‹ L'œuvre complet de Eugène Delacroix, peintures, dessins, gravures, lithographiesChapitre 81 sur 114 · IM.J · texte numérisé non relu

IM.J

I (I i \ i< i; Di; i)Ki.Ai.i<c)i\

Année i(S()'2

N" 1428 : Diane surprise par Actcon . ou l'Été

r<iilc cbaiKhc. - H. 2"\k\ l.. i'"63. — Grave à rctiu-luric p;ir liuilkrmic, pour la galerie DuranJ-RucI, Jans les diniciisinns de : H. ((""iif), L. o"'i<t3. — N" K12 de la Vente posthunu- : i ^^.. tr. — Cat. A. Moreau, p. 3 16.

Assise sur le repli du terrain qui borde la rivière, Diane sèche s chaste corps c^uc le regard d'un homme n'a pas encore profané. Elle a pris inconsciemment une pose lascive, qui sied mal ii sa rigide vertu. Acteon, appar.iissant sur l'autre rive, la regarde, et son geste traduit à la fois la douceur de cette apparition et la terreur du sacrilège.

N" 1429 : Diane et Actéon

T«iile. — H. o"'5(). L. n"'46. — N" mbde la \'cnie posthume : 520 fr. — Non catalogué par Moreau.

N" 1430 : Bacchus rencontre Ariane, ou 1 Automne

Toile ébauche. — H. 2"'o3, L. i"'63. — Grave à l eau-lorte par I.a Guillerniie. pour la j^alerie Durand-Huel, dans les dimensions de : H. o"'i22, L. o'"io5. — N" !o3 de la Vente posthume : 8.^0 fr. — Cat. A. Moreau, p. 3 16.

Ariane, encore sous le coup de l'abandon qui la fait si cruellement souffrir, peut à peine se soulever pour saisir la main consolatrice que lui offre le dieu au sein duquel s'oublient tous les maux. Bacchus dirige son regard attendri vers celle dont il fera sa compagne, qui le suivra dans ses voyages et partagera son triomphe. Les quatre compositions auxquelles ce sujet se rattache firent partie de la Vente posthume et furent adjugées à M. Haro. Elles passèrent peu d'années après aux mains de .M. Durand-Ruel, qui lui-même les céda, vers 1875, à M. Emile de (iirardm. Vendues après la mort de celui-ci, elles atteignirent le prix de 3o,ooo francs. L'opinion publique désigne ces quatre toiles comme ayant été retouchées par une main étrangère.

N" 14JI : Bacchus et .Ariane. — Lé^^ere \ariante

Toile. — H. o'"b('), L. o'"4»j. — N" io5 de la Vente posthume : 5i<> fr. a S\. Dauzats. — Non catalogué par M. Moreau.

N" 1432 : Junon implore Éole, ou l'Hiver

Toile ébauche. — H. 2'" 10, L. i™63. — Gravé à l'eau-forte par La Guillermie, pour la galerie Durand-Ruel, dans les dimensions de : H. o"M22, L. o'"i04. — N° 104 de la Vente posthume : 1,000 fr. — Cat. A. Moreau, p. 3 16.

« Ces quatre grandes pages allégoriques sont écrites dans la dernière manière de Delacroix, d'un style impétueux et heurté. L'impression qui en demeure dans l'esprit n'en est pas moins d'une sérénité singulière, prise à la nature même de ces sujets héro'i'ques, dont l'essence est une impérissable majesté. On y trouve le paysage historique tel qu'il l'avait inventé à nouveau pour les besoins de son propre génie, c'est-à-dire large, profond, tourmenté, comme les scènes mêmes qu'il encadre, un accessoire vivant, vibrant, animé, et qu'un grand souffle panthéiste traverse. Nul ne sut mieux que lui faire vivre le décor de cette grande vie, indifférente aux douleurs humaines, mais qui est comme le tourbillon où elles passent et se lamentent. » (Armand Silvestre.)

N" 14^3 : Junon et Éole. — Légères variantes

Toile. — H. o'"56, L. o"'46. — Vente posthume : 540 fr. — Appartient ù M. ,lohn Saulnier. — • Non catalogué par M. Moreau.

« Je tourmente mon esprit pour en arracher quelque formule qui exprime bien la spécialité de Eugène Delacroix. Excellent dessinateur, prodigieux coloriste, compositeur ardent et fécond, tout cela est évident, tout cela a été dit. Mais d'où vient qu'il produit la sensation de nouveauté? Que nous donne-t-il de plus que le passé? Aussi grand que les grands, aussi habile que les habiles, pourquoi nous plait-il davantage? On pourrait dire que, doué d'une plus riclie imagination, il exprime surtout l'intime du cerveau, l'aspect étonnant des choses, tant son ouvrage porte fidèlement la marque et l'humeur de sa conception. «(Ch. Baudelaire.)

N"" 1434 : Eurydice cueillant des lleurS; ou le Printemps

Toile ébauche. — H. 2'"o3, L. i"'63. — Gravé à Teau-forte par La Guillermie, pour la galerie Durand-Ruel, dans les dimensions de : H. o'"i 2 1 , L. o™i 04. — N° I o I de la Vente posthume : i ,5oo fr. — Cat. A. Moreau, p. 3 16.

« C'est aux sources pendues aux cîmes les plus élevées, que ce grand génie puisait ses inspirations coutumières , et son œuvre tout entier témoigne des hauteurs qu'habitait sa pensée. Les poètes de race, Byron, Goethe, Shakspeare, étaient ses familiers, et, s'il se mesurait à la légende antique, c'était pour en égaler les plus admirables inventions. Je n'en veux pour preuves que les quatre panneaux décoratifs beaucoup moins connus qui nous montrent les Quatre Saisons des scènes mythologiques : le Printemps, dans un souvenir d'Orphée, courant au secours d'Eurydice qu'un serpent a mordue; — l'Eté, dans la métamorphose d'Actéon surprenant Diane dans la fraîcheur du bain; — l'Automne, dans la douleur d'Ariane, que vient consoler le doux Bacchus, couronné de pampre; — l'Hiver, dans les fureurs de Borée, que Junon soulève contre la flotte troyenne : Cavum conversa cuspide montem, Impulit in latus. » fArmand Silvestre.)

L'Œl'VRK DK DKL.VCHOIX ^>X?

N" I4î> : Eurvdicc. — Lci;crc variante

Toile. — H.ii"'6i, L. 0 Si. \ ciuc posthume: f^o fr. a .XnJricu. Cialeric Bruyas au musée de Montpellier. — Non catalogué par M. Moreau.

Cette toile a dû être agrandie, car les dimensions, lors de la Vente posthume, étaient uniformes pour les quatre sujets qui se font suite: H. o"'5('i, L. o'"4»"). La seule dillerence qu'il y lit avec l'autre esquisse, de plus grand format (voir le n" précédent), c'est qu'ici, les terrains qui forment le grand appui à droite sont encore plus importants et lesdeux arbres manquent; Orphée est vu alors plus haut et en pied dans la percée de paysage h gauche.

N" \4](^ : Mcdcc turicusc. — N'arianic

C^r^ « Toile. — H. i"'2i, l,. o"'<i8. — Signé à gauche ci daté : " 1862. ■> — ^^W.r^ - Grave à l'cau-fortc par Feycn-Perrin, pour le catalogue de la vente ; ,^.^^L Laurent - Richard, dans les dimensions de : H. o'"i-3, L. f)"'i2o. >jSVVi — """^"^'^ planche parut à la même époque dans la Galette des -•^M 'fVw".^ *■ ' liCiJux-Arts. — Répétition avec variante du tableau du musée de l%\y,^j^-fl^ Lille. — Voir le n" 668, à l'année i838. — Vendu par Delacroix /•i^/X C^' jlm en 1862 : 10,000 fr. à M. Emile Pércirc. — Vente Laurent-Richard, ^«^^Î'^V^ 7 «^T'I '8-3: 5o,ooo fr. à M. Durand-lUiel. — Cat. .A. Moreau.

3^ ' " Delacroix avait fixé à huit mille francs le prix de cette toile avant de l avoir achevée. Surpris par des difficultés d'exécution, il crut pouvoir demander Lmile l'creire de l'indemniser des efforts inattendus uu'il avait dû faire. M. Péeire s'empressa de modifier les conditions primitives. Mais Delacroix, pris de scrupule, étira ses nouvelles prétentions. M. Péreirc les maintint quand même et porta ainsi ;'i lix mille francs le prix du tableau, qui fut cédé plus tard pour trente mille h M. Laurent- Richard, et atteignit le chiffre de cinquante-neuf mille francs h la vente faite par cet amateur, 'c n'est pourtant qu'une repétition qui, suivant .M. Philippe Hurty, a conservé très peu des leautés de l'original et qui ne pré-^ente que des variantes peu importantes.

N" 14^7 : Mcdée furieuse. — N'arianie

Toile. — H. o'"54. L. o-m. — Signe à droite, date : ■ iStij. — V\;> ^(^^Pf' Photographie par Charlcsbesavary. — .Appartient à M. Bischofls- ^ heim. — Cat. A. Moreau, p. 177 inotc).

Dans cette nouvelle variante, que M. Moreau date par erreur de iXbi. ■ j la lete ue .>ieuec est pius peine ei le ucssin ue i«i groiit un peu umcrcni.

<• Le caractère le plus frappant de l'œuvre de Delacroix, est l'invention. .7 Ses drames n'ont qu'une vérité poétique; ce sont des évocations fixées », sur la toile. Il fait presque tous ses tableaux sans modèles, après bien des ^■^.^-^ années d'études d'après nature. Il lui arrive de faire poser un homme, une femme, un enfant, devant lui, si sa mémoire hésite; encore ne »rend-il de leurs formes et de leurs expressions que le cote le plus sympathique h son humeur t les voit-il selon ses rêves. Pour lui. toute peinture est la comoinaison de types qu'il a vus et ont il se souvient avec ses propres passions: il éclaire ses tableaux des lueurs de son Ame. '

1438 : L'Éducation d'Achille

Toile. — H. o"\^8, L. o"^46. — Lithographié par A. Robaut, dans les dimensions de : H. o"\^8, L. o'"46. — Daté. — Légué à M. Francis Petit. — Non catalogué par M. Moreau.

Admirable variante en largeur du sujet de l'un des pendentifs de la Bibliothèque du palais Bourbon. (Voir à l'année 1844, n"** 840, 899.) n A cheval sur le Centaure Chiron^ emporté par une course furibonde, le fils de Thétis tendant la corde de l'arc qui, suivant l'expression d'Homère, va lancer la flèche avec un bruit semblable au cri de l'hirondelle, vise un aigle que du doigt lui désigne son maître. La scène se passe sous un ciel gros de nuages, qu'empourprent les derniers reflets du soleil couchant; à l'horizon, perdu dans les profondeurs de l'espace, s'étagent et se confondent les grandes lignes des montagnes de la Phthiotide ; au second plan se déroule une lande accidentée, embroussaillée, dans un pli de laquelle on distingue un fauve qui fuit effarouché l'approche de ces redoutables sagittaires. « (Constant Le Gentil.)

1439 : Ovide chez les Scythes

Peinture sur bois. — H. o'"3 i , L. o'"5o. — Signé à droite, daté : « 1862 ». — Voir aux pendentifs de la Bibliothèque du Corps législatif, année 1844, n°^ 845, 846, 900, et les dessin et tableaux de Tannée i85q, n"** 13-4, 1375, 1376. — Vente du 5 mars i863: 1,000 fr. — -Appartient à M. Ghoquet. — Cat. A. Moreau, p. 25/.

Delacroix, que son imagination anxieuse entraînait à peindre sans cesse le trouble de la vie et l'horreur du carnage , savait trouver, aux heures de calme, des compositions empreintes d'une admirable poésie et d'une profonde douceur. La vie des pasteurs nous apparaît ici dans sa simplicité tranquille et repose notre esprit, comme celui du maître, dans l'exécution de son œuvre, toute de mouvement et de violence.

1440 : Chef arabe visitant une tribu

sarni d'or, avec un dessus

Toile. — H. (>'"73, L. o'^qi. — Signé et daté à droite. — Appartient à M. Bischoffsheim. — Voir la variante à Tannée 1837, n° 647. — Cat. A. Moreau, p. 2o3, note.

Un chef arabe s'arrête pour recevoir du lait de chèvre que des femmes, suivies d'enfants, lui apportent. Au premier plan, à droite, des chèvres, et près d'elles les chevriers dans l'ombre, assis sur un talus. Dans le fond, un groupe de cavaliers. L'effet se concentre sur le chef, dont le cheval blanc pommelé de gris noir, se détache en vigueur claire, entre l'herbe, les collines et le ciel qui poudroie sous les rayons du soleil. Le harnachement vert, de selle rouge, donne la note intense.

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N" 1441 ; Mulcy-Abd-cI-Khaman

Tuile— H. <>"'Hi, L. ()"'()3. — Si.«nc on b;)s, vers la gauche, d.iic : "i8«')2". — Variante Ju tableau de 1843, n" ()2j. — Appartient à M. Tabourier. — Exposition Durand-Kuel, 1 n" i3i, sous le titre: -< AbJ-el-Rhaman passant la revue de sa j^ardc. — Non catalogué par M. Morcau.

Sur une pai;e d'allnim de Delacroix, M. Robaut a relevé des notes qui sont des mémentos de son voyage au Maroc, une sorte de liste de sujets à traiter, et puis des noms arabes de vêtements : 0 Caschaba, Monsoria, Mjaroucd, Sarouel. » Sur la même feuille, Delacroix avait tracé le trianjjle des couleurs mères et de leurs complémentaires accompaf;nc de la note suivante : n Des trois couleurs primitives, se forment les trois binaires. Si au ton binaire vous ajoutez le ton primitif qui lui est opposé, vous l annihilcz. c'est-à-dire vous en produisez la demi-teinte nécessaire. Ainsi, ajouter du noirn'est pas ajouter dc la demi-teinte, c'est salir le ton dont la demi-teinte véritable se trouve dans le ton opposé que nous avons dit. De là les ombres vertes dans le rouge... I.a tête des deux petits paysans. Celui qui était jaune avait des ombres violettes; celui qui était le plus sanguin et le plus rouge, des ombres vertes. ■> — Voir aussi les n'" 7<)S et 7o<i.

N""* 1442. 144) : Chc\au\ a l'abrcuNoir

I" Toile. — H.o"'7(3, L.o'"() 1 . — Signé à droite, et daté : - 1 S('i2 ■ . —Vente M. G.. 23 avril i8()6 : 5,3oo fr. à M. Khalil-Bev. — Vente Khalil-Bey. lô janvier 1868: i?,ooo fr. à .M. Constant Say. — Cat. A. .Morcau, p. 273.

2" Croquis à la mine de plomb. — Partie du n" 433 de la Vente posthume. — Non catalogue par M. .Moreau.

^ : Notre vignette représente le croquis; d'ailleurs, la toile doit en

' ditTérer fort peu. La composition est simple et tranquille. On pourrait croire, à voir certaines des dernières productions du maître, que son esprit se rassérénait en touchant à la vieillesse.

N" 1444 : Naulhigc a la côte

Tiiilc. — H. o"'o4f'), L. o"'34. — Signé au bas, à droite: i8()2-. — .Appartient à M. Choquct. — Non catalogué par M. Moreau.

Au premier plan à gauche , deux hommes s'efforcent d'aborder au rivage. Kn cette année iS<)2 , Delacroix ne fit pas de voyaqe à la mer. 11 visita .M. Mcrryer à .\ugervilie et lit surtout uii long séjour il Champrosay. Il avait « ébauché un projet de voyage en Italie », mais une aggravation de sa maladie de vessie l'obligea d'ajourner ce projet, que la mort l'cmpécha bientôt de mettre h exécution. La toile décrite ici ne fut donc p.is exécutée sur nature, mais seulement d après d'anciennes études; le maître travaillait beaucoup de souvenir.

N" 144^ : Tigre et serpent

Toile. — H. o'"32, L. o'"4i. — Signé à gauche et daté : <(i862». — Gravé à Feau-forte par La Guillermie pour le catalogue de la vente Hermann, 1 879, dans les dimensions de : H. o'"092, L. o'"i ig. — Vente marquis de L., 4 février i865 : 1,820 fr. — Vente Van Cuyck,7 février 1866 : 2,705 fr.; vente du comte d'Aquila, 21 février 1868: 8,020 fr.; vente Hermann, 10 février 1879 : 7,000 fr.; vente Th. Leroy, i3mai 1882 : i 3,5oo fr. — Cat. A. Moreau, p. 280.

Voir h l'année 1848, sous le n° io5j, un pastel offrant exactement le même mouvement. Mais dans l'œuvre de 1848, le tigre est seul, il se rase contre un ennemi placé hors de la composition. La présence du serpent, ici, complète le drame.

N'' 1446 : Cavalier démonté

Croquis à la plume. — H. o"'i4, L. o"^2o. — Daté au bas à droite : « 25 oct. 1862 ». — Reproduit en fac-similé par A. Rohaut, n° 3, dans les dimensions de : H. o'"i4, L. o"'2o. — Vente posthume. — Non

Ce petit croquis est une reprise, sous un tout autre aspect, de l'admirable tableau intitulé : Un Soir de bataille, et dont Th. Silvestre, après avoir parlé du Pont de Taillebotirg, dit : « La valeur moderne est aussi énergiquement sentie et rendue que la vieille valeur française dans le Soir d'une bataille, peint à l'instar de Géricault. Un cuirassier blessé se soulève au milieu des chevaux morts sous la canonnade, et dont les flancs sont déchirés par les boulets. La nuit profonde, mais transparente, laisse voir autour des pauvres bêtes et du malheureux soldat, jusque dans le lointani , toute la funèbre jonchée que les oiseaux et les chacals dévorent. » On peut comparer à ce croquis le cavalier renversé au premier plan du n" 1448.

N" 1447 : Divers croquis de figures nues

Croquis à la plume. — H. o"^2o5, L. o"'i3o. — Daté : « i i nov. 62, Champrosay.» — Vente posthume. — Non catalogué par M. Moreau.

Delacroix, souff"rant d'un rhume chronique, se vit imposer un repos et un silence absolus : « Je ne puis être mieux qu'à Champrosay pour suivre l'ordonnance », disait-il à M. Guillemardet ; « mais, du moins, au lieu de ne voir que les cheminées de Paris, j'ai sous les yeux la plus belle campagne. Tu le vois, repos, silence et surtout silence. C'est pour avoir été, dans ces derniers temps, engagé souvent dans des conversations que, le rhume aidant, j'en suis venu à ne pouvoir prononcer une parole sans tousser. » On voit par la date tracée sur ce croquis, que Delacroix prolongea son séjour à la campagne; comme s'il avait le pressentiment de ne plus y revoir l'automne; il écrivait à la même époque à son ami Soulier : « Les saisons peuvent changer, mais plus elles se succèdent, plus elles augmentent la cause des mille souffrances qui nous assiègent et nous attendent encore. Notre saison à nous est la vieillesse, dont l'injure se fait sentira tous les moments du jour, v (Lettres, édition Burty.)

L(KtVUK 1)K DKLAiIKOlX

Année i<S()j

N" 144^^ ; 1:1 perception de l inipol ;ir;ilte

Toile. — H. <)"'yo, L. u'"-2. — Signe cl diiic en bas, au milieu. — Phoiograpliié in-quario par Goupil. — Exposition du pavillon Je Flore, en août 1S7S, sous le titre : ■ Combat d'Arabes ». — Appartient à M. Kdouard .Vndré. — Non catalogue- par M. Moreau.

iKins un pays ravine- et propre aux escarmouches, des .Vrabes se sont cachés pour échapper ii l'impôt. Ils ont été traqués et se défendent vigoureusement. Le combat est des plus vils, le sol est couvert de blesses et de cadav res. Ce tableau, un des derniers qu'ait peints le maître, résume, par le concours des qualités qui s'y rencontrent, tout sfin génie. Delacroix était lors épuisé par le travail, surtout par la longue 1 ittc qu'il avait dû soutenir. Il écrivait, le 23 mai, à M. Andrieu : > ic n'ai pas eu à me louer de ma santé et je n'ai pour ainsi dire rien fait depuis que je vous ai vu. Le rhume que j'ai depuis près de trois mois est aussi violent, et j'y ai ajoute les inconvénients d une chute que j'ai faite sur l'angle d'un meuble, et qui m'a causé un grand ébranlement. J'ai aussi les yeux en mauvais état pour avoir trop lu, ne pouvant travailler. Je fais mes paquets pour changer d'air, et j espùre que la campagne me remettra en état de travailler avec suite, ce qui chassera l'ennui et la tristesse. •>

N" 1449 : Le lion au caïman

Tt)ile. — H.o'"273, L. o'"362. — Lithographie par Kmile Vernier dans les dimensions de : H. ()'"275, L. o"'.^tj2. — Lithographie à la plume par A. Robaut, dans les dimensions de : H. o"'o83, L. o'"iiô. pour le catalogue de la vente Duiillcux. — Vente C. Dutilleux, mars 1874: 10,000 fr. ù M. Brame. — Non catalogué par NL Moreau.

Ici, le paysage est éclairé par le soleil couchant. Le lecteur ne confondra pas cette toile avec celle que nous avons cataloguée au n» 1281. Au sujet de celle que nous reproduisons ici, Delacroix écrit à Dutilleux, le S mai i863 : « Mon cher ami, quand j'ai vu avant hier, dans vos mains et sous vos yeux, la petite esc^uissc de Tobie , elle m a paru misérable, quoique cependant je l'eusse faite avec plaisir. Lnlin, quoiqu'il en soit de cette impression, je me suis rappelé après votre départ que vous aviez regardé avec plaisir le petit lion qui était sur un chevalet. Je souhaite bien ne pas me tromper en pensant qu'il a pu vous plaire ; .... recevez-le avec le même plaisir que )'ai ;i vous l'envoyer, et vous me rendrez bien heureux

LŒUVRE DE DELACROIX i863

N" 14^0 : Tobie et TAnge

Je suis à un àt;e où

Toile. — H. o"'40o, L. o'"325. — Signé en haut à droite. — Lithographie à la plume dans les dimensions de : H. o'"i 10, L. o"'o88, pour cliché typographique, et au crayon par A. Robaut, dans les dimensions de Toriginal. — Vente Constant Dutilleux, mars 1874: 3,900 fr. à M. A. Robaut. — Exposition Durand-Ruel de 1878. — Non catalogué par M. Moreau.

Delacroix disait encore, dans sa lettre à M. Andrieu ( citée plus haut, n» 1448) : n La mauvaise campagne que je viens de faire ne me dispose guère à me lancer pour le moment dans les grandes entreprises, malgré la passion que j'ai pour elles. Mais il faut que la passion cède à la raison, il faut s'habituer aux privations. »

N*"" 14^1, 1452, 145 ^ 1454 • Les quatre saisons

Toiles. — H. o'"44, L. o'"84. — Appartenaient à M. Frédéric Jouet lorsqu'elles hgurerent sous les n"'^ i52, i53, 04 et i55 du catalogue à l'Exposition posthume. — Gat. A. Moreau, p. 3i6.

M. Frédéric Jouet confia également, à cette Exposition, quatre projets de peintures pour la^ salle a manger de Talma, dont nous avons donné .le dessin (voir les n»^ 33-- à 335; — C est dans le salon du baron Gros que Delacroix avait connu Talma.

N^^ 14^^, 14^6 : Lion, panthère

Lion jouant avec un lézard.— Croquis à la plume. — H. o'"o8o, L. o'"i3o. — Don de Jenny Le Guillou à Constant Dutilleux. — T*" - Non catalogué par M. Moreau.

^ 2° Panthère prête à bondir.— Toile. — H. o"'29,L. o,"'39.— Signé à

, droite et daté : « i863 ». — Vente Carlin, 29 avril 1872 : 9,100 fr.

a M. de Camondo. — Cat. A. Moreau, p. 281.

Notre vignette reproduit le n» 1455; le n'^ 145G offre les mêmes dispositions que le n"io59.

N** 1457 : Cavalier étendu à terre

Croquis à la mine de plomb.— H. o"^20, L. o"^2o.— Vente posthume. — Non catalogué par M. Moreau.

Un cavalier, emporté par le galop de son cheval, se détourne vers un homme étendu à terre et qui l'implore. Nous ne savons à quelle œuvre du maître ni à quel sujet rattacher ce croquis, d'une allure si vive, et qui dans ses petites dimensions , contient un drame entier. '

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