53>'. — Exposé au boulevard des Italiens en 1860. — Appartenait alors à M. Davin. — Non catalogue par M. Moreau. En cotte année iS?3. Delflcioix ne peint f;iièrc que des sujets relis^ieux.

Marcchiil ferrant

i" Toile. — H. o"'39, L. o"'54. — Vente Survillc, 1 I avril i85(") : 1,760 fr. à M. Lafcrrièrc. — Appartient à M. Abraham Schult, de Hambourg. — Cat. \. Moreau, p. 269.

2" Toile. — H. o"'5o, L. o-^t)!. — N" 68 de la Vente posthume : 2,400 fr. à M. Lecomte. — Non catalogue par M. Moreau.

3° Dessin à la mine de plomb. — H. o"'i6, L. o"'26. — Photographié par Braun.— N« 423 de la Vente posthume : 385 fr. — Au Musée du Louvre. — Mon catalogué par M. Moreau.

Notre vignette représente le dessin; les deux toiles n'olVrcnt guère de variante.

N"" 1227, 1228 : Arabe à Taffùt

1" Toile. — H. o'"33, L. o"'^o. — Appartient a M. Louis Dubuisson.

— Non catalogué par M. Moreau.

2" Dessin à la mine de plomb. — H. o"'2i, L. o'"27. — N" 443 de la Vente posthume, 3i5 fr. — Au musée du Louvre. — Photographié par Braun. — Gravé sur zinc dans les mêmes dimensions pour Les Dessins du Louvre, L. Baschet, éditeur. — Non catalogué par M. Moreau.

La toile a été achetée par M. L. Dubuisson à M. F. Petit ; elle est d'un etFet très intense.

N" I 229 : Arabe à Taflut

^ Croquis à la plume. — In-quarto. — Partie du n° 453 de la Vente posthume. — Appartient à M. A. Robaut. — Voir les numéros précédents. — Non catalogue par M. Moreau.

' ] Ce nremicr jet, si rudimentairc qu'il paraisse, résume déjà toute l'action. Il

nous intéresse par l'énert;ique expression de la tête, les fermes accents du corps, qui précisent le geste rampant du chasseur qui lutte de ruse et d'adresse avec sa proie.

33o L'ŒUVRE DE DELACROIX i853

N" 1230 : Chasse aux lions — Esquisse

Toile. — H. o'"82, L. i"'i6. — N" 148 de la Vente posthume : r,3oo tr. — Vente Riesener, 187g, retiré à 5oo fr. — Voir les tableaux aux années i855 et i858. — Cat. A., Moreau, p.

Cette superbe ébauche est l'esquisse, avec des variantes importantes, du tableau du musée de Bordeaux, malheureusement brûlé en 1870.

N*' 12^1 : Chasse aux lions

Toile. — De vingt-cinq environ. — Non catalogué par M. Moreau.

Nous ne trouvons trace de cette peinture que dans les notes de M. Piron. Delacroix l'aurait vendue 2, 5oo francs à M. Goldschmitt.

N° 1252 : Lion au sanglier

n y a notre

Toile. — H. o'"32, L. o"'49. — Appartient à M. A. Revenaz.

Au-dessous de cet épisode, de cet exemple des fatalités du combat pour l'existence, struggle for life, comme dit Darwm, citons une lettre mélancolique de Delacroix à son ami Soulier, datée du 23 mars i85o : « La vie ne va que par soubresauts et presque toujours ce sont des chagrins. Le temps où nous vivons nous fournit une moisson plus ample que la vie n'en comporte d'ordinaire. Tristesse pour le présent, inquiétude pour l'avenir; il donc que le passé, et se réfugier dans le souvenir est une grande consolation. Où sont jeunesse et notre insouciance? » — Ce tableau est d'une vigueur singulière.

N° 1 2 ^ ^ : Lionne et ses petits attaqués par un tigre

Dessin à la plume. — H. o'"2o, L. o'"i5. — Gravé sur bois pour le Magasin pittoresque, dans les dimensions de : H. o"'2oo, L. o'"i5o. — Cat. A. Moreau, p. 80.

Un des côtés admirables du talent de Eugène Delacroix, c'est que la force qu'il trouve et qu'il interprète si bien dans les médailles antiques, il l'applique toujours à quelque sujet qu'il traite. Nous voulons dire cette force souple qui tient autant de la composition et de l'arabesque des lignes que de l'expression par les grands traits physionomiques. Et c'est précisément parce que chez lui le geste seul suffit à l'expression, qu'il lui faut peu d'efforts pour la mimique du visage; c'est assez dire que les accents les plus terribles, il les rend simplement, quand tant d'autres sont obligés d'appeler la grimace à leur secours. Tout le drame ici n'est-il pas lisible dans l'attitude des animaux?

L'ŒI VIU-: D1-: DKl.ACi^OIX

N" 1254 : Épisodes de bataille — Deux croquis

Croquis à I;i mine de plomb. — H. o"'o9o, L. o"'i-o. — j Partie du n" 456 de la Vente posthume. — Appartient à ' M. A. Kobaut. — Non catalogué par M. Morcau.

Ce croquis se trouve au bas d'une feuille qui contient en outre deux simples indications au trait du même sujet. Dans l'une d'elles Delacroix a relevé énergiquement la tète du cheval au lieu de la laisser retomber entre les jambes, en signe d'abattement; l'animal semble ainsi prendre part il la scène, et implorer le secours pour son maître et pour lui.

N" 1 2 5 ^ : Cavalier arabe en attente

Dessin à la plume.— H. o"'2(), L. o"'32. — Signé à droite. On lit à gauche : « A mon cher Batta, Augcrville. » — Grave sur zinc dans les dimensions de: H. o'"oy5, L. 0^107, pour le journal l'Art, numéro du 7 mai 1882. — Non catalogué par M. Moreau.

Son «cher Batta » est Alexandre Batta, le célèbre violoncelliste avec qui, nous l'avons déjà dit, il se rencontrait chez M. Berryer, à Augcrville.

Année 1804

N" 1236: Archimède tué par le soldat de Marcellus

Toile rectangulaire. — H. o"'42, L. o'"54. — Voir à Tannée 1844, n" 017 — Vente Baroilhct, 12 mars i855 : 3oo fr.; vente après décès de M. David Mlchau, 11 octobre 1877 , retiré à 83o fr. — Cat. A. Moreau, p. 256.

C'est la même composition absolument que dans le pendentif de la bibliothèque du Palais Bourbon, sauf les déplacements obligés, pour les besoins d'une forme de cadre toute diflérente, puisqu'il la bibliothèque le pendentif a la forme d'un hexagone curviligne irrégulicr.

N" 1237 : Famille arabe

Toile. — Dimensions inconnues. — Exposition universelle de i855. — Cat. A. Moreau, p. 192.

C'est la première leçon d'équitation donnée à un petit Bédouin de sept à huit ans par son père. Le cheval est alezan. Dans un coin, la mère sourit à ce spectacle.

N° i2j8 : Samson et Dalila — Ébauche

Toile. — H. o'"4i , L. o"^5y. — N° 1 1 9 de la Vente posthume : 1,459 fr. à M. Detrimont. — Vente du marquis du Lau, 5 mai 1 869 : 1,750 fr. à M. Brame. — Etait en 1 875 chez le peintre Daubigny, qui Pavait payé de 5 à 6,000 fr. — Cat. A. Moreau, p. 3 1 6.

La tonalité générale est rouge et bleue, atténuée par des jaunes et des bruns. Nous devons signaler la beauté de cette esquisse, où la disposition des groupes s'équilibre très heureusement et où l'harmonieuse variété des tons produit une vibration très délicate.

N** 1239 : Samson et Dalila

^^.) Croquis à la mine de plomb. — H. o"''2o, L. o'"25. — Vente ^' ..\ P'^sthume. — Non catalogué par M. Moreau.

C'est la première pensée du tableau précédent ; le geste sent encore la recherche du style dont le maître a su débarrasser sa composition définitive, où Dalila a plus de beauté et de vraie grandeur. Il semble que Delacroix, en traçant ce croquis un peu maniéré, se soit souvenu de Michel-Ange, dont il fut si longtemps préoccupé et dont il a dit : « Michel-Ange est le père de l'art moderne. On peut reprendre et blâmer les bizarreries, les extravagances même dans lesquelles l'imitation de son style a entraîné ceux qui s'en sont inspirés sans posséder une originalité propre ; mais enfin, c'est à lui que s'arrête définitivement ce que j'appellerai l'art gothique , l'art naïf, si l'on veut, mais l'art qui ne se connaît pas et qui entrevoit à peine cette vive lumière , qui ne brille qu'à des temps marqués. » (Etude sur Michel-Ange, Revue des Deux-Mondes.)

N° 1 240 : Femmes turques au bain

5,000 fr. à M. John Saulnier. — Cat.

Toile. — H. o'"94, L. o'"78. — Signé à gauche et daté : « 1 854». Vente du 4 mars i< A. Moreau, p. 274.

Il y a cinq figures. La femme qui est tout à fait au premier plan caresse un petit chien. Une autre, près d'elle, fait le geste de retirer son bas. Au second plan, à la surface de l'eau, une baigneuse nage dans une attitude d'abandon et de grâce charmante. Au fond, au pied d'un saule, où pend un vêtement, une jeune femme étendue regarde une de ses compagnes qui entre dans l'eau, en se retenant aux branches. Tout au dernier plan, deux cygnes et des charmilles. Une trouée, sur laquelle se découpent délicatement les profils des arbres, laisse entrevoir un ciel d'azur. Nul poète n'a célébré plus éloquemment que Delacroix en cette œuvre les délices de l'été, la fraîcheur des eaux dans l'ombre discrète des végétations puissantes. — Notre vignette a été faite d'après un dessin que nous devons à l'obligeance de M. Eugène Vergez, artiste à Bordeaux.

L'ŒUVRE DK DELACROIX

N" 1241 : Saint Georges

Toile. — H. o"'46, L. o'"35. — Tableau acquis par la ville de Grenoble, le 24 avril i858, à la vente G. Arosa : i,25o fr. — Musée de Grenoble. — Cat. A. Morcau , pp. 204, 26 I .

K La peinture est l'art de produire l'illusion dans l'esprit du spectateur en passant par ses yeux « disait Delacroix cité par Théophile Silvcstre , et celui-ci ajoute très éloquemmcnt : a Voilà pourquoi ses héros se disloquent en frappant d'estoc et de taille dans l'ardente mêlée : les chevaux, poussés en avant par le vertige du combat, viennent mourir, s'etl'ondrer, s'abattre sur le spectateur, sanglants et fumants; les yeux de l'homme en fureur sortent de leurs orbites; les vaincus, les victimes, suppliants, renversés , tendant les bras avec une exagération sans mesure, comme leur désespoir. La main qui excite à la révolte, commande le supplice ou lance la malédiction, grandit encore sous les touches du pinceau, poussées à fond comme des coups d'épée. Le but n'est pas seulement atteint, il est traversé. C'est que la nature se livre parfois elle-même à ces débordements , emportée par ses propres lois. Examinez la foule au moment où un chariot vient d'écraser un passant, dans les rues encombrées, un enfant, une femme ; on sent dans l'air un frisson tragique : l'effroi, la pitié, la colère, allument les yeux, tordent les bouches, écarquillent les mains et font avancer les tètes sur les cols allongés. L'équilibre anatomique a reçu une irrésistible secousse. Qu'est devenue la régularité ordinaire des proportions dans les physionomies, dans les mouvements; qu'est devenue surtout cette délimitation froide et dure appelée ligne ou contour. La liberté sans frein des émotions naturelles a tout bouleversé ? » — Nous devons à M. Félix, de Grenoble, la communication dudessinqui a servi à exécuter notre vignette.

N° 1242 : Chasse aux lions

Toile. — H. 2'"6o, L. 3'"6o.— Au Musée de Bordeaux.

— Brûlé en partie en 1870. — Voir l'esquisse à l'année i853 et les variantes aux années i855 et i858. — Cat. A. Morcau, p. 200.

Ce tableau, peint en 1854, acheté 10,000 francs par l'Etat et donné par lui à la ville de Bordeaux, a été à peu près complètement détruit en 1870, dans l'un des incendies successifs de la mairie de Bordeaux, où se trouvait installé le Musée.

— Heureusement, il en reste une esquisse qui avait été acquise à la vente après décès de Delacroix, par Riesener, pour la somme de i,3oo fr. (Voira l'année i853, i23oet

123 1 .)En ces derniers temps, M. Andrieu en a fait une répétition au moyen des documents qu'il a pu se procurer. Le gouvernement en a fait l'acquisition et l'a donné au Palais-Bourbon. « La chasse au lion est le plus effrayant pêle-mêle de lions, d'hommes, de chevaux; un chaos de griffes, de dents, de coutelas, de lances, de torses, de croupes, comme les aimait Rubens; tout cela d'une couleur rutilante et si pleine de soleil qu'elle vous fait presque baisser les yeux. Nous ne savons pas ce que dirait Jules Gérard de cette manière d'attaquer le lion. Quant à nous, nous en sommes fort contents, c'est de l'énergique et vaillante peinture. » (Th. Gautier. Les Beaux-Arts en Europe.) Sensiblement, il n'y a pas à le méconnaître, ces Chasses sont inspirées des Chasses de Rubens; mais si elles en évoquent le souvenir, si elles en ont la furie héroïque, elles témoignent d'un plus scrupuleux respect de la réalité.

N'' 124) : Chasse aux lions."-— - Variante

ta

„. , ,. Croquis à la mine de plomb. — H. o"'i65, L. o"'2 22. — On lit en *</• '- haut à gauche : « 3o juillet 54, soir. » — Vente posthume. — Appartient à M. A. Robaut. — Non catalogué par M. Moreau.

^^^S^Ê, ' '^^4, il écrit h M. Aridrieu : « Pour moi, pendant que nous tra- '--^ I^^^' ' ^'aillerons à Saint-Sulpice, j'essaierai de mener de front un tableau pour l'Exposition. Mon projet serait de vous établir à l'église comme chez vous et de vous laisser marcher comme si vous faisiez votre propre bleau. Moi, pendant cela, je serais parmi les lions et les Arabes, m'escrimant de mon coté.

N° 1244 : Falaises de Fécamp

Peinture sur bois. — H. o'^iô, L. o^ao environ. — Appartient à M. Lambert de Sainte-Croix. — Non catalogué par M. Moreau.

C'est une mignonne peinture exécutée, non sur nature, mais d'après des études. La facture en est superbe. Les lumières, hardiment empâtées, donnent une puissance d'effet singulière aux nuages et à la mer. Trois ou quatre figures animent les premiers plans, une entre autres sur la droite, apparaît vêtue d'une vareuse rouge et réveille, par la note vive de sa couleur, cette partie la plus sombre du tal)leau.

N° 1245 : La mer vue des hauteurs de Dieppe

Toile. — H. o'"35, L. o"^5i. — N° 98 de la Vente posthume: 3,65ofr.à M. le comte Duchâtel. — Exposition d'Alsace- Lorraine en 1874. — ^- Moreau, p. 3i5.

Cette petite toile est un chef-d'œuvre de lumière et de couleur, comparable à ce que le prodigieux Turner a fait de plus merveilleux. Th. Silvestre comparant la dernière manière de Delacroix à celle du peintre anglais, ajoute : « Il n'y a pas là pourtant la moindre imitation du maître anglais par le maître français; notons seulement, chez ces deux grands peintres au déclin de la vie, des inspirations de couleur à peu près analogues. Ils s'élèvent de plus en plus dans la lumière, et la nature, perdant de jour en jour sa réalité, devient une féerie. Turner arrivait sur la fin de sa carrière aux décorations factices et aveuglantes du théâtre. Il s'était mis en tête, h tort ou à raison, que les artistes les plus illustres de toutes les écoles, sans excepter les Vénitiens, étaient restés bien au-dessous de l'éclat pur et joyeux delà nature, d'un côté en assombrissant les ombres par convention, et, d'un autre côté, en n'osant pas attaquer franchement toutes les lumières que leur montrait la création dans sa virginité. Aussi essaya-t-il les colorations les plus étranges et les plus brillantes. Delacroix, homme plus ardent encore et plus positif que Turner, n'a pas poussé si loin l'aventure; mais, comme l'artiste anglais, il est insensiblement monté d'une harmonie grave comme les sons du violoncelle, à une harmonie claire comme les accents du hautbois. »

1^5?'4 l.(EUVl<K DM DI'.I.ACkOIX

N" 1246 : Baigneuse

Toile. — H. o"'290, L. o"'3i5. — Vente Villot, 25 janvier 1864 : 570 fr.; vente Van Cuyck, 7 février 1866: 990 fr.; vente du marquis de Lambertye, 17 décembre 1868 : 7,800 IV. — Appartient à M. F. Bischoffsheim. — Cat. A. Moreau, p. 282.

Nous rectifions une erreur de dimension qui a échappe à M. A. Moreau. 11 donne : H. o"'()4, L. o"'78. C'est un ravissant tableau de chevalet, que ne dépare aucune négligence; il est d'une touche preste, vive, habile; les figures sent traitées avec une grande délicatesse et le paysage est d'une exécution très soignée. ^Voir le n" suivant.) — « En présence d'un objet véritablement beau, un instinct secret nous avertit de sa valeur et nous force à Tadmircr en dépit de nos préjugés et de nos antipathies. Cet accord des personnes de bonne foi prouve que SI tous les hommes sentent l'amour, la haine et toutes les passions delà même manière, ils sont émus également en présence de la beauté. » (Questions sur le beau.]

N" 1247 : Suzanne au bain. — Ébauche

Toile. — H. o'"3o, L. o'"24. — N" 118 de la Vente posthume: 3i5 fr. à M. Fabius Brest. — Non catalogué par M. Moreau.

Ce tableau offre une grande analogie avec la Baigneuse, que nous avons décrite au n" 1246. Mais ici s'est introduit à gauche un troisième personnage, qui soulève les draperies qui voilaient le beau corps de la baigneuse. Il tient la place du socle de marbre et du charmant petit chien qu'on y voyait juché dans l'attitude la plus provoquante. Enlevée avec une admirable liberté d'esprit, cette ébauche nous rappelle les conseils donnés par Delacroix : « Ne travaillez pas quand vous êtes indisposé, et lorsque vous vous remettez à l'œuvre après avoir été malade, ne travaillez pas trop la première fois. Arrêtez-vous sitôt que vous vous sentez fatigué. Reposez-vous souvent. Si l'entrain vous prend, abandonnez-vous; mais il faut être déjà fort habile pour aller ainsi. 11 arrive souvent qu'en pleine verve on gàtecertains travaux; arrêtons-nous alors, et attendons un meilleur moment.» [Souvenirs manuscrits de M. Planet.)

N° 1248 : Lion debout s'apprêtant à bondir

Toile. — H. o"'27, L. o'"35. — Signé vers la droite, non date. — Vente Bonnet, i853 ; vente Laurent - Richard, 7 avril 1873 : 8,3oo fr. à M. Durand-Ruel; nouvelle vente Laurent- Richard, mai 1878 : 2,905 fr. à M. Henri Hecht. — Cat. A. Moreau, pp. 281, 282.

Le catalogue de la deuxième vente Laurent-Richard décrivait ainsi ce lion : « 11 sort d'un creux de rocher, la tête haute, le regard lîxe. Ployé sur ses pattes nerveuses, il se raidit comme pour préparer un bond. I.e ciel est bleu foncé, et le soleil éclaire la robe fauve de l'animal. » — Le tableau manque un peu de souplesse.

1249: Lion guettant sa proie

Toile. — H. o'"24, L. o'"32. — Signé au bas, à gauche. — Vente de Schwabacher, mai 1874: 7,25o fr. ; vente Laurent-Ricliard, 1878: 3,260 fr. à M. Dollfus. — Non catalogué par M. Moreau.

« Les reins ployés, l'œil en feu, il rugit près de son antre, comme à l'approche de l'ennemi». Cette description du catalogue Laurent-Richard

^^-=-?-^Ti>- n'est peut-être pas tout h fait exacte, si nous comparons cette toile au

croquis suivant, dont le geste révèle une intention pareille, et que Delacroix définit en trois mots. C'est, à n'en pas douter, un lion qui guette une proie.

N"" 1250 : Lion guettant sa proie

Croquis à la plume. — H.o"M3, L. o"'20. — Ecrit au bas: «Regardant des gazelles.» — Non catalogué par M. Moreau.

La disposition est h peu de chose près la même que celle du tableau précédent. La note autographe du maître détermine bien le sujet, sur lequel certains amateurs se sont trouvés en désaccord. Quelques-uns même y ont trouvé un lion en rut. -- Tout est bonheur chez les grands artistes : il n'est pas jusqu'à ces trois mots écrits à gauche qui ne contribuent à rétablir l'équilibre de la composition.

N° 125 1 : Lionne en marche, vue de dessus

Croquis à la mine de plomb. — H.o"Mo, L. o'"09. — Non catalogué par M. Moreau.

V Delacroix affectionne tout particulièrement cette façon de voir de dessus les animaux, afin d'en développer dans toute leur puissance les lignes serpentines. ^ Ils descendent des montagnes ou les gravissent avec un jeu de muscles étonnant de justesse et en tout cas très vital, dont le rendu suppose une mémoire ou une science rare.

Études de lions

1° Lion malade. — Croquis à la mine de plomb. — H. o'^ig, L. o'"28. — Non catalogué par M. Moreau.

2° Lion en marche. — Croquis au pinceau. ^ — Non catalogué par M. Moreau.

A aucune époque de sa vie, Eugène Delacroix se considérant toujours comme un élève, ne négligeait la moindre occasion de dessiner et d'apprendre. Pour étudier les fauves, il visitait les ménageries, les laboratoires de dissection et travaillait de compagnie, rivalisant d ardeur avec son ami Barye; mais il avait un tel sentiment de la vie, qu'il ne pouvait s empêcher d'animer ses squelettes. Toujours son trait s'ondule et vibre.

l'^.'-J L'ŒUVRH LACROIX 3;>7

N""* 12^-4, 12^^ : Études de dclails

1° Deux croquis à la mine de plomb sur une même feuille. —

'•r^-'^'^ Formnt in-folio. — Non catalogue par M. Moreau. *'jf,,>j| 2" .Xquarclle. — Format in-octavo. — Appartient a M. Hey- ^^"^■^^^ raukl. — Non catalotjué par M. Moreau.

' ^ Infatigable dans la poursuite du mouvement, Delacroix a réalise

souvent les mêmes études par les procèdes les plus divers, crayon, plume, scpia, aquarelle. Notre vignette reproduit les deux croquis; quant à l'aquarelle, qui est exécutée avec une conscience absolue, elle n'est qu'une répétition coloriée liu premier de ces croquis.

N" i2)() : Lion mort, debout. En bas, une tète de squelette

Croquis à la mine de plomb. — H. o'"i8, o"'27. — Ecrit au bas : ' Mort. » — Non catalogué par Ni. Moreau.

N" 12)7 : Lions et lionnes. — Études

Croqui-- a la mine de plomb. — Vente Forgct. — Non catalogué par M. Moreau.

N*"" 12 ^'8. 12^9: Tigre prenant sa course

i"Croquis à la mine dcplomb. — H. o'"!-, L. o"'24. — Appartenait à M. G. Arosa. — Non catalogue par M. Moreau.

Tous ces croquis, qui offrent à un tel degré l'imprévu et le charme de la vie, ne peuvent se retrouver que sous la main d un artiste ayant profondément observe et sans cesse étudié.

2» \ l'Exposition des dessins du siècle, organisée en 1884, à l'Ecole des Beaux-Arts, fleurait un autre dessin de ce même tigre, sur feuille in-quarto; il appartenait à M. René-Paul Muet.

Tigre

assis guettant une proie

Dessin à la plume. — H. o"'i70. L. o"'225. — Ecrit au bas a droite : " Eugène Delacroix à .\lexandre Batta, petit souvenir reconnaissant pour le plaisir qu'il m'a fait. Augervillc, mai 1854. » — Non catalogue par M. Moreau.

C'est un dessin très soigné ; l'exécution en est très simple, parce que toutes les parties sont éclairées en pleine lumière, (-cla n'empêche pas, toutefois, cette exécution d'être varice; on dirait d'un bas-relief taillé au marteau

L'ŒUVRE DE DELACROIX l854

N*'-'' 1261, 1262, 126^, 1264 : Écorchés de panthères

1° Croquis à la mine de plomb. — H. o'"i

Ecrit au

bas : «Panthère.» — Non catalogué par M. Moreau. 2° Croquis à la mine de plomb. — H. o'^i 2, L. o"^22.

— Non catalogué par M. Moreau.

- H. o"'o8, L. o'"24. — Non catalogué par M. Moreau. H.o"M5, L. o'"20. — Non catalogué par M. Moreau.

3" Croquis à la mine de plomb.

4° Croquis à la mine de plomb.

Tous ces croquis sont animés ; toujours l'action, le mouvement, la vie jusque dans la mort

N° 1265 : Vieux cheval laissé pour mort

u Croquis à la mine de plomb. — H. o'"i i, L. o'"26. — Daté: « 24 aoiit ^^^^ t~r&^ \ . 5 4 , Dieppe. » — Reproduit en fac-similé par A. Robaut, n" 3i, dans ^^Ù^iè^ft'^ les dimensions de : H. o""!!, L. o™26. — Vente posthume à ^ " M. Luquet. — Non catalogué par M. Moreau.

Nous disons : « Vieux cheval laissé pour mort, » et non pas tout simplement : « Cheval mort », parce que, paraît-il, Delacroix aurait vu le misérable animal se relever sous les coups de fouet trois jours après qu'il en avait fait le croquis.

N° 1266 : Animaux divers. Cheval, paons, cygne

Croquis à la plume. — H. o'"24, L. o'"35. — Ecrit : « Samedi 27 mai 54. » — Non catalogué par M. Moreau.

Il est très rare qu'on ne retrouve employés dans l'une des nombreuses toiles du maître, les multiples croquis qu'il nous a laissés. Ici, la jument rappelle celle qui figure dans les tableaux d'Ovide; les paons, ■ le cygne, se rencontreront aussi utilisés au hasard de son œuvre. C'est pour cela que ses moindres dessins ont un incontestable intérêt. Montrons aussi comme la page est habilement couverte, et comme les divers croquis s'y pénétrent, de manière à pondérer leurs masses et balancer leurs lignes.

N" 1267 : Aigle. Face et profil

l'animal .

Croquis à la mine de plomb. — H. o'"o8o, L. o'"i i5. — Non catalogué par M. Moreau.

Dans ces croquis, le côté supérieur est saisi avec une justesse parfaite. Au premier regard, on voit que ces ailes, de proportions démesurées, sont construites pour supporter un poids bien autrement lourd que celui de lorsqu'une heureuse rencontre lui a mis une bonne proie dans les serres.

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