‹ L'œuvre complet de Eugène Delacroix, peintures, dessins, gravures, lithographiesChapitre 80 sur 114 · IM r · texte numérisé non relu

IM r

Improvisation savante, dans laquelle pas un trait de plume n'est inutile.

Année 1860

N° 140^ : Médée

Toile. — H. 1 '"3 I , L.o"^98. — Exposition posthume, n° 1 24. — Appartient à M. Maurice Richard, qui le tient de M. Bouruet-Aubertot. — Non catalogué par M. Moreau.

LŒUVRK Di: DKLACROIX

N" 1404 : Christ poiiaiu sa croix. — Ebaiiclic

Peinture sur bois. — H. <>"'44, 1-. o"'3(i. — Voir la variante a l'année i85i). — .\ppartient à M. Devilly, à Nancy. — Non catalogué par M. Morcau.

C'est une variante du tableau exposé en iSjt), très riche de ion et admirable d'crtct. Nous avons publie plus haut (voirie n"43i) le passacc du testament de Delacroix, relatif à cette peinture. M. Devilly a depuis cette époque quitté Metz, et il est devenu, en 1S71. directeur du musée de Nancy. Cl'cst à ce musée que se trouve précisément l'oripinal dont la peinture lé};uée;i M. Devilly n'est qu'une repétition ébauchée. M. Devilly

avait été l'un des élèves les plus estimés de tugene Delacroix.

Christ mon ci hi N'icrgc

\' |,^Br Croquis à la mine de plomb. — H. o"'io, L. o"'i4 — Date au bas à

droite: -i nov. i8(')o ». — Don de Jenny Le Guillou à Constant Dutilleux.— .Appartient à .M. Paul Dutilleux. — Non catalogué par Moreau.

- (t tuf^éne Delacroix, au lieu de faire de la Mère du Christ une femmelette

d'album, lui donne toujours un peste et une ampleur tragiques qui conviennent parfaitement à cette reine des Mères. Il est impossible qu'un amateur un peu poète ne sente pas son imagination frappée, non pas d'une impression historique, mais d'une impression poétique, reli^ieuse, universelle, en contemplant ces quelques hommes qui descendent soigneusement le cadavre de leur Dieu au fond d une crypte, dans ce sépulcre que le monde adorera, n le seul, dit superbement René, qui n'aura rien à rendre à la tin des siècles. » (Charles Baudelaire.)

N" 1406 : Roger enlève Angélique

Toile. — H. o"'24. L. o"'2o. — Signé au bas, à droite : " l'Àig. Delacroix n. — N° 6.^ cfc la Vente posthume : i ,2o5 fr. à M. Francis Petit. — Appartient à madame la baronne Nathaniel de Rothschild. — Cat. A. Morcau, p. 25o.

D'après les indications de M. Moreau. pages zSo et 25i,un tableau pareil aurait passé en vente publique avant la mort de Delacroix ivente Diaz, 4 avril i8(ji : Soo fr. ; vente Cachardy, S décembre 1S62 : 1,800 ir. . Nous ne mettons pas en iloute l'assertion de M. .Moreau, mais, assurément, le tableau dont il parle n'est pas le même que celui qui appartient à madame Natli.iniei i\ .0. et qui porte sur son châssis le cachet de la Vente posthume 11SÔ4).

— Delacroix en a usé librement ici avec le monstre créé par l'imagination des conteurs italiens; de l'hippogritTe, moitié cheval, moitié criffon, il a fait un simple cheval ailé. Celui-ci n'en est ni moins beau, ni moins rapide, tt de quel élan il emporte dans l'cmpyréc les deux amants ravis dans l'extase de leur jeune amour!

1407 : Botzaris. — Ebauche

Toile — H. i'"65, L. 2'"o4. — N" 99 de la Vente posthume : 2,200 fr. à M. Bouché Saint-Aignan. — Non catalogué par M. Moreau.

Ce tableau, qui a figuré sous le 11° loo à l'Exposition posthume, appartenait alors à M. de Cahuzac. Botzaris surprend le camp des Turcs au lever du soleil et tombe frappé à mort.

N*" 1408 : Botzaris. — Esquisse

Toile. — H. o"'6o, L. o'"y'}. — N° 100 de la Vente posthume : 1,000 fr. à M. de Thomas. — Non catalogué par M. Moreau.

N'' 1409 : Chevaux se battant

Toile. — H.o'"65, L. o"'8i. — Daté. — Gravé à Teau-forte par Boilvin,pour la galerie Durand-Ruel, dans les dimensions de : H. o'" I I I , L. o'" 140. —Vente Allou-Erler : février 1872, 1 7,000 fr. à M. Charles Hayem. — Appartient maintenant à M. John Saulnier. — Cat. A. Moreau, pp. 274, 275.

Trois Arabes couchés à terre sur des couvertures, sont réveillés en sursaut par deux chevaux, un blanc et un roux, qui se sont détachés et se mordent avec acharnement. Les deux bêtes affolées s'enlacent dans un choc furieux et forment un groupe d'une ampleur superbe. C'est le même motif, mais transformé, que le célèbre Coup de balai de Géricault.olci c'est l'Orient, et le coup de balai, un coup de matraque » .

N° 14 10 : Chevaux sortant de la mer

Toile. — H. o'"5o, L. o'"6i. — Gravé à Teau-forle par Laguillermie, pour les catalogues de la vente Faute, 1873, et Durand-Ruel : H. o'"097, L. o'"i2o. — Signé, daté au bas à droite. — Vente marquis du Lau, 5 mars 1866: 16,000 fr. à M. Edwards; vente Edwards, 7 mars 1870 : 14,500 fr. à

M. Fanien; vente Faute, 7

luin

25,600 fr. à

M. Laurent-Richard ; vente Laurent-Richard, 23 mai 1878: 16,100 fr. à M. Mame, àTours. — Cat. A. Moreau, p. 274.

Deux chevaux, l'un bai aux crins dorés, l'autre gris pommelé, conduits par un Arabe, sortent de l'eau en se cabrant. La mer au loin, sous un ciel clair, va baigner le pied de hautes collines sur chacune desquelles on aperçoit les murs d'une ville africaine. Au premier plan une barque est échouée sur le sable du rivage. Le veston rouge du cavalier contraste heureusement avec les nuances délicates des chevaux.

I Ni )o

LcKLVkK Dt Dl.l ACKOfX

N" 141 I : Poriniii de Fui^cno Delacroix

T<»ilc. — H. o"'(")ti, L. o"'?^. — Non sif;nc. I.(.^u>. )mi I.h^>.iu' Delacroix à son «mi M. Blondcl, iiiicicn oonsoillcr — Exposiiion des Portraits du siècle, à l'Ecole des Beaux-Arts, avril i883, n" (io du catalogue. — ■ Non catalogué par M. Moreau.

Voici la clause du testament, en date du 3 août iiS(i3, qui ef)ncerne ce beau portrait: • Je U:;uc à monsieur Blondcl, conseiller d'Ktat. mon portrait non tout à lait achevé; le fond est très obscur, l'habit noir. Je regrette vivement de ne pas être en mesure de lui donner un autre nage de ma vive amitié. « — L'amitié entre Delacroix et M. MlonJel remontait à la classe de sixième au Lycée Louis-le-tJrand. .NL Hlondel a con>.i-v ...,'iim qu'il a bien voulu, avec une extrême prévenance, mettre à notre disposition. On y voit un dessin qui sera catalogué et reproduit à notre supplément, et une pièce de vers. La date certaine en est de iJ<i3. (*e sont les documents les plus anciens que l'on connaisse dans Tueuvrc du maitre.

N" 1412 : lob. — Étude

*R Croquis à la plume. — H. o'"i3, L. o"'2o. — Daté : < o mars ûo ».

— Provient de la Vente posthume. — .Appartient à M. A. Hidviui. ^,{^" ^ — Non catalogué par M. Moreau.

-"T-' Indication très énergique et exécutée à grands traits d'une figure qui, par son

attitude et l'expression à la fois souffrante et résignée du visage, semble être une recherche pour un " Job sur son fumier».

N" 1 41 î : I rois croquis

v.f* ^ - Croquis à la plume. — H. o"'2o. L. o"'3o. — Vente avril iSjti. — '><^\i *vf>^-> Non catalogué par M. Moreau.

ÇV'f^^É ' ^ gauche un cavalier jeté à bas de sa monture, à droite l'avant d'un cheval

' lancé au grand galop; entre ces deux scènes de violence, le regard rencontre avec surprise une tète de jeune fille dont le visatc est gracieusement encadré d une bride qui retient la coiffure. C'est un souvenir de Raphaël.

N" 141 4 : Ca\alicr renversé

^ ^ Croquis à la plume. — H. o"'i8,L. o"'34. — Vente Villot, avril iS7r).

— Non catalogué par M. Moreau.

Ce croquis de grande dimension ne saurait èire rattaché h aucune des compositions importantes de Delacroix. C'est a n'en pas douter un de ces nombreux exercices de des'^in 1 1 1 plume dont le maitre se plaisait à occuper ses loisirs

N" 141 5 : Jacob devant le manteau de Joseph

" ^ - ■ Croquis à la plume. — H. o'"i4, L. o'"2i. — Daté au bas :« i3 mars

- ''^J:^;,^,\' 1860 ». — Reproduit en fac-similé par A. Robaut, n° 4, dans les '/ - mêmes dimensions. — Gravé sur zinc pour le journal rArt, nu- - 1/'; méro du 23 avril 1882, avec trait carré et la date enlevée, dans les • ' ' '~ ' dimensions de : H. o'"i24, L. o"M84. — Vente posthume à M. A. Robaut. — Non catalogué par M. Moreau.

Composition intéressante par la pondération des lignes et la justesse des mouvements.

N° 141 6 : Étude de cheval

Croquis à la mine de plomb. — H. o'"i8, L. o'"i2. — Non catalogué par M. Moreau.

Extrait des Souvenirs manuscrits de M. Planet publiés par Th. Silvestre. (( Si, en travaillant à un tableau, l'idée me vient d'en retoucher un autre, je le fais aussitôt. Il ne faut pas remettre une envie. Mais ne retouchons que les parties d'une peinture qui sont déjà bien séchées, afin de pouvoir etî'acer à l'instant les retouches manquées. Il faut aussi ne retoucher dans le même moment que des parties de même nature, par exemple deux jambes, deux bras, etc., pour que tout soit bien accordé dans le tableau, et afin que nos facultés ne s'énervent pas en se portant à la fois sur des objets différents. »

Année 1861

N" 141 7 : Cavaliers arabes en reconnaissance

Aquarelle. — H. o"^22, L. o'^qq. — Appartient à M. le baron de Schwiter. — Voir à Tannée 1862. — Non catalogué par M. Moreau.

t <^''IWTil*' "f^rf**. Le soleil est déjà bas. Une troupe de cavaliers arabes

U$i-'l j|'/4j5%^^^/|5l^^^^P débusque sur un plateau. Le chef ralentit le pas de son ^ cheval gris pommelé pour recevoir les instructions d'un

éclaireur à pied, caché avec sa carabine à l'ombre d'un bois. — C'est à peu près le même motif de droite que Delacroix a utilisé dans le tableau Chef arabe visitant une tribu, que nous décrirons à l'année 1862. Cette belle aquarelle n'est pas signée. Elle fut choisie par M. le baron de Schwiter, après le classement des dessins de la Vente posthume, et conformément au testament de Eugène Delacroix. M . de Schwiter n'est pas seulement un peintre, il a aussi la passion de collectionner les belles choses. Voir la lettre que le maître écrivit, en 1861, le i3 janvier, k M. de Saulcy, au sujet de quelques trouvailles faites par son vieil ami.

l''^""»! L'ŒUVHH hi; l)l 1 \(:i<(»l\ 3«l

N" 1418: Iiiomphc de Baccluis

Dessin au fusain. — Projet do décoration. — H. o"'i»i. ' . A L. i'"4i).— Débris de Tatelicr en loi. — .\ppartient à M. Fabius - ■ ' . Brest. — Non catalogué par M. Moreau.

( • ,14^1 C'est Bacchus, le ihyrsc en main, traîné dans son char par des panl "'"'^Jjff-vJ théres et avec tout son cortège d'amours, de saivrcs, de nvmphes et ■* de bacchantes. I, 'abondance des lormcs nous lait penser que Delacroix a tracé ce fusain sous l'inspiration de Rubcns. qu'il a appelé <> l'Homérc de In peinture. ■>

N" i4i() : 1 rioniphc de Baccliiis

l\inture sur bois. — H. o"'yi, L. i"'40. — N" loy de la \ enje postluiine: 3o<> fr. à

Hartmann. — Non catalogué par M. Moreau. i'anncau décoratif destiné à un dessus de porte, sans variante avec le n» précédent.

N" 1420 : Triomphe d'Aniphiirite

Peinture sur bois. — H. o"'yi, L. i"'^o. — N" 1 10 de la Vente posthume : i.oj3 h . à M. Hartmann. — Non catalogué par M. Moreau.

Panneau décoratif destiné à un dessus de porte, pendant du panneau précédent.

N" 1421 : Triton ele\:ini en I dir un i;enie

^ti- Croauis à la plume. — H. o'"i7, L. o"'22. — Don de Jenny Le Guillou à Constant Dutilleux. — Non catalogué par M. Moreau.

V. ^,v. . Nous n'avons point d'indication certaine pour le classement de ce " croquis, et c'est par la nature seule du sujet que nous avons éié guidés à le rattacher au triomphe d'Amphitrite. La composition est d'un élan superbe ; Delacroix, en ce simple trait, a su échapper aux mouvements de mièvrerie gracieuse que le même sujet a si souvent inspirés aux artistes modernes.

N" 1422 : Lionne marcliani la tète détournée

~ . Croquis ù la plume. — H. '>"'o('i. L. (."'m. — Non tatalnijué par (^"^?i«r\ M- Moreau.

L:£y?3 C'est, â n'en pas douter, en observant ses that>, que Delacroix a trou\e ces ^ mouvements de grands félins. Nous avons eu plusieurs fois l'occasion de faire la même observation au cours de ce livre.

N° 142^ : Lionne courant, une autre couchée

Croquis à La plume. — H. o'"i3, L. o"M8. — Non catalogué par M. Moreau.

Chaque fois que nous avons eu sous les yeux une feuille où Delacroix a tracé plusieurs croquis ensemble , nous avons été frappé de Uheureuse pondération avec laquelle les différents motifs se trouvent jetés sur la feuille. Les mouvements s'opposent et se complètent comme s'ils étaient le résultat d'un calcul de statique. Un instinct très sûr guidait seul le maître.

1424, 142^ : Croquis de fauves

1° Croquis à la plume.

^^"^ 1 vjujLjLii» ti la j'iuiiic. — 11. u-'i3, L. o"M8. — Daté : (^^^"-^Ù- " 7 janv. 61 ». — Non catalogué par M. Moreau. ' " '^^^ '-^^^ 2° Croquis à la plume. — H. o"'o8, L. o"^i i . — Daté :

] " >. 8 mai 61». — Don de Jenny Le Guillou à Constant

Dutilleux. — Appartient à M. Paul Dutilleux. — Non catalogué par M. Moreau.

Par la hardiesse du mouvement, la vigueur des indications et la souplesse des lignes, il peut être considéré comme l'un des dessins qui caractérisent le mieux le dessin du grand artiste, et, en particulier, la fermeté incisive de son trait de plume.

1426 : Chevaux montés, chevaux en Hberté

fâi^-. — (t Croquis à la plume. — H. o'"i 10, L. o"3oo. — Appartenait à r^^^^ XtK^'— ^'*''^^"^'"-~Non catalogué par M. Moreau.

- Il faut signaler ici encore l'heureuse disposition des motifs, qui, tout en

n'étant que des études isolées, se combinent sur la même feuille et s'alternent de manière à former un petit ensemble décoratif comme une scène composée à plaisir.

N° 1427 : Cheval sellé en liberté

Croquis à la plume. — In-folio. — Daté: «ce 28 juillet 61 x. — Vente posthume. — Vente Sensier, 1877. — Non catalogué par M. Moreau.

A l'époque même où fut tracé ce croquis, Delacroix venait d'achever sa chapelle de Saint-Sulpice, et il se reposait de ce grand labeur, que sa santé, depuis longtemps affaiblie, lui avait rendu plus pénible. « La voilà hnie, cette chapelle que vous m'avez attribuée il y a tant d'années, » écrivait-il à Charles Blanc. « Si j'ai été longtemps à la terminer, je n'ai pas oublié la part que vous avez dans le choix quia été fait de moi à cette occasion. Je voudrais que vous la vissiez avant un certain nombre de personnes que je compte y inviter... Vous me rendrez bien heureux. » (Voir Z-e//;-e5, édition Burty.)

Page 1