‹ L'œuvre complet de RembrandtChapitre 66 sur 233 · Coppenol · texte numérisé non relu

Coppenol

PORTRAIT DU MÊME PERSONNAGE, Dir le Grand Coppenol, POUR LE DISTINGUER DU PRÉCÉDENT.

Vu presque de face, la tête couverte d’une petite calotte, il est assis vis-à-vis d’une table, tourné vers la droite, tenant un papier blanc des deux mains; une plume est entre les doigts de sa main droite. Date présumée: 1658, d'après M. Middleton, et 16671, selon M. Vosmaer.

Hauteur, 0,335; largeur, 0,281.

BARTSCH, 283. — CLAUSSIN, 280. — WILSON, 285. — cH. BLANC, 175. — MIDDLETON, 174.

Nous décrirons sept états de cette pièce.

Premier Érar. Le fond est blanc. M. Ch. Blanc dit : La colonne est ombrée d'une simple taille jusqu'au milieu de sa hauteur ; la manche droite est blanche; il cite à l’appui les deux estampes d'Amsterdam et du Cabinet de Paris. Dans cette dernière, la colonne, à partir de l’épaule de Coppenol, a 120 millimètres de hauteur; elle est ombrée de tailles croisées sur 59 millimètres et horizontales seulement sur 40; la manche droite est couverte de tailles fines en tous sens et d’une teinte noire légère. L'épreuve du Musée d'Amsterdam vient de Verstolk, dans le catalogue duquel elle était annoncée : avec la manche droite blanche. Elle fut vendue 2,625 fr.

Ces expressions avec la manche droite blanche pourraient bien n'être qu’un emprunt au catalogue de Claussin. Duchesne, dans le catalogue de Denon d’où vient cette épreuve, dit seulement : avec le fond blanc. Bartsch, dans son premier état, s'exprime ainsi : l’habit est peu travaillé sur la manche droite.

Deuxième ÉTAT. Ainsi décrit par M. Ch. Blanc : le fond est encore blanc, maïs la manche, claire dans le premier état, est ombrée d'une simple taille; les travaux sur la colonne dépassent les trois quarts de sa hauteur. Une épreuve de ce deuxième état, prêtée par M. Holford, a figuré à l'exposition du

3urlington-Club. 11 y en a une autre dans la collection de Cambridge, où le fond a été teinté d’une façon

singulière. M. Reid croit que cela a é fait par Rembrandt lui-même qui se serait servi pour introduire cette ombre d’un bâton d’encre de Chine en guise de crayon. Aussi au British Museum. ? M. Middleton pense

é des deux états et ajoute dans son

Les deux états décrits par Claussin et reproduits par M. Ch. Blanc sont-ils réel

Claussin affirme la réal

qu'il n'y a qu’un état avec le fond blanc.

supplément (p. 32] : Les deux premières épreuves avec le fond blanc, décrites dans mon catalogue, font partie de l'œuvre de Rembrandt à la Bibliothèque du roi, à Paris. Ges épreuves, rares et remarquables

du Japon de la plus belle qualité. I nous était bien difficile de

par leur conservation, sont sur papie

croire que Claussin eût avancé un pareil fait à la légère. Nous avons donc fait réclamer la communication

de ces deux épreuves, mais il nous a été répondu qu'il ne se trouve au Cabinet des estampes que celle

qui est semblable à celle du British Museum classée dans le deux

dont nous avons parlé plus haut, et s re état. Jusqu'à preuve contraire, l’état avec la colonne ombrée jusqu'au milieu et avec la manche blanche nous parait douteux.

Troisième érar. Un large rideau remplit le fond; la partie supérieure du pli, tout à fait à droite, est

ombrée par des tailles hori ontales et d’autres diagonales tirées de gauche à droite. A la manche du bras

JL

droit, trois boutons sont visibles; au-de s du retroussis de cette manche, dans le triangle, il n'y a que

des tailles obliques croisées; le bras droit n'offre par places que des conti ailles courtes et ass

er. Cabi

espa-

: Je contour de la manche, du côté de la poitrine, est très

cé Am-

net des estampes de Pari

sterdam, Harlem, British Museum.

Verstolk, 1,008 fr.

Cet état, prêté par M. Henri Brodhurst

:sq., était exposé au Burlington-Club.

Quarmibme ÉraT. Il y a sur le bras droit un travail régulier de tailles ho

izontales; le contour qui l’ac-

cuse du côté de la poitrine est très fortement marqu boutons se voient beaucoup moins; dans le

triangle, sous du retroussis de la manche, une allongée et finissant en pointe a été éclaircie; plus bas, six traits noirs et très durs, d'une longueur de 10 mill. environ, la détachent et la font paraître beaucoup plus claire. Cabinet des estampes de Paris, Amsterdam, British Museum, etc.

Get

Cnouième érar. Le pli extérieur du rides

ison, f ton-Club.

it, prêté par M. Mor irait à l’exposition du Bur

1, à l'ex ne droite, est ombré

par une

cendantes très marquées, commençant à environ 15 mill. au-dessous du coin du haut à droite; c

h Museum, C

suivent la courbe du pli. Bri imb

; Liphart, 418 fr. 75 c.; Schloesser, 987 fr. 50 c.

Sruièwe érar. Retravaillé : des tailles additionnelles descendantes se voient sur les plis du rideau, à

Verstolk, 168 fr.; Arosarena, 300 fi

droite; elles commen

it tout à fait au haut de la planche, mais sont continuées, vers la che, sur un

espace d'environ 54 mill. Amsterdam, British Museum, Cambridge. . fr.; Didot, 650 fr.

: on ne voit plus que

Verstolk, 126 fr.; Harrach, 155/Jr.; Liphart, 87 SEPTII

érar. La planche a été coupé > buste du personnage et la main. Cette

mutilation a été opérée quelques anné

s avant 1770, comme on le voit dans le catalogue Ma

Verstolk, 105

ous avons vu au Cabinet des estampes de Paris deux copies du sens de l'original : 1° d'après l'état

avec le fond blanc et la manche ombrée, attribuée à Denon; elle n’est pas trompeuse; le coup de lumière

racine et sur le bout du nezest tr

sur prononcé ; — 20 par Basan, d'après le mé

e état; le coup de

lumière sur le nez est peu prononcé; cette copie est trompeuse et bien plus dans le sentiment de Rem-

cédente,.

brandt que la pré Robert-Dumesnil, celle-ci avec une autre épreuve par le même graveur, d'après notre troisième état, D5fT

M. Middleton cite enc

re deux copies du même sens : 1° par Denon, d'après notre troisième état; — (William Morle 1834; une épreuve de cette copie tirée sur un vieux papier et sans date a été par erreur attribuée à ie duquel elle diffère.

20 d’après le premier état cité ci-dessus, avec W. M. entrelac et au-dessous : Avril

Basan, de la co

Coppenol, né en 1598, ne péchait pas par la modestie, en sa qualité d’habile calligraphe. C’est

ce que les inscriptions suivantes vont démontrer facilement.

Dans une épreuve de la collection Denon, où le fond était couvert de tailles, sur le papier qu'il lui-même : Qui art a, partout part a, Lieven Van Coppe-

tient à la main, Coppenol avait écri nol. R. V. Ryn fecit anno 1658.

Au Musée d'Amsterdam est une autre épreuve où se trouve une inscription en quatre vers hollandais que l’on peut traduire ainsi :

Contemple Coppenol, cet étonnant écrivain, par Rembrandt; bien qu'il soit âgé, sa main habile surpasse toute autre par son énergie autant que le bateau le plus léger devance à la voile le navire le plus lourd sur l Y. Au-dessous, on lit: Lieven van Coppenol scripsit anno 1667, ætalis suæ 62.

Une autre épreuve, au British Museum, avec une inscription de ce même calligraphe, peut s’interpréter de la manière suivante :

Ceci est le chef-d'œuvre de Rembrandt. Ses mains et ses eux apprécient à peine la bonne fortune qui leur a été accordée de pouvoir orner les papiers avec des figures et des caractères humains. O Coppenol! Il ne manque ici que la vie et une chose encore. Quoi? Une couronne sur ta plume et des lauriers autour de ta tête. La dernière ligne porte : Lievens van Coppenol scripsit, An° 1664, Ætat suæ G5.

Une contre-épreuve avec une inscription a fait partie des collections Barnard et Hibbert; elle est aujourd'hui dans celle de M. John Webster Esq. On y lit :

L'art vit daus l'homme de différentes manières. Voici la ressemblance du maître de la calligraphie. Au-dessous sur la gauche : Lieven van Coppenol scripsit, 1667, et sur la droite : Six de Chandelier composuit.

Rembrandt a peint au moins trois portraits du même personnage dont un faisait partie du Musée du Louvre et a été rendu en 1815; un autre, qui était à la Malmaison, a été acheté par ’empereur de Russie; un autre enfin, après avoir appartenu à Lucien Bonaparte, est aujourd’hui dans la collection de lord Ashburton.

La première des inscriptions citées plus haut aurait dû faire placer sans discussion la date de ’exécution de cette estampe à l’année 1658. M. Vosmaer n’a probablement pas consulté le cataogue Denon, et M. Middleton ne le cite pas dans cette circonstance. Il est donc certain que la date présumée ne peut être 1661. On ne trouve les inscriptions de Coppenol que sur des épreuves du

sixième état. Un homme aussi vaniteux que ce maître écrivain n’a dû qu'être peu satisfait des

premiers états et même des suivants; il ne suffisait pas d’avoir dans les mains les instruments de sa ;

sa plume et son papier; il voulait un portrait tout à fait terminé. Il faut donc faire remon-

gloire ter même les derniers états à 1658. Si les premières épreuves étaient seulement de cette époque, Coppenol n’aurait pas eu la patience d’attendre pendant trois années un portrait qu'il proclame un chef-d'œuvre parce qu’il a le bonheur de reproduire ses traits. Coppenol ne s’est pas contenté de cette reproduction; on sait que Visscher en a fait un portrait estimé; nous reparlerons dans notre Manuel, à l'article de ce graveur, de ce rond et médiocre personnage.

On ignore l’époque de sa mort; on présume qu’elle a eu lieu peu après l’année 1667.

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