‹ L'œuvre complet de RembrandtChapitre 72 sur 233 · Jonghe (Clément de · texte numérisé non relu

Jonghe (Clément de

Ce célèbre marchand d’estampes est représenté de face jusqu’à mi-jambes, assis dans

un fauteuil. Sa tête est couverte d’un grand chapeau rond. Il porte un ample manteau,

ses mains sont gantées, la droite sur sa poitrine, la gauche sur son genou. Au bas de la

droite : Rembrandt f. 1651.

Hauteur, 0,207: largeur, 0,162.

BARTSCH, — CLAUSSIN, 269. — WILSON, 274. — CH. BLANC, 180. — MIDDLETON, 164.

Nous décrirons six états de cette estampe.

Prewer érar. Le haut du fond est blanc; tout le milieu du chapeau n'offre que des tailles perpendige est peu

culaires, et vers le haut, à gauche, au sommet, il n’y a que quelques tailles horizontales; le vis ombré, et on voit un petit coup de lumière contre l'œil droit; l'extérmité du montant de la chaise n’est

pas profilée, il n'y a contre ce montant qu’une petite ombre portée d’un millimètre; le dessous de l'appui de la chaise contre l'épaule gauche présente un espace blanc allongé. Une contre-épreuve est au British Museum.

Révil, 190 fr.; Debois, 100 fr 600 fr.; Liphart, 543 fr.; Didot, Deuxième État. Le chapeau a contre-tailles obliques, et tout le dessous du chapeau, à gauche, est vigoureusement ombré et noir; l’œil

; Verstolk, 189 fr 0 fr

retravaillé :

Arosarena, 280 fr.; Galichon,

; Knowles, 405 fr.; Schloesser, 450 fr.

Jfr.; Kalle,

sur les tailles horizontales, à gauche, on voit quelques

droit a été très agrandi; l'oreille droite a été cachée par une forte ombre noire; contre l'œil et sur la joue gauche, on voit une série de tailles légères circulaires. Le haut du montant de la chaise est parfaitement arrêté; l'ombre portée est doublée dans le haut, et il y a une série d’entretailles qui n’occupent pas tout le dossier; la barre blanche au-dessous de cet appui est éteinte par une série de tailles courtes verticales, et au-dessus une autre série de tailles de même nature s'étend depuis le bâton de la chaise jusqu'à l'épaule du personnage. Sur le haut de cette épaule, le vêtement est bien profilé ; dans le premier état, on n'y voyait que quelques traits indécis. Le long du bras gauche, une série de travaux vigoureux détache le manteau du vêtement de dessous, et un trait plus vigoureux encore se prolonge jusqu’au bas de la manche. Le contour du manteau est très bien accusé intérieurement, au-dessus de l'épaule et

le bas, sont accu par quelques travaux vigoureux produisant

du bras gauche; les plis du manteau, vers des barbes. Cabinet des estampes de Paris, Amsterdam, British Museum.

Robert-Dumesnil, 114 fr. 50 c.; Verstolk, 126 fr.; Harrach, 275 fr.; Didot, 265 fr. AT. La planche est cintrée dans le haut; on voit quelques lignes irrégulières sur le coin

Trois du cintre, à droite. Le chapeau est plus ombré; sauf sur un petit espace, les tailles perpendiculaires

sont croisées de contre-tailles ; on voit sur le devant un cordon blanc; le contour du chapeau, à gauche, irrégulier dans les états précédents, est arrondi. Toute la figure a été retravaillée, surtout sur la joue droite; l’œil a été remis dans sa dimension naturelle. La partie du collet qui touche à la joue gauche est légèrement ombrée de tailles verticales qu’on ne voyait pas dans les deux premiers états. L'estampe est encore très satisfaisante. Mêmes Cabinets.

Une contre-épreuve est au British Museum.

Robert-Dumesnil, 127 fr. 20 c.; Verstolk, 147 fr.; Harrach, 240 fr.; Didot, 175 fr.; Kalle, 500 fr.

QuarriÈME Érar. Le cintre est mieux accusé par des contre-tailles qui suivent le contour de l’arceau.

Il y a au chapeau un nœud ou bien un bouton qui n'existait pas précédemment. Le coup de lumière que l’on voyait dans le milieu du chapeau est éteint. Le fond, du côté gauche, offre des tailles additionnelles vigoureuses. Le visage est moins noir; sur l’habit, à gauche, l'ombre, quoique éclaircie par places, descend jusqu’à la main droite qui est mieux profilée; sur l'épaule droite, l'ombre s’étend sur le manteau jusques et au-dessous de la main. A droite, sur l’habit, il y a une série de tailles assez espacées, mais qui ne se suivent pas; le long du bras gauche, l'ombre est plus forte; sur la manche gauche, on voit une série de tailles horizontales. Les extrémités du manteau, qui n'offraient que peu de travaux, sont couvertes de nouvelles tailles et de contre-tailles. Dans le bas, au milieu, on voit une série de contre-tailles horizontales sur le manteau, à gauche; il y a une ombre forte avec une série de contretailles dans le bas, du même côté; sur le pli qui touche la main gauche, on remarque une série de tailles un peu circulaires; tout au bas, un!ltrait dentelé arrête le contour du manteau. Mêmes cabinets, Cambridge.

Harrach, 95 fr.

Cnquième rar. Les tailles au-dessous de l’appui de la chaise sont grattées, en sorte que cette même partie paraît presque blanche; le côté droit du montant sur la gauche a été rendu clair. L’habit sur la poitrine a reçu une ombre additionnelle au moyen de traits qui descendent à partir du collet, mais il y a un espace entre le troisième bouton et le bras gauche, où ces traits descendants n'existent pas. Amsterdam, Harlem, British Museum, Cambridge.

SIxIÈME érar. Les traits descendants ont été continués sur cette place blanche; l’estampe a été retravaillée, l'ombre au-dessous de chaque main renforcée. British Museum.

M. Ch. Blanc dit que la retouche du sixième état est l’œuvre d’une main moderne. M. Middleton ne pense pas qu’à partir du troisième état les retouches soient de la main de Rembrandt.

Je regarde ce portrait comme un des plus beaux de cette classe, il l'emporte même sur tous les

autres, à l'exception du Vieux Haaring, qui seul peut entrer en parallèle. ; 8; q F

Clément de Jonghe, qui était artiste aussi bien que marchand d'estampes, demeurait à Amster-

dam, dans le Calverstraat. Son nom se rencontre très fréquemment sur les estampes des graveurs

hollandais ses contemporains. M. Vosmaer cite de lui une estampe : Vénus et l'Amour, dormant

sous des arbres, épiés par un satyre.

264. Linden (Jean Antonides Van der), docteur en médecine et professeur

à l'université de Leyde.

Vêtu d’une robe de cérémonie, il porte un rabat plat et des manchettes. Vu plus qu’à mi-corps et presque de face, il est placé dans un jardin et tient un livre fermé de la main gauche. Une porte dans le fond à la gauche de l’estampe. Date présumée : 1653. M. Vosmaer dit : entre 1647 et 1656.

Hauteur, 0,124; la marge du bas, 0,049: largeur, o

BARTSCH, 264. — CLAUSSIN, 261. — WILSON, 266. — CM. BLANC, 181. — MIDDLETON, 1

On a décrit six états de cette estampe.

Premier ÉTAT. Les extrémités du feuillage, à la hauteur de la tête, ne sont indiquées que par un simple

contour. La partie centrale du bras gauche, à partir de la fente de la manche jusqu'au coude, est ombrée

par de simples tailles diagonales tirées de gauche à droite. Cabinet des estampes de Paris, Amsterdam, British Museum, Cambridge.

Verstolk, 210 fr.

Deuxième Érar. Les extrémités du feuillage, dans le haut, à gauche, sont couvertes par des tailles diagonales tirées de droite à gauche, et plus bas par d’autres presque verticales. On voit un fin travail horizontal sur la porte cintrée et à droité de celle-ci; mais ce travail n'arrive pas jusque dans le haut. Amsterdam, Harlem, British Museum.

Arosarena, 61 fr.

Troisième ÉTAT. La partie claire de la manche du bras gauche est étéinte par une contre-taille diagonale depuis la fente de la robe jusqu’au coude, On remarque quelques travaux de plus entre les balustres, quoiqu'ils demeurent encore indistincts. Les tailles horizontales se continuent jusqu'en haut, audessus de l’arcade. Cabinet des estampes de Paris, British Museum.

Didot, sans désignation d'état, 310 fr.

QuarriÈème ÉrarT. Des tailles diagonales tirées de droite à gauche ombrent la partie inférieure de la

robe au-dessous du bras gauche. Lé fond au-dessus de la tête a été retravaillé. Il y a des épreuves où l’on

it une place claire près de la marge droite de la planche, qui paraît avoir été grattée à la hauteur de

l'épaule. M. Middleton, qui a constaté cette dernière remarque, comme M. Ch. Blanc, au British Museum, la regarde plutôt comme un défaut d'impression ou peut-être comme une détérioration de la planche.

Amsterdam, British Museum, Cambridge.

Cinquième Érar, décrit par M. Ch. Blanc. La place blanche a été obscurcie; i

y a une triple taille qui,

ombrant l'intervalle entre les balustres, les rend plus visibles et leur donne une forme plus préc 3ritish Museum, Cambridge, Oxford.

M. Middleton, qui n’a pas admis ce cinquième état, sans tenir compte de la triple taille entre les

balustres, doute formellement du sixième état de M. Ch. Blanc, où celui-ci dit que la figure a été re

vaillée en telle sorte que le revers du velours qui passe sur l'épaule gauche, et qui dans les épreuves précédentes se détachait un peu sur le fond par sa vigueur, ne se distingue plus maintenant. Selon M. Middleton, et nous sommes de son avis, c’est plutôt un manque d'impression qu'un changement dans le travail.

SIXIÈME ÉTA

. Toute la planche a été retravaillée. L'expression du visage est changée : il est devenu beaucoup plus rond, et la joue droite paraît enflée. L’estampe a plutôt le caractère d’une aquatinte que d’une eau-forte. British Museum, Cambridge.

A partir du troisième état, il est douteux que les changements soient de la main de Rembrandt.

ee

DNS SES es en | \

ms

PORTRAITS DE PERSONNAGES CONNUS ss

M. Middleton veut y reconnaître la main qui refit le quatrième état des Trois Croix et les derniers d'Abraham Fransz. Quant aux Trois Croix, nous avons exprimé, à cet article, notre opinion à cetégard,

Le personnage dont nous décrivons le portrait naquit le 3 janvier 1609, à Enchuisen. Après avoir étudié la médecine à Franeker, il vint l'exercer à Amsterdam, où, en 1637, il fut nommé inspecteur du Collège de médecine. En 1630, il devint professeur à Francker, et, en 1651, il fut nommé en la même qualité à l’Université de Leyde. Il paraît qu’en 1653 il était venu à Amsterdam faire imprimer un livre de médecine. Le jardin dans lequel Rembrandt l’a représenté fait, suivant M. Middieton, allusion à l’agrandissement du jardin botanique de Franeker opéré par les soins de Van der Linden. Il mourut à Leyde le 5 mars 1664. Gui Patin prétend « qu'il faisait profession d’un métier qu’il n’entendait guère ».

Page 1