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RÉPONSE A UNE COMMUNICATION DE MM. LKPLAÏ ET JAILLARD

sont,, pour eux, des caractères dont ils n’ apprécient pas la valeur. Ces messieurs sont libres de leurs appréciations, mais ils ne sont pas seuls juges en cette question.

J’ajouterai que dès que la maladie de la vache fut importée dans le local où, auparavant, sur plus de deux cents animaux et pendant trois étés, j’avais obtenu de l’inoculation du sang de rate des résultats identiques, ces résultats furent différents et fort incertains. En effet, la maladie de la vache est con tagieuse par cohabitation, de sorte que tous les lapins introduits dans ce local, inoculés ou non, mouraient en peu de temps. Gomment, dans cette occurrence, distinguer si la mort était déterminée par l’inoculation de la maladie ou par l’infection du local, par un charbon modifié suivant les idées de MM. Leplat et Jaillard ou par une maladie intercurrente plus rapide, qui, prenant le pas sur la maladie charbonneuse, ne laissait point aux bactéridies le temps de se développer ? Le seul moyen de le reconnaître était de pratiquer les inoculations dans des locaux différents, non infectés, et sur des animaux isolés. C’est ce que j’ai fait à la campagne. Dans ces nouvelles expériences, la maladie de la vache inoculée a donné constamment une mort rapide sans bactéridies; le sang de rate a donné, comme toujours, des bactéridies et dans l’espace de temps ordinaire. Je puis ainsi donner comme certains les résultats mentionnés ci-dessus.

2° MM. Leplat et Jaillard veulent bien chercher la raison de l’absence des bactéridies dans leurs expériences et de la présence de ces corpuscules dans les miennes. Cette raison, ils la trouvent dans ce fait qu’ils inoculent du sang pris sur l’animal vivant, et moi du sang pris sur l’animal mort: « Les expérimentateurs, disent-ils, se sont toujours servis de sang d’animal mort; nous en exceptons quelques transfusions pratiquées par Delafond et M. Raimbert. » Qu’il me soit permis de rappeler que dans leurs communications à l’Académie ces messieurs se sont montrés peu soucieux d’être exacts dans 1 appréciation de mes travaux, et qu’ils ont reçu à ce sujet deux rectifications. Il en est de même aujourd’hui. En effet’

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dans ma communication à l’ Académie du 10-août 1863, je dis : « Dans plusieurs cas, du sang pris à l’animal encore vivant a transmis la maladie et a déterminé la mort avec infection par des bactéridies. » Dans une communication à la Société de biologie ( Mémoires , 1863, p. 199), je dis encore : « Dans une série de trente inoculations pratiquées successivement du mouton au lapin, au cobaye et au rat, sept fois le sang inoculé avait été pris sur l’animal encore vivant. » Ces faits, que MM. Leplat et Jaillard eussent dû connaître, infirment complètement leurs explications1. C’est donc dans une autre condition qu’ils devront chercher la raison de la présence ou de l’absence des bactéridies.

3° Ces expérimentateurs émettent les propositions suivantes : «Le sang de rate est d’autant plus inoculable qu’il contient moins de bactéridies (Comptes rendus, p. 301). Le virus charbonneux est d’autant plus puissant qu’il est plus libre d'éléments étrangers (p. 439) ». Ces messieurs auraient pu connaître une de mes expériences qui est une négation formelle de ce qu’ils avancent ici. Elle est rapportée dans les Comptes rendus de V Académie (t. LYII, p- 386, 1863) : « Un lapin inoculé avec le sang de rate mourut cinquante six heures après l’inoculation; dix heures avant sa mort, un autre lapin fut inoculé avec son sang qui ne contenait encore aucune bactéridie; une heure avant sa mort, un autre lapin fut inoculé avec le sang qui contenait de nombreuses bactéridies. » Or, suivant la théorie de ces messieurs, le premier de ces deux lapins ayant reçu un virus plus puissant devait mourir avant l’autre. Eh bien, le second mourut avec des bactéridies et le premier ne reçut aucune atteinte. J’ai répété

et varié cette expérience avec des résultats semblables; il faut r

l II est à remarquer que le premier sang dont l’inoculation, entre les mains de MM. Leplat et Jaillard, n'a pas produit de bactéridies était celui d’une vache morte et dépouillée par un équarrisseur; le second était |du sang de mouton expédie par la poste dans une petite bouteille. Que l’on explique comment ces faits ont autorisé ces messieurs d dire : « Nous sommes portés à penser que la méthode que nous suivons, et qui consiste d prendre le virus sur l’animal encore vivant, n’a pas été sans influence sur le résultat obtenu! » ( Mémoire cité, p. 438.)

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