‹ L'œuvre complet de RembrandtChapitre 229 sur 233 · BEETHOVEN ET REMBRANDT · texte numérisé non relu

BEETHOVEN ET REMBRANDT

Aux magiques lueurs de sa chaude lumière,

Les pauvres, les souffrants, les humbles, les petits, Miraculeusement des ténèbres sortis,

Vivaient transfigurés dans leur beauté première.

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Mais, planant au-dessus des misères communes,

En oiseaux de haut vol, les grandes infortunes Tombent de préférence au foyer des élus,

Sans que personne ait pu les voir ou les entendre, — Et d’un large coup d’aile éparpillent la cendre

Sur la braise qui meurt... et ne s'éveille plus.

Pour quelques-uns, surtout, l'épreuve est longue et rude, Quand autour de leur nom se fait la solitude,

Froide à glacer le cœur, à troubler la raison;

Et le soir de la vie est profondément triste

Quand, regardant coucher sa gloire, un vieil artiste Quitte son atelier, son lit et sa maison.

Insolvable, Rembrandt vit passer aux enchères

Ses meubles, ses tableaux, ses œuvres les plus chères, Dans les sordides mains des fripiers de l'Amstel;

Et, vierges, sous des yeux profanes, ses eaux-fortes, Comme aux souffles d'hiver un tas de feuilles mortes, S’en aller pêle-mêle aux quatre vents du ciel.

Lui ne remporta rien, rien que sa foi robuste

Dans l’art. — Sans murmurer contre un verdict injuste, Contre les temps mauvais, contre le siècle ingrat,

Loin du monde, oubliant sa trace disparue,

Il se réfugia dans une étroite rue Des vieux quartiers perdus au nord du Rozengracht.

Et là, continuant de graver ou de peindre, Jusqu'à l'heure où le jour achevait de s’éteindre, Envahi lentement par les brumes du soir,

Lorsque le ciel était sans lune et sans étoiles, Il souriait dans l'ombre aux lueurs de ses toiles, De la nuit ténébreuse éclairant le fond noir.

Beethoven a payé chèrement son génie : — On comprend aujourd’hui sa tristesse infinie,

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